LE DOMESTIQUE
Des lettres pour monsieur.
11 sort.
RODOLPHE
Peste ! quelle avalanche !
GEORGE, s'asseyant, et lisant les lettres.
« Mon cher monsieur, je viens vous rappeler votre aimable promesse , et je vous envoie mon album , où vous trouverez des dessins de Decamps, de Delacroix et de
Meissonier. Vous voyez que vous y serez en compagnie de vos pairs, et, comme votre nom manquerait... »
RODOLPHE
Hum ! c'est bien insolent.
GEORGE
Et pourquoi donc ?
RODOLPHE
Tes pairs!
On insulte les gens qu'on flatte de travers.
Tu ne peins pas trop mal, — pour un bourgeois ; en somme, Tu n'as rien de commun avec ceux qu'on te nomme, Et l'on trouve moyen, par ces mots maladroits, De te blesser toi-même , en les blessant tous trois.
GEORGE
Tu ne flattes pas, toi; c'est justice à te rendre.
Il continae à lire.
« Cher monsieur, nous sommes à la campagne ; vous sériez bien aimable d'y venir passer quelques jours... »
« Monsieur et madame... prient M. George de leur faire l'honneur de passer la soirée chez eux, le... »
« Monsieur et madame... prient M. George de leur faire l'honneur de dîner chez eux, le... »
« Monsieur et madame... prient M. George... »
RODOLPHE
Filles à marier! On flaire un futur gendre.
GEORGE
Rien ne presse , et je veux y songer à loisir.
Sans doute ; choisis bien , puisque tu peux choisir. Heureux honune I il n'est pas de père de famille Qui ne se réjouit de te donner sa fille ;