‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 1 sur 219 · HUMBERT, HOCHE, ARISTIDE · texte numérisé non relu

HUMBERT, HOCHE, ARISTIDE

HC&IBERT, à Hoche.

Ainsi cette Circé, qui nous prend tous les nôtres, A su t'ensorceler, Hoche, comme les autres; Madame Tallien t'invite à ses banquets; Tu savoures son philtre entre les freluquets. Les muscadins, les beaux, la jeunesse dorée Et tous les collets noirs dont elle est adorée ; Ton sabre y fraternise avec leur gros bâton ; Toi, républicain pur qu'on façonne au bon ton. Tu mets ta noble main dans les mains scélérates Des fripons enrichis et des aristocrates.

— Morbleu 1 la République est perdue.

ARISTIDE, 80 levant.

Oui, morbleu !

Tout ce qu'elle a frappé reparaît depuis peu : On ne voit que suspects qui relèvent la tête. Spéculateurs en joie et fournisseurs en fête: Le ci-devant s'étale et le chouan surgit; L'émigré rentre à flots; en masse on élargit: Il n'est plus de prison que pour le patriote. Dans les salons rouverts, on intrigue, on complote. Et la réaction marche d'un tel essor Qu'elle fera bientôt regretter Thermidor.

nUMBERT.

Partout luxe et plaisir. Paris refait Versaille.

ARISTIDE

Le phaéton du riche écrase la canaille.

UUMBERT.

Le pauvre recommence à rougir.

ARISTIDE

La Phryné Promène en char lascif son triomphe effréné.

IIUMBERT.

Que deviendra notre œuvre, et quelle vertu forte Promet une jeunesse instruite de la sorte!

Holà! la République a le cœur encor chaud, Et vous prenez, je crois, son deuil un peu trop tôt ; Pour moi, selon mon bras, je l'ai déjà servie; Je la servirai mieux, si Dieu me prête vie; Mais je ne puis tenir pour un crime effrayant Quelques soirs employés dans un cercle attrayant ;

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