‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 159 sur 422 · ICI · texte numérisé non relu

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L'évoque di; Porphyre Le

Drou).

Les Gascons.

Les cvéques de Luçon et de la

Rochelle.

Le procès de Uordcaur.

L'alfaire des deux évéques.

M. Robert.

Le curé de S. Sulpicc ( La

Ché(ardie).

Les Banquiers.

Les Vissions-Etrangèios.

Le procès de (,r<^noblc.

L'affaire de la Chine.

Les Provençaux.

Les Jésuites

M. Bourdon.

Le P. LeTellier.

M. Colin.

Le P. Lalleniant.

M. Martinet.

Le P. de La Tour.

M. Perrin.

Le P. Quesnel.

M. Legendrc.

L'abbé Renaudot.

M. Robin.

Valloni, ou du Vauccl.

M. Charles.

L'abbé Ernest.

M. de ta .Marte.

Le P. Delbecque.

Les noms suiians se trouvent dans des lettres plus anciennes, et quelques uns mi'me dès le temps de l'affaire du Quiétismc.

Panta , ou te grand Atiljé.

Le petit Abbé.

P. P. on le petit Prince.

Le Tuteur.

Le bon, ou L. D. ou te B. D.

ou le bon Duc

L'abbé de Bcaumont.

L'abbé de Langeron.

Le duc (le Bourgogne.

Le duc de Chevreuse.

Le duc de Beauvillieri-.

AGEN (évêque d'); voyez uebert.

AGUESSEâU I Henri-Frauçois d'), chancelier de Fi'ance, naquit à Limoges en 1668. Etant entré de bonne heure dans la magistrature, il y parul avec beaucoup d'éclat, et devint successivement avocat-général en 1691, procureurgénéral en 1700, enfin chancelier en 1717, après la mort de .M Voysin. Ses liaisons avec plusieurs zélés Jansénistes, rattachement excessif qu'il montra en diverses occasions pour les maximes du Parlement, et l'ardeur avec laquelle il sollicita pour cette raison la suppression de quelques Brefs de Clément XI sur les controverses du temps, le firent d'abord soupçonner d'être favorable au parti de Jansénius. Voyez la lettre de Fénelon au duc de Chevreuse du 24 août 1711, n. 3; t. Vil, p. 352.) Mais il revint dans la suite à des sentimens plus favorables à la paix de l'Eglise, et plus conformes aux principes religieux dont il avoit toujours fait profession. Il donna sa démission de sa charge à cause de son grand âge, le 27 novembre 1730, et mourut à Paris le 9 février 1751, âgé de quatre-vingt-deux ans. Il fut enterré, comme il l'avoit désiré, auprès de sa femme, dans le cimetière d'Auteuil.

AGUIRRE (Joseph-Saenz d',, né en 1G30 à Logrogno, dans la vieille Castille, fut un des plus grands ornemens de Tordre do saint Benoit dans le dix-septième siècle. D'abord interprète des livres saints dans l'Université de Salamanque, ensuite censeur et secrétaire du tribunal du Saint-Office, il fut honoré de la pourpre par Innocent XI en 1686, en récompense de .«on zèle pour l'autorité du saint siège, qu'il avoit défendue contre la Déclaration du clergé de France de 1682, dans son ouvrage intitulé : Defensio cathedra S. Pétri, publié en 1683. Membre de la congrégation chargée de l'examen du livre des Maximei en 1697 ', il opina contre ce livre. Il passoit, mais, à ce qu'il paroît, sans beaucoup de fondement , pour être extrêmement opposé aux Jésuites, et favorable à leurs ennemis. Il mourut à Uome le 19 août 1699 , avec une grande réputation de science et de modestie.

' Nous avons donné, dans la note 1 de lu leltre dlxxxix, I. IX, p. 713, les noms des cardinaux de la tougrégalion qui émirent leur vœu sur ce livre.

NOTICE DES PERSONNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON

AIX (rarchtvcque d', ; voyez Vintimille.

ALA.MANM JVinceut-Âufoiue; , natif de Florence, étoit im prélat fort accrédité auprès de Clément XI. Etarit venu en France vers l'an 1709, il fit un voyage à Cambrai, et se lia particulièrement avec Fénelon, qui lui donna des avis importans pour sa conduite spirituelle. Conformément k ces avis, l'abhé Alamanni, de retour en Italie, vers l'an 1*11, reçut les ordres sacrés à Florence, sa patrie. Il remplit depuis plusieurs emplois importans à la cour pontificale, et continua d'entretenir avec Fénelon une correspondance fondée sur l'estime et l'admiration que ce prélat lui avoit inspirés. Voyez la lettre de l'abbé Alamanni a Fénelon, du 27 avril 1710, t. VII, p. 670.

ALBAM; voyez Clément XI.

ALBERGOTTI Trançois-Xénoble-Philippe d;, né k Florence le 23 mai 16o'i , s'attacha au service de France. D'abord colonel du régiment Royal-Italien , il fut nommé brigadier d'infanterie eu 1690, maréchal de camp eu 1701, lieutenant-général en 1702, et servit avec distinction en Itahe pendant cette année et les suivantes. Louis XIV l'honora du cordon bleu en 1710, pour sa belle défense de Douai contre les alliés, et femploya ensuite en Flandre, où il se distingua surtout en 1712 k l'affaire mémorable de Denaiu, et au siège de Douai, repris la même année par le maréchal de Villars. Il mourut le 23 mars 1717. Fénelon fait de lui un portrait assez peu avantageux dans une lettre au duc de Chevreuse du 14 novembre 1711 Corr. t. VII, p. 3S7) et dans son Mémoire sur la campagne de 1712. [Œuvres, t. VII, p. 177.) Ce portrait ressemble d'ailleurs à celui que trace d'Albergotti le duc de Saint-Simon dans ses Mémoires.

ALBERT (d",. Cette Correspondance fait mention de plusieurs personnages de ce nom , proches pareus du duc de Chevreuse. Nous les avons fait connoitre dans les notes. Voyez, dans la Correspondance avec le duc de Chevreuse, les lettres des 1" août 1701 , 12 septembre 1706, et 11 janvier 1710; t. MI, p. 228, 251, 301. (Voyez aussi le Dictionnaire de Moreri, article Albeht.)

ALEGRE -Jeanne-Françoise de Géraud , marquise d") avoit épousé en 1679 Yves, marquis d'Alègre, lieutenantgénéral des armées du Roi, et qui devint en 1724 maréchal de France. Sa fille, Marie-Thérèse d'Alègre, fut mariée en «696 au marquis de Barbesieu.x, fils du ministre Louvois. La marquise d'Alègre mourut k Paris le 28 mai 1723, âgée de 5^jixante-cinq ans.

ALEXANDRE (Noël), né k Rouen en 1639, entra de bonne heure dans l'ordre de saint Dominique, y devint successivement professeur de philosophie et de théologie , et fut reçu docteur de Sorbonne en 1U75. Il mourut k Paris en 1724, âgé de quatre-vingt-six ans. il est connu par plusieurs ouvrages théologiques, et surtout par une Histoire ecclésiastique de l'ancien et du nouveau Testament, dont les dissertations sont très-estimécs. Il souscrivit en 1701 le fameux Cas de conscience ; mais il révoqua peu après sa signature.

ALFARO (le père), Jésuite espagnol, fut un des huit consulteurs nommés au mois de septembre 1697, pour l'examen du livre des Maximes, et l'un des cinq favorables au livre'.

• Puur lever les < «iiiliadiclions a|>i)Hrciiles qui pourroieiit se trouver eiilro les (li»ers arlieles reliilifs aux consuKcurs ii(inniii''8 pour rexann'ii du livre des Maximes, nous avons

A.MELOT ; Michel; , marquis de Gournai et baron de Brunelles, naquit en 1633 d'une famille distinguée dans la magistrature. Il se rendit célèbre par diverses ambassades, dans lesquelles il donna des preuves d'une grande capacité, de probité et de zèle pour le bien public. Louis XIV l'envoya k Rome en 171 1, pour suivre les négociations destinées k rédune le cardinal de Noailles et les évèques opposans à la constitution Unigenitus ; mais la mort du Roi le fit rappeler k Paris au mois de septembre 1713. avant la conclusion de l'allaire dont il étoit chargé. Il mourut k Paris le 21 juin 1724, âgé de soixante-neuf ans. Voyez le Mémoire historique placé dans le t. VII de la Correspondance , p. 285;.

AMIENS (vidanie d'); voyez Chaulnes.

ANGLETERRE roi d') ; voyez Jacques III.

ANJOU (le duc d'; ; voyez Philippe V.

ARANTHON (Jean d'; , né en 1620 au château d'Alez, dans le Genevois, devint évèque de Genève en 1660. Ayant eu occasion de voir madame Guyon k Paris en 1680, il conçut une haute idée de sa piété, et l'attira dans son diocèse pour l'aider k l'établissement d'une communauté da Nouvel les-Calholiques. .Mais il ne tarda point k la soupçonner de quelques illusions dans sa piété; ce qui ne l'empècba pas de conserver pour elle une sincère estime, comme on le voit par sa lettre du 8 février 1695 li. IX, p. 54). Ce prélat mourut en odeur de sainteté le 4 juillet 1695. Sa Vie a été écrite par D. Innocent Le .Massou, général des Chartreux. (Voyez plus bas l'article Masson (Le). Voyez aussi V Histoire de Fénelon, liv. H, n. 16; liv. III, n. 80.)

ARGENSON Marc-René de Voyer, marquis d'), d'une ancienne maison originaire de Touraine, naquit en 1652 k Venise, où son père étoit ambassadeur de France. Après avoir occupé quelque temps une charge de maître des requêtes, il fut nommé en 1697 lieutenant-général de police , et remplit cet emploi avec autant d'habileté que de

cru devoir donner ici la liste de tons les consulleurs avec le rébullat de leurs travaux.

Le pape Innocent Xll noniina d'abord, au mois de septembre 1697, huit consulleurs, savoir : 1" le P. Alfaro, Jésuite; SS" le P. Hernardini , maître du sacré Palais; 3" le P. D.'i-.nasténe, de l'ordre des Mineurs-Conventuels; i" le P.Gabrielli, alors procureur -(;énér;il des Feuillans, et depuis cardinal ; 5" lo 1>. Granelli , religieux de l'Observauce ; 6" le P. .Massoulié, Dominicain; 7" k- P. del Miro, Bénédictin; 6" le P. Serani, l>rocnreur-i;énéral des Augustins.

Les partisans de Bossuet , croyant le P. Damascene trop favorable au livre des Maximes, le firent exclure , dés le mois de décembre suivant, par l'intervention du prélat Delllni , alors nonce en Franc« , qui en écrivit au Pape de la part de Louis XIV. Le P. Damascene fut remplacé par le P. Philippe, général des Carmes déchaussés; mais la suite montra qu'on n'avoit rien cayné à ce chanjpMnenl.

Enfin aux huit consulleurs déjà nommés, le souverain Pontife en ajouta encore deux autres en janvier 1698, savoir : i" le P. Le Drou , religieux Augustin, évcquo de Porphyre et sacriste ilu Pape; 2" le prélat Uadolovic, secrétaire de la coiigiégation des Réguliers , archevéquo de Chiéli , dans lo royaume dcNaples, et depuis cardinal.

Apres dix mois d'examen, les consultcursse trouvcreiil tellement partagés, que cinq opinèrent pour le livre, et cinq contre ; les cin<i consulleurs favorahles furent le P. Alfaro, le P. Galirielli, le P. Philippe , l'évcque de Porphyre et l'archevêque lie Chiéli. On peut voir, dans VHist. de Fénelon (liv. m), la snito de celte alfaire. On remarqua dans le temps , ijuc l'opinion du P. (îabrielli el de l'archevêque de Chiéti ne les empêcha jioint d'être honorés de la pourpre quelques mois après la conclusion.

NOTICE DES PERSONNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON

succès. Il devint aussi conseiller d'État en 1709, et garde des sceaux en 1718. Il mourut à Paris le 8 mai 1721, Agé do soixanle-m.Mir ans. •

ARGE.XTltfc; fCharlesdu Piessis d\, d'une famille illustre de Bretagne, naquit en 1673. Il fut reçu en 1700 docteur de Sorbonm.', devint en 1709 auinùnier du Roi, enfin en 1723 év^-qut' de Tulle. Il mourut en 17A0, regretté des pauvres dont il étoit le père, it des gens de bien dont il étoit la iuuiicri! et ruxt-iupR'. On a de lui plusieurs ouvrages fhéologi(|iies pleins de recherches : parmi ces ouvrages, on distingue celui qui a pour titre : CoUeclio Judkionim do novix erroribus. qui nh iuitio sœculi (luoderinii nd onnitm 1723 in Ecclpsin proscripli sunt et notati. Parisiis. 1728, 3 vol. in-fol. Nous avons parlé ailleurs de la part qu'il prit à la controverse du quiélisme. (Note '2) de la leltre 511, ci-dessus, t. IX, p. 603.

ARN.4l'LD [Antoine), fièrc d'Arnauld d'Andilly, et troisième fils d'Antoine Arnauld , avocat-général de la reine Catherine de Médicis; naquit k Paris en 161-2. Après ses études de philosophie et de théologie , il soutint dès l'an 1633, dans sa tentative, des opinions singulières sur la grAce, qui annoncèrent ce qu'il seroit plus tard. Reçu docteur de Sorbonne en 1641, il fut exclu de la Faculté en 1656, pour son attachement à la doctrine de .lanséiiius, condamnée par le saint siège. Il prit alors le parti de la retraite, où il demeura jusqu'à la paix de Clément IX, en 1668. Depuis cette époque, il tourna contre les Calvinistes les talents dnnt il s'étoit d'abord servi contre les décisions du saint siège. Ces temps heureux produisirent plusieurs ouvrages de controverse généralement estimés, entre autres, la Perpétuité de la Foi, dont Nicole fut le principal auteur, et à laquelle Arnauld eut très-peu de part. Mais la démangeaison de dogmatiser troubla bientôt le calme d'Arnauld. Devenu suspect à Louis XIV, il fut obligé de se retirer dans les Pays-Bas, où il continua , jusqu'à sa mort, de soutenir le parti de Jansénius. Il publia en faveur de ce parti une foule d'écrits dont le Dictionnaire de Moréri a donné une très-longue liste. Arnauld mourut à Bruxelles en 1694, entre les bras du P. Quesnel, son disciple, et son successeur dans la qualité de chef du parti.

