I. VM, pag. fci ; et la noie sur larlicli" Amaro. cidessus
DUBOIS (Guiliannio^ , né k Bi-ive-la-Oaillanlo le 6 sepiciiibre 1G56 , après avoir exercé l'ofticc de précepteur dans plusieurs maisons , devint sous-préccpleur du duc de Chartres, qui fut depuis duc d'Orléans, et régent du royaume pous la minorité de Louis XV. Ce prince le nomraa en 17:20 archevêque de Cambrai , et lui procura le chapeau de cardinal en lin. On voit , par les lettres i4 el lo de la Correspondance de futnille t. II , pag. 28 et 29;, que Fénclou, pendant son séjour à Versailles, eut avec l'abbé Dubois quelques liaisons d'amitié , qu'il entretint même lorsqu'il fut retiré k Cambrai. On nous a communiqué nne lettre inédile qu'il écrivoit il cet abbé en -1706, pour le remercier de quelques services rendus à son neveu ; et la 30d« des Lettreu diverses montie que cette liaison continua encore long-lemps après. Voyez la note jointe à cette lettre , t. VIII, pag. 26.) Le cardinal Dubois mourut à Versailles le 10 août 1723.
DUBUC (Alexis), né à Sens vers l'an 1640 , fit profession chez les Théàtins à Paris, le 28 avril 1669, et se consacra avec autant de zèle que de succès k la controverse contre les Protestans. Pendant plusieurs années , il faisoit assidûment des conférences sur cette matière , dans l'église des Théalins , tous les dimanches et fêtes. Les Protcstans y venoient en grand nombre , et l'écoutoient avec fruit , comme le prouvent les nombreuses abjurations qui se firunt entre ses mains, et dont il est souvent question dans les .Mémoires du temps Aussi le clergé de France lui faisoit-il une pension pour encourager ses travaux. Etant allé a Rome en 1698 , pour assister au chapitre général de son ordre , il y reçut des léraoignages particuliers de l'estime et de la confiance du pape Innocent XII , qui , pour le retenir a Rome , le nomma professeur de théologie au collège de la Propagande. Ce dernier emploi n'empêcha pas le •{'. Dubuc de continuer en Italie le ministère qu'il avoit long-temps exercé en France , et qu'il exerçuit partout avec un égal succès. Li; P. Dubuc se fit aussi connoitre a Rome par son opposition au jansénisme , et k la Déclaration du clergé de France de 1682. Il mourut au couvent de Saint-André dclla V tille eu 1709. Ou a de lui , 1" un Discours pour la Fête-Dieu , imprimé ii Paris en 167Î ; 2° Éfévrttions .sur les 0 de l'Aient , 1681 , in-18 ; H" une traduction française du Combat spirituel, avec une Préface où il prouve que l'ouvrage est du P. Scupoli , Paris, 1696; 4" une édition italienne du même ouvrage , publiée en 1698, avec nne Préface plus étendue, dans le mèrnc but. Cette édition italienne est dédiée au cardinal de Bouillon , et le P. Dubuc eut l'honneur de l'offrir au pape Innocent XII , qui prcnoit un singulier plaisir ii la lecture de ce livre. Plusieurs lettres de l'abbé de Chanterac montrent que le P. Dubuc étoit très-favorable k Fénelon dans l'affaire du livre des Modintes. Voyez VEssai sur l'influence de la l'elir/ion en France pendant le dix-septième siècle. — Mémoire du P. Timothée , pag. 17 et 40.)
DLGl'ET Jacques-Joseph;, né en 1650 k Monlbrison dans le Forez, (il ses études chez les pères de l'Oratoire de cette ville, et entra dans la congrégation en 1667. Il s'y acquit une grande réputation par ses conférences sur l'histoire ecclésiastiqmj , pendant les années 1678 et 1679. Le décret rendu par la congrégation en 1684, pour proscrire le jansénisme et le cartésianisme , le lit sortir de l'Oratoire. Il se retira k Bruxelles, auprès d'Arnauld , et rentra peu après en France , où il vécut dans la retraite chez le président de Menars, qui s'éloit empressé de lui ofl'rir un asile.
Ce fut là qu'il finit ses jours , le 2o octobre 1733 , âgé de quatre-vingt-quatre ans. On a de lui un grand nombre d'ouvrages, éci ifs avec beaucoup d'élégance el de solidité, mais souvent avec un style trop dilTus. Il étoit très-attaché à la cause de Jansénius et de Quesnel , et appela plusieui'S fois de la bulle Unigenitus ; mais il se déclara hautement contre les convulsions , qui ont fait tant de tort au parti.
DU PIN (Louis Ellies), docteur et professeur de Sorbonuc, naquit k Paris en 1657 , d'une famille originaire de Normandie. Ayant embrassé l'clat ecclésiastique, il fut reçu docteur de Sorbonne le 22 juin 1684. Il est principalement connu par la liibliothèque universelle des auteurs ecclésiastiques ; ouvrage d'une grande érudition , mais qui se ressent de la précipitation avec laquelle il a été rédigé , et surtout du penchant naturel de l'auteur pour les opinions hardies. Aussi Bossuet s'éleva-t-il fortement contre cet ouvrage, dont il iibligea l'auteur k désavouer ou expliquer plusieurs propositions. On voit par la Correspondance de Fénelon , que , tout en approuvant pour le fond la conduite de Bossuet dans ceite affaire , il y trouvoit quelquefois un pi?u trop de rigueur et de sévérité. Du Pin fut aussi un des quarante docteurs qui signèrent le fameux Cas de co)isci/.nce publié en 1702. Exilé pour cette raison k Chatellerault en 1703 , il n'obtint son rappel qu'en révoquant sa signature. Il mourut à Paris en 1719, âgé de soixante-deux, ans. (Voyez VHist. de Bossuet , liv. X , n. 2. — Corresp. de Fénelon , Lettres diverses , année 1692.) . DUPUY M.;, placé en 1689 auprès du Duc de Bourgogne, en qualité de gentilhomme de la manche, perdit cet emploi au mois de juin 1698, à l'cccasion de la disgrâce qui enveloppa dans ce temps presque tous les amis de Fénelon. Il conserva pendant toute sa vie la plus profonde vénération pour l'archevêque de Cambrai, et une estime particulière pour madame (iuyon. Ce fut même par son entremise . que Fénelon et ses amis intimes continuèrent, après la conclusion de l'afTaire du quiétisme, d'entretenir secrètement avec madame Guyon une correspondance fondée sur une mutuelle estime , que tant de fâcheux éclats ne purent jamais affoiblir. Nous avons de M. Dupuy une Relation manuscrite de cette malheureuse affaire, dont il avoit été à portée de connoitre tous les détails. Il est souvent désigné dans la Correspondance de Fénelon sous le nom de Put, abrégé de Puteus. On l'appeloit ainsi plaisamment dans la société de Fénelon, en latinisant son nom. (Voyez Vtlist. de Fénelon, liv. I, n. 70 : liv. lll , n. 66.)
