‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 101 sur 219 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

GALILÉE, .e.1.

Non, les temps ne sont plus où, reine solitaire,

Sur son trône immobile on asseyait la Terre;

Non, le rapide char, portant l'astre du jour.

De l'aurore au couchant ne décrit plus son tour;

Le firmament n'est plus la voûte cristalline

Qui, comme un plafond bleu, de lustres s'illumine;

Ce n'est plus pour nous seuls que Dieu fit l'univers;

Mais, loin de nous tenir abaissés, soyons fiers!

Car, si nous abdiquons une royauté fausse,

Jusqu'au règne du vrai la science nous hausse ;

Plus le corps s'amoindrit, plus l'esprit devient grand ;

Notre noblesse croit où décroît notre rang ;

Il est plus beau pour l'homme, infime créature.

De saisir les secrets voilés par la nature.

Et d'oser embrasser dans sa conception

L'universelle loi de la création,

Que d'être, comme aux jours d'un vaniteux mensonge.

Roi d'une illusion et possesseur d*un songe,

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