ACTE CINQUIÈME
jours; le bonheur de mon pays fait le mien. Ceux qui me regretteront se réjouiront de me savoir dans les champs Élysées, avec Brutus et quelques anciens; car les modernes ne me tentent pas; ils sont presque tous égoïstes, a C'est demain à huit heures qu'on me juge. Probablement, à midi, f aurai vécu^ pour parler le langage romain. Au reste, j'ignore comment se passeront les derniers moments de ma vie, et c'est la (in qui couronne l'œuvre; mais, jusqu'ici, je n'ai pas la moindre crainte de la mort; je n'estimerai jamais la vie que par l'utilité dont elle devait être. — Adieu. »
LE PRÉSIDENT, an greffier.
L'autre lettre, à sa tante.
LE GREFFIER, lisant.
(c Pardonnez-moi, ma chère tante, d'avoir disposé de ma vie sans votre consentement. J'ai vengé bien d'innocentes victimes, j'ai prévenu bien des désastres. Le peuple, un jour désabusé, se réjouira d'être délivré d'un tyran. Si j'ai cherché à vous persuader que je passais en Angleterre, c'est que j'espérais garder l'incognito; mais j'en ai vu l'impossibilité.
» Adieu, ma chère tante; je vous prie de m'oublier, ou plutôt de vous réjouir de mon sort. Souvenez-vous de ce vers de Corneille :
» Le crime fait la honte et non pas Péchafaud. » LE PRESIDENT, au greffier.
Il suffit.
A Charlotte.
Levez-vous.
Vous avez entendu ce que les témoins disent 7