ACTE TROISIÈME. a
PonnuiTant Galilée, qui ya s'asseoir.
Que Dieu vous soit en aide I Est-ce que la science arrangera vos os Tordus et disloqués par le poing des bourreaux? Vous dérobera-t-elle au bûcher qui s'allume?
Beau dédommagement qu'une gloire posthume!
\ quoi vous servira d'avoir enfin raison, Quand on vous aura fait brûler comme un tison? Quelque arrêt que sur vous l'avenir doive rendre, La revanche vient tard à qui n'est plus que cendre. N'allez pas afironter pour cet appât lointain Un supplice effroyable, un opprobre certain ; Signez l'acte sauveur auquel on vous convie.
Et soyez une fois sensé dans votre vie.
GALILEE, arec impatience.
Eh! madame...
ANTONIA
Ah ! cher père ; ah ! prends pitié de moi !
Je succombe aux douleurs, à l'angoisse, à l'effroi. Cette exaltation est aujourd'hui calmée, Qui d'intrépidité me fit paraître armée; L'épreuve a jeté bas cet héroïsme faux.
Nous n'étions pas alors au pied des échafauds. Et, regardé de loin, l'éclat du sacrifice Illuminait la palme et voilait le supplice ; Mais, quand chaque heure apporte un étage au bûcher. Quand il est là, du doigt que je puis le toucher,
étendant la main yers les rideaux.
Que de la salle où siège un tribunal barbare Cette mince barrière à peine me sépare, La nature reprend ses droits avec fureur ;
472 GALILÉE
Je ne suis plus que fille et frissonne d'horreur;
Je ne Tois que mon père expirant dans les flanunes ;
Ce tableau fait de moi la plus lâche des fenmies.
Non, non, de ta vertu je n'ai pas hérité ;
Non, n'espère de moi nul effort de fierté.
Je me jette, éplorée, à tes pieds que j'embrasse.
Abjure, père, abjure! Achète ainsi ta grâce!
Fais-le pour moi ; sois-moi soumis comme autrefois.
Quand, pendue à ton cou, l'enfant dictait ses lois;
Fais-le pour ton tyran, dont la toute-puissance
N'a jamais rencontré ta désobéissance.
Galilée cache m tète dans ses mains.
Tu ne me réponds pas ! ton regard fuit le mien !
Bile se relère et ya se jeter dans les bras de Taddeo.
— Je l'aime éperdument; je Taime, entends-tu bien, D'une amour sans égale, invincible, inouïe.
JTarracher Taddeo, c'est m'arracher la vie.
Et, quand par tes roideurs tu brises notre hymen, Tu me frappes à mort, toi-même, de ta main.
GALILEE, d'an ton de douleur et de reproche.
Oh! ma Aile!
Taddeo s'agenouille devant Galilée, ainsi qu'Antonia. TADDEO, agenouillé.
Cédez! — Devant Dieu que j'atteste,
Montrant Antonia.
Je jure le bonheur de cet être céleste.
Cédez, et bénissez, père, vos deux enfants,
Qui d'un pieux respect ceindront vos cheveux blancs !
VIVIAN, s'agenouillant.
Cédez, maitrel