ARRAS (évèque d', ; voyez Seve (de).

ARTAIGNAN ; voyez .VIontesoitioi'.

AUBIGNÉ (Ciaude-.Maur d';, d'abord abbé de Vilry près Senlis, devint en 1701 évèque de Noyon, d'où il fut transféré en 1707 à l'archevêché de Rouen, vacant par la mort de Nicolas Colbert. Il mourut dans sa ville épiscopale, au mois d'avril 1719. La Correspondance de Fénelon, aussi bien que les mémoires du temps, le représentent comme un prélat d'un «.avoir et d'un génie assez médiocre, et fort suspect sur l'article du jansénisme. (Voyez en particulier les lettrps de Fénelon au duc de Chevreuse des 24 février et 4 mai 1710, t. VII, p. 307 61316.

AVAUX (d'); voyez Mesmes.

B.\GNOLS (Dreux-Louis Dugué de), né en 1645, fut conseiller d'État sous Louis XIV, puis intendant de Flandre vers l'an 1700, et conserva cet emploi jusqu'à sa mort, qui arriva le 9 octobre 1709. Il montra toujours le plus parfait dévoùment aux intérêts du Roi ; mais son atlachement bien connu aux opinions de Port-Royal, dans lesquelles il avoit été nourri, diminua beaucoup la confiance que Louis XIV loi avoit d'abord témoignée. (Voyez le Mémoire latin de Fénelon au pap.^ Clément XI , en 1703 , n, 2; t. IV des Œuvres, p. 452.;

BARBESIECX; voyez Tellier (Louis-François-Marie Le^.

liARRIÈRE (.lean-Charles de Taillefer de\ issu des anciens e.)mtesde Périgueux, devint en 1691 camérier secret honoraire du pape Innocent XII, et apporta la barrette au cardinal de Noailles en 1700. Il fut pourvu des abbayes de Saint-Marlial de Limoges en 1701. et de Josaphat en'l714 Il mourut en 4 7i9. Madame de Pontrhat, à qui l'abbé dp Chanterac écrivit en 1697, au sujet du livre des .)faximes une lettre qui fil alors du bruit flettre 174, t. IX, p. 1,33' étoit sœur de cet abbé.

BAVIÈRE (Joseph-Clément de;, électeur de Cologne. Voyez la Xofice qui précède le Discours prononcé pu Fénelon uu sacre de ce prince, t. V des Œuvres, p. C03.

BAVIÈRE Maximilien-Emmanuel de), frère du précédent naquit le 10 juillet 1662, et succéda en 1079 à l'électeur Ferdinand-Marie, son père. Il contracta d'abord une alliance très-étroite avec l'empereur Léopold, qui le fit nommer par le roi d'Espagne, en 1092, gouverneur des Pays-Bas. Mais ayant pris, ainsi que son frère, le parti de la France dans la guerre de la succes.sion, il fut dépouillé de ses étals d'Allemagne, et obligé de chercher un asile en France, où Fénelon eut occasion de le voir et de s'entretenir avec lui vers l'an 1703. Le traité de Rastadt, en 1714, le remit en possession de ses états. Il mourut le 26 février 1726 , âgé de seixante-quatre ans. Voyez le portrait que Fénelon fait de cet électeur dans la lettre 52, au duc de Chevreuse, vers la fin de 1703, t. VII, p. 243.

BAVEUX (l'évèque de) ; voyez Nesmond.

BEAI'FORT (Joseph de) fut successivement à Châlons et à Paris grand-vicaire de M. de Noailles, qui avoit en lui une grande confiance, et qui le choisit même pour son confesseur. Ce fut lui qui composa et publia en 1694, par ordre du prélat, les Mœurs et Entretiens du Frère Laurent de la Résurrection , Carme déchaussé. Voyez la leltre 288 de la vi- secL (t. IX, p. 244), et ci-après l'article Lai:-

nENT.)

BEAUMONT 1 Pantaléon de), fils de Henri de Beaumont. seigneur du Gibaut, et de Marie de Salignac, sœur consanguine de l'archevêque de Cambrai (Voyez plus bas l'article Fénelon, n. 11.), naquit en 1660 au château du Gibaut, et fut associé à Fénelon, en 1689, en qualité de sous-précepteur du Duc de Bourgogne. La disgrAce qui accabla au mois de juin 1698 presque tous les amis de Fénelon, obligea l'abbé de Beaumont de se retirera Cambrai, où l'archevêque le fil smi grand-vicaire. Il est souvent désigné dans la Correspondance de Fénelon sous le nom de grand abbé, ou de Panta, abrégé de Pantaléon, son nom de baptême! .Nommé en 1716 à l'évèché de Saintes, il se concilia l'estime cl la considération générale par une piété solide et éclairée , jointe à des manières nobles et aisées, et à des couuoissanccs très-étendues, surtout dans le genre historique. Il mourut à Saintes le 10 octobre 1744, laissant au séminaire de son diocèse, outre des .sommes considérables, sa riche bibliothèque , dans laquelle .se Irouvoit une nombreuse collection des manuscrits de Fénelon. Nous avons remarqué ailleurs que ces manuscrits furent communiqués à l'abbé de Fénelon, quelques années avant la révolution, pour servir à la nouvelle édition des Œuvres de l'archevêque de Cambrai. La manière dont l'évèque de Saintes est maltraité dans les Nouvelles ecclésiastiques montre assez quel étoit son attachement et sa soumission aux définitions de l'Eglise et du saint siège contre les nouvelles doctrines. Voyez \'Hi<^t. de Fénelon, liv. I, n. 70. — Nouvelle^ ecciésiast. années 1738 et 1744."

NOTICE DES PERSONNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON

et Beacvii-

BEAUVÂIS (l'évêque de) ; voyez Janson LiERS (Franoois-Honorat de).

BEAL'VAU (Pierre-Magdeleiue, comte de) , né le '2 mai 1GC3, étoit fils de Jacques de Beauvau, troisième du nom, marquis du Rivau. Après avoir rempli avec tionneur divers .•mplois militaires , il devint, eu 1709 maréchal de camp, lioulenant-général en 1718, puis eu t7'24 chevalier des orJ.es du Roi. 11 obtint en 1732 le gouvernement de Douai, et mourut dans cette ville le 30 mai 1734. Fénelon fait de lui un portrait avantageux, dans sa lettre au duc de Chevreusedu »"• décembre 1709; t. VII, p. 294.

BEAUVAT (René-François de) , frère du précédent, naquit en 1664, au château du Rivau. Ayant embrassé l'état ecclésiastique , il fut d'abord chanoine et grand-vicaire de Sarlat. Nummé en 1700 évèque de Bayoïme. il fut transféré à Tournai le -23 avril 1707, puis à Toulouse le âV» juillet 171:1, enlin k Narbonne le 5 novembre 1719. Il devint aussi en 1724 commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, et mourut à Narbonne le 4 août 1739, âgé de soixante-quinze ans. Les embarras que lui causa en 1709 l'invasion de Tournai par les alliés , sous la conduite du prince Eugène , ne contribuèrent pas peu h lui faire désirer sa translation k Toulouse, Voyez, k ce sujet, VHùt. de Fénelon , liv. IV, n. 83 et suiv. (Voyez aussi l'article Ernkst , ci-après; et dans la iv section de la CorresfumUmce , les Lettres concernant les o/ffiircs de l'église de Tovrnni ; t VUl , p. 419 et sniv.)

BEAIIVILLIERS -Taul de Saint-Aiguan , duc de), pair de France , premier gentilhomme de la chambre du Roi , chef du conseil des finances, minisire d'Etat, etc., naquit en 1648. Il conçut de bonne heure une haute estime pour Fénelon. avec qui il se lia très-étroitement, par les soins de M. Tronson , leur commun directeur. Nommé en 1689 gouverneur du Duc de Bourgogne , et libre de choisir ses coopérateurs, il se fit associer Fénelon en qualité de précepteur, et partagea constamment les soins de son emploi avec le duc de Chevreuse , son beau-frère. Jamais on ne vit à la cour une réunion plus vertueuse; jamais aussi on ne vit un succès plus complet dans l'éducation d'un prince. Après la disgike de Fénelon , le duc de Beauvilliers continua de correspondre avec lui , mais dans le i>lus grand secret; tant pour ne pas compromettre son ami , que pour ne pas s'exposer lui-même k l'orage qui menaça de l'cn- Iralner au mois de juillet 1698, avec les antres amis de l'archevêque de Cambial. Ils avoient dans la personne du duc de Chevreuse un intermédiaire associé k tous leurs sentimens et k toutes leurs pensées , et que sa position n'obligcoit pas k des précautions si rigoureuses. Le duc de Beauvilliers mourut k Vaucresson , près Versailles , le 31 août 1714 , Agé de soixante-six ans. Il est souvent désigné dans la Coriespondaiice de Fénelon sous le nom de hon dvc ou siinidcmcnl de //'»/. cl par les ahliréviations /;., b. D. , /.. H.

Il avoit épousé en 1671 Ileuriette-Louise Colberl, seconde (illc de Jean-Baplistc Colbert , ministre et secrétaire d'Klat. De ce mariage naquirent treize enfans , dont on peut voir les noms dans le Diclionmdre de Moréri. La duchesse de Beauvilliers survécut long-temps k son époux, et mourut le 19 septembre 1733, igée de soixantc-dix-huit ans, après une vie toute consacrée aux œuvres delà religion et de la charité. Elle devoil une grande partie de ses vertus et de ses aimables qualités k sa religieuse déférence pour les avis de Fénelon. Elle est souvent désignée dans la Correspondance de l'aichevèque de Cambrai sous les

noms de bonne duchesse ou bonne petite duchesse, et par les abbréviations L P. D , L. B. P. D. (Voyez VHist, de . Fénelon , liv»l , n. 60. et liv. VIII , n. 39.) |

BEAUVILLIERS DE SAINT-AIGNAN (François-Honorat- "1 Antoine de) , frère du précédent, naquit en 1682. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut reçu en 1708 docteur de Sorbonne. Il étoit de plus abbé de Saint-Germer , dans le diocèse de Beauvais , et arcliiprêtre de l'église d'Orléans, lorsqu'il fut nommé en 17 13 k l'évèché de Beauvais, vacant par la mort du cardinal de Janson. Clément XI lui refusa quelque temps ses bulles, k cause d'une thèse qu'il avoit soutenue en licence sur les maximes de l'Eglise Gallicane ; mais cette difticulté fut bientôt levée par les observations respectueuses que Fénelon lit adresser Ik-dessns an Pape par l'entremise de P. Daulwnton , Jésuite. L'évêque de Beauvais, s'étant démis de son siège eu 1728, fut pourvu de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. Pendant sa retraite . il s'occupa k étudier l'Ecriture sainte , et il publia une Nouvelle truduclion de la Bible , suivant la Vulgale, avec des notes historiques et critiquas « la suite de chaque chapitre, précédées de dissertations su>- les sujets importuns. Bruxelles (Paris), 1745 — 1751 ; 16 vol in-4". Cet ouvrage , dont les quatre premiers volumes sont anonymes . est resté incomplet ; le tome XVI et dernier contient les petits Prophètes. Il mourut à l'abbaye de Prémontré , dans les pratiques de la piété et de la pénitence , le 19 août 1751.

BED.MAR (Isidore-Jean Joseph-Dominique de la Cueva , marquis de), né le 23 mai 1662, servit d'abord le roi d'Espagne , en qualité de capitaine d'infanterie, dans l'Etat de Milan. De Ik étant passé en Flandre, il obtint successivement divers emplois importans dans les armées d'E-pagne, et fut chargé du gouvernement des Pays-Bas , en l'absence du duc de Bavière, en mars 1701. Il mourut le 2 juin 1723, âgé de soixante-onze ans , après en avoir passé cinquantedeux au service des rois d'Espagne , dont il s'éloit attiré Pestirae par sa prudence et son intégrité.

