ACTE DEUXIÈME
Et VOUS VOUS souciez des choses de l'espace I Ah! plutôt qu'une larme obscurcisse ses yeux, S'éteigne le soleil et s'écroulent les cieuxl
ANTONIA
C'est assez, Taddeo; n'accusez pas mon père; Il se doit à son nom et fait ce qu'il faut faire; Ou, si vous l'accusez, condamnez-moi d'abord. Car je suis sa complice et nous marchons d'accord. — Va, mon cher Taddeo, va; suis ta destinée, Et laisse-nous la nôtre à l'honneur enchaînée. Nous étions deux enfants, mon ami, qui, tous deux. Suivions ingénument la pente de nos vœux; Kous ignorions alors qu'on n'est pas sur la terre Pour le rêve attrayant, mais pour la lutte austère. Il m'aurait été doux, Taddeo, d'être à toi ; La fortune en ordonne autrement; mais, crois-moi,
BUe lai tend la main.
Cette main n'ira pas dans celle d'un autre homme. Adieu. Sois courageux. — Et nous, mon père, à Rome!
TÂDDEO, à Antonia.
Quoi ! de ce coup mortel vous frappez nos amours I Vous!
A Galilée, après aroir attentiTement regardé Antonia.
Voyez sa pâleur, qui dément ses discours!
Elle se sacrifie! Ahl cœur trop magnanime!
A Galilée.
Osez-vous accepter, cruel, cette victime!
GALILEE
Qu'il est heureux, celui qui voit le droit sentier. Et peut au devoir clair offrir un sang altier !
166 GALILÉE
Dieu ! quels rudes combats il faut que je me livre ! Jlis entre deux devoirs, quel des deux faut-il suivre? Je ne puis me tourner vers l'une ou l'autre loi, Sans blesser la nature ou sans trahir ma foi : Ma fille d'un côté, la vérité de l'autie.
Me font ou mauvais père ou déloyal apôtre.
A Taddeo et i Antonia.
J'ai besoin de silence et de recueillement; Laissez-moi, mes enfants; allez.
SoÎTant des yeux Taddeo et Antonia, qai sortent.
Couple charmant I fête de l'aïeul, témoin de leur tendresse.
Qui verrait sous son toit rire cette jeunesse I