‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 42 sur 219 · LA MARQUISE, HUMBERT · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, HUMBERT

Moment de silence.

LA MARQUISE, assise, à Humbert debout.

Étes-vous repentant... du profond de votre âme?

HUMBERT

Oui, madame.

LA MARQUISE

Êtes-vous bien confus?

HUMBERT

Oui, madame.

Je suis ce qu'il vous plaît que je sois.

LA MARQUISE

Ainsi donc, Vous sentez votre faute et demandez pardon.

HUMBERT

Je sens que je ne puis vivre avec votre haine.

LA MARQUISE, le faisant asseoir.

Venez là. — D'où naquit cette fureur soudaine?

HUMBERT

C'est que...

LA MARQUISE

Quoi?

HUMBERT

Je croyais, et vous m'aviez permis l)e croire...

LA MARQUISE

Quoi? Parlez.

HUIIBERT.

Que nous serions amis.

LA MARQUISE

Eh bien?

HU^MBERT.

Le brusque avis de votre mariage Gomme un coup de tonnerre a rompu ce mirage.

LA MARQUISE

Vous avais-je rien dit, en nos deux entretiens, Qui me fit supposer libre de tous liens?

Non.

LA MARQUISE

Pour savoir de moi si j'étais engagée, Vous-même, m*avez-vous alors interrogée?

HUMBERT

Non.

LA MARQUISE

Eh bien, dites-moi, pourquoi vous fâchez-vous?

HUxMBERT, •« levant.

Parce que je vous aime, et que je suis jaloux! — Pardonnez à ce cri de douleur; je vous jure ^ Qu'il exprime, madame, une rude torture.

Je ne suis pas de ceux qui parlent galamment. Et pour qui ces aveux sont un amusement.

Je suis un (ils du peuple et j'en ai la furie ; J'exècre à la mort, j'aime avec idolâtrie;

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