‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 54 sur 219 · HUMBERT, ARISTIDE, CE · texte numérisé non relu

HUMBERT, ARISTIDE, CE

Aristide s'ayance vers Humbert, Gérés reste sur le seail.

HUMBERT

Ah! tu me reviens donc, citoyen Aristide?

ARISTIDE

Oui; malgré ifioi. Le cours des choses m'y décide. J'ai besoin de toi.

HU3IBERT.

Dis. Cela se trouve bien :

J'ai trop de joie au cœur pour te refuser rien.

ARISTIDE, allant vers Gérés, qui est restée vers le senil,

et l'amenant par la main.

Voici Gérés. — Comment la trouves-tu?

HUMBERT

Charmante.

ARISTIDE, solennellement.

C'est ma femme.

HUHBERT.

Permets que je te complimente.

ARISTIDE

Elle était sur la brèche, au quatorze juillet, Un sabre à la ceinture, au poing un pistolet. L'éloquence des clubs a soufflé dans son âine ; Elle a fait deux discours sur les droits de la femme.

HUMBERT

Voilà qui te promet un ménage fort doux.

Et tu ne peux manquer d'être un heureux époux.

ARISTIDE

Elle a représenté, du haut d'un char agreste, La déesse Raison, en manteau bleu céleste.

nUMBERT.

En vérité!

ARISTIDE

J'ai mis la main droite en sa main.

Et c'est ainsi qu'hier fut conclu notre hymen. La Nature eut nos vœux; le Ciel fut notre temple.

HUMBERT

C'est fort bien fait.

ARISTIDE

Eh bien, profite de l'exemple.

Va-moi dans les faubourgs prendre une bonne enfant, Comme elle, et plante là toutes tes ci-devant.

HUMBERT

Veux-tu pas m' employer? Que faut-il que je fasse?

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