BELLEFONDS (Bernardin Gigault, marquis de), seigneur de l'ile Marie, maréchal de France, chevalier des ordres du Roi , etc., étoit fils de Henri-Robert Gigault , seigneur de Bellefouds. Il signala son courai^e en plusieurs occasions sous le règne de Louis XIV , qui le lit maréchal de France en 1668, et lui confia depuis plusieurs ambassades et commandeniens importans. Il mourut le 5 décembre 1694 , k l'âge de soixante-quatre ans , au château de Vincennes , dont il étoit gouverneur ; et fut eulerré dans le chœur de la Sainte -Cbapcllc du château , où l'on voyoit encore son épilaplie avant la révolution. Il joignoit aux taler.s militaires une religion profonde et nue solide piété , qui le tirent puissamment conlidiiier k l;i conversion de Madame de la Vallière. (\'nyn Vllist. ,1c liussuet, liv. V, n. 5 et 7.1

liENTIVOGLKI ('.oriieille,, né k Ferrare le 27 mars 1668, ajiris avoir rempli (jueltpies emplois inférieurs dans l'état ecilésiaslique , fut déclaré nonce ordinaire k la cour de France le 24 octobre 1711 , et lit son entrée k Paris le 23 octobre 1712. Ayant exercé sa nonciature k la grande satisfaction des doux cours, jusqu'au mois d'octobre 1719, il retourna en Italie, où le pape Clément XI le créa cardinal. Il fut depuis ministre de Philippe V, roi d'Espagne, auprès de la cour de Rome, et en exerça les fonctions jusqu'à sa mort, qui arriva le 30 décembre 173-2

BERGIIEIK (le comte de), né eu Flandre , éloil intendant des Pays-Bas, vers la fin du règne de Charles II, roi d'Espagne. Sa droiture el sa capacité lui méritèrent égale-

NOTICE DES PEHSONNACES CONTEMPORAINS DE FÉNELON

luent la confiance de Ptiilippe V, aux intércts duquel il fut constamment dévoué , et qui le conserva dans son emploi. Ce prince lecharirea do plusieurs ués;ociations importantes, pendant les années 170(5, 1709 "t 17J1. S'étant rendu en Espagne en 1713, après la conclusion de la paix, il continua d'y jouir de l'estime et de la confiance de Philippe V ; mais son opposition au contrôleur des finances Orry et à la princesse des Ursins, l'exposèient il «les contradictions qui lui tirent demander et obtenir la permission de retourner dans les Pays-Bas en 171'». Nous ignorons Tépoque et le lieu de sa mort. Le duc de Saint-Simon, peu porté ii loi.er, le représente comme un homme aussi rocommandable par sa modestie et son désintéressement, que par ses talens pour l'administration. Ce jugement du duc de Saint-Simon est confirmé par celui que Fénelon porte du comte de Bergheik dans plusieurs lettres au duc de Clievreusc ; t. Vil, lettres 104, 123 et 140. (Voyez aussi les Mémoires de Torci, et ceux du marquis de Saint-Philippe.)

BERLIZE (Héné de l'ut reçu docteur de Sorbonne le 10 juillet 1664. Nous avons donné dans la Correspondance SU)- le Quiétiftme quelques lettres de ce docteur à l'abbé de Beaumont , qui contiennent des particularités intéressantes sur cette affaire. 11 vivoit encore en 1702.

BERLO iFerdinand-Maximilien de), des comtes de Berlo et de Brus , d'abord chanoine de Liège , fut nommé en 1696 évèque de Namur par le roi d'Espagne Charles IL 11 gouvernoit encore cette église en 1723. Les troubles occasionnés il Tournai par l'invasion des alliés en 1709, ayant inspiré à .M. de Beauvau , évèque de cette ville, le désir de quitter son siège , Fénelon souhaita de le voir remplacé par l'évêque de Namur, et fit même quelques démarches pour parvenir à ce but ; mais ces démarches n'eurent aucun effet, 1 évèque de Namur ayant préféré sans doute le séjour tranquille de son diocèse aux orages qui l'attendoient nécesrement à Tournai. (Voyez VHist. de Fénelon, liv. IV, n. 86.)

BERNARDINI Paulin), Dominicain , maître du sacré Palais sous le pontificat d'Innocent XII, fut un des huit coiisulteurs nommés par ce pontife , au mois de septembre

1697, pour l'examen du livre des Maximes, et l'un des cinq qui opinèrent contre ce livre. (Voyez la note ci-dessus, p. 172.)

BERNIÈRES (M. de) , d'abord intendant du Hainault en

1698, à la place de .M. Voysin , succéda en 1709 à M. de Bagnolï (voyez ce mot) dans la charge d'intendant de Flandre , qu'il rempUt jusqu'en 1718. Il avoit avec Fénelon des relations habituelles, fondées sur une estime et une amitié réciproques.

BERRl (le Duc de); voye* Charles de France.

BERTIER 'David-Nicolas de), premier évèque de Blois, étoit particulièrement lié avec Fénelon. Nommé à ce siège le 22 mars 1693 , il ne lut institué que le 4 juin 1697 , et sacré dans l'église de Saint-Çyr, par M. de Noailles, archevêque de Paris, le 1!> septembre suivant. 11 ne fit son entrée à Blois que le 26 juin 1698, et y mourut le 20 août 17! 9, âgé de soixante-sept ans.

BERWICK (Jacques de Fitz-James , duc de), étoit fils naturel de Jacques 11 et d'Arabelle Churchill , sœur du duc de Marlborough. 11 naquit ii Moulins en 1671, et suivit de très-bonne heure la carrière des armes , dans laquelle il obtint de brillans succès , tant au service du roi son père , qu'au service de Louis XIV , après la retraite de Jacques M en France. Ses succès dans ce dernier royaume le firent élever en 1706 k la dignité de maréchal de France, l'n coup

de canon termina sa glorieuse carrière, le 12 juin 1734, au siège de Philisbourg , où il commandoit les années françaises. Le maréchal de Berwick n'étoit pas moins recommandable par ses vertus morales et chrétiennes , que par ses talens militaires. (Voyez 1'//^/. de Fénelon. liv. Vil , n. 35.)

BÉTllLNE le duc de) ; voyez Charost.

BISSY Henri-Pont de Thiard , cardinal de), naquit le 25 mai 1657. Ayant embrassé l'état ecclésiastique , et reçu Itbonnet do docteur le 25 janvier 1685 , il fut nommé évèque de Toul en 1687, refusa en 1697 rarchevèchéde Bordeaux, et fut choisi le 10 mai 170» pour succéder a Bossuct dans le siège de Meaux. Après la mort de M. Godet-Desmarais , évèque de Chartres, en 1709 , Madame de Maintenon lui donna sa confiance, et se dirigea par ses conseils dans les controverses qui agitoient alors l'Eglise. Son zèle pour l'unité de la foi et pour la défense des décisions de l'Eglise lui obtint en 1715 le chapeau de cardinal. Il étoit pénétré des sentimens d'une haute estime et d'une profonde vénération pour l'archevêque de Cambrai. Fénelon , d* son côté, rendoit justice k la piété et aux bonnes intentions de l'évêque de Meaux , quoiqu'il n'eût pas une grande idée de sou jugement ni de sa capacité. On voit même , par plusieurs de ses lettres , qu'il soupçonna pendant quelque temps ce prélat d'être favorable au jansénisme. Les difficultés que M. de Bissy avoit proposées à Fénelon en 1706 , touchant l'infaillibilité de l'Eglise sur les faits dogmatiques, avoient sans doute donné lieu k ce soupçon. (Voyez VHist. litt. de Fénelon, I" part., art l»-'- , sect 4-, n. 2.) Mais l'évêque de Meaux , sans renoncer k son opinion sur l'infaillibilité en question (voyez , parmi les Lettres diverses , sa lettre au P. Lami du mois de janvier 1711; t. Vil, p. 684), se prononça peu de temps après de la manière la plus forte et la plus précise contre les nouvelles doctrines , particulièrement dans son .Mandement du 10 avril 1710, contre la Théologie du P. Juénin. Il mourut k Paris le 2o juillet 1737 , k Saint-Germain-des-Prés , dont il étoit abbé. Il est souvent désigné dans la Correspondance de Fénelon par le nom de M. Girard. Ses Mandemens , presques tous sur les controverses du temps, forment un recueil de 3 vol. in-4''. (Voyez VHist. de Fénelon, liv. VIII, n. 34. — UHist. de l'église de Meaux, liv. V, n. 114. Voyez aussi plus bas , l'article Juénin.)

BLAINVILLE (le marquis de) ; voyez Colbert (Jules- Armand).

BLETTERIE (Jean-Philippe-René de la), professeur d'éloquence au collège royal de Paris, et membre de l'académie des belles-lettres, naquit k Reunes en 1696. Il est connu par plusieurs ouvrages bien accueillis du public, et en particulier par los Histoires de Julien l'Apostat et de l'empereur Jovien. On a aussi de lui trois Lettres sur la Relation du Quiétisme de l'abbé Phelippeau<, dans lesquelles il réfute avec autant de modération que d'évidence les calomnies de cet abbé contre Fénelon et Madame Guyon. L'impoilancc de ces Lettres, dont les exemplaires sont devenus extrêmement rares, nous a déterminés k les insérer k la suite de la Correspondance sur le Quiétisme, p. 64 et suiv. de ce vol. (Voyez V Histoire de Fénelon , Pièce.? juslif. du liv. III, n. 3.)

BLOIS (l'évêque de' ; voyez Bertier.

BOILEAU Jean-Jacques) , chanoine de Saiiit-Honoré à Paris, naquit prèsd'Agen en 1649. Il éloit fort attaché au cardinal de Noailles, dont il partageoil les opinions sur l'article du jauséuisme. Il lut au^^si mêlé dans quelques négocia-

NOTICE DES PERSONNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON

mouiul en

tions relatives à la controverse du quietismc. 1 735 , âgé de quatre-vingt-six ans.

BOSSUET ( Jacques-Bénigne ^ , neveu de l'évèqne de Meaux , naquit en 1664. Avant suivi k Rome les affaires de >oa oiicle , lors de la controverse du quiétisme , il entretint avec lui une correspondance qui ne donne pas une idée avantageuse de sa sagesse ni de sa modération. Il ne prit les ordres sacrés qu'après son retour de Rome . et fut reçu docteur de Paiis en 1700. L'évèque de Meaux le demanda inutilement à Louis XIV, pour coadjuteur en 1703; mais la faveur du cardinal de Noailli's le fit nommer eu 1716 à l'évèché de Troyes, dont les bulles ne lui furent accordées qu'en 1718, après quelques diflicultés de la part de la cour de Rome, qui suspectoit sa doctrine sur l'article du jansénisme , et non sans raison, comme la suite le montra. S'étant démis de son évêché le 30 mars 174^2, il mourut l'année suivante. Hist. de Fenelan. liv. III , n. f> , 49 , 67 , etc. Pièces justif. du même livre , n. 3.)

BOUFFLERS 'Louis-Frann)is, duc de^ , pair et maréclial de France, d'une famille illustre de Picardie, naquit en 1644. Il montra de bonne heure les plus grandes dispositions pour l'art de la guerre , dans lequel il s'acquit une tr^s-grande réputation. La défense de Lille, en 1708, l'a surtout rendu célèbre. 11 mourut à Fontainebleau le 22 août 1711, avec la réputation d'un homme encore plus distingué par ses qualités morales que par ses talens militaires. Aussi le duc de Saint-Simon, peu porté à la louange, fait-il du maréchal de BouffUMS un très-bel éloge dans ses Mémoires.

BOUILLON ;Emmanuel-Théodose de la Tour-d'Auvere,M. . cardinal de':, naquit en 1643. Il dut à la considération de Louis XIV pour le maréchal de Turenue , son oncle , d'être nommé cardinal en 1668, et grand-aumônier de France au mois de décembre 1671. Il étoit en même temps abbé de Cluni , de Saint-Ouen de Rouen , de Saint- Vaast d'Anas , de Saint-Martin de iVinloise, de Tournus, etc. Tant de faveurs n'empêchèrent pas le cardinal de Bouillon d'encourir, en 1685, la disgrâce du Roi , par les prétentions excessives qu'il manifesta en plusieurs occasions pour l'élévation de sa famille. Rappelé 'a la cour quelques années après, il désira d'être chargé des affaires de France à Rome ; et cette grâce , qu'il obtint en 1697 , devint pour lui une source de malheurs. Son amitié pour Fénelon le lit soupçonner , quoique sans raison ' , d'avoir eherché à lui épargner une tlétrissure dans l'affaire du livre des Maximes , et ces soupçons ne contribuèreut pas peu 'a la nouvelle disgrâce que ce cardinal éprouva en 1700. Il provoqua aussi, dans le même temps , le mécontentement du Roi , par ses plaintes indiscrètes sur la préférence que ce prince avoit accordée à l'abbé de Soubise pour la coadjutorerie de Strasbourg, et surtout par son obstination à demeurer à Rome, contre la défense du Roi, aju^ès la conclusion de l'affaire du quiétisme. Cette conduite du cardinal de Èouillon paroit avoir en pour principe le désir qn'il avoit de faire les fonctions de doyen du Sacré-Collège, à la place du cardinal Cibo , que son ilge et ses iulirmifés uu'ltoicut hors d'étal de remplir cette place. Louis XIV , irrité . fit ilernander au cardinal de Bouillon , par le prince de Monaco, son ambassadeur à Rome, la démission de la charge de grand-aumûiiier et le colliiT de l'ordre du S;iint-Esiirit. Le pnpr Iniioc-Mit MI étniil Mioit sur cc> enln r;iil,.s, >■( ;ivanl êlê

remplacé par le cardinal Albani fClément XI), le cardinal de Bouillon espéra que l'intervention d'un protecteur aussi respectable disarmeroit la colère du Roi ; mais voyant ses espérances trompées , il se détermina à revenir en France, pour y vivre dans l'exil. Il obtint seulement la liberté de voyager dans ses abbayes , en observant de se tenir éloigné de trente lieues de Paris et de la cour. Enfin , ennuyé d'un exil dont il nevoyoitpas le ternie, il saisit l'occasion d'un voyage dans son abbaye de Saiut-Vaastd'Arras, pour s'approcher de la frontière de Flandre , et se fit enlever par un détachement de l'armée ennemie, dans le courant de mai 1710. Un acte aussi formel de désobéissance irrita de nouveau Louis XIV. Le Parlement de Paris rendit contre le cardinal un décret de prise de corps , et ordonna la saisie de tous ses revenus. Le cardinal se retira à Rome , où il reprit les fonctions de doyen du Sacré-Collège. Il y vécut tranquille, et jouissant d'une grande considération, jusqu'à

mort , qui arriva le 7 mars 1715. Pendant sa dernière maladie , il écrivit à Louis XIV une lettre de soumission. On trouve de plus longs détails sur sou histoire dans ses lettres ii Louis XIV , à Fénelon et au marquis de Torci *. Le style incorrect et embarrassé de ces lettres contraste singulièrement avec le nom et les emplois du cardinal de Bouillon ; mais cette raison ne nous a pas paru suffisante pour supprimer des pièces historiques qui offrent d'ailleurs un grand intérêt.

