‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 55 sur 219 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

ARISTIDE

Nous y viendrons. — D'abord, sais-tu ce qui se passe?

IIUMBËRT.

Quoi? que se passe-t-il?

ARISTIDE

Oh I peu de chose ; rien :

Nous sommes massacrés, voilà tout.

Se rapprochant d'Hambert.

Sais-tu bien Qu'on assomme à Paris, qu'à Lyon on égorge, Que Tarascon, Marseille, Aix, sont des coupe-gorge? Sais-tu qu'un régiment d'infâmes muscadins A dispersé le club, hier, à coups de gourdins. Et que les comités, vendus au royalisme.

Ont aujourd'hui fermé ce foyer du civisme?

Sais-tu que de Billaud on instruit le procès. Que la réaction n'attend que ce succès Pour immoler tous ceux qui, dans toutes les sphères, Jusqu'au neuf thermidor ont pris part aux affaires? Si tu ne le sais pas, comment l'ignores-tu ?

k quoi, si tu le sais, s'amuse ta vertu?

Sous la main qui te tient en laisse triomphale. Montre aux boudoirs Hercule énervé par Omphale ;

Va, va sacrifier aux dieux que tu bravais.

Et brûle, renégat, les dieux que tu servais.

— Moi, je pars. Ce qu'on voit m'échauffe trop la bile

Pour que j'en reste ici le témoin immobile.

Tu n'as pas su, Paris, tête des nations.

Garder le feu sacré des révolutions;

l^s thermidoriens te souillent : je secoue

Mes souliers contre toi, BabyloDe, Capoue !

— Parle à Hoche de moi; dis-lui...

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