‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 64 sur 219 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

HUMBERT

C'est toi. Dieu soit loué!

Tu veux bien, n'est-ce pas, d'un second dévoué? .

HOCHE

Oui, mais partons demain.

HUMBERT

Demain ! c'est trop d'attente.

Pourquoi pas aujourd'hui? Demain! l'heure est si lente! Marchons! ne veux-tu pas surprendre les Anglais! Partons aujourd'hui même, à l'instfint, sans délais!

HOCHE

A la bonne heure donc! voilà comme il faut être. A ce feu généreux j'aime à te reconnaître.

HUMBERT, à part.

Que je souffre, mon Dieu !

HOCHE

Par quel revirement, Ayant paru si froid, es-tu si véhément?

Eh! comment supporter, sans entrer en furie, L'orgueil des émigrés et leur effronterie!

Ivres déjà d'espoir, ils nous voient à leurs pieds Confessant nos méfaits, contrits et châtiés; Déjà le droit divin sort du pays des ombres; La féodalité ramasse ses décombres ; Messieurs de la noblesse et messieurs du clergé Vont rajustant le bât dont le Tiers fut chargé. Tout beau! pour arriver au cœur de nos doctrines. Il faut, nobles seigneurs, traverser nos poitrines.

— Oh! vois-tu, je me sens de carnage altéré; Je veux baigner mes mains dans un sang exécré; J'appelle les clairons, la charge à coups de sabre. Et sur les corps foulés le cheval qui se cabre. Partons I

HOCHE

Au point du jour il faut être en chemin.

HUMBERT

Ya, tu n'attendras pas.

HOCHE

A demain.

HUMBERT

A demain.

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