LETTRE XVI
Le prélat lui fait ospérer son entrée jjroclmine an mnnasière des l'rsnlines.
.Va\ fait beaucoup d'attention à votre proposition pour les Ursulines, et j'ai déjà fait les pas qu'il falloit pour préparer la supérieure en grand secret. Une de mes raisons est que, quand on est sur un certain pied dans une communauté, on n'y peut rien changer; mais, dans une nouvelle comnmnauté , on le peut faire parfaitement. Avant que d'enfoncer davantage, écrivez-moi amplement comme on vous traite à Sainte-Marie pour la nourriture. Pour la pension , il me semble qu'on se dispose à se contenter de quatre cents livres, et que le surplus est à votre disposition sous l'obéissance , selon que le demande le vœu de pauvreté.
Le tour que jai donné à la chose, c'est que votre inclination \ous avoit d'abord portée pour les Ursulines, où la cdiiformité de l'institut étoit semblable , et que d'.ailleurs il paroissoil que , devant être avec moi dans une relation j)aiticiilière, le voisinage la faciliteroit davan-
fage. Je n'ai pu m'empêcher de laisser entrevoir
que vous n'étiez pas avec les mères dans une si ~ ~
parfaite intelligence , et que du reste je répondois de tout. Au surplus , j'ai réservé à pousser les choses jusqu'à oc que je fusse instruit de votre part ; ce que vous ferez fort secrètement |iar M. P., par qui je vous écris. Vous voyez l'attention que j'ai à votre repos , et que, pour cette transmigration , j'aurai à recevoir les ordres de la cour. 11 faudra trouver un prétexte honnête ; et vous pouvez , dès à présent , me dire vos vues, en tenant le tout très -secret entre vous et moi. Dieu conduise tout à sa gloire.