‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 150 sur 219 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MADEMOISELLE DE BRIE

Vous plairait-il d'être richement habillé et de vous promener en carrosse à deux chevaux, avec des laquais par devant et par derrière?

PURGON

Ce serait le paradis! J'ai lu des livres où on parle de ces belles choses et j'en rêve toutes les nuits.

MADEMOISELLE DE BRIE

Eh bien, il faut venir à Paris, monsieur Purgon. Tous ceux qui vont à Paris passent leurs journées en fêtes continuelles; ils sont magnifiquement vêtus; ils ne sortent qu'en carrosse, et soupent avec les plus jolies femmes de la cour, qui leur versent à boire du vin de Champagne.

MADEMOISELLE BÉJÂRT.

C'est là une vie désirable, et non pas d'être apothicaire dans une petite ville!

PURGON

Ah! — ah! — ah! que ce serait beau! Mais il faut de l'argent pour vivre à Paris.

MÂDE5I0ISELLE DE BRIE.

Non ; il suffit d'en avoir pour y aller. Une fois qu'on y est, — quand on est fait comme vous, monsieur Purgon, — on trouve partout de l'argent plus qu'on n'en veut.

PURGON, Utant tes poches.

Mais je n'ai pas même l'argent qu'il faut pour y aller.

MADEMOISELLE DE BRIE

Qu'à cela ne tienne! Je vais à Paris, et je vous offre

une place dans ma voiture. Vous logerez dans mon hôtel, et vous puiserez dans ma bourse. Ce sont de l^ers services qu'on se rend mutuellement, quand on s'estime.

MADEMOISELLE BEJART.

Madame ne saurait faire un meilleur usage de son immense fortune.

BEJART, qui est sorti depuis quelqat temps, rentrant dans la aaUe.

Le carrosse de madame la comtesse est raccommodé, et madame pourra continuer son voyage quand elle

voudra, (tous se lètent de Uble.)

MADEMOISELLE DE BRIE, à Pargon.

Nous partirons tout à l'heure. — Eh bien, mon ami, nous accompagnez-vous?

DUPARC, à Pnrgon.

Hâtez-vous de dire oui.

MADEMOISELLE DE BRIE

Comment! monsieur Purgon, vous semblez hésiter! Auriez-vous ici quelque engagement?

PURGON, avec hésiUtion.

Non..., madame la comtesse!... c'est-à-dire que... mon père voudrait me marier.

MADEMOISELLE DE BRIE

Ah! c'est autre chose. — Et à qui voudrait-il vous marier?

PURGON

A mademoiselle Angélique , qui est la fille de M. Dimanche, marchand de draps.

MADEMOISELLE DE BRIE

Certes, c'est un parti, cela. La fîlle de M. Dimanche

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