‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 12 sur 219 · ACTE PREMIER. H · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. H

liUMBERT, s'asseyaat près de la table et examinant une liste.

Mais il est émigré.

LA MARQUISE passe, en parlant, de l'autre côté de la table.

Non, il lient la frontière; En deçà des confins ou d'un pas au delà, Qu'importe! Le salut de TÉlat n'est pas là.

— Bref, je veux Fembrasser; il faut qu'on me le rende. Puisque vous m'avez dit : « Commandez! » je commande.

HUMDERT.

Quel tyran!

LA MARQUISE

Attendez : certain beau-frère à moi, Le comte de Maupas est en prison; pourquoi Ly garde-t-on pendant qu'on élargit les autres? Je veux qu'il sorte. — Allez; agissez près des vôtres.

HUMDERT, se lovant.

Je verrai...

LA MARQUISE, s'approchant de lui.

C'est tout vu. Servez premièrement Mon père, puis le comte; et faites promptement.

UUMBERT.

Mais je ne suis pas seul au comité.

LA MARQUISE

Sans doute; Aussi vais-je d'abord vous marquer votre route.

— Madame Tallien me prête son appui;

Tous ceux du comité vont chez elle aujourd'hui.

HUMBERT

Quoi! tous?

LA MARQUISE

Vous manqueriez seul, et sur vous je compte.

Si le succès demande une manœuvre prompte.

L'effet d'un oui fmal dit par vous, puritain, Sur nos gens à demi séduits sera certain.

— Il faut que vous veniez.

HUMBERT

Mais s'il m'est impossible?

LA MARQUISE

Vous viendrez, je le veux. — Est-ce donc bien terrible? Un salon où je suis vous semble-t-il si noir. Et répugneriez-vous si fort à me revoir?

On vous attend; on m'a confié l'ambassade;

Se dirigeant Ters la porte.

Nous verrons si l'agent vous parut trop maussade.

HU3IBERT, la snirant.

Madame, entendez-moi . . .

LA MARQUISE, t'en allant.

Non, non, je n'entends rien.

HUMBERT

Écoutez mes raisons.

LA MARQUISE

A tantôt l'enti'etien; Vous me direz, ce soir, ce qui vous embarrasse.

HUMBERT

Il faut pourtant...

LA MARQUISE

Il faut mériter votre grâce.

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