SCÈNE PREMIÈRE
MIKEL, MARGAIT, IVONE, Houmes .t Feuhes,
rassemblés snr la place, devant la maison de Margalt* D'aotres groopes se forment sur la place. — On Tolt passer des soldats dans le fond,
IVONE.
Que de soldats, bon Dieul Pourquoi ce mouvement?
MARGAIT.
Vous ne savez donc pas le grand événement?
IVONE.
Non.
HIKEL.
L'on s'est rudement fusillé sur la plage.
IVONE.
Quand donc?
MIREL.
Cette nuit même, au plus fort de l'orage.
IVONE, joignant les maint.
Choisir un temps pareil pour se battre I
MIKEL.
Les flots Sautaient en furieux par-dessus les ilôts ; C'est alors que les bleus ont tenté l'aventure. Et sont entrés dans l'eau jusques à la ceinture. Quels enragés! il faut que ces républicains Aient l'aile des pétrels ou la peau des requins.
MARGÂIT.
Il ne reste, dit-on, sur toute la falaise
Pas un chouan; en mer, pas une voile anglaise.
MIKEL.
Non ; Ton n'a jamais vu de désastre pareil.
Quiberon était vide au coucher du soleil ; Poussés, l'épée aux reins, dans l'eau qui les submerge. Vingt mille hommes noyés ou captifs!
IVONE, joignant lei mains.
Sainte Vierge!
MARGAIT.
Je sentais un malheur : hier, dans l'ouragan Nous avons entendu siffler le Corrigan; Des feux follets couraient à travers les ténèbres. Et les oiseaux de mer jetaient des cris funèbres.
MIKEL.
Moi, j'ai vu ce matin entrer les régiments ; L'eau de mer découlait encor des vêtements.
MARGAIT.
Et moi, j'ai vu passer, entre une double haie
De fusils reluisants dont la lueur effraie.
Les prisonniers, serrés comme un troupeau de bœufs.
C'était navrant, Mikel.