ERNEST RUTH D'ANS :,Paul) , né le 23 février 1653 k Verviers , dans le pays de Liège, étudia dans l'Université de Louvain, et embrassa de bonne heure l'état ecclésiastique. Après avoir fait ses études de théologie, il se rendit k Paris, par le conseil de ses directeurs, pour se prépare: dans un séminaire k la réception des ordres sacrés. Ce fut pendant son séjour dans cette ville, qu'il se lia étroitement avec les solitaires et les amis de Port-Royal , et particulièrement avec le fameux Arnauld. Ayant ra-n la prêtrise en 1689 , des mains de l'archevêque de Sébaste (voyez Codde) , il devint aumônier de la duchesse de Bavière , et chanoine de Sainte-Gudulf k Bruxelles. Il avoit été aussi pendant plusieurs années secrétaire d'Arnauld, k la mort duquel il assista en 1H94 , et dont il fut toujours un des plus zélés disciples. Ce fut lui qui suggéra, en 1711, aux Etats-généraux de Hollande , l'idée de forcer l'évêquc de Tournai 'voyez Beauvau; k quitter son diocèse, et de disposer, en vertu de leur souveraineté, des canonicats vacans dans l'église de Tournai. Il se fit même nommer au doyenné du chapitre
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de celte église ; mais le chapitre tint ferme, et refusa constamment d'admettre dans son soin Ernest et ses partisans. Ernest mourut à Bruxelles le 2i février 17-28. On a do lui plusieurs écrits sur les controverses du temps , indiqués , pour la plupai t , dans le Dictionnaire de iloréri , art. RuTH d'Ans. (Voyez aussi VHist. de Fénelon . liv. IV , n. 83.)
ESTIEN.NUT (Claude), né à Varenne, diocèse d'Aulun , eu 1639, entra de bonne heure dans la congrégation de Saint-.Maur, où il se distingua par son goût et sa facilité pour les recherches d'érudition. Envoyé ii Konie en 1684 , en qualité de procureur-général de la coni^régatiun , il y gagna l'estinn' et la considération des savans. Le cardinal d'Estrées et l'archevêque de Reims se servirent de lui dnns plusieurs occasions importantes, et entretenoient avec lui une correspondance habituelle. Il ne fut pas moins utile k Bossuet dans l'affaire du livre des Maximes. Il mourut k Rome le 19 juin 1699. .\ucun de ses écrits n'a été imprimé ; mais on sait que ses travaux furent utiles aux FP. .Mabillon et de Saiute-.Martho , et à plusieurs autres savans de sa congrégation. (Voyez r//i.y^ litf. de la congrégation de Saint-Maur , pag. 177.)
ESTRÉES (César d"), fils de François-\nnibal d'Estrées, maréchal de France, naquit en 1628. Il fut élevé en 1653 sur le siège de Laon, et choisi plusieurs années après, par le Roi cl le Pape , pour médiateur entre le nonce et les évèques d'Alet, de Beauvais, de Pamiers et d'.\ngers, dans l'affaire du Formulaire. Celte négociation amena , comme, on sait, l'accommodement qu'on a depuis appelé la paix de Clément IX, k la suite de laquelle l'évèque de Laon fut fait cardinal , en 1671. S'étant démis de son évèché , il fut chargé par Louis .XIV de diverses négociations , où il montra beaucoup d'adresse et de prudence. Il eut une grande part aux élections d'Innocent XI , d'Alexandre VIII , d'Innocent XII et de Clément XI. On voit , par sa lettre du 8 août IG97 t. IX , pag. 186 , qu'il ne conseilloit point k Fénelon le voyage de Rome , ni d'y 'porter l'affaire de son livre. Le cardinal d'Estrées se déclara même assez ouvertement en faveur des adversaires de l'archevêque de Cambrai, quelques mois après , quand son neveu Victor-Marie d'Estrées eut épousé une nièce do l'archevêque de Paris. Lorsque Philippe V alla prendre possession du trône d'Espagne, ce cardinal eut ordre de l'accompagner pour travailler avec les premiers ministres de ce prince. Revenu on France en 1703, il fut nommé abbé de ^aint-Germain-des- Prés k Paris, et mourut en 1714 dans cette abbaye , Agé de quatre-vingt-.sepl ans. Fénolun le désigne quelquefois par le nom de M. Gomhaut.
El'GE.NE de Savoie (François",, plus connu sous le nom Ad prince Eugène, naquit i Paris en 1663, d'Eugènc- .Mauncc, comte de Soissons, et d'Olympe Mancini , nièce du cardinal .Mararin. Il étoit arrière-petil-nis de Chafles- Emmanuel, duc de Savoie. Il porta quelque temps le petit collet , sous le nom do l'abbé do Carignan. ol le quitta ensuite pour suivre la carrière des armes. Louis XIV , le jugeant peu propre aux fatigues do la guerre , lui refusa un régiment dans ses armées. Eugène, piqué de ce refus, passa en Allemagne, et offrit ses services k l'Empereur, qui les accepta, et qui n'eut pas lieu de s'en repentir. Dans les divers emplois militaires qu'Eugène remplit successivement pendant près de cinquante ans, il fit constamment l'admiration de l'Europe entière par sa valeur et ses talons militaires. Il étoit particulièrement estimé do Fénelon , k qui ilrendoit k son tour des honneurs qu'un général victorieux accorde bi>ii rarouionl aux sujets d'une puissance rivale. Il
mourut subitement à Vienne en 1736. é?;alemcnt regretté do l'Empoieur et dos soldais. Vovez Vllist. de Fénelon , liv. IV, n. 77. ■
FABRONI (Charles-Augustin), né on l6oi k Pistoie en Toscane , étoit secrétaire de la congrégation do la Propagande . lorsque le livre dus Maximes fut déféré au saint siège . en 1697. Ce prélat, qui, sans être du nombre des consulteurs , étoit très-fav.jrable k Fénelon , profita de sou ascendant sur l'esprit du pape Innocent XII, pour l'engager k terminer l'affaire eu pubhant quelques canons qui mettroicnt en sûreté la véritable doctrine. Innocent XII goûta d'abord ce projet; mais la crainte do déplaire k la cour de France le lui lit bientôt abandonner. Devenu cardinal •'■n 1706, et chargé de plusieurs emplois importans k la cour pontificale , Fabioni conserva toujours les sonlimens de la plus haute estime pour l'archevêque de Cambrai, quoiqu'il ne pût approuver le silence de ce prélat sur rinfaillibililé du Pape, dans ses écrits contre le jansénisme. Il mourut k Rome le 19 septembre 1727 , âgé de soi.xante-seizc ans. (Voyez 1'///*^ litt. de Fénelon, v part., art. i*' , sect. 2, n. 4.)
