LA MARQUISE, HUMBERT
Moment de silence.
LA MARQUISE, assise, à Humbert debout.
Étes-vous repentant... du profond de votre âme?
HUMBERT
Oui, madame.
LA MARQUISE
Êtes-vous bien confus?
HUMBERT
Oui, madame.
Je suis ce qu'il vous plaît que je sois.
LA MARQUISE
Ainsi donc, Vous sentez votre faute et demandez pardon.
HUMBERT
Je sens que je ne puis vivre avec votre haine.
LA MARQUISE, le faisant asseoir.
Venez là. — D'où naquit cette fureur soudaine?
HUMBERT
C'est que...
LA MARQUISE
Quoi?
HUMBERT
Je croyais, et vous m'aviez permis l)e croire...
LA MARQUISE
Quoi? Parlez.
HUIIBERT.
Que nous serions amis.
LA MARQUISE
Eh bien?
HU^MBERT.
Le brusque avis de votre mariage Gomme un coup de tonnerre a rompu ce mirage.
LA MARQUISE
Vous avais-je rien dit, en nos deux entretiens, Qui me fit supposer libre de tous liens?
Non.
LA MARQUISE
Pour savoir de moi si j'étais engagée, Vous-même, m*avez-vous alors interrogée?
HUMBERT
Non.
LA MARQUISE
Eh bien, dites-moi, pourquoi vous fâchez-vous?
HUxMBERT, •« levant.
Parce que je vous aime, et que je suis jaloux! — Pardonnez à ce cri de douleur; je vous jure ^ Qu'il exprime, madame, une rude torture.
Je ne suis pas de ceux qui parlent galamment. Et pour qui ces aveux sont un amusement.
Je suis un (ils du peuple et j'en ai la furie ; J'exècre à la mort, j'aime avec idolâtrie;