‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 136 sur 219 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ANGELIQUE

Mais, monsieur, celui que mon père a choisi ne me convient pas, à moi.

MOLIÈRE

C'est bien différent.

Il est laid.

Ah! ahl

Sot.

Oh! oh!

ANGELIQUE

ANGELIQUE

MOLIERE

ANGELIQUE

Maussade, ennuyeux, ridicule, impertinent, mal tourné, mal ajusté, et il porte des habits trop courts pour sa personne.

MOLIÈRE

Certes, ce sont de vilains défauts, et, s'il porte des habits trop courts, il ne saurait faire un bon mari.

ANGÉLIQUE

Et puis son père est apothicaire; il sera apothicaire comme son père, et je n'aime pas les apothicaires.

MOLIERE

Ni moi non plus.

ANGELIQUE

Au lieu que le sergent Bellerose...

MOLIÈRE

Ah! il y a un sergent Bellerose?

208 MOLIÈRE A YIBNNB.

Est beau, bien fait, aimable, poli, galant.

MOLIÈRE

En vérité 1

ANGÉLIQUE

Il a une physionomie avenante, une tournure martiale, des moustaches retroussées, des manières on ne peut plus honnêtes. Il jure un peu, mais un sergent n'est pas une demoiselle; ses habits de soldat lui vont le mieux du monde; enfin, il a toutes les qualités qu'on peut avoir.

MOLIÈRE

A la bonne heure I Mais il paraît que votre père ne le voit pas du même œil que vous?

ANGÉLIQUE

Hélas! non; parce que le sergent Bellerose est pauvre et n'a que sa solde pour vi\Te.

MOLIÈRE

Gela est fâcheux.

ANGÉLIQUE

Mais il est si aimable! Il sait dire de si jolies choses ! On ne se lasse jamais de les entendre.

MOLIÈRE

Et, sans doute, l'autre est riche?... l'autre, le laid, celui qui ne sait pas dire de si jolies choses.

ANGÉLIQUE

Mon Dieu, oui, et mon père veut me le faire épouser pour ses écus.

Ah ! les écus sont bien éloquents.

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