ACTE PREMIER
GEORGE
Que sais-je? En Suisse... au Rhin... aux eaux d'Aixou de Bade.
RODOLPHE
En ce cas , bon voyage ! et reviens au plus tôt.
G £ O R GE , le reconduisant.
Adieu. — Kous reprendrons Tentretien de tantôt.
RODOLPHE
Volontiers.
GEORGE
J'ai beaucoup de choses à répondre.
RODOLPHE
i\ous verrons bien.
GEORGE
J'aurai plaisir à te confondre.
Soit!
GEORGE
Par des noms fameux, je te démontrerai Que le mérite pauvre est toujours honoré...
RODOLPHE
Plaise au ciel !
GEORGE
Que chacun se fait sa destinée, Et qu'on arrive à tout par Tétude obstinée...
RODOLPHE
Tant mieux !
GEORGE
Que notre siècle est meilleur qu'on ne dit.
S'arrêtant, et arrêtant Rodolphe.
— Aux belles actions tout le monde applaudit; Le besoin d'admirer est dans notre nature , Et brûle de trouver une digne pâture.
L'art, la gloire, l'amour, mille choses encor, Brillent d'un pur éclat, qui ne doit rien à l'or; Et certes , la beauté , cette reine suprême , Sur les cœurs subjugués règne par elle-même.
RODOLPHE
La dot à la laideur prête bien des appas , Et la beauté sans dot ne se marira pas.
GEORGE, le retenant.
Pourtant...
RODOLPHE
Adieu, mon cher.
GEORGE
Mais, une fois pour toutes.
RODOLPHE
Au revoir.
GEORGE
Un instant! Pour peu que tu m'écoutes...
RODOLPHE
Adieu. J'ai quelque part un rendez-vous urgent.
GEORGE
Adieu, têtu!
RODOLPHE, lui serrant la main.
Bonsoir I
Du scail de la porte.
— Et garde ton argent.
Un salon d'attente chez un notaire. — Une porte au fond , donnant «ur l'antichambre; elle est ouverte. — Doux portes fermées à droite, ouvrant , l'une sur l'étude , l'autre sur le cabinet particulier du notaire.