XXI. — Demande
XXYI. — Demande.
Ou si Dieu agit avec une pleine autorité , conmicnt cet état est-il inéi-iloire ? La sainte Vierge, qu'on suppose dans cet état, est pourtant parvenue à un si haut degré de mérite.
RÉP. — Cet état n'est pas méritoire, lorsqu'on n'y a pas l'usage de son libre arbitre ; mais quelquefois on y agit avec liberté. L'état de la sainte Vierge étoit méritoire, et au-dessus de tout ce qu'on en peut dire.
Demande.
Je sais, monseigneur, que vous dites eu quelque endroit que le libre arbitre agit dans la passiveté ; qu'il y a certaines actions tranquilles que l'ame y exerce ; que cela suftit pour y mériter; que la liberté se conserve même quelquefois dans les extases et les ravissemens.
RÉr. — Tout cela est vrai.
XXIIL — Demande.
Ainsi madiffîculté, c'est qu'il est dit dans votre livre, comme je viensde le marquer, qu'uneamc toujours passive ne pourroil déchoir de la grâce.
RÉP. — Ouand on pèche , on cesse d'être passif; ce n'est plus alors Dieu qui meut l'ame.
Elle dit qu'ayant voulu , dans le tenips de la communion , faire des actes [)lus distincts , Dieu l'en avoit reprise. Je crois donc , monseigneur, que ce que vous blâmez est un certain laisser faire Dieu . (|ui exclut par état la propre excitation.
RÉF. — Oui.
XX VIL— Demande.
Je crois de même que ce que vous désapprouviez par rapport à la contrition, c'est de ne vouloir jamais s'y exciter; mais que vous n'exigeriez pas toujours d'une personne qui , loin de faire profession de haïr le péché eu la manière que Dieu le hait , sans douleur, sait au contraire qu'on doit s'en affliger, et s'en afflige ; qui va , dans la résolution de ne le plus commettre , chercher le pardon dans le sacrement de pénitence ; vous n'exigeriez , dis-je , pas toujours d'une telle personne qu'allant à confesse, elle fît des actes distincts de contrition , puisque , lors même qu'elle seroit demeurée dans son recueillement , il seroit à supposer qu'elle auroit eu dans le fond du cœm- vraiment la contrition.
RÉP. — Cela est vrai.