‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 133 sur 422 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

AcssiTÙi que 'SI, l'archevêque de Cauibmi t'ul mort, je me crus obligé , par justice autant que pai- recoiinoissance, de tiavailler à faire revivre, selon mon pouvoir, sa mémoire précieuse ;, en proposant à ceux qui avoient eu le bonheur de connoîlre ce saint prélat , quelques traits des \ertus qui lui étoienl familières , et en même temps les plus marquées dans le détail de sa conduite, pour leur tenir lieu en quelque sorte des instructions salutaires qu'ilsavoieut coutume de recevoir autrefois de sa bouche : résolu de n'exposer à leurs yeux que les choses édilianles dont j'avois été le témoin , ou même le contident dans les dernières années de sa vie ( car c'est à ce temps-là que je me suis borné ). Je ne touchai d'abord que rapidement et succinctement un fonds si excellent , dont je laissois à une meilleure plume le soin glorieux d'étaler la richesse. Comme j'étois prêt à mettre au jour ce que j'avois écrit, avec un empressement dont le zèle , l'admiration , le respect étoient le vrai principe, on m'assura qu'une personne de grand méritetravailloilàdonneractuellement au public une Vie très-ample de feu M. l'archevêque de

Cambrai, et que son ouvrage ne tarderoit peutêtre pas encore long-temps à paroître. Charmé d'apprendre une nouvelle à laquelle jem'iutéressois, je crois, plus que personne, je mécontentai alors de communiquer mon petit manuscrit à quelques amis de conliance , et je m'en tins là. Une année s'étant écoulée, plusieurs autres s'etant passées de même , toujours flatté prochainement, ma's inutilement, de voir paroître l'ouvrage qui m'avoit été annoncé d'une manière positive , je me suis entin résolu de publier aujourd'hui ce que j'avois écrit , neuf ans environ auparavant , dans les premiers mouvemens de mon juste empressement.

Peut-être que cet essai fera naître à quelqu'un le désir d'enchérir sur mon entreprise ; je le souhaite de tout mon cœur. Etfectiveaient feu M. l'archevêque de Cambrai a assez bien mérité de la religion , de la piété, des sciences; pour que la postérité soit en droit d'attendre et même d'exiger qu'on lui transmette la mémoire de ce grand lionmie d'une manière digne de lui. «Louons les hommes pleins de gloire... » ces hommes qui ont été grands en vertu et » ornés de prudence — Riches en vertu , ils » ont aimé avec ardeur la véritable beauté , ils » ont gouverné leur maison en paix. Aussi se » sont-ils tous acquis parmi leurs peuples une

PRINCIPALES VERTUS DE FÉNELON

» gloire qui est passée d'âge en âge , et ou les » loue encore aujourd'hui pour ce qu'ils ont » fait pendant leur vie. » Lauc/emus viros glorionos,.... homincs luagni virtute , et prudentiâ suà prœditt, — homines divites in virtute, piUchritudinis studium habentes,pacipcantes indomibus suis. Oinues isti in yenerationibus gentis sua.' gloriain adepti swit, et in diebus suis Imbentur in laudibus ^ .

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