‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 146 sur 219 · ACTE DEUXIÈME. 2S · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME. 2S

DUPARC

11 est un peu intimidé, comme vous voyez, et rémotion que vous lui causez paralyse ses moyens.

MADEMOISELLE BEJART.

11 est timide? Ah! madame, il faut l'encourager. Moi, î* adore les hommes timides.

MADEMOISELLE DE BRIE

Rassurez- VOUS, monsieur; vous êtes le. bienvenu, et je ne crois pas être pour faire peur aux gens.

DUPARC

Quand il se sera enhardi, il vous dira des choses qui vous raviront.

MADEMOISELLE DE BRIE

Je le crois sans peine, et je me tiens très-honorée de la visite de M. Purgon.

DUPARC, bai, à Pargon.

Parlez donc! dites-lui donc quelque chose de gracieux!

PURGON, saluant.

Madame la comtesse, c'est moi qui suis honoré... de l'honneur... dont vous me faites la faveur... d'avoir la bonté... de me faire l'avantage...

Bn se recalant, il marche sur le pied de Duparc.

DUPARC

Aïe!

PURGON

Mille pardons ! (Sn se rejetant du cdté opposé, il fait tomber une

table chargée de porcelaines.) Ah ! mOU DieU !

II ee baisse pour ramasser les porcelaines, et heurte avec le coude un vase

de fleurs qu'il renverse.

su MOLIÈRE A VIENNE.

MADEMOISELLE DE BBIE.

Laissez cela, monsieur Purgon. C'est la faute de mes gens, qui ont mal placé ces objets.

Béjart et mademoiselle Béjart relètent la table et le Tase. MADEMOISELLE DE BBIE, à Purgon.

Prenez un siège et venez vous asseoir près de moi.

(Purgon va chercher une chaise et t'assied très-loin de la comtesse sans

quitter son chapeau.) PIus près, mousieur Purgon, afm que

nous puissions nous entendre. (Il approche un peu son %iége.) Plus près encore. (Il met sa chaise sur la robe de mademoiselle de Brie.) Ah ! vous VOUS mettez sur ma robe ! (n recule un peu sa

chaise.) La, c'est bien. Seyez-vous maintenant, (purgon s'assoit

et reste immobile, les yeux baissés, son chapeau entre ses jambes. — Mademoiselle de Brie à mademoiselle Béjart. LiSOtte, débaiTaSSeZ

M. Purgon de son chapeau qui l'incommode.

Purgon, effrayé, retient son chapeau que mademoiselle Béjart veut prendre ; il le cache à sa droite, puis à sa gauche, puis liait par le mettre sur sa tôte.

D DP ARC, prônant lo chapeau que Purgon suit des yeux avec anxiété.

Donnez, mon cher Purgon, je m*en charge.

Il lo pose sur un meuble.

MADEMOISELLE DE BRIE, regardant Purgon, toujours

raido sur sa chaise.

Lisette, ne te semble-t-il pas que M. Purgon ressemble au marquis avec qui j'ai eu celte aventure?

MADEMOISELLE BÉJART

C'est vrai, il en a la tournure élégante.

MADEMOISELLE DE BRIE

Il a aussi quelque chose dans les traits qui me rappelle le chevalier avec qui j'ai fait ce voyage en Angleterre.

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