FÉNELON (généalogie de la maison de) , et notices sur SCS principaux membres. [Mis t. de Fénelon. Pièces Justif. du liv. l-T , n l'•^)
FERRARI (Thomas-Marie) , cardinal du titre de Saint- Clément, né k Naples en 1647, fut un des plus savans théologiens du sacré Collège sous Innocent XII. D'abord Dominicain , il conserva sous la pourpre les habitudes et la régularité d'un fervent religieux. Il étoit membre de la congrégation du Saint-Office , lors de l'examen du livre des Maximes , et il fut un des deux présidons nommés, au mois de janvier 1698, pour modérer la vivacité des disputes dans l'assemblée des dix consulteurs. fVoyez Nonis.) Son estime pour rarthevèque de Cambrai lui inspira constamment dans celle affaire des conseils pleins de modération. Il mourut k Borne, au couvent de Sainte-Sabine , le 24 août 1716. (Voyez VHist de Fénelon, liv, 111, n. 63. lOu , 101 ; et la lettre de l'abbé de Chantcrac a Fénelon , du moisd'avril 1699; ci-dessus, p. 17.
FLEURY Irlande), prêtre et historien célèbre , membre de l'Académie française, naquit k Paris en 16i0, d'un avocat au Conseil. 11 fut associé k Fénelon tn 1686 dans les missions du Poitou, et nommé en 1689 sous-précepteur du Duc de Bourgogne. Comme il étoit sur le point de perdre celte place au mois de juin 1698 , lors de la disgrâce dos amis do Fénelon , Bossuet ont la générosité de le sauver, en répondant de lui. Ses lumières et sa piété lui concilièrei:t l'estime de tous les gens de bien , et l'eussent aisément conduit k l'épiscopat , s'il eût été tant soit peu capable d'intrigues et de sollicitations. Il fut choisi jiour confesseur de Louis XV en 1716, emploi qu'il exei'-a jusqu'à sa mort, arrivée le 14 juillet 17-23, k l'Age de quatrevingt-trois ans. (Voyez VHist de Fénelon , liv. I, n. 69 ; liv. IIL n. 66 , liv. IV, n. 20.)
FLEl'RY (Guillaumo-Fiançois Joly naquit k Paris en 1675, d'une ancienne famille de ndio. Il fut reçu au Parlement en 1685, avocal-géncral de la Cour des Aides en 1700. el avocat-général au Parlement de Paris en |705. H suicéda, en 1717, au célèbre d'Aguesseau dans la place de procureur-général, el mourut en 1765, dans sa quatrevingt-unième aiiiiéi'. '\i>y/. VHist. de Fi-nelon , liv. V, n. <; et liv. Vil! , n. •27'
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GARRIKIJ.I ,.Iean->hiie; étoit procureur-général de:
,né à Città diCastelloen 1653, Feuillans eu 161)7, lorsque le livre des Maximes fut déféré au saint siège , sous le poniitlcat d'Innocent XII. 11 fut un des luut consultcurs nommés, au mois de septembre 1697, pour cet examen , et l'un des cinq qui se prononcèrcul en faveur du livre. Devenu général de son ordre , et nommé ensuite cardinal en l6t>'J , il conserva toujours les sentimens de la plus haute estime pour l'archevêque de Cambrai, avec qui il continua de correspondre. Fénelon , de son côté, n'estimoit pas moins le cardinal Gabrielli, et se servoil de lui pour faire parvenir au Pape ses ouvrages , et ses observations sur les affaires de l'Eglise. Leur correspondance nous apprend que Kénelun se chargea, en 1698, de faire imprimer en Flandre l'ouvrage du cardinal Gabrielli pour la défense du cardinal Sfondrale (Voyez les lettres du cardinal Gabrielli à Fénelon, des 9 janvier 1700 et ÎO octobre 1702: t. VII, pag. 532 et 560. Voyez aussi la lettre de l'abbé Bossuet à son oncle, du 30 septembre 1698-, Œuv. de B(ssuet,t. XLI , pag. 506.) Le cardinal Gabrielli mourut à Rome le l7 septembre 1711, âgé de cin(|uante-huit ans. (Voyez la note ci-dessus pag. 172.)
G.\ILL.\NnE (Jean-Noël), docteur de Sorbonne, naquit k Paris vers l'an 1685, et fit ses études sous la direction de Tournely, son parrain, .\yant été reçu docteur en 1712, il publia cette môme année des Eclaircissemenx sur quelques ouvrages de théologie (in-12, sans nom d'auteur). Cet ouvrage, principalement dirigé contre les Réflexions morales du P.Quesnel , attirail l'auteur la haine du parti , dont il fut toute sa vie un des plus zélés adversaires. L'emploi de censeur de la librairie , qu'il exerça long-temps sous M.VI. d".\rgeu30n et Maboul, lui donna surtout occasion de manifester son opposition aux nouvelles doctrines. Aussi est-il fort maltraité dans les écrits et les gazettes du parti, qui en parlent souvent comme d'un homme aussi fourbe qu'ignorant. On lui attribua dans le temps une Lettre snr le nouveau Bréviaire de Paris , datée du 25 mars 1730, qui fut condamnée au feu par un arrêt du Parlement du 8 juin suivant, et qui renfermoituue critiiiue peu mesurée de ce Bréviaire. ^Voyez la 'tOS' de Lettres diverses , t. VIII, pag. 130; et le Dict. des anonymes de Barbier, n. 'i631.;
GAM.^CHES (Marie-Françoise de Montmorin , comtesse de; , ctoit fille de Gilbert de Montmorin, tué, en 1645 , k la bataille de .Norlingue. Elle épousa, en 1666, Jean-Frédéric, comte de Gamaches, dont elle n'eut point d'enfans. Son frère, Armand de Montmorin, fait évëque de Die en 1687, devint en 1694 archevêque de Vienne, et mourut en
G\P (l'évèque de; voyez Malissolles.
G.VYE (Raymond), originaire du Limousin, fut agrégé en 1672 à la comiiagnic de Saint-Sulpice, et envoyé d'abord au séminaire de Limoges, où il se ht également estimer de scssupérieurs et de ses confrères, par la solidité de son esprit et par l'aménité de son caractère. Il accompagna souvent dans ses visites pastorales l'évèque de Limoges , qui eut toujours k se louer de sa prudence et de son zèle. M. Gaye ne se fit pas moins estimer k Tulle , où il fut envoyé en 168'i, pour l'établissement du séminaire. Ses heureuses qualités inspirèrent k Fénelon le désir de l'attirer k Cambrai en 1695 , pour le mettre k la tète de son séminaire, et .M. Tronson lui-même souhaitoil fort l'exécution de ce projet ; mais l'établissement de Tulle n'étoil point encore assez consolidé pour permettre k M. Gaye de l'abandonner, irmourut k Tulle au mois de novembre 1697, laisssanl un grand vid« a remplir dans le diocèse , ou il exeiçoit à la fois les fonc-
tions de grand-vicaire et de supérieur du séminaire, k la satisfaction de l'évèque et du clergé.
GENÈVE (l'évèque de); voyez Arasthon.
