‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 72 sur 219 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

TOUS

Bravo !

PREMIER SOLDAT

Je vois encor d'ici Flotter les trois couleurs dans le ciel éclairci. Le soleil se levait justement, et nos troupes» Commençaient à plier sous le feu des chaloupes. u En avant, nous dit Hoche, en avant, mes enfants! Regardez sur le fort nos drapeaux triomphants ! » Hourra ! Tair retentit de cris ; la charge sonne ; Au bout de la presqu'île on nous lance en colonne, Et les chouans, rompus, culbutés et traqués, Entre la baïonnette et l'Océan bloqués, Enferrés par devant ou noyés par derrière, Sont pris comme des rats dans une souricière.

DEUXIÈME SOLDÂT

Sais-tu ce qu'on fera des captifs?

ARISTIDE

Les chouans Vont être relâchés et rendus à leurs champs.

DEUXIEME SOLDAT

Et les émigrés?

ARISTIDE

Ah ! leur affaire est mauvaise ; Pris les armes en main sur la terre française : Fusillés.

MoaTement.

Que veux-tu 1 c'est la loi.

DEUXIEME SOLDAT

Cependant

Ils ont capitulé, dit-on, en se rendant.

ARISTIDE

Ah bah! capitulé! tu te moques, sans doute.

Est-ce qu'on traite avec une armée en déroute ?

Est-ce que le décret de la Convention

Permet qu'on les reçoive à composition?

Et n'as-tu donc pas lu Tordre affiché naguère

Qui défend de les prendre en prisonniers de guerre?

DEUXIEME SOLDAT

Je dis ce qu'oti m'a dit, moi ; c'est le bruit qui court.

ARISTIDE

Et qui donc eût osé braver l'ordre du jour?

Devant quel officier, indigne de son grade, A-t-on capitulé? Nonnne-le, camarade.

DEUXIÈME SOLDAT

Devant Humbert.

ARISTIDE, se levant.

Mensonge ! et qui le soutiendra.

Morbleu! c'est avec moi qu'il s'en expliquera.

Il regarde ses camarades, qui restent muets.

Payons et rentrons.

Tous se lèvent et se disposent à partir.

CERK8, à Aristide, en lui montrant Hocbo et Humbert,

qui arrivent sur la place.

Vois Humbert et Hoche ensemble.

Les soldats saluent les généraux et sortent. Aristide donne, en passant,

une poignée de main â Humbert.

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