BOURBON iGuillaume\ né en 1629 dans le diocèse de Lyon , emhrassa l'état ecclésiastique , et entra en 1660 au séminaire de Saint-Sulpice. S'étant attaché k la compagnie du même nom , il remplit au séminaire de Paris les fonctions de directeur, et se concilia l'estime et la vénération de ses confrères par une piété aussi tendre que solide. Il servit successivement de secrétaire à MM. de Bretonvilliers, Tionson et Leschassier , supérieurs généraux de la compagnie , qui l'honoièrent toujours d'une confiance particulière. Plusieurs lettres de Fénelon, entre antres celle du 19 novembre 1709 ,k M. Leschassier (t. VIII, p. 339 1 montrent la haute estime dont il étoit pénétré pour ce vertueux prêtre. Il mourut au séminaire de Saint-Sulpice le 15 novembre 1709, âgé de quatre-vingts ans. Sa tendre dévotion pour la sainte Vierge lui fit prendre une parttrèsactive k la construction de la chapelle de Loiette , qu'on voit encore aujourd'hui k Issy , dans la maison de campagne du séminaire de Saint-Sulpice. M. Bourbon fut chargé par M. Trnrson de surveiller la construction de cette chapelle . qu'il enrichit dans la suite de plusieurs offrandes.

BOURDON Aimé;, médecin iW Caudirai, dont il est souvent parlé dans les Letlrrs .sjnrittieliex de Fénelon à ta comtesse de Montberon , et dans la ('ùrrespondatice de famille, naipiit eu 1638, et mourut le 21 décembre 1706, après avoir publié quelques ouvrages d'analomie assez répandus dans le temps.

BOURGOONE; voyez Lorrs Duc de .

H01UNONVILLE(Alexandre-Albert-Kiançois-Bartliélemi, prince de; , comte de Hénin , marquis de Rishourg, etc., naquit k Bruxelles le 16 avril i662. Envoyé en Fiance , k l'i^ge de neuf ans , pour y être élevé auprès du duc de Bournonville son oncb', elicvalier d'honneur de la reine Marie- Thérèse, il fut nommé en 16S2 guidon, puis sous-lieuteiianl dt>s geiiilaruus de la garde. Il servit avec distinction

l'Z l.i li-lh'u t)cvi ilo J!) si\i)-mi> SPclinii , I. ulic lie )'alil)é (le Hi-numunt nu itiarquÎK

' Vo>v7. les M-clioMS , p. 7-iH; Vllisl. lU- l'éneloii , liv. I .-ni'loii , lie i'niilaiiyeii, y. 35.1 , fe<lill.iii .K- 1KI8\

III ol \i (11" (l'Ilo ('iiirrsi)uii(l(iiire , ri III, II. 49. Vovi'/. aussi li's Mémoires I la li'tlreHH\ (te iiKiilanie de Séuif/né

NOTICE DES PERSONNAGES CONTEMPOUAINS DE FÉNELON

dans les années françaises depuis 1683, se trouva aux sièpcs de Philisboiirg en 16S8 , de Naniur en K.92, aux batailles de Steinkerque et de Ncrwinde en 1(393 , et reeut deux blessures à cette dernière. La guerre dr la succession d'Espagne lui offrit de nouveau l'occasion de signaler sa valeur. Il devint brigadier de cavalerie en 1702, maréchal de camp en 1704 . et fit toutes les campagnes jusqu'à sa mort. En 1705, étant déjà malade , il voulut , malgré les observations de l'Electeur de Bavière, rejoindre l'armée pour se trouver k un combat dont on voyoit l'apparence ; mais la fatigue irrita tellement son mal , qu'on fut obligé de le reporter à Bruxelles, où il mourut le 3 septembre de cette année. C'étoit un seigneur plein de religion et de piété, et fort instruit dans la science des médailles et des antiquités. H avoit épousé, le 20 août l()K2, Charlotte-Victoire d'Albert de l.uynes, sœur du duc île Clievreuse, qu'il perdit le 22 mai 1 701. On peut voir, dans la 5)0 ■ <les Lettres diverses (t. VII, p. 55«) l'éloge tlaltenr qu'il fait de la conduite ferme, sage, et aimable. tout à la fois , du Duc de Bourgogne pendant la campagne de Flandre , en 1702.

BRIS.\CIER ;Jacques-Charles del , né en lO'il . entra en 1G6(} au séminaire des Missions-Etrangères, dont il devint supérieur, pour la première fois, en 1681. Conformément ^ l'usage de cette maison, où le supérieur doH être élu de nouveau tous les trois ans, M. de Brisacierfut choisi jusqu'à huit fois pour remplir cette place. 11 la quitta pour la dernière fois en 1 736, et mourut le 23 mars de la même année, à l'âge de quatre-vingt-quinze ans. C'étoit un ecclésiastique aussi éclairé que vertueux. Il avoit été nommé en 1693 à l'abbaye de Flabemout. Son attachement à l'œuvre des Missions-Etrangères lui tlt plusieurs fois refuser l'épiscopat. Madame de Maintenon eut recours à ses lumières en diverses occasions , spécialement pour former les règlemens de Saint-Cyr. et pour fixer son opinion sur les livres de madame Guyon (Voyez plus bas l'aiticle Tiberge. voyez aussi VHist. de Fénelon , liv. II , n. 2, 6, 26; liv. IV, n. 94.;

BRIGODE I Arnoul-.Josepb \ ami zélé du P. Quesnel , lui donna quelque temps l'hospitalité en Hollande , et se fit libraire pour être plus utile au parti. Les deux amis furent arrêtés à Bruxelles avec le P. Geiberon, le 3 mai 1703, par ordre du roi d'Espagne. Brigode , après quelques mois de prison, donna de si grandes marques de repentir, qu'il obtint son élargissement; mais il reprit bientôt avec la liberté ses premiers sentimens. (Voyez les Mémoires chrofwlogiques du P. d'Aviigny sur l'Hisf. ecc/e's. 10 mai 1703.)

BRYAS (Jacques-Théodore de), natif d'.Arras, et prédécesseur de Fénelon dans le siège de Cambrai , fut d'abord évèque de Saint-Omer en 1671. Il fut transféré en 1675 à Cambrai, où il mourut le 17 novembre 1694. Nous avons parlé ailleurs de ses discussions avec l'archevêque de Reims, à l'occasion de l'érection de l'Eglise de Cambrai en archevêché. (Voyez le t. V. delà Correspondance ,-[\»^. '^.'^^ Son épitaphe , qu'on voyoit avant la révolution dans l'église métropolitaine de Cambrai , le représentoit comme un prélat distingué par toutes les vertus propres à son état, spécialement par son amour pour la paix et par ses talens pour concilier les esprits. L'éloge que Pélisson fait de lui dans ses Lettres historiques , n'est pas moins honorable à sa mémoire. Voici ce qu'écrivoit rilluslre académicien le 15 mai 1677, un mois après la prise de Cambrai par Louis XIV : « Personne n'est ici plus à la mode que l'archevêque de » Cambrai , et ce qui vous surprendra , c'est par une chose » qui n'est peut-être pas trop à la uiod.- , qui est de faire

FÉNELON. TO.ME X

» admirablement bien son devoir d'évêque; mais la grande » vertu se fait toujours admirer. .M de Louvois , le clieva- » lier de Nogent, el tous les autres qui ont été avec lui ii » Cambrai durant quelques jours, ont rapporté tant de bien » de ce prélat, que le Roi a dit publiquement qu'il en étoit » ravi. Il se lève dès quatre ou cinq heures du matin , va » dire la messe, passe tout le reste de la matinée dans » l'église , soit aux (/ffices ou en oraison , donne k diner à » qui veut , au sortir de lit . en vaisselle d'élain fort nette. )> et de bonnes viandes, mais sans aucun excès, ni pour la » délicatesse ni pour la qualité; passe l'après-dinée à vi- » siter des malades, ou des prisonniers, ou d'autres afiligés, » excepté qu'il rend soigneusement visite au moindre capi- » laine d'infanterie qui a été chez lui; fait beaucoup d'au- ») mônes , et ne laisse mourir personne dans Cambrai sans » l'assister, au moins sans lui donner sa bénédiction : cela » est tellement établi , que les gens du plus bas peuple en- » voient dire à M. l'archevêque qu'ils se meurent, et qu'il » leur vienne donner sa bénédiction. »

BL'SSI (Jean-Baptistii) , né k Viterbe le 2 avril 1657, fut d'abord internonce à Bruxelles , puis nonce à Cologne an mois de juin 1706 , avec le titre d'archevêque de Tarse , enfin évèque d'Âncône le 3 février 1710. Le pape Clément XI le nomma cardinal en 1712. Il mourut k Rome le 23 décembre 1726 , âgé de soixante-neuf ans. Fénelon, dans un Mémoire de 1705 , sur les affaires du jansénisme , nous apprend qu'on reprochoit alors k l'abbé Bussi trop de mollesse dans sa conduite à l'égard des partisans des nouvelles doctrines. (T. IV des Œuvres , pag. 453.)

CAMPIUNI (François-Marie), de la congrégation de la Mère de Dieu , et consulteur du Saint-Oflice pendant l'examen du livre des Maximes , fut tout à la fois en relation avec Bossuet et avec Fénelon sur cet objet. Il seroit difficile, à ce que nous croyons, de concilier ce théologien avec lui-même dans toute la suite de cette affaire. Ses lettres a Fénelon nous apprennent qu'il approuva d'abord de la manière la plus formelle le livre des Maximes , et qu'il composa même , k la prière du cardinal Petrucci , une réfutation de la Déclaration des trois prélats. Ses lettres k Bossuet ne renferment pas une approbation moins expresse de V Instruction sur les états d'oraisnn , qu'il prit aussi la peine de traduire en italien. (Voyez la Correspondance de Fénelon, t. X, pag. 229 , 244 et 325. — Œuvres de Bossuet, t. XLI , pag. 441 et 524.)

CAMUS (Etienne Le: , né k Paris en 1632, d'une ancienne famille de robe, fut nommé en 1671 k l'évêché de Grenoble, et créé cardinal par Innocent XI en 1686.11 se montra toujours digne de ces distinctions par une piété solide et par un zèle vraiment épiscopal. Blessé de quelques singularités qu'il avoit remarquées dans madame Gnyon pendant le séjour que cette dame lit k Grenoble k diverses époques, il l'obligea honnêtement k quitter cette ville en 1686. Cependant les lettres de recommandation qu'il écrivit quelque temps après en sa faveur au lieutenant civil de Paris, son frère, montrent qu'il étoit bien éloigné d'adopter les odieuses calomnies qu'on répandit depuis contre la doctrine et la conduite de madame Guyon. Il mourut en 1797 . après avoir déclaré les pauvres héritiers. Voyez \'Hisf. de Fénelon. liv. 11 , n. 17.)

CARPEGNA Gaspard), Romain, d'abord archevêque de Nicée, fut honoré de la pourpre par Clément X en 1670. Dans la suite, il devint vi'-.e-chanceher de l'Eglise Romaine, vicaire du Pape , et évèque de Sabine. Il fut un de< cardinaux de la congrégation qui prononça sur le livre deà

NOTICE DES PERSONNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON

Uusiines. ]>'ablié de Chanterac le donuoit iwiir très-propre aux affaires, et Irès-instruit dans la jurisprudence et la discipline ecclésiastique. Aussi l'iudiquoit-il comme un de ceux que l'on niettoit sur les rangs pour le pontificat en 1699, époque où la vieillesse d'Innocent XU faisoit prévoir une élection prochaine. (Ci-dessus, p. 1»., Il mourut en 1714. CASANATE 'Jérùnie,, né k Naples eu 16-20 , fut créé cardinal eu 1673 par le pape Cléuiunl X . qui lui confia successivement plusieurs emplois considérables. Son amour pour les sciences et les lett.es engagea le pape Innocent XII à le nommer eu 1693 bibliothécaire du Vatican. Il passoit pour être extrènieut opposé aux Jésuites, et favorable il leurs ailversaires. Il entrefenoil avec Bossuet des relations particulières pendant l'examen du livre des Maximes, contre lequel il opina de la manière la plus rigoureuse. Il mourut à Rome le 3 mars 1700, laissant au couvent des Dominicains de la .Minerve sa riche bibliothèque , avec quatre mille écus romains de revenu pour l'entretenir, à condition qu'elle seroit publique. (Voyez VHist. de Fénelon, liv. III, n. 100; la lettre de l'abbé de Chanterac à Fénelon, du mois d'avril 1699, t. IX pag. 726 Voyez aussi le ii. viii du iiémoirehlin adressé par Féiielon en 1705 au pape Clément XI, t. IV des Œi'vres, pag. 'i54.)

CASO.NI (Laurent", , d'abord assesseur du Saint-Office , devint cardinal en 17i»6 , sous le pontilicat de Clément XI . et mourut en 1 720. Plusieurs écrits de Fénelon montrent qu'il fut soupçonné de favoriser sous main les disciplesde.Iansénius. lA'oycz en particulier la lettre de Fénelon au cardinal Gabrielli,du 31 janvier 1702, ci-dessus, t. VII, pag. 551; et le Mémoire latin de Fénelon au pape Clément XI en 1705, n. VI , t. IV des Œuvres, pag. 453 )

CATINAT (Nicolas), seigneur de Saint-Gratien , maréchal de France , né à Paris le 1" septembre 1C37, du doyen des conseillers au Parlement , commença par plaider, mais quitta bientôt le barreau pour les armes. Les brillans succès qu'il obtint dans cette nouvelle carrière furent suwis de quelques revers qui le firent disgracier. Il mourut dans sa terre de Saint-Gratien en 1712, âgé de soixante-quatorze ans , sans avoir été marié. Quelques écrivains du di.x-huitième siècle l'ont soupçonné d'èlre niort dans les scntimens d'une trisre et désespérante philosophie ; mais la haute estime de Fénelon pour sa vertu, aussi bien que pour ses talens militaires, ne permet pas d'ajouter foi ii cette odieuse imputation. !\o\ezV llist. de Fénelon, liv. VII, n. 17, et 44. Biographie universelle , article Catinat.'