GFRBEUÔN (Gabriel), né k Saint-Calais, dansle Maine . en 1G28, s'attarhadabordk l'Oratoire , puis k la congrégation des Bénédictins de Saint-Maur en 1649. Après avoir consacré sa vie presque entière au soutien du jansénisme, il parut désavouer sincèrement ses erreurs, environ un an avant sa mort, qui arriva le 29 mars 1711. Cependant il n'y a pas grand fonds k faire sur sa rétractation, s'il en faut croire son canfrère D. Tassin , dans VHistoire littéraire de la congrégation de Saint-Maur fpag. 323^. Après la condamnation du livre des Maximes , le P Gerberon offrit k l'archevêque de Cambrai de publier divers ouvrages pour sa défense ; mais Fénelon repoussa avec mépris cette proposition, qui ne servit qu'k mettre dans un plus grand jour sa parfaite soumission au Bref d'Innocent XII. 'Voyez VlHst. de Fénelon, liv. III, n. 127, et la lettre 664 de la VP section, pag. 50 et suiv. de ce vol.)
GERMON (Bartliélemi), Jésuite , né k Orléans en 1663, s'est rendu célèbre par l'étendue de ses connoissances et de son érudition. On a de lui plusieurs écrits relatifs k sa controverse avec les Bénédictins, sur la Diplomatique du P. Mabillon. On lui doit aussi plusieurs ouvrages estimés sur les matières du jansénisme , et en particulier le Traité théologique sur la constitution Unigenitus , qui a paru sous le nom du cardinal de Bissy, évèquedeMeaux. Fénelon estimoit beaucoup les tulens du P. Geimon, et souhaitoit de l'avoir pour collaborateur dans l'édition qu'il projetoit des Œuvres de saint Augustin. Ce religieux mourut k Orléans le 2 octobre 1718.
GILBERT (l'abbé), professeur de théologie dans l'Université de Douai, et prévùt du chapitre de Saint -Amé de la même ville , étoit un zélé partisan de Jansénius. Le Traité de la Grâce qu'il avoit dicté k ses élèves fut examiné, et coudamué en 1687 par l'évèque d'Arias, et par plusieurs docteurs de Sorbonne que Louis XIV avoit chargés de cet examen. Déposé de son emploi . et chassé de Douai , il fit sa rétractation k Lille le 27 juillet 1687; mais il n'en persévéra pas moins dans ses opinions erronées , dont il continua d'infecter l'Université de Douai , au moyen de l'ascendant que sa capacité lui donuoit sur l'esprit des professeurs. Il mourut, quelques années après , à Lyon , où il avoit été relégué en punition de son opiniâtreté. (Voyez le Dict. des livres jansénistes, t. IV, pag. 116 et suiv.; et d'Avrigoy, Mém. pour servira l'Hisf. ecclés. 28 janvier 1687.)
GODET-DESMARAIS (Paul de), né en 16'47. ht ses études k Paris, et fut reçu docteur en 1677. Ce fut un des plus dignes élèves du séminaire de Saint-Sulpice. Il étoit supérieur du séminaire des Trente-trois, lorsque madame de Maintenon le consulta sur les règlcmens qu'elle se proposoit de donner kla maison de Saint-Cyr. Bientôt après, elle le choisit pour son directeur, et le lit nommer en 1690 k l'évèché de Chartres. Ou sait la part qu'il prit aux disputet sur le quiétisme. Il se prononça très-fortement contre les écrits de madame Guyon et contre le livre des Maximes : mais il montra toujours dans cette affaire un grand désir de la paix; et après la conclusion, il s'empressa de faire des démarches pour rcioiivrer l'amitié de Fénelon. 11 ne se prononça pas moins fortement , dans la suite , contre le jansénisme , malgré l'exemple et l'autorité du cardinal de Noailles, avec qui il avoit été fort lié. Il mourut le 26 septemi»bre 1709,:iprè> avoir obtenu pour coadjutonr. au mois
notile des personnages contemporains de fenelon.
d"avril précédent, l'abbé dos Montiers de Mérinville, son neveu. {Voyez ÏHist. de h'éiiclon, liv. 11, n. 2i.)
GONZALEZ Thyrsej, Jésuite espagnol, d'abord professeur de l'Université de Salaoïauque , devint général de son ordre après la mort du P. Oliva , en 1681. On a de lui un traité contre les quatre Aiticles du clergé de France de i682, et un autre contre le probabilisme. Il montra des dispositions très-favorables à Fénelon dans l'affaire du livre lies Maximes II mourut à Rome le 24 octobre 1705.
GRAMOM '^Elisabeth Hamilton , comtesse de; ; voyez ÏHist. Utt. de Féni'lon, v part., art. 6, sect. 5-.
GRANELLI Thomas;, religieux Observanlin , fut un des huit consulleurs nommés par Innocent XII, au mois de septembre 1097, pour l'examen du livre des.¥fl.m/ie*, et l'un des cinq qui opinèrent contre ce livre. 'Voyez une note sur l'article Alf.\ro, ci-dessus, p. 472.
GRIMALPI (Jérôme), Génois, naquit le 15 novembre 1674. 11 étoit en France , auprès de Laurent Fiescbi, archevêque d'Avignon , nonce extraordinaire pour la paix , lorsqu'il fut nommé, an mois de mai 1705 , internonce' de Bruxelles, en remplacement de Tabbé Bussi, qui passoit à la nonciature de Cologne. Labbé Grimaldi fut depuis chargé de plusieurs nonciatures importantes , en Pologne en 1712. etàVienneenl72n. Il devint archevêque d'Edesse en 1712, cardinal et légat de Bologne en 1730. Il mourut en mer le 18 novembre 1733 , à vingt mille de Naples, où il se rendoit pour essayer de se remettre d'une longue maladie par le changement d'air.
GUALTERIO 'Philippe-Antoine), naquit k Orviette le 24 mars 1660. Il devint successivement vice-légat d'Avignon en 1696, nonce en France en 1700, et cardinal en 1706. Il fut depuis évèquc d'Imola et de Toli. protecteur des catholiques d'Angleterre en 1712, abbé de ?aint-Yictor de Paris eu 1716, et commau'leur de l'ordre du Saint-Esprit en 1724. Ce cardinal mourut à Rome le 21 avril 1728. Il étoit recommandable par ses talens et ses belles qualités, et lié avec les principaux savans d'Europe.
