‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 95 sur 234 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LE NOTAIRE, trois Personnes avec lui (les mômes

personnes qui étaient chez George, au premier acte). — ▲ une table de jeu, à gauche, des JOUEURS, parmi lesquels L*HOMME d'ËTAT et le QUATRIÈME CRÉANCIER.

PREMIER PERSONNAGE (PREMIER AMi), au notaire.

Votre bal est charmant.

LE NOTAIRE

N'est-ce pas?

PREMIER AMI

Les parures Sont de bon goût; on voit d'adorables figures.

DEUXIEME AMI

J'ai remarqué surtout, aux angles du salon, Deux jeunes femmes.

PRE3IIER AMI.

Qui?

DEUXIÈME AMI

Je ne sais pas leur nom;

208 L'HONNEUR BT L'ARGENT.

Deux sœurs : j'ai cru, du moins, voir une ressemblance. Quoiqu'on observe en l'une un air de nonchalance , Tandis que l'autre est vive , et , ce qui m'en a plu , Lance, d'un œil candide, un regard résolu.

LE NOTAIRE

Je devine.

DEUXIÈME AMI

L'atnée est aussi fort jolie :

Douce, pâle, des yeux pleins de mélancolie.

LE NOTAIRE

Elle a déjà connu la souffrance , et je crains Que l'avenir encor n'accroisse ses chagrins.

DEUXIEME AMI

Eh! bon Dieu! pourquoi donc?

LE NOTAIRE

Elle est mal mariée ; Dans ses affections on l'a contrariée.

Et son père a fait choix pour elle d'un époux. Lequel est sot, brutal, libertin et jaloux.

DEUXIÈME AMI

En vérité!

Bonsoir. Je vais un peu paraître.

Amusez-vous !

Il sort.

SCÈiNE II.

Les Mêmes, moins le Notaire.

DEUXIÈME AMI, au premier.

Sais-tu qui j'ai cru reconnaître?

— George.

PREMIER AMI

Que devient-il? que fait-il?

DEUXIÈME AMI

Je ne sai; Je ne l'ai rencontré qu'une fois, l'an passé.

PREMIER AMI

On le dit ruiné.

DEUXIÈME AMI

C'est vrai. Le pauvre diable S'est mis dans un état tout à fait pitoyable.

PREMIER AMI

Comment cela?

DEUXIÈME AMI

Que sais-je? Il s'est conduit... fort bien; On parle d'un... beau trait. — En somme, il n'a plus rien.

PREMIER AMI

Et comment donc vit-il?

DEUXIÈME AMI

Diable si je m'en doute !

— Il barbouillait jadis quelque méchante croûte...

PREMIER AMI

Parbleu ! je m'en souviens de reste ; quel ennui ! II fallait voir cela , quand on dînait chez lui.

DEUXIÈME AMI

Eh bien , il a , dit-on , essayé de les vendre ;

Mais, baste! aucun marchand n'aura voulu les prendre.

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