SCÈNE IL
Les Mêmes, EURYCLÉE, PÉNÉLOPE.
EURYCLÉE, à Pénélope.
Ma fille, le voilà; c'est Ulysse.
TÉLÉMAQUE
Ma mère, Venez vite; embrassez votre époux et mon père.
Pénélope regarde Ulysse et se tait.
428 ULYSSE
Elle avance, s'arrête, et fait encore un pas; Elle le reconnaît et ne reconnaît pas.
TÉLÉMAQUE
ma mère, pourquoi restez-vous stupéfaite.
Au lieu de Taborder avec un air de féîte?
Nulle autre n'eût reçu, d'un front si réservé. L'époux longtemps absent qu'elle aurait retrouvé. — Il faut que votre cœîir soit plus dur qu'une roche.
PÉNÉLOPE
Je me sens tellement émue à son approche.
Mon fils, que je n'ai pas la force de parler. A peine si de loin j'ose le contempler.
LE GHORUR.
reine ! c'est Dlysse. Approchez-vous du trône.
EURYCLÉE
C'était lui, ce vieillard qui demandait l'aumône.
PÉNÉLOPE
Et comment se fait-il qu'il fût alors si vieux.
Et qu'il soit à présent jeune et semblable aux dieux ?
TÉLÉMAQUE
Il était transformé par Minei^ve elle-même.
LE CHOEUR
Tout est facile aux dieux; leur puissance est suprême.
PÉNÉLOPE
Si c'est Ulysse, il peut dissiper mes soupçons; Qu'il dise un des secrets que nous seuls connaissons.
ULYSSE, souriant.
Le temps triomphera de ce cœur si farouche.
i. Parlé, et dit par le coryphée.