GUYON '{Jeanne-Marie Bouvier de La Motte-j naquit à Montargis le 13 avril 1648, d'une famille considérable dans cette ville. Elle n'avoit que seize ans lorsqu'elle fut mariée au fils du célèbre Guyon , qui devoit sa fortune k la belle entreprise du canal de Rriare. Devenue veuve à l'âge de vingt-huit ans , elle se livra tout entière aux exercices de la piété chrétienne , pour laquelle elle avoit eu toujours un attrait décidé. M. d'Aranthon, évèque de Genève , qui la rencontra h Paris en 1680, fut touché de sa vertu, et lui proposa de se retirer à Gex, dans une conununauté de Nouvelles-Catholiques qu'il étoit sur le point d'établir. Madame Guyon accepta ses offres ; mais au lieu de trouver à Gex la traniiuillité qu'elle- avoit espérée , elle y trouva le commencement de ses malheurs. Son imagination ardente , secondée parles leçons du P. Laronibr. liarnaliite et supérieur de la communauté, à qui elle avoit (!(U)né toute sa confiance , la jeta bientôt dans une spiritualité singulière , qui refroidit à son égard l'évêque de Genève, et qui lui suscita dans la suite de longues et terribles épreuves. Il paroit d'ailleurs qu'elle s'attira vers le même temps quelques ennemis, par le refus qu'elle lit de donner à la communauté des Nouvelles-Catholiques le peu de bien qu'elle avoit conservé en y entrant. Obligée , par suite de ces contradictions , à quitter le diocèse deG;Miève, elle se transporta successivement à Turin, k Verceil, k Marseille, k Grenoble, enlin k Paris, où elle se tixa en 1686, après cinq annéi'S d'absence. Ce fut pcudaut cet iuliTviile île
temps qu'elle composa divers écrits de spiritualité , qui ne contribuèrent pas moins que ses nombreux voyages aux rudes persécutions qu'elle eut depuis à essuyer. Parmi ces écrits étoient le Moyen cour! et futile pour faire l'oraison, elVlnferprétfitirm dit (antique des Cantiques , CL-usurés d'abord par M. de Mariai, archevêque de Paris, dans son Ordonnance du 16 octobre 1694 ; et l'année suivante, par les évèques de .Meaux, de Chàlons et de Chartres. De retour h Paris, madame Guyon fut introduite en 1688 k l'hôtel de Beauvilliers, par la duchesse de Béthune, son ancienne amie. Ce fut Ik qu'elle gagna en peu de temps l'estime et la confiance des personnes les plus distinguées de la cour, et en particulier de Fénelon , qui avoit déjà fait connoissance avec elle, quelque temps auparavant, chez la duchesse deBèthune. Madame de Mainleuon, qui fréquentoit alors l'hôtel de Beauvilliers . ne fut pas une des moindres conquêtes de madame Guyon , et lui donna bientôt une marque de la plus haute estime, en l'attirant k Saint-Cyr pour y faire des conférences dans le goùl de celles qui avoient édifié k la cour tant de personnes estimables. Mais ces heureuses dispositions tirent place , vers l'an 1693, à d'autres bien différentes. Les réclamations qui commençoient alors k s'élever contre la doctrine elles écrits de madame Guyon, lui firent d'abord interdire l'entrée de Saint-Cyr, et la jetèrent dans une suite de persécutions , qui aboutirent en 1700 k la faire exiler k Blois. Elle y vécut tranquille et obscure, toujours estimée et vénérée même de piesque tous ses anciens amis, dont quelques-uns poussoient le respect jusqu'à la consulter dans toutes les occasions difficiles où ils croyoienl leur conscience intéressée. Elle mourut k Blois le 9 juin 1717, dans l'exercice de la piété la plus affectueuse. On peut voir dans VHist de Fénelon (liv. II , n. 14) le précis des erreurs qu'on lui a reprochées et pour lesquelles elle témoigna toujours la plus vive horreur, protestant qu'elle n'avoit jamais pris k la ligueur les expressions inexactes de ses livres. La collection de si.'S Œuvres , publiée en Hollande (sous le nom de Cologne), et en grande partie par les soins du ministre Poiret , forme 39 vol. in- 12 ou in-8". On y trou\e sans doute bien des idées singulières en matière de spiritualité ; mais quoique madame Guyon ne soit pas k beaucoup près k l'abri de tout reproche sur cet article , il seroit injuste de mettre sur son compte tout ce qu'il y a de répréhensible dans ses livres , après qu'elle s'est hautement plainte , jusque dans son testament (|ue plusieurs de ses écrits avoient été indignement falsiliés , et qu'on y avoit plusieurs fois ajouté , « au point de » lui faire dire et penser ce k quoi elle n'avoit jamais » pensé et dont elle étoit infiniment éloignée. » (Voyez VHist. de Fénelon, liv. i" n. 16, etc. liv. 111, n. 63, 124 et 134. Voyez encore ci-dessus les articles Charost, Che- VRELSE, DcpuY. et Lacombe ci-aprês.)
IIABKRT ^Louis) , docteur de Sorbonnc , naquit à Blois fU 1635, Ayant embrassé l'état ecclésiastique, et reçu en 1668 le bonnet de docteur, il devint successivement grandvicaire de Luçon , d'Auxerre , de Verdun et de Châlons- Bur-Marne. Le cardinal de N'oailles l'honora de sa confiance, et il la méritoit par ses lumières. Cependant la doctrine qu'il exposa sur ]es matières de la grkcc, dans sa Théologie, publiée en 1707 , lui attira de nombreux adversaires. Cet ouvrage fut même censuré par quelques évèques de France , et en particulier par Fénelon, dans une Ordonnance du 1" mai 1711. Ilabert .se défendit et s'ex- |)iiqua ; mais ses défenses ne firent pas , k beaucoup près , lomliiM' toutes 1rs critiinics. Pendant les dernières années
NOTICE DES PEUSuNNAr.ES CONTEMPORAINS DE FENELON.
de sa vie , il se retira en Sorbonne, où il étoit souvent consulté pour les cas de conscience. Il mourut en 1718. (Voyez 17//.V/. litt. de Fvncloi,. i- [.art., art \<-' , sccl. '., n 18.)
HâRCOIRï (Henri, marquis, puis duc d'), maréchal de France, naquit en 1654 , d'une ancienne maison de Normandie, féconde on personnagjes illustres. Aprt-s s'être distingué de bonne heure dans la carrière <les armes, il fut envoyé comme ambassadeur en Espagne en 1G97 , et s'y conduisit avec tant de sagesse , qu'à son retour , en 1700, le Roi lui donna le titre de duc. A ce premier titre , le Roi ajouta, en 1703 , celui de maréchal de France, et en 1709 celui de pair. « Aucun seigneur, dit le duc de Saint-Simon, » n'eut le monde et la cour aussi généralement pour lui. » .\ucun n'étoit plus tourné a y faire le premier person- » nape; peu ou point de plus capable pour le soutenir. » Il parolt constant que le maréchal d'Harcourt eut beaucoup de part au second testament de Charles II, qui occasionna, en i70i, la guerre de la succession , si désastreuse pour la France. Il mourut le 19 novembre 1718, âgé de soixantequatre ans.
