ACTE DEUXIÈME. St
Elle A le teint frais comme des groseilles,
Et les yeux piquants comme des abeilles,
Don daine.
C'est Pamour qui nous mène
Tous!
Elle a cinq amants qui sont autour d'elle; Moi, Je suis ici, vidant la bouteille, Don daine.
C'est l'amour qui nous mène Tous!
MADEMOISELLE DE BRIE
Ah! mon Dieu, que voilà des paroles qui sont tendres!
MADEMOISELLE BEJÂRT.
Et comme l'air est amoureux!
DUPARC
Et comme cela est admirablement chanté!
MADEMOISELLE DE BRIE
Où ayez-vous pris les talents et les bonnes manières que vous avez? Assurément, vous avez étudié à Paris?
PDRGON.
Non, madame, je ne suis jamais sorti de chez mon père, qui est apothicaire à Vienne, pour vous servir.
MADEMOISELLE DE BRIE
Hélas ! comment un jeune homme qui a un si bel air peut-il être le fils d'un apothicaire !
PURGON
Madame, il n'a pas dépendu de moi.
DUPARC
H. Purgon a raison ; on ne se choisit pas son père. Il suffit qu'il ait des sentiments au-dessus de sa condition.
PURGON
Papa voudrait que je fusse apothicaire comme lui; mais je n'ai aucun goût pour cet état.
MÂDEMOISELE DE BRIE.
Ce n'est pas une occupation qui soit digne de vous.
MADEMOISELLE BÉJART
Vous ne seriez pas bien vu des dames, et vous ne pourriez pas leur tenir des propos galants, sans qu'on pensât à mille autres choses.
MADEMOISELLE DE BRIE
Dites-moi, mon cher Purgon, aimeriez-vous les fêtes, les bals, la comédie?
Ohl oui.
MADEMOISELLE DE BRIE
Avez-vous vu quelquefois la comédie?
PURGOX.
Jamais.
MADEMOISELLE DE BRIE
Eh bien, je vous promets de vous en faire voir une qui vous réjouira.
PURGON
Oh! quel bonheur!
MADEMOISELLE DE BRIE, lai Torsant â boire.
Auriez-vous de la répugnance pour les petits soupers et pour le vin de Champagne?
PURGON
Oh! non. C'est bien agréable... (Gracieusement.) surtout en votre compagnie.