‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 8 sur 219 · HUMBERT, LA MARQUISE DE MAUPAS · texte numérisé non relu

HUMBERT, LA MARQUISE DE MAUPAS

dtboot Vert !• 8«ail, sans parisr.

LA MARQUISE, i part.

Me voici devant l'antre!

— Bah! du cœur!

Bile fait quelques pas en ayant.

HUMBERT, sans la regarder et tout en parcourant ses papiers.

Que veux-tu, citoyenne?

Avant tout.

Je voudrais bien, monsieur, ne pas rester debout.

— Veuillez être assez bon pour approcher un siège.

HUMBERT, étonné, la regarde un moment.

Puis il offre une des deux chaises qui sont près de la table.

Le voici.

L\ MARQUISE, s'asseyant.

C'est fort bien.

HUMBERT, debout.

Et maintenant saurai-je...7

LA MARQUISE

Maintenant, seyez-vous, vous-même.

Hnmbert prend la seconde chaise Tors la table et s'assoit.

Bon. Je vois Que je suis, grâce à Dieu, chez un hôte courtois.

HUMBERT

Eh quoi I teniez-vous donc pour histoire certaine Que tout républicain est un croquemitaine?

LA MARQUISE, tonriant.

Dame! on me l'avait xlit, — et je tremblais d'abord; Mais je crois à présent qu'on exagère fort.

HUMBERT

Vous êtes bien bonne.

Oui; justice vous est due :

La vieille urbanité n'est pas encor perdue; On peut être, il parait, patriote accompli.

Démocrate sans tache, et se montrer poli.

Conserver les égards que mon sexe réclame, Et, sans la tutoyer, ^cueillir une femme.

HUMBERT

Si quelque chose encor manquait à nos façons. Près de vous volontiers on prendrait des leçons.

LA MARQUISE

Oui-da? — C'est un début qui permet que l'on cause. Et je vais, s'il vous plaît, vous exposer ma cause. J'invoque des liens toujours puissants, dit-on. Entre ceux qui sont nés dans le même canton.

HUMBERT

Comment! vous êtes née...?

LA MARQUISE

Auprès de Villeneuve.

Nous habitions tous deux les bords du même fleuve. — Ne vous souvient-il pas de l'antique château Qui se dressait jadis sur le premier coteau ?

HUMBERT, se levant.

Oh! si, je m'en souviens, de la vieille tour sombre.

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