ACTE PREMIER. 4S
VIVIAN
Un spectacle auguste : Galilée Plongeant son télescope en la nuit étoilée.
ALBERT
Bah! ce n'est qu'un morceau de verre, un hochet vain.
VIVIAN
C'est un tube magique, Albert, un œil divin Qui, dans les profondeurs des cieux inaccessibles, Révèle aux yeux humains les mondes invisibles. Sache que la lueur des astres découverts Éclaire d'un vrai jour Tordre de l'univers :
Jupiter nous instruit; ses lois nous sont communes; Comme autour du Soleil il.tounie avec ses lunes. Notre Terre, qu'emporte un mouvement pareil, Avec sa Lune aussi tourne autour du soleil.
ALBERT
Mais Aristote affirme...
VIVIAN
Eh! qu'importe Aristote?
Faut-il jurer par Jui, même quand il radote?
Il pensait librement; faisons donc comme lui. Et voyons par nos yeux, non par les yeux d'autrui.
ALBERT
Ami, sur ces hauteurs je n'ose pas te suivre;
J'y crains cet air trop vif dont ton poumon s'enivre;
Où ton esprit s'exalte un vertige me prend.
Et pour mes faibles yeux l'horizon est trop grand;
Prends garde, en t' élevant par-dessus toute chose.
De franchir les confins que l'autorité pose,
128 GALILÉE
Et songe, retenant ton bras déjà tendu, Qu'à l'arbre du savoir pend le fruit défendu.
— De tout homme pieux Galilée a le blâme.
VIVIAN
Tout homme intelligent à ses leçons prend flamme.
ALBERT
Tous les vieux professeurs se liguent contre lui.
VIVIAN
De tous les jeunes gens il a Tardent appui.
Prends au hasard :
Cherchant aatoar de lai et arr4taot Taddeo.
Voici Taddeo ; qu'il prononce.
Allant Ten Taddeo.
Taddeo! Taddeo!
Secouant le bras de Taddeo, qai n'entend pat.
Holà! fais-nous réponse.
Nous parlons, Taddeo, de Galilée.
TADDEO, toujours absorbé.
Hélas!
Qu'il est heureux! Il voit ce que je ne vois pas.
VIVIAN
Les étoiles?
TADDEO, se levant.
Oui, oui, mon astre, mon étoile!
— Que fai.s-tu loin de moi, dans la nuit qui te voile? As-tu quelque rayon tourné vers mon exil?
Suis je dans ta pensée?
U sort, sans prendre garde à Vivian.