II.\RLA1 (François de; , fils d'Achille de Ilarlai , de la branche des seigneurs de Champvalon, né à Paris en 1G23, succéda en 1650 à son oncle dans l'ardievèché de Rouen, d'où il fut transféré au siège de Paris en 1G71 II possédoit dans un très-haut degré le talent de la parole et celui du gouvernement , qu'il manifesta surtout daus les assemblées du clergé, auxquelles il présida pendant trente-cinq ans. Ce fut lui qui porta en France les premiers coups au quiétisrae, en condamnant, par son Ordonnancr du 16 octobre 169 'i, les livres de madame Guyon et du P. Lacombe. Louis XIV avoit demandé pour ce prélat le chaiteau de cardinal, lorsqu'il mourut d'apoplexie le 6 août ) 695, âgé de soixante-dix ans, (Voyez VHist. de Fénelun , liv. I, n. 18; liv. II, n. 38 et 48. j La lettre anonyme de Fénelon à Louis XIV , en 1694 , et quelques autres pièces du même temps , donnent lieu de penser que la vie privée de M. de Harlai ne répondoit pas à ses talens dans l'administration.
IlARLAl (Achille de), troisième du nom, de la branche des comtes de Beaumont, naquit en 1639. D'abord conseiller au Parlement , puis procureur-général , il fut pourvu eu 1689 de la charge de premier président , vacante par la démission de .M. de IS'ovion. Ses infirmités et le désir de se préparer à la mort lui firent demander plusieurs fois au Roi la permission de se retirer ; mais il n'obtint cette permission qu'au mois d'avril 1707. Il mourut le 23 juillet 1712, âgé de soixante-treize ans , avec la réputation d'un des plus intègres magistrats de son siècle.
HARLAI (Achille de) , quatrième du nom , tils du précédent , naquit en 1668. D'abord conseiller au Parlement en 1689, puis avocat-général en 1691. il devint conseiller d'Etat en 1697. 11 mourut le 23 juillet 1717 , dans sa quarante-neuvième année. Il étoit père de la princesse de Tingry , mariée en 1711 au chevalier de Luxembourg, singulièrement estimé de Fénelon. Voyez LuxEMBounc.'
HARLAI (Nicolas-Auguste de) , seigneur de Bonneuil, etc., fut d'abord conseiller au Parlement de Paris, puis maître des requêtes , infendant en Bourgogne , conseiller d'Etat , plénipotentiaire aux con;^rès de Francfort en 1681, et de Ryswick en 1697. 11 mourut à Paris le 2 avril 1704, âgé de cinquante-sept ans. (Voyez la 204'- des Lettres spirituelles , t. Vm , pag. 581 : et la ÎSS- de la Correspondanre sur le Quii'tisme . t. 1\, pag. 238.^
HÉBERT François;, prètrt do la Miision , étùil curé Je
Versailles à l'époque des contestations qui s'élevèrent en France sur le quiétisme. Il fut un des premiers à se déclarer contre les écrits de madame Guyon , et se montra constamment attaché aux trois prélats opposés à Fénelon. Il devint en 1703 évèque d'Agen , et reçut l'année suivante les derniers soupirs de Bossuet. Madame de .Maintenon avoit beaucoup de conliance dans ses lumières , et le consultoit souvent sur les alTaires ecclésiastiques. Quoiqu'il ne fût dans le fond partisan ni de Jansénius ni de Quesnel , son attachement au cardinal de Noailles le porta , en 1711, h prendre le parti de ce prélat dans l'atTairc des évêques de Luçon et de La Rochelle. Cette première démarche fut suivie de quelques autres beaucoup plus répréhensibles et plus fâcheuses. L'évèque d'Agen adhéra , en 1717 , à l'appel du cardinal de Noailles , et persista dans cette disposition jusqu'en 1720; mais à cette époque, il sousciivit ;i l'accommodement, et donna l'année suivante son Mandement pour l'acceptation de la Bulle '. (Voyez Mém. chronol. du P. d'Avrigny sur l'Hist. ecclés. 28 avril 1711 . — Me'm. pour servira l'Hist. eccles. du dix-huitième siècle, années 1717 et 1720.)
HELVÉTIUS (Adrienj, médecin hollandais , vint s'établir à Paris sous le règne de Louis XIV. Un heureux hasard lui fit découvrir l'efficacité de l'ipécacuanha contre la dyssenterie, et devint le principe de sa fortune. Il mourut k Paris en 1 727 , âgé de soixante-cinq ans. Il étoit grand-père de Claude-Adrien Helvétius . qui acquit, vers le milieu du dix-huitième siècle, une si malheureuse célébrité par la publication du livre de l'Esprit.
IIENNEBEL (Libert), docteur de Louvain , né en 1652, fut un des plus chauds partisans de Jansénius. Son zèle bien connu pour les intérêts du parti lui mérita l'honneur d'être envoyé à Rome en 1693 , par la Faculté de théologie de Louvain, pour soutenir la cause de plusieurs de ses confrères, dénoncé au saint siège, par les évèques des Pavs- Bas, comme réfractaires aux définitions de l'Eglise sur le fait de Jansénius. Malgré tous ses mouvemens et ses intrigues , Hennebel eut la douleur d'échouer dans ses négociations. Elles aboutirent a deux Brefs d'Innocent XII, donnés en 1694 et 1606 , qui confirmoient toutes les définitions précédentes, et eu particulier le Formulaire dressé par Alexandre VII sur le fait de Jansénius. Les novateurs s'en consolèrent en éludant par des chicanes ces nouvelles décisions, comme celles qui avoient précédé. Hennebel en particulier se consola en étalant à Rome , pendant plusieurs années , le train d'un ambassadeur , grâce aux libéralités de ceux qui l'avoicnt envoyé. Mais après la couclusiyn des affaires le zèle du parti s'étant refroidi , il fut obligé de revenir en Flandre, en équipage de pèlerin, vers l'an 1702. Il mourut à Louvain le 3 août 1720, âgé de soixante-neuf ans. On â de lui un recueil de Thèses théologiques, publié en 1680, et quelques autres pièces imprimées ii Liège en 1706, à la suite de l'ouvrage d'Opstraet, intitulé : (Icricus Bclgn , in-12. Les Mém. chronol. du P. d'Avrigny sur l'Hist. ecclésiastique, 28 janvier 1694 , peuvent servir à corriger le portrait avantageux que fait de Hennebel le Dictionnaire de Moréri.
HOUDAR ; voyez Mothe (La).
' r.ps ohsi'rvatiiins pruvi.-iM servir à luu.lillcr to que nitus avons (lit dans une noti' rie la section m île la Correspondance, qu'on 1711 révi'que d'Agen éloit fort éloigné des opinions du cardinal de yoailles sur le jannénisme. Quoique lYveque (l'.\Kon n'cill point encore manifeste à celle époque son allarheinent aux opinions <lu cardinal de N'oailles sur celle matière, sa tvinluile p^islérieure nioiilr.- m:/ claire:nenl qu'il n'en éloit pas^wr/ tluigné.
