‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 159 sur 219 · DIMANCHE · texte numérisé non relu

DIMANCHE

En vérité I

MOLIERE

C'est un homme à devenir lieutenant.

M. DIMANCHE

Ce serait quelque chose; mais rien ne prouve...

MOLIÈRE

Prenez la peine de lire cette lettre que le comte vient de m'adresser.

M. DIMANCHE, liiant.

« Mon cher monsieur Molière,

« Je vous remercie de vous être souvenu de mes offres de service et de me faire la grâce de m'employer. Je me charge d'avancer le sergent Bellerose, qui est, du reste, un excellent soldat. Je verrais avec le plus grand plaisir qu'il se mariât à mademoiselle Angélique, et, si vous .désira

que j'écrive moi-mèiHe au père de la demoiselle, dans ce sens, mandez-le-moi et ne m'épargnez pas.

» C'est après-demain que je reçois le prince de Gontl, votre condisciple^ et je compte sur vous.

» Votre ami,

» LAURENT DE HADGIRON. »

MOLIÈRE

Cette lettre vous montre que je ne vous ai pas menti.

M. DIMANCHE

En effet. — Le prince de Conti, votre condisciple !

MOLIÈRE

Oui, monsieur Dimanche.

M. DIMANCHE

Le comte de Maugiron, votre ami !

MOLIÈRE

Eh! mon Dieu, oui. (m. Dimanche salue. — Molière, souriant.)

Cela vous étonne, n'est-ce pas, qu'un grand seigneur soit l'ami d'un comédien? — Quoi qu'il en soit, j'ai du crédit auprès de lui, et je peux vous en faire profiter. Donnez votre fille au sergent Bellerose, et je me fais fort de vous procurer la pratique du comte de Maugiron.

M. DIMANCHE

Quoi! il m'achètera mes draps?

MOLIÈRE

Assurément. Il vous le dira lui-même, si vous le voulez.

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