SCÈNE PREMIÈRE
ULYSSE, TÉLÉMAQUE, EUMÉE et les Porchers; EURYGLÉE, les Servantes fidèles, àiadroited'uiysie; LES Servantes infidèles, à sa gauche.
CHOEUR DES PORCHERS, regardant les cadavres des prétendants ' .
Les voilà , ces hommes superbes , Les uns sur les autres couchés ; Ainsi palpitent dans les herbes Les poissons que Ton a péchés.
— Dites ! où sont les vins suaves , Les bons mets , les belles esclaves , Et la danse vive et le chant?
Que vous en reste-t-il? — La tombe.
i. Parlé, et dit par le coryphée.
<26 ULYSSE
Dieux vengeurs! Ainsi croule et tombe La fortune de tout méchant !
ULYSSE
Ces hommes n'étaient point amis de la justice : Et c'est pourquoi les dieux ont permis leur supplice. Mais cependant, porchers, contenez vos transports; Car il n'est pas pieux d'insulter à des morts. Respectons-les ; lavons la poudre qui les souille , Et dressons un bûcher pour brûler leur dépouille.
EURYCLKE, à Ulysse.
Sur deux lignes, mon fils, j'ai fait ici ranger Les femmes du palais, que vous devez juger.
— Les fidèles sont là ; les coupables à gauche.
ULYSSE, aux suivantes infidèles.
Expiez par la mort votre folle débauche , Infâmes ! — Qu'on les mène à l'angle de la cour. Porchers, et qu'on les pende au sommet de la tour.
Quelques-uns des porchers emmènent les suivantes infidèles. CHOEUR DES SUIVANTES FIDÈLES*.
Leur mort terrible m'épouvante ; C'est le prix de leur trahison.
Quel exemple pour la servante Qui déshonore la maison !
Le plaisir d'abord nous enivre , Et ses conseils sont doux à suivre ; Puis vient la peine au pied boiteux.
Je m'applaudis de ma décence ; J'aurais, partageant leur licence.
Partagé leur trépas honteux.