‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 62 sur 219 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Ne vous dit-elle pas le coup que je reçois?

Ln mot vous le dira mieux que tout : Je vous aime.

Je suis frappée au cœur aussi bien que vous-même ;

Contrainte de subir une implacable loi.

En m'arrachant à vous, je vous emporte en moi.

Et, de votre pensée à jamais poursuivie.

En d'éternels regrets je passerai ma vie.

— Oui, je vous aime. En vain un contraire devoir M'ordonnait de cacher ce que je fais savoir;

I^ raison m'engageait en vain à vous écrire;

J'ai voulu vous revoir, Humbert, et tout vous dire;

Je suis venue à vous, croyant que ces aveux

Vous laisseraient peut-être un peu moins malheureux.

Et qu'en l'épanchement de cette confidence

Je puiserais moi-même un peu plus de constance.

— Et maintenant, adieu.

Bile veut sortir. Humbert la retient par le bras.

HUMBERT

Vous m'aimez!

LA MARQUISE

Oui.

HUMBERT

Eh bien.

Laissez là votre monde, ainsi que moi le mien. Repoussons tous les deux la mémoire importune. Et vous, de votre père, et moi, de la tribune ! Soyons tout l'un pour l'autre; allons cacher au loin. Dans quelque endroit perdu, nos amours sans témoin ! Venez! si vous m'aimez, qu'importe tout le reste!

11 la saisit.

LA MARQUISE, se dégageant.

Laissez-moi I

Bile Ta vert la porte.

HUMBERT

Vous m'aimez! fausseté manifeste!

Mensonge !

Allant irers elle.

Sois maudite, ou suis-moi!

LÀ MARQUISE, de U porte.

Je ne puis.

Devant Dieu qui m'entend, je t'aime — et je te fuis,

Bile sort précipitammeot.

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