ÉPILOGUE. Il
A Kuryclée.
Mourrice, je suis las; fais préparer ma couche.
PÉNÉLOPE, regardant fixement Ulysse.
Prépare ce beau lit, couvert d'un dais royal, Que Ton a transporté hors du toit nuptial.
ULYSSE
reine! vous tenez un propos qui m'afflige;
Qui donc a transporté ce lit? par quel prodige?
C'est chose difficile; en voici la raison:
Un énorme olivier ombrageait ma maison ;
Je le coupai moi-même, à trois pieds de la terre;
J'en façonnai le tronc à Taide de l'équerre;
J'en fis le pied d'un lit, qu'on n'en peut détacher.
Et construisis autour notre chambre à coucher;
Si bien qu'il eût fallu, pour transporter ma couche,
Déraciner d'abord et déplacer la souche.
PENELOPE , courant à Ulysse, et lui jetant les bras autour du cou.
Ah! c'est lui! c'est Ulysse, Ulysse que je voi! C'est toi ; car notre lit n'est connu que de toi.
ULYSSE, la tenant embrassée.
Soyez bénis, ô dieux! qui me rapprochez d'elle. Et qui me la rendez si sage et si fidèle !
DEMI-CUOKUR.
J'admire leur bonheur et je m'en réjouis.
DEMI-CHOEUR
Dieux! quelle clarté brille à mes yeux éblouis!