NOTICE DES PERSONNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON
HOIDRY fVincent), né en Touraine le 22 janvier 1631 , entra chez les Jésuites à Paris en 1644 , et fit ses vœux le 15 août 1G65. Après avoir r^'inpli l'emploi de professeur pendant six ans, il s'adonna au ministère de la chaire , qu'il exerça pendant trente années. Il composa ensuite un cours de sermons sur tous les sujets de la morale chrétienne, qu'il publia en 1702; mais son principal ouvrase est la Bibliothèque des Prédicateurs , qui fut impriniéc à Lyon de 1712 à 1723, en 18 vol. in-4". Les supplénien?, et le traité de l'Eloquence chre'tienne , du P. Gisboi t , Jésuite, qu'on y joignit , portèrent depuis cet ouvrage à 2-2 volumes. Il a été traduit en latin et en allemand. Le P. Houdrv' mourut à Paris , au collège de Louis-le-Grand , le 29 mars 1729, lorsqu'il commençoit sa quatre-vin^t-dixneuvièrae année.
IIUMIÉRES Louis rie Crevant d' , quatrième du nom, maréchal de France , étoit d'une ancienne maison originaire de Touraine. Il épousa, en 1653, Louise de Lu Châtre, dont le crédit auprès de Turenne ne contribua pas peu à lui obtenir le bâton de maréchal en IGfiS. Il mourut à Versailles le 31 août liî9'..
HUXELLES Nicolas du Blé, marquis d'), naquit le -24 janvier 1652 , de Louis Chalon du Blé , célèbre par sa valeur, et mort au mois d'août 1658, des suites d'une blessure qu'il avoit reçue au siège de Gravelines. Nicolas du Blé , non moins brave que son père, signala sa valeur dans un grand nombre de campagnes , et particulièrement en 1688, au siège de Philisbourg, où il servit sous les ordres du Dauphin. Louis XIV lui donna en 1703 le bâton de maréchal de France, et le nomma en 1710 , avec l'abbé de Polignac (depuis cardinal), plénipotentiaire de Gertruydembcrg. Cette dernière négociation n'eut point d'effet ; mais le maréchal reprit ses fonctions de plénipotentiaire au congrès d'I'trecht , où la paix fut conclue au mois d'avril 1713. Ses services furent lécompensés, au mois de novembre suivant , par le gouvernement de la haute et basse Alsace, et en 1715 par le gouvernement de Strasbourg. Après la mort de Louis XIV , il fut nommé président du conseil des affaires étrangères, membre du conseil de régence en 1718 , et ministre d'Etat en 1726; mais il se retira entièrement des affaires en 1729, et mourut le 30 avril 1730, sans avoir été marié.
HL'YGENS 'Gouimare) , théologien de Louvain , naquit en 1631 à Lier, dans le Brabant. 11 étoit intimement lié avec Arnauld et Quesnel , dont il défendit avec ardeur les opinions dans plusieurs de ses écrits. Il mourut en 170-2, âgé de soi.wnte-ouze ans. On trouve une liste détaillée de .ses ouvrages dans le Diclionnnire de Moreri.
JACQUES II, roi d'Angletelerre , né à Londres en 1633, de l'infortuné Charles h' vi de Henriette de France, porta le nom de duc d'Yorck jusqu'à la mort de Charies II , son frère, auquel il succéda en 1685. Il avoit quitté, quelques années auparavant , la communion anglicane , pour embrasser la religion catholique. Son zèle pour rétablir cette religion dans ses Etats souleva contre lui , en 1688, plusieurs seigneurs mécontens , qui appelèrent en Angleterre Guillaume de .Nassau, prince d'Orange, et le tirent proclamer roi au mois de février 1689 , conjointement avec Marie sa femme, fille de Jacques IL Olui-ci , après quelques tentatives inutiles pour chasser l'usurpateur, se relira en France, à Saint-Germain-en-I.aye , où Louis XIV le défraya généreusement. Il se consola de ses revers par les principes et la pratique de la religion, et mourut le 16 septembre 1701 , âgé du soi.vante-liuit ans. 11 avoit épou^é, en 1660 , Anne-
Hidde , fille d'Edouard , comte de Clarendon , grand chancelier d'Angleterre, dont il laissa deux filles, Marie, femme de Guillaume lll , morte en 1695 , et Aune , qui devint reine d'Angleterre , après Guillaume , le 19 mars 1702. Cette princesse avoit été mariée au prince Georges de Danemarck , dont elle eut dix-neuf enfans, qui moururent tous en bas âge. Etant devenu veuf en 1671 , Jacques II épousa en secondes noces , le 30 septembre 1673, Marie-Béatrix- Eléonore d'Esté voyez les notes de la 202'- des Lettres diverses , t. VII , pag. 648) , dont il eut Jacques 111, qui suit, et une fille morte en 1712. Parmi ses enfans naturels, on distingue Jacques Fitz-James, duc de Berwick (voyez ce mot , et Henri Filz-James , duc d'.\lbermale , grand-prieur de FraiH'.e , mort en 1702.
JACQUES '111' François-Edouard Stuart , connu sous le nom de Piétfndmtt à la couronne d'Angleterre, naquit le 20 juin 1688 , l'année même où son père fut dépouillé de la couronne par Tinvasion du prince d'Orange. Obligé de passer en France avec la reine sa mère , au mois de décembre de la même année, il y porta le nom de Prince de Galles, jusqu'à la mort de Jacques II, arrivée le 10 septembre 1701. Iteconnu roi de la Grande Bretagne par le Pape et par plusieurs princes de l'Europe , il lit en 1708 des tentatives pour l'ceouvrer sou trône , et parut devant Edimbourg à la tète de quelques sujets fidèles ; mais il fut presque aussitôt obligé de repasser en France. Il servit depuis avec distinction dans les armées françaises, pendant la guerre de la succession, sous le titre modeste de cheval iev de Saint-Georges. Les évènemens de cette guerre l'ayant conduit en Flandre vers la fin de 1709 . le désir de voir et d'entendre Fénelon l'attira à Cambrai , où il eut avec le prélat plusieurs entretiens, dont le chevalier de Ramsai a rapporté la substance dans son Essui philosophique sur le gouveriiemerit civil >. Après la paix d'Utrecht , en 1713 , Jacques .111 se relira dans les Etats du duc de Lorraine , où il demeura 1 jusqu'au mois d'octobre 1715 2. .\ cette époque , il fit une J nouvelle descente en Ecosse , où il fut proclamé roi par les > officiers et les soldats , qui lui firent serment de fidélité; mais cet heureux succè» fut de courte durée. Dès le 15 février suivant, il fut obligé une seconde fois de quitter l'Ecosse, traveisa incognito la France et la Lorraine, et se retira dans l'État de l'Église , où les Papes pourvurent généreusement à ses besoins. Il y épou.sa , en 1719 , Clémentine Sobieski, princesse polonaise, dont il eut deux fils, Charies-Edouard , et Henri-Benoit, depuis cardinal d'Yorck, mort en 1807 , dernier rejeton de la famille desStuarIs. JaeqtKs mourut à Rome le 2 janvier 1766, avec la réputation d'un prince vertueux et éclairé, véritablement digne d'une meilleure fortune. Fénelon fait de lui un portrait on ne peut plus avantageux , dans sa lettre au Duc de Bourgogne , du 15 novembre 1709. i T. VII, pag. 291. Voyez aussi Vllisf. de Fénelon, liv. IV, n. 122, elc.)
