ACTE DEUXIÈME
livres que je vous payerai pour les aulres habits, c'est un total de trois cent soixante-^juinze livres.
M. DIMANCHE
Le total est juste : trois cent soixante-quinze livres,
Revenons à votre fille. Ce jeune homme, monsieur Dimanche, se nomme Bellerose ; il est sergent dans la compagnie des hommes d'armes de M. le comte de Maugiron.
M. DIMANCHE
Le sergent Bellerose?
MOLIÈRE
Oui. Ne vous semble-il pas assez joli garçon 7
M. DIMANCHE
Peu importe. La question n'est pas là.
MOLIÈRE
Auriez-vous ouï dire que ses chefs ne fussent pas contents de son service ?
M. DIMANCHE
Je n'en sais rien, et je m'en soucie peu, car...
MOLIÈRE
A propos, monsieur Dimanche, il est bon que vous sachiez que je payerai les trois cent soixante-quinze livres comptant, (ii oarre un tiroir.) Vous voyez que j'ai quelques écus dans ce tiroir.
M. DIMANCHE, se lerant et saluant Molière
arec respect.
Monsieur...
MOLIKRE.
Ha coutume est de payer comptant, et sans marchander.
M* DIMANCHE, laluant de noavean, très-profondément.
Monsieur, on voit bien, à votre mine, que vous êtes un parfait honnête homme; vous ne sauriez croire en quelle estime je vous ai tenu au premier aspect, et je vous prie d'être bien convaincu que je mettrai tous mes soins à vous contenter, et à mériter la confiance dont vous m'honorez.
MOLIÈRE
J'en suis persuadé, monsieur Dimanche. — Et que dites-vous de mon ami, le sergent Bellerose?
M. DIMANCHE
Il n'a pas un sou, et je ne veux donner ma fille qu'à un homme riche.
MOLIKRE.
Mon Dieu, la richesse ne fait pas le bonheur.
M. DIMANCHE
Hora hom!
MOLIÈRE
Monsieur Dimanche, connaissez-vous le comte de Maugiron ?
M. DIMANCHE
Oui. Ce seigneur vient quelquefois à Vienne. Il fait acheter du drap chez M. Guillaume, mon voisin, ce dont je suis bien fâché.
Il aurait dû vous donner la préférence,