X. — Demande
Dès que, dans le temps convenable , on fera les actes distincts à quoi le chrétien est obligé , et qu'on ne voudra point exclure de l'état de la contemplation ni les personnes divines, ni aucun des attiibuts , ni les mystères de Jésus- Christ ; et que, comme il est dit dans les Articles d'Issy xxiv et xvxiv, on sera persuadé que tout ce qui n'est vu que par la foi est l'objet du chrétien contemplatif; vous ne blâmerez pas, ce me semlile , que dans l'oraison on suive son attrait, n'occupàt-il toujours, dans le temps de l'oraison actuelle, que du même objet.
l^Ér. — Je ne blâme point cela; il suflit de ne point exclure.
XL — Demande.
La mère de rincarnalion disoit que quelquefois elle vouloit se distraire pour s'occuper des mystères , mais qu'aussitôt elle les oublioit , et que l'esprit qui la conduisoit la remettoit plus intimement dans son fond.
RÉi'. — Je crois bien que cela éloit ainsi. Quand on est dans la disposition de ne point exclure les autres actes, ils viennent, (piarid même on ne s'en a[)eicc\roit pas.
Demande.
Dans la déliuition de l'état i)assif, vous dites, monseigneur, que l'anie demeure alors impuissante à produire des actes discursifs; il me paroit que cela n'est pas toujours de la sorte.
Rfi'. — Celte impuissance n'est pas toujours absolue.
LETTRES DE BOSSrET A MADAME DE \A MAISONFORT.
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DKMAMtE.
DKMANfJE.
Il paroît , par divers cndroils des écrils de sailli Fraiirois de Sales, qu'il vouloil que certaines aines se contentassent , lorsqu'elles apercevoient de la distraction dans leur oraison , de revenir à Dieu par un simple retour, et que de ramener ainsi leur esprit à Dieu étoit le seul eflbrt qu'il vouloil qu'elles lissent alors.
I{ki'. — (le simple retour est très-suffisant; c'est l'acte le plus etteclit" : souvent les autres ne sont que dans l'imagination.
Demanhe.
Suppose que ce simple retour ne fût pas suffisant dans certains temps que l'attrait s'est retire , vous ne demanderiez pas que ces âmes en revinssent à la médilatioii , mais qu'elles se contentassent de taire de petits actes courts de temps en temps.
UÉr. — Non à une méditation méthodique ; mais quand l'opération de Dieu cesse, et qu'on a besoin du discours, il faut y revenir, et c'est y revenir que de faire ces actes courts. Ce qu'on a condamné dans la xai" Proposition ', c'est (ju'il est dit qu'alors l'ame n'a plus besoin de revenir au discours. Or, quand Dieu laisse les âmes à elles-mêmes, il faut bien qu'elles s'excitent , et au lieu de dire toutes les fois quune aine de cet état , l'auteur auroit dû dire orditiaireinent.
Demande.
La mère de Chantai vouloit que ces âmes se contentassent, quand elles ne senloient plus d'attrait , de dire de temps en temps quelque parole d'abandon et de contiaiue , et de demeurer eu ré\érence devant Dieu.
RÉr. — Je ne blâmerai jamais cela.
Dema
Mais cet épuremenl des puissances de l'ame, qui est si bien ex[>liqué au cinquième livre des h'tiits d'oraison, pourroit-il se faire sans la contemplation '.'
RÉi'. — C'est dans la contemplation que se fait cet épurement; c'est là proprement l'acte de contemplation , cet acte pur, simple et direct : mais sans la contemplation, on peut avoir une très-yrande charité, en quoi consiste la vraie perfection.
.Je comprends bien , monseigneur, que , sans les oraisons extraordinaires , on peut parvenir à une grande pureté d'amour, et que la i)urification des péchés n'est point attachée à ces oraisons.
RÉp. — Cela est certain.
• Il iii(lii|uc la xvi' Pioposilioii , coiiilaniiit.'o par le Hrcf J'iiiiioioiil Xll contre le livre des Maximes.
Demande.
Je n'entends pas bien pourquoi la Proposition xni (d'issy) joint à la vie la plus parfaite l'oraison la plus |)arfaile ; parce qu'en expliquant cet Article, vous marquez que l'intention de cette proposition est de montrer aux Quiétistes , qui s'imaginent être les seuls qui con-noissent la simplicité, la manière dont tous les actes se réduisent à l'unité dans la charité.
RÉF. — L'oraison et la vie la plus parfaite |)cuventétre séparés, supposé que l'oraison la plus parfaite soit l'oraison passive. La lin de cette xiii'' Proposition n'a pas été de marquer que ces deux choses sont inséparables , ni de distinguer les parfaits des imparfaits par la réunion des vertus dans la cliarifé , puisque tous les actes méritoires dans les justes doivent être commandés par la charité : mais les parfaits sont plus fidèles que les autres à rapporter à la charité les actes des vertus inférieures. C'est la vertu universelle, qui comprend sous soi tous les objets des autres vertus, pour s'en servir à s'exciter et à se perfectioaner elle-même : mais les parfaits, quoique plus rarement que les imparfaits, l'ont quelquefois des actes de vertu qu'ils ne rap[)orlent pas à la charité, et qui ne sont pas commandés par elle.
Di
Il est dit (liv. X , art. xv) qu'une ame continuellement passive ne pourra pécher, même véniellement.
Rkp. — Cela est vrai.