CATINAT Guillaume;, seigneur de Croisilles , frère du précédent , ayant aussi suivi la carrière des armes, devint capitaine au régiment des gardes, et mourut U- 19 mars nOl. Il étoit particulièremenl lié avec Fénelon. qui paroit avoir eu pour lui beaucoup d'estime. 'Voyez, parmi les Lettres spiritnelle<:, la 290' , ii la cimitesse de .Moullhion, du 22 mars 1701, I. VIII, pag. liM : et parmi les hltres diverses , la 353- . ii l'abbé Pucelb' . du r, imus 1712, I. Vm,pag.50.;

CAVALLKllINI Jean-Jacques, , WmuMW de naissance, fut archevêque de Nicée et nonce en France. Le jiape Innocent Xll le créa cardinal en \(>\)"> r\ le nomma préfet de la signature de justice. Il mourul 'a Home le 18 février 1G99, Agé de soixante ans. L'abbé de Chanterac le voyoit souvent. et en parle dans ses lettres, comme d'un humnie qui portoit intérêt à Fénelon , et qui connoissoil bien la emir de France et les adversaires du prélat.

CH.MSF 'François de la', né eu lH-ii au château d'Aix en Foiez , se lit Jésuite au -orlir de sa rhétorique, Louis

XIV le choisit pour son confesseur en 1675 , après la mort du P. Fcrrier. Il mourut le 20 janvier 1709, k l'âge de quatre-vingt-cinq ans. Les ennemis mêmes des Jésuites ont loué sa douceur et sa modération. Il est également digne d'éloges pour son attachement constant à Fénelon. dans, un temps où cette disposition ne pouvoit que lui faire des ennemis k la cour.

CHAL.METTE (l'abbé et l'abbé Lefèviie , dont il est assez souvent question dans la Correspondance de Fénelon pendant les années 1701 et 1702. étoient deux ecclésiastiques sur lesques Fénelon avoit des vues pour l'organisation de son séminaire. (Voyez eu particulier la 99'- des Lettres diverses, t. VII, pag. 565.) L'abbé Chalmette , devenu archidiacre de La Rochelle , conserva des liaisons avec l'abbé de Langeron , et fut . en 1712 , envoyé k Rome par les évèques rie Lneon et do La Rochelle, comme agent auprès du saint siège , dans leur différend avec le cardinal de Noailles. C'est lui qui a rédigé les deux Mémoires historiques sur cette affaire , que nous avons insérés parmi les Lettres diverses (42G et 5U', t. VIII. p, 148 et 285.) CHALONS l'évêque de) ; voyez Noailles.

CHAMPFLOL'R Etienne de;, né k Clermont en Auvergne, entra en 1C64 au séminaire de Saint-Snlpice de Paris, et fut agrégé en 1672 k la compagnie du même nom. Envoyé successivement à Limoges et k Clermont pour y exercer les fonctions de directeur, il mérita constamment l'estime et la confiance de ses confrères , par la droiture de son esprit , et par une piété aussi tendre que solide. Les instances de l'évêque de Clermont l'obligèrent en 1690 . de joindre au titre de directeur du séminaire, ceux de chanoine etde vicaire-général, qu'il conserva jusqu'à sa nomination à l'évêché de La Rochelle , en 1702. Cette nouvelle dignité ne lui fit rien perdre de ses habitudes de régularité qu'il avoit prises dans sa première profession , et il se distingua particulièrement par son zèle contre les nouvelles doctrines. Il rédiga conjointement avec M. de Lescure, évêqne de Luçon une Instruction pastorale comme les Itéflexions morales Au P. Quesnel. Cette //i.«//'Mc/jo« , datée du 15 juillet 1710, ayant été condamnée par le cardinal de Noailles au mois d'avril suivant, occasiona entre le cardinal et les deux prélats les fâcheux démêlés qui amenèrent la constitution Unigenitus. L'évêque de La Rochelle et celui de Luçon étoient particulièrement liés avec Fénelon, qui les aida souvent de ses conseils dans ces conjonctures difficiles. L'évêque de La Rochelle mourut dans son diocèse au mois de décembre 1724 , âge d'environ quatre-vingts ans. (Voyez Vllisf. de Fénelon, liv, VI, n. 14. j

CIIA.MILL.\Rl) (Michel de;, d'abord conseiller au Parlement de Paris, puis maître des requêtes et conseillord'Etat, devint en 1699 contrôleur-général des finances, et ministre de la guerre en 1707. Les cris du public l'obligèrent à ([uitter les finances en 1708, et le ministère de la guerre en 1709. Il mourut en 1721 , âgé de soi.\ante-dix ans, avec la réputatignd'uulrès-bonnète hiimme el d'un ministre assez médiocre.

CIIANCELIKII ; voyez PoKTCiiAnTRAiN et Vovsin. CHANTERAC (Gabriel île la Cropte de), d'une ancienne famille de Périgord , étoit proche parent de la mère de Fénelon. Ayant embrassé l'étal ecclésiastique, il entra enlfi(i2 au séminaire de; Saint-Sulpice , où il lit ses études théologiques Il ébiit déjà grand-vieaiie de Cambrai , lorsque Fénelon le choisit en 1697 pour son agent k Rome, dans l'affaire du livre des MtiiitDCs. C'éloit, au témoignage de M. Pirot . zélé ii.iilisau de Russuel . hmiinie saye. pari/ifjue ,

NOTICE DES PEHSUNNACJES CONTEMPORAINS DE FENELON.

instruit et vertueux. W joignoil il ces qualités la plus profonde vénéralion et le pins tendre atlaclicnient pour l'arehevèqup de Cambrai , ipii s'eslima heureiii de pouvoir lui confier ses intérêts dans une occasion si importante. 11 mourut à Périgueux en 1715 , environ sept mois après Fénelon (Voyez VHist. de Féwlon, liv. III . n. 40.)

CHARLKS de France, Duc de Berri, petit-lils de Louis XIV, et frère du Duc de Bourgogne, naquit le 31 août I68G. Il fut mis , au mois d'août lii'.)3, entre les mains de Fénelon, déjà précepteur du Duc de Boingogne. Privé trèsjeune des soins d'un si habile instituteur, il se ressentit toute sa vie de ce malheur. Ce fut un prince foihleet inappliqué , presque entièrement destitué des talcns et des qualités convenables à son rang . asservi aux. caprices et aux pissions du duc d'Orléans, dont il épousa la tille en 1710. Il mourut le 'i mai 1714. dans sa vingt-huitième année. Voyez Vllist. de Fénelmx , liv. I , n. ino. liv. VII , n. 32, 37, etc.)

CHARI.OTTK DE SAINï-CVPHIKN , religieuse Carmélite , nommée ilans le monde Guichard de Péruy, étoit nièce du marquis de Dangeau , célèbre sous le règne de Louis XIV. Des pièces originales que nous avons sous les yeux nous apprennent qu'elle avoit d'abord professé la religion prétendue réformée, et qu'elle fut convertie par Fénelon ' , av«c qui elle coutiniia d'être en correspondance depuis sa conversion et son entréi' en religion. Entre plusieurs lettres que Fénelon lui écrivit , et que nous avons données parmi les Lettres spii ituelles (voyez t. VIII , p. 449 et suiv.), il faut distinguer la première du -10 mars 1696, qui traite de la contemplation et des divers états de la perfection chrétienne. Cette lettre fut hautement approuvée par Bossuet, un an après les conférences d'Issy , c'est-à-dire, dans un temps où il n'étoit nullement disposé à approuver un écrit tant soit peu favorable aux illusions du quiélisme. (Voyez , dans le t. Il des Œuvres, les pag. 2.tI et 253; et dans la Correspondance sur le Quiétisme , la lettre à Bossuet, du 9 février ir)97, t. IX, pag 125.) Nous avons entre les mains plusieurs lettres originales de la sœur Charlotte de Saint-Cyprien , adressées en 1732 au marquis de Fénelon , et qui expriment de la manière la plus touchante les sentimens de vénéialion el de recnnnoissancc qu'elle conserva toute sa vie pour rarchevè(iue de Cambrai.

CHAROST (Armand deSéthunc, duc de), chevalier des ordres du Roi, lieutenant-général au gouvernement de Picardie , naquit vers l'an IG40. Il épousa le 22 février 1657 Marie Fouquet , fille du surintendant des finances, et recomniandable par sa haute piété. Elle fut cependant la cause involontaire des malheurs de Fénelon et de madame Guyon, avec qui elle étoit étroitement liée. Ce fut chez elle que Fénelon fit connoissance avec madame Guyon, et ce fut elle aussi qui introduisit cette djme dans la .société des ducs de Beauvilliers et de Chevreuse, où elle obtint un ascendant si extraordinaire sortant de personnes estimables. La duchesse de Charosl mourut le 1'» avril 1716, iigée de soixante-seize ans, et le duc l'année suivante, le l'r avril 1717*. Plusieurs enfans naquirent de leur niari;ige, entr"au-

* Le cfinl. (le Rausset , dans V ItisI . de liaxsuel f liv. ii, n. 7), uUribue cetle conversion a l'iHéiiue de Meaux. Les pièces auitiotiliiiucs dont nous parlons nimilrenl (|ue Ft-uidon n'y a\oil p.is moins conlribut^. — ^ Nous avons rfinarqui* (noie île la lolUf Lwvii, Corresp. de famille, I. vu , p. 4;ic) que F<Mielon «lanJoil par erreur à son neveu , ([ue le duc de Charosl avoit ei(* liif à la bataille dp M^lplaquel en «709. C'est le marquis, pi'lil-lils.lii duc, qui fui Iroiivi^ parmi b'S morts sui li' iliMUip de bataille.

très Armand de Béthune, second du nom, duc de Charost , qui devint en 1722 gouverneur de Louis XV. (Voyez VHist. de Fene/on. liv. II , n. 20.)

CH.VrTRES (l'évèque de); voyez GonKT-DESM.\RAis.

CHARTRES (le duc de) ; voyez Piiii.ipi'f., duc d'Orléans, depuis régent.

CHAULNES (Louis-Auguste d'Albert d'Ailly, d'abord vidame d'Amiens, puis duc df , cinciuième lils du duc de Chevreuse (voyez ce mol', naquit le 20 décembre 1676. La mort de ses aînés le fit substituer en 1638 aux biens du duc de Chaulnes , cousin-germain du duc de Luynes, son aïeul. Il épousa, le 21 juillet 170i, Marie-Anne-Romaine de IJeaumanoir, fille de H"nri-Cliarles de Beaumaimir, marquis de Lavardin. Le duc de Chevreuse obtint pour lui en 1711 une nouvelle érection du duché de Chaulnes , et transmit à l'un de ses enfants le titre de vidaine. Pendant la guerre de la succession d'Espagne , il servit sous le Duc de Bourgogne dans pliisieurscampagnes, etse distingua particiilièreinentaii malheureux combat d'Oudenarde. en 1708. Il fut souvent l'intermédiaire de la correspondance habituelle qui existoit entre le jeune prince et rarchevèquc de Cambrai. Il mourut maréchal de France le 9 novembre 174 <. Rien de plus touchant que les lettres de Fénelon au jeune vidanie. qui avoit désiré d'entrer en correspondance avec lui, pour mettre fin à sa vie légère et dissipée. (Hist de Fénelon, liv. Vil , n. 63. Voyez aussi , dans la l^* section de la Correspondance, les lettres de Fénelon au vidame d'Amiens, et particulièrement celles du 11 octobre 1711 et du 11 janvier 1712.)

CHÉTAUDIE (Joadiini Tratti de la. naquit en 1636, au château de la Chétardie dans l'Angouinois. S'étant attaché à la compagnie de Saint-Sulpice, il devint successivement supérieur des séminaires du Puy et de Bourges , enfin curé de la paroisse de Saint-Sulpice de Paris en 1696. L'estime et la confiance générale dont il jouissoit le firent nommer en 1702 à l'évèché ûe Poitiers, qu'il refusa par modestie. Chargé en 169G, par le cardinal de Noailles, de la direction de madame Guyon , alors détenue àVaugirard, il continua de la confesser pendant plusieurs années. Madame de Maintenon. qui avoit toujours en lui beaucoup de confiance, le choisit en 1709 pour son confesseur, après la mort de de l'évèque de Chartres 11 mounil à Paris le 29juin 1714. Ses devoirs de pasteur, dont il s'acquitta toujours avec édification, ne l'empêchèrent pas de donner au public divers ouvrages généralement estimés, i-es principaux sont le Cntéchisrne de Bourges , que bien des personnes mettent à l'égal' ou même au-dessus de celui de Montpellier, et une Eiplicalion de l'Apacfdypse, qui i>eut être lue avec fruit , même après celle de Bossuet. M. de la Cliéfaidie est quelquefois désigné dans la Correspondom-e de Fénelon par le nom de .V. Robert.

