‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 112 sur 219 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêues, TÂDDEO.

TADDEO

Daignez m'entendre.

Docteur, et puissiez-vous à nos désirs vous rendre !

Rome attache un tel prix à votre désaveu.

Qu'on met pour l'obtenir tous les moyens en jeu : Mon père, dirigé par un haut personnage, Si vous vous rétractez, consent au mariage.

Pour votre Antonia, de grâce, au nom du ciel. Sacrifiez l'orgueil à Tamour paternel I Résignez-vous! Songez que l'arrêt qui s'apprête, En éclatant sur vous, retombe sur sa têtel Ahl que n'ai-je le don de parler assez bien Pour faire en votre esprit passer l'ardeur du mien, Et pour y faire entrer cette claire lumière Que la loi naturelle est la règle première, Qu'on est père avant tout, et qu'à l'œuvre qui vit On se doit bien plutôt qu'à l'œuvre de l'esprit. Laissez, au gré de Dieu, laissez errer les mondes; S'il couvrit leur secret de ténèbres profondes, * Si pendant cinq mille ans nul œil ne l'a vaincu, On peut bien vivre encor ainsi qu'on a vécu.

Quand il en sera temps, le maître des étoiles. Gomme il sut les baisser, saura lever les voiles; Ne prenez pas un soin que Dieu s'est ménagé.

Et veillez sur l'enfant dont il vous a chargé; Quoi 1 vous avez chez vous ce charme, cette grâce.

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