ACTE PREMIER
Je sais ce que je voi.
LA JEUNE FILLE
Pardi ! c'est bien malin.
LE PAYSAN
Et que pouvez-vous faire, Si vous n'êtes sorcier, de vos grands yeux de verre?
LA JEUNE FILLE
Que sert de regarder les astres, chaque soir.
Si vous n'y trouvez pas ce qu'on voudrait savoir ?
POMPÉE, an pajMn et i la jeane fille.
Suivez-moi; vous aurez réponse à toute chose.
LE PAYSAN
Vous me direz comment on jugera ma cause?
LA JEUNE FILLE
Je saurai si je dois me marier bientôt?
POMPÉE
Je vous puis là-dessus renseigner comme il faut, D'après votre naissance, et le thème céleste, Et la conjonction des astres, et le reste.
Un groupe se forme autour de Pompée pour l'éconter.
Je possède Zaêl, Maginus, Bonatus, Pythagore, Avicenne, Agrippa, Duretus; L'alphabet sidéral est pour moi sans mystère. Et je connais le ciel aussi bien que la terre. Rien ne m'est étranger, ni les Douze Maisons, M les Almochodens et Catabibazons, Ni les signes heureux et les signes hostiles. Sous leurs aspects conjoints, ternaires et sextiles,
438 GALILÉE
Ni les degrés divers, ni la nativité Calculée ab horis^ ou par triplicité.
LE PAYSAN, ayec admiration.
A la bonne heure donc! Il parle comme un livre.
LA JEUNE FILLE
C'est le vrai savant, ça; c'est celui qu'il faut suivre.
lis sortent ayec Pompée.
UN MOINE, monté sur le banc de pierre dans un antre groupe.
Écoutez ce que dit l'Apôtre : Dans les cieuXy Pourquoi^ Galiléens^ promenez-vous vos yeux?
C'est ainsi que d'avance il lançait Tanathème Contre toi, Galilée, et contre ton système.
Nous-mêmes, aujourd'hui, nous voyons clairement En quelle horreur le ciel a cet enseignement. Et l'Arno débordé, la grêle sur nos vignes.
Sont- du courroux divin les lamentables signes. — Mes frères, méprisez ces mensonges grossiers ; Pour que la terre marche, est-ce qu'elle a des pieds? Si la lune se meut, c'est qu'un ange la guide; Car à chaque planète un conducteur préside; Mais la terre, où serait son ange? — Sur les monts? On Ty verrait. — Au centre? II loge les démons.
UNE VOIX, dans le groupe.
C'est vrai,