CHEVREMONT (l'abbé de, , Lorrain de naissance, fut long-temps sei-.iétaire de Charles V, duc de Lorraine. Il s'occupa Ueaucoup de l'élude de la politique, et il se piquoit d'avoir fait sur cetle matière des découvertes importantes. La|lecture de ses ouvrages nous apprend qu'il voyagea dans plusieurs cours étrangères: qu'il étoit àRome en 1674, à Paris de 1684 à 1699, en F'ologne vers 1700. Quelque temps avant ce dernier voyage, il fit des démarches auprès de Fénelon, dans le dessein de s'attacher à lui, et de travailler sous ses ordres dans le diocèse de Cambrai ; mais Fénelon ne crut pas devoir entrer dans ses vues, par des motifs de délicatesse qu'il expose lui-inème à l'abbé de Cbevremont, drns une lettre du 2 juillet 169'J (pag. 3 da

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ce vol. Le Journal des Savans de l'année 1702 suppose que l'abbé de Chevremont éloit mort à celle époque. Il est auteur de plusieurs ouvrages assez mal écrits, et ^entièrement oubliés aujourd'hui. On peut en voir la liste dans Barbier, E.rnmen critique des Dict. hist., t. 1 , pag. 194. (Voyez aussi les letdes 656 et 637 sur le Quiétisme , cidessus , p. 40 et suiv.)

r.llEVREUSE (Charics-Honoré d'Albert, duc de) , pair de France, chevalier des ordres du Roi, capitaine-lieulenanl des chevau-legers de sa garde, gouverneur de Guyenne, ctr., naquit le 7 octobre 1646. 11 conçut de bonne heure pour le duc de Beauvilliers une estime et une amitié que les liens du sang rendirent dans la suite encore plus étroite, l'un et l'autre ayant épousé une des filles du célèbre Colbert. Associé par le duc de Beauvilliers aux vertueux instituteurs du Duc de Bourgogne, le duc de Chevrcuse , sans avoir auprès du jeune prince aucun titre particulier, gagna aussitôt et conserva toute sa vie la confiance et l'estime de son auguste élève , par l'étendue de ses lumières et la douceur de son caractère. Une heureuse conformité de vertuset de sentimcns l'unirent de la manière la plus intime avec Fénelon, dont il se montra toujours l'ami le plus actif et le plus zélé. Depuis la disgrâce de l'ardievôquc de Cambrai , ces vertueux amis entrelinrent dans le plus grand secret une correspondance bahiluelle , uniquement fondée sur le goiit de la vertu et sur l'amour du bien public. (Voyez le passage des Mémoires de Samt-Simon cité dans VHist. de Fénelon, liv. I, n. 75.) Ils eurent même la consolation de se voir assez souvent à Cbaulnes , bourg de Picardie, à trois lieues de Péronnc, dont le duc de Chevrcuse étoit seigneur. C'est là qu'ils concertèrent en 1711 les /ilons du gouvernement qu'on a vus dans le t. Vil. des Œui res de Fénelon. Le duc de Chevrcuse n'éloit pas moins étroitement lié avec madame Guyon , qu'il respecta toujours comme une sainte, et qu'il protégea de tout son pouvoir pendant les persécutions qu'elle eut à essuyer dans l'affaire du quiétisme. Aussi madame tiuyon lui donne-t-elle habituellement le nom de Ttdevr dans sa correspondance. Le duc de Chevri'use mourut à Paris le 5 novembre 1712. « Il » est mort comme un saint, dit Dangeau flSi nov. 1712 , e( » avoit toujours vécu dans une dévotion parfaite. Il étoit » adoré dans sa famille , qu'il laisse dans une grande affiic- » lion. » Les liaisiuis de son père avec Port-Royal, jointes â l'autorité de ses instituteurs, lui avoient fait partager leurs opinions dans sa jeunesse; mais il fut bien désabusé dans la suite, comme le prouvent un graml numbvc de ses iellres à l'archevêque de Cambrai.

Leduc de Chevreu.se avoit épousé en 16C7 Jeanne-.Marie- ThérèseColbcrt, fille ainéc du grand Colbert. De ce mariage naquirent dix enfans . dont on peut voir les noms dans le Dictionnaire de Moréri. La duchesse de Chevrcuse partagea constammcnl les sentimcns d'estime et de vénération de son époux envers l'archevêque de Cambrai. Elle survécut long-temps à son mari, n'étant moife que le 26 juin 1732, .') l'âge de quatre-vint-deux ans. Elle continua dans sa viduité à s'appliquer, avec la duchesse de Ri-auvilliers , si sr/;ur, aux O'uvres di' religion et de charilé qu'elles avoienl si loug-lemp.'* partagées avec leurs-époux. (Voyez -l'/Z/v/. de Fénelon, liv. 1, n. 60 et 75, liv. VIII , n. 38.)

CHEVRY (madame de' éluit nièce de Fénelon, etsceur de l'abbé do HfaMmoul. La Corn'spondance de Fénelon avec sa famille montre qu'il (7oit tendrement attaché ii madame de Chevry. Cet atlachement se manifesta surloul pendant une loiigut- cl douloureuse maladie dont cette dame lui attaq'^ée vfis l'an 1710, et dont il est souvent ques-

tion dans les lettres di; Fénelon au marquis son petit-neveu. (Voyez VHist de Fénelon, liv. VIH , n. 35. Voyez aussi l'article BEArMOM.)

CHIETl (l'aiThevèque de ; voyez Radolovic.

CHIRAC (Pierre), méde(ùn très-célèbre sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV, naquit en 1650 à Conques en Roueigue, et mourut le 11 mars 1732. Il avoit été nommé premier médecin de Louis XV. en 1730, après la mort de Dodart. Il fit en 1715 I.' voyage de Paris à Cambrai, pour donner ses soins à Fénelon mourant.

CHOISEUL (Claude de), marquis de Francières, né le 27 décembre 1632 , entra au service en 1649 , et se distingua dans plusieurs campagnes sous le règne de Louis XIV, qui le récompensa en 1693 par le bAton de maréchal. Il commanda depuis en Normandie et sur le Rhin , et devint en ■1706 gouverneur de Valenciennes. Il mourut le 15 mars 1711 , âgée de soixanle-dix-huitans. Le chevalierde Luxembourg lui succéda dans le gouvernement de Valenciennes , comme Fénelon l'avoit désiré.

CIBO (Aldéraui, d'une des plus anciennes et des plus illustres familles de l'Italie, naquit en 1613. D'abord majordome du sacré Palais, il fut nommé cardinal en 1045 par le pape Innocent X, et chargé depuis des légations d'Urbin, de la Romagne et de Ferrare. De retour à Home, il assista aux élections des papes Alexandre VII , Clément IX , Innocent XI, Alexandre VIII et Innocent XII. Le pape Innocent XI le nomma ministre secrétaire d'Etat. Il mourut le 21 juillet 1700 , doyen du Sacré-Collège. Les erreurs du quiétisme commençant à se répandre en Italie sous Innocent XI, le cardinal Cibo , chef de la congrégation, le 15 février 1687, pour les prémunir contre la nouvelle doctrine, qu'il réduisoit à dix-neuf articles principaux. On peut voir cette lettre à la suite de V instruction de Bossuet .sm;- les états d'oraison. Il n'eut point de part à la condamnation du livre des Maximes , son grand Age le mettant hors d'état d'assister aux congrégations.

CLÉ.MENT XI (Jean-François Albanie , naquit k Pesaro en 16'i9. Après avoir été chargé successivement de plusieurs emplois importans, il fut créé cardinal en 1690 par Alexandre VIII. Innocent XII, qui estimoit singulièrement ses lumières et sa piété, suivit plus d'une fois ses conseils dans les affaires. Ce pontife étant mort en 1700 , le cardinal Albani fut élu à sa place le 23 novembre de la même année , par les sulfrages unanimes de tout le Sacré-Collège. On eut peine à vaincre sa répugnance. Il ne se rendit qu'aux instances réitérées des cardinaux , et sur l'avis de graves théologiens qu'il avoil consultés. La publication du Cas de conscience ayant renouvelé en 1702 les eonteslalious du jansénisme, assoupies depuis trente-quatre ans par la paix de t/léuieut IX. condamna d'abord le Cas de conscience par un Bief du 12 février 1703, puis par la Bulle Vineam IhninKi. du 15 juillet 1705. tle fut lui aussi qui donna en 17lH la constitution inirjenitv.s contre les Jle- /Icrtons morales du P. Onesnel. Il mourut le 19 mars 1721 . dans sa .soixante-douzième année , avec la réputation d'un pontife également lecommandable par ses vertus et ses lumières. Pénétré d'estime et de vénération pour l'archevêque de Cambrai, il lui en donna souvent des témoignages non équivoques, spécialement dans l'affaire de son livre. Il étoit alors simple cardinal , et membre de la congrégation chargée de l'exaiuen du livre. Ses dispositions bien connues pour Fénelon le firent charger par le pape Innoeeiil \llde la lédacljfui du Bi.f couhv le livre des .M*7uit/ii'S- cl ce fut lui qui (létciuiiua le souveiain Pontife a

NOTICE DES PEKS0NNA(;ES CONTEMPORAINS DE FENELON.

écrire au prélat , après sa soiiiiiissioii . uii Bref de satisfaction. Depuis son exaltation au pontilicat . il continua de lémoigner à l'archevêque de Cambrai reslime «'t ralfectiou 1.1 plus sincère. Il recevoit avec un plaisir sintrulier, par l'ea- Iremise du cardinal fialuielli et de quelques autres prélats, les lettres et les observations de Fénelon sur les affaires les plus importantes; et Ton ne peut pnère douter qu'il ne l'eut honoré de la pourpre , s'il n'eût été arrêté par les dispositions pou favorables de la cour de France [lour l'illustre prélat '. (Voyez VHist. de Fene/o:i, liv. III, n, 100 et 115, liv. Y, n. 3, et liv. VllI, n. 22; les lettres du cardinal Gabriellidu 22 janvier et du 7,)uin 1701, t. VU. p. o3'J et ;i'i4 ; et une lettre de l'abbé de Chantcrar à Fénehui , du mois d'avril 1609 , t. IX, pag. 731

CLÉ.MEÎNT (Pierre), reçu docteur de Sorboune le 10 juin 1678, fut d'abord vicaire-général de Rouen, puis nommé évéque de Périgueux le jour de la Pentecôte 1702, et sacré le 29 octobre suivant. Il mourut , après une longue maladie, le 8 janvier 1719. Plusieurs lettres inédites de M. Tronson (au commencement de 169'J) montrent qu'il éloit en relation avec l'abbé Clément, dont il estimoit particulièrement les talens et la piété. On voit dans la Correspondiince sur le Quiétisme . que l'évèque de Cliaitres employa plusieurs fois cet abbo pour nouer avec Féiiclon des négociations, ahn de terminer à l'amiable l'atTaire du livre des Maxime?.

CODDE (Pierre), né a Amsterdam en 1C48, entra de bonne heure dans la congrégation de l'Oratoire . qu'il abandonna ensuite pour passer en Hollande , où il se lia étroitement avec les coryphées du parti janséniste. M. de Neercassel, évèque de Castorie , vicaire apostolique des Provinces-Unies, étant mort en 1686, Codde lui succéda dans cette dignité , avec le titre d'arc'uevéque de Sébaste. Le refus qu'il fit k son sacre de signer le Formulaire donna lieu de juger qu'il ne s'écarteroit pas des senlimens et de la conduite de son prédécesseur. Il poussa en effet le scandale si loin , qu'il fut mandé à Rome en 1699 \\m\ se justifier, et suspendu de ses fonctions par un déciet du S avril 17U'i, De retour en Hollande, il continua à fomenter le schisme jusqu'à sa mort, qui arriva le 18 décembre 1710. (Voyez la 155* des lettres diverses, et les .Vétnoires chronol. du P. d'Avrigny sur l'Hist. ecc/és, 7 mai 1702.

COETLOGON (Louis-Marcel de) , parent du P. Tournemine, Jésuite, fut d'abord évèque de Saiut-Brieuc. Il fut transféré le 11 avril 1705 à l'évècbé de Tournai, qu'il n'occupa que deux ans, étant mort le 18 avril 1707. .Voyez les lettres de Féuelon au P.Tournemiue , des 27 avril 1703 et 20 avril 1707 : t. VII , pag. :i95 et 623.)

COISLIN 'Pierre du Cambout de), fils de César du CamhiKit, marquis de Coislin, naquit à Paris en 1636. Après avoir été quelque temps aumônier du Roi . il devint en 1 603 évèque d'Orléans , et cardinal en 1693, à la place de M. de Harlai , à qui le chapeau éloit destiné , mais qui mourut cette année lG9o. Le cardinal de CoisMu assista au conclave tenu en 1700 pour l'élection de Clément XI , et

iiniuis 5(111 pc>lil-iii'\.u.

