DIMANCHE
En vérité I
MOLIERE
C'est un homme à devenir lieutenant.
M. DIMANCHE
Ce serait quelque chose; mais rien ne prouve...
MOLIÈRE
Prenez la peine de lire cette lettre que le comte vient de m'adresser.
M. DIMANCHE, liiant.
« Mon cher monsieur Molière,
« Je vous remercie de vous être souvenu de mes offres de service et de me faire la grâce de m'employer. Je me charge d'avancer le sergent Bellerose, qui est, du reste, un excellent soldat. Je verrais avec le plus grand plaisir qu'il se mariât à mademoiselle Angélique, et, si vous .désira
que j'écrive moi-mèiHe au père de la demoiselle, dans ce sens, mandez-le-moi et ne m'épargnez pas.
» C'est après-demain que je reçois le prince de Gontl, votre condisciple^ et je compte sur vous.
» Votre ami,
» LAURENT DE HADGIRON. »
MOLIÈRE
Cette lettre vous montre que je ne vous ai pas menti.
M. DIMANCHE
En effet. — Le prince de Conti, votre condisciple !
MOLIÈRE
Oui, monsieur Dimanche.
M. DIMANCHE
Le comte de Maugiron, votre ami !
MOLIÈRE
Eh! mon Dieu, oui. (m. Dimanche salue. — Molière, souriant.)
Cela vous étonne, n'est-ce pas, qu'un grand seigneur soit l'ami d'un comédien? — Quoi qu'il en soit, j'ai du crédit auprès de lui, et je peux vous en faire profiter. Donnez votre fille au sergent Bellerose, et je me fais fort de vous procurer la pratique du comte de Maugiron.
M. DIMANCHE
Quoi! il m'achètera mes draps?
MOLIÈRE
Assurément. Il vous le dira lui-même, si vous le voulez.