TADDEO, ANTONIA
Antonia sort de la maiaon de Galilée, et fait quelques pas dans la rue. Taddeo, embusqué derrière l'angle d'une maison, se présente à elle.
TADDEO
Ah ! chère Antonia ! quel bonheur ! vous voici ! Enfin !
ANTOXIA.
D'où sortez-vous?
TADDEO, montrant l'angle où il était caché.
Je vous guettais d*ici,
ANTOXIA.
Et pourquoi?
TADDEO
Pour vous voir. — Pourquoi ? quelle demande ! Se passe-t-il une heure où je ne vous attende?
nt GALILÉE.
Nuit et jour je m'embusque, espérant un coup d'œil. Et, banni du foyer, je rôde autour du seuil.
ANTOXIA.
Il faut bien vous bannir, puisque votre famille Croit mon père hérétique et repousse sa fille ; Il ne nous sied donc plus de recevoir chez nous L'amant qui ne doit pas devenir un époux.
TADDEO
Ah ! savants et dévots, soyez maudits ensemble. Vous tous qui séparez ce que le cœur assemble ! Mais l'amour est plus fort que les inimitiés : Conservez-moi la foi que vous me promettiez, Et, qu'on le veuille ou non, je jure sur mon âme, douce Antonia, que vous serez ma femme.
ANTOMA.
Plaise au ciel, Taddeo! — Quoi qu'on fasse de nous. Je jure de n'avoir d'autre mari que vous.
— Et maintenant, adieu.
TADDEO
Déjà! Qu'allez-vous faire?
Puis-je vous suivre?
ANTONIA
Non. Je vais chercher mon père; Il s'attarde, ce soir, à contempler le ciel; Ma mère gronde; — ainsi, laissez-moi.
TADDEO, la retenant par la main.
C'est cruel !
— Ne m'ôtez pas vos mains si doucement étreintes !
— Parlons de nos amours.