PROLOGUE. :i
MINERVE
Sur la roche voisine , Cet ai-bre aux longs rameaux , c'est Tantique olivier Où souvent, vers midi, vient s'asseoir le bouvier.
ULYSSE
Où, moi-même, souvent je venais chercher l'ombre.
MINERVE
Voici le mont Nérite ; et cette grotte sombre
Est l'asile sacré des déesses des eaux.
Là, les nymphes, teignant en pourpre leurs fuseaux,
Se plaisent à tisser de belles robes neuves ;
Là, tu sacrifiais aux naïades des fleuves.
ULYSSE
montagnes ! forêts ! rochers I antres sacrés ! Je vous retrouve donc, vous que j'ai tant pleures!
— Que de fois, vers le soir, assis devant ma tente. Quand le soleil plongeait dans la mer éclatante , J'ai suivi longuement , d'un regard attendri , L'astre qui se couchait vers mon pays chéri I
Si je voyais alors, de la rive étrangère.
Blanchir à l'horizon une voile légère :
u Heureux vaisseau! disais-je, ô vaisseau fortuné
Qu'un vent pousse peut-être aux bords où je suis né! »
— Salut, terre d'Ithaque, ô ma bonne nourrice! Salut, vieil olivier! — C'est moi! c'est votre Ulysse!
Allant vers la grotte.
Et vous, nymphes des, eaux, filles de Jupiter, Autant qu'aux jours passés votre asile m'est cher. Contentez-vous d'abord d'une simple prière; Mais, si, par le secours de Minerve guerrière, Je recouvre mes biens et rentre en ma maison, Le sang de mes chevreaux teindra votre gazon.