SIR LES LETTRES SUIVANTES
r SIF. LES RAISONS ijll DOXNÈliKNT l.IEl A llAltAMT. TIF. \.\ MAISONFORT DF. PASSF.R DU 5iONASTF.UK l)F. LA VIMTATION
nr. .MF.Aix DANS cFi.ii nr.s irsilines.
quelques momens en prière. La pensée me vint que ma vie seroit moins gênée et plus tranquille, si je quittois la maison de Sainte-Mario pour celle des Uisulines. Sur-le-champ je revins au parloir, où étoit encore le prélat, pour lui exposer en simplicité ce qui venoit de me passer par la tète. Je lui dis que j'avois quelque répugnance à lui faire cette proposition , n'aimant pas à avoir part à ces sortes de changemens; que je désireroisètre toute de providence. Il me dit que cela ne devoit point m'inquiéter, puisque je devois lui dire mes vues, mais que la difticulté étoit de trouver un prétexte : que ce changement rendroit le commerce que j'avois avec lui j)lus commode ; que je lisse encore mes réflexions: qu'il feroit les siennes de son côté à Germigny, où il alloit ; que je gardasse un grand secret, et que je lui écrivisse mes pensées; ce que je lis avec heaucoup de sincérité.
Il vint me re\oir le '2 octohre, et me détermina à ce changement, qui se lit le 2i du même mois et de la même année , avec toute l'honnêteté possihle de la part des supérieui'os et de la mienne ; et je n'ai j)as discontinué d'être en relation avec elles et avec leur communauté.
L.\ maison de Sainte-Marie île Meaux est appelée, à cause de sa grande régularité, la Trappe de l'ordre.
Quoique mon étoile eut été d'être toujours assez aimée , je nelaissois pas d'être surprise de l'empressement et du goût qu'on avoit pour moi dans une communauté aussi grave et aussi froide que l'est celle-là.
J'y passai environ trois ans et demi . ou quatre ans, avec assez d'agrément et de paix.
Une nouvelle supérieure étant en place , je m'aperçus qu'elle , et même celle qui l'avoit précédée, prenoient omhrage de l'affection que la connnunauté me marquoit. Elles en parloient à M. de Meaux, qui n(;savoil pas trop quel conseil me donner; car, ne voyant presque jamais les religieuses qu'aux récréations, dont M. de Meaux n'approuvoit pas que je me privasse, tout le reste se réduisoit à de petites attentions , qui n'éloient pas capahles de détacher celles de ceslilles qui leiioif'ut trop à moi, ni d'empêcher les autres de me marquer une ceriainc considé- )-ation.
Enfin, le li septemhre I 7(il , M. de Meaux m'ayani |)arlé sur- cela avec une grande bonté et une grande conliance ; au sortir d'avec lui , j>assanl iiaturclh.'mcnt prè.s de Téglisi", j'y restai