' <)ii trouve la prouve de t IMililj.'i- a l,:i lînye p\\ I7:!S pi

la suil>- Je l'eililinn iii-A" ilu Tétéinnque , et rCinipriniei Loiiiln-seii )7i7, avec V Examen de runscieiwe pour un Itoi , I vi)1. in-li. Le oanliii:!! Quiriiii est ;iubsi garant du uiOuie r;;it. Voyez, le fraRUieiil de ses M'-niniies que nous avous cilé daus une iiole sur l.i nwxii des Lettres dirersts , I. viii , p. 287.

fut élevé celle même année à la dignité de grand-aumônier, par suite de la disgrâce du cardinal de Bouillon. Il mourut le 5 février 1706, âgé de Rojxante-neiif ans. Fénelou le regardoit comme un prélal vertueux et régulier, mais qui, par défaut d'instruction , donnoit trop de confiance aux disciples de Jansénius. (Voyez le Mémoire latin de Fénelon à Clément XI en I7(i5, n. ix; t. IV des Œtnres. p. lo'i.i On ne doit pas confondre ce cardinal avec sou neveu, Henri-Charles du Cambout île Coislin, évèque de Mclz, premier aumônier de Louis XV. mort en 1732, et qui se rendit malheureusement célèbre dans l'affaire de la constitution i'/iif/enitus.i\o\C'i, parmi les Lettres diverses. celle de l'évèque de Meauxii Fénelon, du 6 septembre 1714 ; t. VllL pag. 2'.9.;:

COLBEHT fJean-Hyptiste., marquis de Seignelai, fils aine du grand Colbert , et frère des duchesses de Beauvilliers , de Chevreuse et de Morlemart, naquit en 1631. Il fut de bonne heure formé aux affaires par son père , qui lui obtint du Roi la charge de secrétaire d'Etal eu survivance. Ses talens et son activité pour soutenir la gloire de la marine française , créée par son père , pronietloit à la France un digne successeur de Colbert; mais une mort prématurée l'arrêta au milieu de sa brillante carrière. Il mourut le i novembre 1690 , ùgé de trente-neuf ans. Le tourbillon des affaires et son goût pour les plaisirs ne l'empêchèrent pas d'entretenir et de cultiver dans son cœur les senlimens de la religion. Il entra même , vers la fin de sa vie , en correspondance avec M. Tronson et avec Fénelon, dont les avis lui firent embrasser avec courage toutes les pratiques d'une vie vraiment chrétienne. Voyez VUist de Fénelon , liv. I, n. 31 , etc. ; et dans la K'' section de la Correspondance, les lettres que Fénelon lui adressa, d'abord pendant ses missions en Saintonge , et ensuite pour l'encourager et le fortifier dans la pratique de ses devoirs, pendant la deruière année de sa vie. (t. VII , pag. 195 et suiv.)

COLBERT 'Jacqucs-Mcolas), second fils du grand Colbert. naquit à Paris en 1634. Après le cours de ses études tliéoiogiques, il reçut le bonnet de docteur en 1679. Nommé coadjuleur de Rouen en 1C80, il devint archevêque titulaire en 1 69 1 . par la mort de son prédécesseur, François de Rouxel de .Medavi. Fénelon, qui avoit eu occasion de le voir dans la société desducsde Beauvilliers et de Chevreuse, sesbealixfrères , gagna aussitôt sa confiance , et en profita (juelquefois pour lui rappeler avec franchise des vérités que les meilleurs amis n'ont pas toujours le courage de se dire. On peut voir en particulier la le'tre qu'il lui écrivit en 1692, contre le luxe des bàtimens t. V, pag. 342,. L'archevêque de Rouen avoit été reçu à l'Académie française en 1G98, et il fut un des fondateurs de V Académie des in^cri/itions et belles-lef/res. Il mourut au mois de novembre 1707, dans sa cinquante-troisième année, avec la réputation d'un prélat non moins distingué par ses lumières que par son zèle et sa piété. (Voyez VHist de Fénelon, liv. II, n. 5) H ne faut pas le confondre avec Charles- Joachim Colbert , son cousin , évèque de .Montpellier, mort en 1738 . et si connu par son ojiposilion à la Bulle l'ni'jetiilus.

COLBERT Iules-Armand., marquis de Blainville et d'Ormoy, quatrième fils du grand Colbert, naquit en 1664. D'abord surintendant-général des bàtimens du Roi, en survivance de son père, il se démit de cette charge en 1683 , et obtint en 1685 celle de grand-maitre des cérémonies de France. Le titre de lieutenant-général, qui lui fut donné en

NOTICE DES PERSONNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON

1702, tut la récompense du courage ([u"il avoit déployé en plusicui?. occasions importantes , et spécialement dans la campagne de cette année. Il mourut à Ulm eu 1704 , des blessures qu'il avoit reçues le même jour à la bataille d'Hochstet. 11 partagea constamment l'estime et la vénération de sa famille pour l'archevêque de Cambrai , qui en profita pour entretenir en lui les sentiuiens et h pratique de la piété. (Voyez , dans la 5"" section de la Correspondance , tome VIII, les lettres 66 et suiv., 71 et suiv.)

COLBERT (Jean-Baptiste), marquis de Torci, neveu du grand Colbert , naquit en 1665. Ses ambassades en Portugal , en Danemarck et en Angleterre , le mirent au rang des plus habiles négociateurs. Dès l'année 1680, il obtint, en survivance do son père , la charge de ministre secrétaire d'Etat au département des affaires étrangères; mais à la mort de son père, en 1696, le Roi, le trouvant encore trop jeune pour remplir des fonctions si importantes, le rnit sous la direction de son beau-père, Simon Arnauld de Pompone, qui avoit exercé cette même charge depuis 1671 jusqu'en 1679. Après avoir agi pendant trois ans .sous la direction de son beau-père , M. de Torci, devenu capable d'administrer par bii-raème , continua de le faire avec distinction jusqu'à la mort de Louis XIV. Il devint à celte époque membre du conseil de régence ; uiais il fut bientôt après écarté des affaires, sous le duc d'Orléans et sous le ininistereducardinaldeFleury.il mourut en 1746, non moins estimé pour ses vertus privées que pour ses talens en administration. On a publié , dix ans après sa mort , ses Mémoires pour servir à l'histoire des négociations depuis le traité de Ryswic h jusqu'à lu paix d'Utrecht (3 vol. in-l2), ouvrage rédigé avec goût, et non moins intéressant par les faits qu'il renferme, que par l'esprit de modération dans lequel il est écrit. On voit par la Correspondance de Fénelon , que les sentimens de M. de Torci sur l'article du jansénisme lui étoient suspects; et il n'y a pas lieu d'en être surpris, le marquis de Torci étant allié à la famille d' Arnauld, et par conséquent en relation habituelle d'amitié et de parenté avec lis amis de Port-Royal.

COLLOUEDO (Léandre), d'une famille originaire d'Allemagne , et considérable dans le Frioul depuis plus de trois cents ans, fut d'abord simple prêtre de l'Oratoire de Saint- Philippe >'éri. Il fut créé cardinal en 1686, par le pape Innocent XI, qui lui conféra aussi la dignité de grand-pénilcncier. Il mourut le 11 janvier 1709, regretté des savans et des gens de lettres , avec qui il entrelenoit ua commerce habituel. On trouve , dans le t. I des Œuvres posthumes des PP. Mabillon et Ruinart , dix ou douze de ses lettres , sur des sujets inléressans, et en particulier relativement à la dissertation de Mabillon sur le culte des Saints iticonnus.

COLOGNE (l'Electeur de) ; voyez Ravikhe • Josepli-Clément de).

COSME de .Médicis, troisième du nom, lils et successeur de Ferdinand II dans le duché de Toscane , naquit le 1 4 août 164-2. Il se lit respecter de ses voisins par une conduite sage et modérée , et mourut le 31 octobre 17:26, après un règne de cinquante-quatre ans. Il avoit épousé le 19 avril 1661 , .Marguerite-Louise, lille de Gaston de France , duc d'Orléans, frère de Louis XIIL 'Voyez la lettre que Fénelon écrivit à ce prince le 15 avril 1698, à l'occasion du livre des Maximes; t. IX, pag. 380. i

COLET (Bernard), graiid-viiaire du Houcn ', puis do

I Irl aili'li' IKills .1 r\r (iMilUItlIlMllir i)iii l'csl inplili' :iil-

Paris , et abbé de Fontmorigny , éfoit né dans le diocèse de Paris en 1669. On a lieu de croire qu'il fit son séminaire à Saint-Magloire , et qu'il suivit le cours ordinaire de licence. Il prenoit le titre de docteur en théologie ; et s'il ne se trouve pas sur les listes des docteurs de ce temps-là, c'est peut-être qu'il ne reçut pas le bonnet suivant les formes solennelles alors en usage. Il est dit dans les Nouvelles ecclésiastiques du 24 juillet 1747, qu'en 1703 l'abbé Couet demeuroit au séminaire Saint-Magloire , et que, consulté par Petiti)ied sur le Cas de conscience, il contribua par sa réponse à affermir le docteur dans sa résistance. Vers le même temps, M. Colbert, archevêque de Rouen, le nomma son grand -vicaire ; c'étoit à l'époque du plus grand éclat de l'affaire du (es de conscience. On répandit le bruit que Couet étoit l'auteur de cette décision, quoique son nom ne se trouve point parmi ceux qui l'avoient signée. Pour dissiper les soupçons qui s'éloient élevés contre lui , il remit à l'archevêque de Rouen une Déclaration de ses sentimens, en forme de lettre, dont ce prélat fut d'abord satisfait. Mais quelques évêques auxquels il la montra, entre autres l'évêque de Chartres, la jugèrent insuffisante , principalement à cause du silence que l'auteur y gardoit sur le fait de Jansénius. Pour satisfaire ces prélats, l'abbé Couet rédigea une seconde et une troisième Déclarations , qui furent également jugées insuffisantes . parce qu'elles n'étoient au fond qu'une confirmation de la première. Enfin, dans une quatrième Déclaration, il abandonna entièrement les trois premières , et s'expliqua , sur le fait comme sur le droit , de manière à lever tons les doutes sur sa soumission aux décrets du saint siège. On peut voir ces dilférentcs Déclarations réunies dans VHist. du Cas de conscience {l. l, p. 279, etcj. On peut voir aussi ce qui est dit de celte affaire dans VHist. de Bossuet , par M. de Bausset, liv, XII, n. iv (t. IV , p. 339); le prélat y a suivi le Journal de Ledieu , dont le récit doit être comparé avec celui de Vllist. du Cas de conscience. Nous avons lieu de croire (|ue l'abbé Couet cessa d'être grand-vicaire de Rouen il la mort de M. Colhert, en 1707. Il revint à Paris , et paioit être resté (|uelqne temps sans place. En 1715 , il fut mandé chez le lieutenant de police d'Argenson, et invité par lui il écrire contre le Témoignage de la vérité , du Janséniste Laborde , livre qui faisoit alors du bruit. On assure que Couet le promit; mais il n'a rien paru de lui sur ce sujet. On lui attribue généralement les Lettres d'un théologien à un éxèque sur cette question importante : S'il est permis d'approuver les Jésuites pour prêcher et pour confesser, I7l5, in-12. Ces Lettres sont au nombre de trois ; elles furent suivies d'une quatrième que l'auteur n'avoua point. 11 insistoit beaucoup sur la morale relâchée que l'on imputoit aux Jésuites. Couet avoit rédigé peu au[iaravanl une Réponse d'un théologien à un prélat sur le rffus que M. le cardinal de \oailles n fuit de continuer ses pouvoirs aux Jésuites. Son objet étoit de justiher les procédés rigoureux du cardinal envers ces pères. Cet écrit lui concilia la hienveiliancc du cardinal de Noailles, qui le nomma chanoine de Notre-Dame le 10 juin 1718, et qui le fit aussi son grand-vicaire. Couet se joignit aux démarches du cardinal et du chapitre de la métropole sur les affaires du temps ; on trouve son nom parmi les appelaus des lettres Pastnridis offirii, en 1718, et il fut un

Inir (1rs Uinmin'S jioKr snrir il f llisliiire trrirx. du cti.r- /tiiilicnii' .si<< li>. Ouoi(iu'il suil un |'i'n lonc, on égard a notre liliiii , nous (lovons i|u'on nous siinru (jrc do l'.ivoir donno en ciilicr, |)(iur siii>pli"(^r iiii silence des Dicliounoires liisloriques

NOTICE DES PERSONNAr.LS CONTEMPOIIAINS DE FÉNELON.

dp5 piiucipau.v l'éclacleurs de riastruclioii pastorale du raidinal en 1719. Habile , instruit, propre aii\ affaires, il fut mêlé dans les différentes nê^'uciations qui eurent lieu pour la paix de i'Kglise , smt avant , soit après la mort de Louis XIV. On voit, par le Journnl d(^ Dovsnnnc, la part qu'il prit à ces négociations, auxquelles son esprit liant , ses cnnnoissancps tliéologiqiies et son adresse le rendoient trèspropre. Mais enlin les excès du parti appelant ramenèrent peu h peu l'abbé Couet à d'autres idées. Témoin de tant d'obstination et d'inhigues, il sentit le besoin de se rallier à l'autorité ; et après avoir cédé k l'entraineniciit des circonstances et à l'exaltation des partis , il contribua aussi à ramener plusieurs personnes dans une autre route. On peut le regarder couinie un des principaux moteurs de l'accommodement de 17-20 , et comme un des rédacteurs du corps de doctrine adopté alors par les évêqnes. Ce fut par ses conseils et son influence , que le célèbre d'Aguesseau , dont i! étoit l'ami . montra , lorsqu'il devint cbancelier, des dis- ])Ositions un peu différentes de celles (pi'on avoit cru remarquer dans le procureur -général. On voit aussi l'abbé Couet en relation étroite avec le cardinal de Rohan , le maréchal d'Huxelles, et d'autres personnages distingués de cette époque. L'évèque de liayonne , Dreuillet, se conduisoit en tout par ses avis. Il est souvent question de l'abbé Couet dans le Journal de Dovsanne , dans les Nouvelles ecclésiastiques , et dans les Anecdotes de Villefore. Lesappelans ne lui pardonnèrent jamais d'avoir abandonné leur cause ; mais Dorsanne avoue que c'étoit la crainte du schisme qui le faisoit agir : en quoi assurément Couet montroit une sage prévoyance. Sou crédit auprès du cardinal de Noailles augmenta encore dans les dernières années du prélat , et c'est à lui qu'on attribua les démarches qui consommèrent le retour du cardinal. Dorsanne raconte qu'il avoit été question, en 1720 , de donner l'abbé Couot pour substitut à l'abbé Fleiiry , dans les fonctions de confesseur de Louis XY . mais que Couet refusa. Ce bruit, au(|uel Dorsanne lui-même ne paroit pas croire beaucoup , n'est guère vraisemblable. A la mort du cardinal de Noailles, Couet fut nommé grand-vicaire capitulaire et officiai; il fut égiilement grand-vicaire sous M. de Vintimille , successeur du cardinal, et il fut pourvu en 1733 de l'abbaye de Fontmoriguy,au diocèse deDourgcs. I.a considération et l'estime dont il jouissoit sembloient lui promettre une vieillesse tranquille et heureuse , quand un crime affrreux vint mettre fin à ses jours. Le 30 avril 1736, l'abbé Couet venoit de célébrer la messe à Notre-Dame; il sortoit de l'église, et il étoit dans la première cour de l'Archevêché, avec ses habits de chœur, lorsqu'il fut frappé d'un coup de poignard par un scélérat, Nicolas Lcfèvre , dit le Grand-Hardi, garçon chapelier. Nous n'avons pu savoir quel motif avoit porté ce malheureux à un pareil crinse, la procédure ayant été déiruite pendant la révolution. Des journaux du temps supposèrent que l'esprit de parti n'étoit point étranger à cet attentat , et que de fanatiques convnlsionnaires avoient voulu punir Tablé Couet d'avoir abandonné la cause de l'appel: mais aucune jneuve n'autorise cette Irisle conjecture. Quoi qu'il en soit , l'abbé Couet ne survécut point ii ses blessures ; porté cbe/, lui , il expira à trois heures du malin , après avoir reçu l'extrême-onctinn et le saint viatique des mains de l'abbé de Harcourt , doyen du chapitre. 11 fut enterré dans la cluipelle de Paint-Julien, du côté du cloitre. Le meurtrier fut cniidaumé le 3 mai à être rompu \if, et le Parlemenl eonlirma la sentence le 7 du même mois. 11 est dit dans la sentence , qiir nous avons sous les yeux , que Le^èvre fut appliqué ii la question pour ap-

