ACTE DEUXIÈME
Que la vie, épanchée à flots dans l'infini.
Proclame vastement ton nom partout béni!
Allez, persécuteurs! lancez vos anatbëmes!
Je suis religieux beaucoup plus que vous-mêmes. Dieu, que vous invoquez, mieux que vous je le sers : Ce petit tas de boue est pour vous T univers ; Pour moi sur tous les points Tœuvre divine éclate ; Vous la rétrécissez, et, moi, je la dilate; Gomme on mettait des rois au char triomphateur, Je mets des univers aux pieds du Créateur.
— Science, amour du vrai, flamme pure et sacrée. Sublime passion par Dieu même inspirée.
Contre tous les périls arme-moi, soutiens-moi ; Élève ma constance au niveau de ma foi I Et puisse le bûcher expier mon génie Avant que ton amant. Vérité, te renie!
En étouflant ma voix, on n'étouflera pas Mon vif enseignement, grandi par mon trépas ; II vole, il est dans Tair, conquérant invisible; Il est dans les esprits, ce temple inaccessible. La lumière a pour tous jailli de mon cerveau : Vous n'arrêterez plus, tyrans, ce jour nouveau. Je lègue à l'avenir mon âme tout entière, Et fais l'humanité de mon œuvre héritière.
— Qui vient?
451 GALILÉE