JANSON (Toussaint de ForbiuT), né en 1625 , d'une famille illustre de Provence, fut d'abord coadjuteur de Digne, puis titulaire de ce siège en 1658. Il devint évêque de Mar- •scille en 1668 , et do Beau vais en 1679 , enfin cardinal en
.Nous iiviiiis (ii.iiiie lel ()u\iai;e dans le l. vu ihi Œuvres de Friieloii. — -]\ |i:ir.>ll que la reiiio Aune, sœur de Jacques, avoll fuit quelques ifforls , i|ueii|ue inulilenienl , pour rouvrir M ce priiict; le clicniiu au Irùiic de ses pères; niuis le l'arlcmenl assura la suetcssinn a la maison de Hanovre, et l'eieeleiir Georpes I fui reconnu Siins nbstade roi d'Anglelerre a la mort d'Anne, nriivcp le 12 août 1714, après un réffne des |du« lii'ill.iiis di'iil il soil fuit inenlion dans les annules d« la Grandi.- Ilrelaijiu-.
NOTICE DES PERSONiNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON.
■1090. Cli;irgé par Louis XIV de plusieiiis négociations importantes, il niuiitia y)artoul une rare prudence, et un grand talent pour inaiii.T les esprits. La dignité de grand-aumùnier de Franco , dont il fut lionoié en 1706, après la mort du cardinal de Hoislin , fut la récompense des services qu'il avoit rendus au Roi pendant son séjour auprès des pipes Innocent XII et Clément XI , à l'élection desquels il n'avoit pas peu contribué. Il mouriil à Paris le 2't mars 1713 , âgé de quatre-vingt-huit ans , et doyen des évèques de France. IN.NOr.ENT XII (Antoine Pignalelli; , Napolitain, d'une famille distinguée, îuccéda en IGUl au pape .Moxandre VIII. 1! avoit joui jusque-là d'une grande réputation île luniièrcs et (le vertus, que son pontiticat ne démentit point. Il eut le boidieurde terminer, en 1693, le différend qui existoit entre la France et le saint siège depuis la célèbre assemblée de 1682. Mais à peine étoit-il sorti de cette alfairc, qu'il se vit engagé dans de nouveaux embarras, à l'occasion du livre des Maximos , publié par Fénelon en 1697. Les sentiniens d'estime et d'admiration dont il étoit pénétré pour l'évêque de .Meaiix el pour l'archevêque de Cambrai lui flc'ut souhaiter d'abord de ne pas avoir à prononcer entre deux prélats d'un si grand mérite : mais les instances de Louis XIV ne lui permirent pas de suivre ce désir; et il se vil, avec regret, obligé de llétrir un livre dont plusieurs expressions prises à la rigueur étoient sans doute répréhensibles , quoiqu'elles n'eussent jamais été entendues dans un nniivais sens par l'illustre auteur. Innocent XII publia donc le 12 mais 1699 son Bref contre le livre des Mnximes : mais il n'en conserva pas moins d'ïstime pour l'archevêque de Cambrai, à qui il adressa même, après sa soumission, un Bref de félicitation , qui auroit été conçu en des termes beaucoup plus flatteurs, si le pontife n'eût été retenu par les ménagemens qu'il cioyoit devoir garder envers la cour de France, alors si mal disposée à l'égard de Fénelon. Les mêmes considérations l'empêchèrent sans doute d'e.xécuter le projet qu'il avoit formé d'élever ce prélat à la dignité de cardinal. Innocent XII mourut le 27 septembre 1700 , dans sa quatre-vingt-sixième année , avec la réputation d'un pontife aussi vertueux que prudent et éclairé. (Voyez VHisf. de Fénelon, liv. III, n. 52, 53 , 63, 92, etc. Voyez aussi la 67- des U-ttres diverses, t. VII , pag. 533.)
INTERNONCE DE BRUXELLES; voyez Brssi, Grim.\i.di, et S.*MiM.
JOLY fEdme , élu en 1673 supérieur-général de la congrégation de Saint-Lazare , étoil en grande réputation de lumières et de piété. .Madame de Maintenon le consulta, en 169'« , sur les écrits de Madame Guyon , et quelque temps auparavant , sur les règlemens de Sainl-Gyr. Il mourut le 2i) mai 1697. [Hist. de Ff'nelnn , liv. II , n. 2 et 26. j
JOrV.\NT.\ (Joseph;, Jésuite, né à Paris on 16'i3, professa d'abord les humanités à Caen , à La Flèche et à Paris avec un succès peu commun. Appelé à Rome en 1699, pour y continuer l'Wr.çf. de /o Sociétt' ^ commencée par jiar les PP. Orlandini, Sacchini et Poussinos , il en fit paroilre en 1710 un volume, qui fut condamne par deux ai rets du Parlement de Paris, à cause des principes ultraiiionlainî que l'auteur y professoit. (Voyez la note ' de la 4l)3.- des Lettres diverses, t. VIII , pag. 130.) Le P. .louvancy mourut ii Rome le 29 mai 1719.
Jl'EMX (Gaspard), prêtre de l'Oratoire, né en 1G50 à Varembon en Bresse, professa long-temps la théologie dans sa congrégation, et particulièrement au séminaire deSaint- Magloiie de Parii. On a de lui plusieurs ouvrages généralement estimés par la méthode et la clarté. Cependant le
principal de ses ouvrages , Inslitutiones thndogicœ ad usum seminariorum (1700, 7 vol. in-12), lui attira les censures de Rome et do plusieurs évèques de France, à cause de l'attachement qu'il y montroit pour les erreurs du jansénisme, tant de fois proscrites par l'Eglise. L'ouvrage fut condamné à Rome par un décret du 25 septembre 170?, et en France par le cardinal de Noaillcs, archevêque de Paris , par les évèques de Meaux , de Chartres, de Noyon , d'Amiens, de Nevers, de Laon, de Soissons, de Gap, etc. Le Mandement donné à ce sujet par l'évêque de Meaux (de Blssy), du 10 avril 1710, fut généralement regardé comme une critique très-solide de la nouvelle Théoloyie , et comme une dissertation complète sur les controverses du temps. Le P. Juénin opposa à ce Mandement des Remarques, que l'évêque de Meaux condamna par un second Mandement, du 30 mars 1712, « comme renouvelant une » partie des erreursdes Institutions théulogiques, et comme » excu.sant l'autre. » Le P. Juénin mourut à Paris le 16 décembre 1713, âgé de soixante-trois ans. Quelques temps après sa mort, on vit paroilre des Lettres théologiques ci anonymes contre le premier Mandement de l'évêque de Meaux. Ces Lettres furent condamnées par un nouveau Mandement, du 10 novembre 1715, comme renouvelant et confirmant toutes les erreurs des ouvrages condamnés du P. Juénin. (Voyez les Mémoires de Trévoux, du mois de mai 1709, pag. 844, etc.i