prendre de sa bouche lu vérité d'aucuns faits résidions du procès , et le nom de ses complices. Nous ne finirons point cet article sur l'abbé Couet sans remarquer la liaison qui existoit entre lui et le chancelier d'Aguesseau. On a cru que l'abbé Couet étoit le directeur de la conscience du magistrat. Ce qui paroit certain, c'est que d'Aguesseau avoit liour lui une estime t(Mite particulière , et prenoit son avis sur des affaires importantes. Dorsanne fait entendre , dans son Journal, que Couet avoit la plus grande influence sur l'esprit du ihancelier. Lnlin les Lettres inédites de d'AyuesspMU, publiées par M. Rives en 1823 (I vol. in-4") montrent les rapports intimes de l'abbé et du magistrat. Le premier alloit souvent à Fresnes pendant l'exil du chancelier , et quand il étoit à Paris , leur correspondance étoit fort suivie. Dans ses lettres à ses enfans, d'Aguesseau les charge de différentes commissions pour l'abbé Couet , et fpag. 328 du même vol.) il parle des lettres énormes qu'il lui écrit. Ces rapports et cette contiauce d'un magistral illustre suftiroient pour honorer la mémoire de l'abbé Couet.

COrSIN (M.), nom supposé, qui désigne qi;elquefois Louis XIV. (Voyez la table ci-dessus, pag. 280.)

CROISILLES;- voyez Catixat (Guillaume).

Cl'SANl (Augustin), Milanais, naquit le 20 octobre 1655. Après avoir exercé divers emplois a la chambre apostolique, il devint nonce ordinaire à Venise et archevêque d'Amasic en 16'J6, nonce en France en 1706 , enfin évèque de Pavic en 1711. Il fut fait cardinal à son arrivée k Rome en 1712, légat de Bologne en 1714 . et mourut à Milan le 28 décembre 1730, six ans après avoir donné sa démission de l'évêché de Pavie.

DAMASCENE (le P. Jean;, de l'ordre des Mineurs-Conventuels, fut un des huit consulteurs nominés par le pape Innocent XII , au mois de septembre 1607 , pour l'examen du livre des. jWa.rj'me?. Les partisans de Bossuet, qui le croyoienl trop favorable au livre, le firent exclure au mois de décembre suivant, par l'intervention du nonce, qui en écrivit au Pape de la part de Louis XIV. Il fut rem|ilacé par le P. Philippe , général des Carmes déchaus.sés. Son attachement à la doctrine catholique lui attira dans la suite les invectives du P. Quesnel et de quelques autres Jansénistes. (Voyez la lettre du P. Daubenlon . du i"^f novembre 1700, et la note de l'arlicle Au'Aiio, ci-dessus.)

DAUBENTON (Guillaume) , Jésuite, né à Auxerre en 1648, se distingua d'aboid dans la prédication , et devint confesseur de Philippe V , roi d'Espagne , qu'il suivit en 1700 dans ce royaume. La princesse des L'rsins, jalouse de la conliance du prince pour ce religieux , le fit rappeler d'Espagne en 170C , par un ordre du cabinet de Versailles. Ses supérieurs l'envoyèrent alors à Rome, en qualité d'assistant d(! France auprès du général des Jésuites. On voit, par ses lelires, qu'il avoit beaucoup d'accès auprès du pape Clément XI . et qu'il étoit en même temps dévoué aux intérêts de Fénelon. Aussi l'archevêque de Cambrai se servitil souvent de lui pour faire passer au Pape et aux cardinaux ses ouvrages sur les matières du temps, «t pour leur communiquer ses vues sur les affaires de l'Eglise. Après la disgrAce de la princesse des Ursins , le P. Daubentou fut rappelé à .Madiiil, en 1716, par Philippe V , qui le choisit de nouveau jiour son confe-sseur. Il contribua depuis, à ce ((u'il paroit, au i envoi du cardinal Alberoni , et à la réconciliation de l'EspaL'ue avec la France, en 1719. II mourut en 1723, âgé de soixante-quinze ans.

DAUPHIN ; voyez Loris.

NOTICE DES PERSONNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON

DELBECQUE (le père), religieux Augustin, et Janséniste ardent , accompagna en 1700 l'arrlievëque de Sébaste (Codde , mandé à Rome pour y lendre compte de sa conduite etdeses sentimens relativement au Formulaire d'Alexandre VU. Il fut obligé do quitter Rome précipitamment en 1710. (Voyez les lettres du P Daubenton, des i" novembre 1710 et 23 mai 1711 ; t. VII, pag. G78 et 707; et l'article Codde, ci-dessus.;

DELFIM Marc-Daniel;, neveu de Jean Delfini , sénateur de Venise et patriarche d'Aquilée, naquit en 1634. Après avoir exercé pendant quelque temps les fonctions de vicelégat dWvignon , il fut envoyé nonce en France en 169S, avec le titre d'archevêque de Damas. Il fut nommé, pendant sa nonciature, évèque de Bre.scia. et créé cardinal en 1699 par le pape Innocent XII. Il mourut le 5 août 1704 , dans sa cinquantième année.

DENHOFF Jean-Casimir; naquit le «juin Iti'i'J, d'une famille illustre de Prusse. Après avoir étudié avec succès dans l'Université de Paris, il vint à Rome sous le pontilicat d'Innocent XI , sans autre dessein que de s'instruire en voyageant. Il y gagna l'estime du Pape , qui le créa cardinal le 2 septembre 1686. Il mourut à Rdme le 20 juin 1697 , âgé de quarante-huit ans.

DENON VILLE (Jacques-René de Fîrisay, marquis de:, llls de Pierre de Brisay , seigneur de Denonville , et de Louise d'Alès de Corbet , naquit en 1637. Nommé en 1684 gouverneur du Canada , il y soutint l'honneur des armes françaises , par la valeur qu'il déploya contre les Anglais et les (roquois. Aussi fut-il généralement regretté de la colonie , lorsque Louis XIV le rappela en 1689 , pour être associé , en qualité de sous-gouverneur , aux vertueux instituteurs du Duc de Bourgogne. Les démarches qu'il fit, après la conclusion de l'affaire du qniétisme, pour réconcilier l'évèque de Chartres avec l'archevêque de Cambrai , prouvent également les sentimens religieux dont il étoit animé , et sa constante amitié pour Fénelon. Il accompagna Piiilippc V en 1700, lorsque ce prince alla prendre possession du trône d'Espagne. Il mourut au mois de septembre 1710, âgé de soixante-treize, ans. 'Hixt. iln Fénelon^ livre i"- , n. 68.)

DENYS (l'abbé) , théologal de Liège au commencement du dix-huitième siècle , et zélé partisan de Jansénius, pulilia en 1705 un nouveau système sur le silence respecpectueux , que Fénelon attaqua dans plusieurs lettres publiées successivement de 1706 ii /709. Voyez VHisl. litt. de Fénelon, i"- part., art. I*'', secl. i, n. 12.

DESLYONS (Jean), docteur de Sorbonne, doyen et théologal de Senlis , naquit à Pontoiso en 1613. C'étoit un homme très-instruit, mais fort singulier. On a de lui un grand nombre d'ouvrages curieux , pleins d'érudition , mais écrits d'un style dur. On peut en voir la liste dans les Mémoires du P. Niceron et dans le Diclionnnire de Moréri. Ce docteur fut retranché de la Faculté en 1636 , avec plusieurs de ses confrères, pour n'avoir point voulu souscrire il la condamnation d'Arnauld. Dès le comiuenccnient de la controverse occasionnée par le livre di's .Maximes, il publia une Ij^ttre , dans laquelle il se prononçoil hautement en faveur de la doctrine des saints mystiques sur la contemplation , et contre la manière peu mesurée dont l'abbé de Rancé attaquoit le livre de l'archevêque de Cambrai dans deux lettre» écrites k Bossuel. (Voyez la lettre de l'abbé Doslyons, l. IX, pag. 180.) Il mourut ii Senlis le 2(i mars 1700 , à quatre-vingt-cinq ans.

DESMARETS Nicolas; , neveu de Colbert. d.vint con-

trôleur-général des finances eu 1708, après la démission de Chamillard , c'est-à-dire , à une époque extrêmement désastreuse , où il falioit un courage plus qu'ordinaire pour lutter contre les difficultés de tout genre que présentoit cette partie du ministère. Il publia, sous la régence, un Mémoire très- curieux sur son administration, dans laquelle il ne montra pas moins d'intelligence que de zèle pour le bien public. Il mourut le 4 mai 1721 , âgé de soixante-treize ans.

DESTOUCHES (Louis Camus, chevalier), né en 1668, entra de bonne heure au service , où il se distingua, surtout dans l'artillerie. Il commanda en chef l'artillerie de Flandre pendant les années 1710, 1711 et 1712, et reçut au siège de Douai, en 1712, une blessure qui l'empêcha de servir le reste de la campagne. Il devint en 1725 commandeur de l'ordre de Saint-Louis , et mourut le 11 mai 1726 , âgé de cinquante-huit ans. Il joignoil à des qualités aimables une grande légèreté de conduite , et l'on sait que le célèbre d'Alemberl fut le fruit de ses liaisons avec madame de Tencin. Aussi Fénelon , qui avoit de l'amitié pour Destouches, lui souhaitoit-il d'être aic^si bon pour luimême, qu'il l'étoil pour ses amis. (Hisf. litt. de Fénelon, V part., art 6, section 3.)

DEZ (Jean), Jésuite , né en 16'i3 près Sainte-Menehould en Champagne , s'appliqua avec succès à la controverse , sur laquelle il a laissé plusieurs ouvrages. Il ne travailla pas avec moins de fruit à la conversion des hérétiques de Sedan et de Strasbourg, pendant les missions faites par ordre de Louis XIV. après la révocation de l'édit de Nantes. Il étoit à Rome au commencement des discussions relatives au livre des Maxiuirs , et il se montra toujours favorable ài ce livre jusqu'à la publication du décret d'Innocent XII. Il mourut k Strasbourg en 1712 , après avoir été cinq fois provincial de son ordre.

DOUCIN (Loui.-;) , Jésuite, né à Vernon en Normandie vers le milieu du dix-septième siècle, se rendit célèbre par quelques ouvrages pleins de recherches et d'une bonne critique. Un des principaux est VHistoire du Sestorianisme , publié pour la première fois en 1698 , et dans laquelle tout ce qui regarde cette fameuse hérésie est solidement discuté. Le P. Doucin ne se distingua pas moins par son zèle contre les erreurs du jaiisénisrae. Les Mémoires lie l'abbé Dorsanne lui attribuent la publication du fameux Problème ecclésiastique, qui fit laul de bruit en 1699, et dont le véritable auteur est encore aujourd'hui un mystère •. Le P. Doucin mourut à Orléans en 1726.

DROU (Pierre-Lambert Lei , religieux Augustin et docteur de Louvaiu , naquit en 1640 ii Huy. dans le diocèse de Liège. Innocent XI , instruit de son mérite , l'appela à Rome, et lui donna la préfecture du collège de la Propagande. Innocent XII le nomma son sacriste, avec le titre d'évêque de Porphyre. Il fut adjoint , en janvier 1698, aux huit consultcurs nommés au mois de septembre précédent pour l'examen du livre des Maximes, et fut l'un des cinq qui opinèrent en faveur du livre. Ayant éprouvé dans la suite quelques désagrémens à l'occasion de l'affaire du P. (Juesnel, dans laquelle il avoit été nommé consulteur. il revint à Liège . où il fut fait vicaire-général , et où il mourut en 1721, âgé de quatre-vingt-un ans. (Voyez le Mémoire di' Féneiciu /in /'. />'■ Tellier df 1717) n. iv;

' Voy.-/, il ce suji'l l7//'.s/. ((•■ l'ntclun , liv. \ , n. :i. — Hiirbicr, Dict. dcs.tnon., n. UST."). — D. Tassin, lli.\l, litl, (le In roiujrrii. de S. Vaiir: p. 3.M .

NOTICE DES PERSONNAGES CONTENfPORAINS DE FÉNELON.

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