‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 139 sur 219 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

au fils d'un honnête homme qui ne sera riche qu'en bonnes qualités.

ANGÉLIQUE

Oh! mon Dieu, que c'est malheureux I Le monde va donc tout de travers?

MOLIÈRE

Mais, ma pauvre enfant, je philosophe comme un pédant, tandis que je de\Tais m' occuper de vous et de vos amours. — Voyons : je m'y intéresse extrêmement ; mais je ne connais pas votre père et je ne puis rien dans cette aflaire-là.

ANGÉLIQUE

Oh! que si, monsieur Molière, si vous le vouliez bien! Je vous ai vu jouer, et vous avez si bien su trouver des ruses pour marier Léandre avec Lucinde, qu'il ne tiendrait qu'à vous d'arranger aussi mon mariage avec le sergent Bellerose.

MOLIERE

Hélas! mon enfant, c'est bon dans une comédie, où Ton peut faire agir comme on veut des personnages de pure invention; mais le monde est moins commode que le théâtre, et les vrais pères, en chair et en os, ne se laissent pas duper comme les pères de comédie.

Ahl monsieur Molière, essayez; je vous aimerai tant!

MOLIÈRE

Hais...

ANGÉLIQUE

Si vous voyiez le sergent Bellerose, je suis sûre que

VOUS approuveriez mon choix.

tht MOLIÈRE A VIENNE.

MOLIERE

Je n'en doute pas; cependant...

ANGELIQUE

Voulez-vous le voir? Cela vous décidera peut-être.

MOLIERE

Et où voulez-vous que je le voie?

ANGÉLIQUE, montrant la porte.

C'est bien aisé ; il est là.

MOLIÈRE

Ah! il est là. — Il est donc venu avec vous?

ANGELIQUE

Oh! non. Cela n'aurait pas été convenable.

Alors, vous lui avez donné un rendez-vous?

ANGÉLinUE.

Ce n'est pas un rendez-vous... C'est par hasard.

MOLIÈRE

Voilà un hasard qui a bien de Tà-propos. — Eh bien, voyons ce bel amoureux?

ANGELIQUE, allant vers la porte et appelant Bellerose.

Monsieur Bellerose !

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