‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 161 sur 422 · L.^ CII.MSE; voyez Chaise (la · texte numérisé non relu

L.^ CII.MSE; voyez Chaise (la

LA CHETARDIE; voyez Chétardie (la).

LACOMBE (François), Barnabite , né en Savoie, se lia très-étroitement , en 1671, avec madame Guyon, pendant un voyage que cette dame fit à Paris ver? cette époque. Dix ans après, M. d'Aranthon, évêque de Genève, le nomma supérieur d'une communauté de Nouvelles-Catholiques qu'il venoil d'établir à Gex. Madame Guyon , qui étoit alors retirée dans cette communauté, sentit augmenter pour le P. Lacombe la confiance qu'elle avoit déjà en lui, et qui devint si funeste à l'un et à l'autre. Leur imagination vive et e.xaltée les jeta bientôt dans une spiritualité singulière, que le P. Lacombe exposa principalement dans son ouvrage latin intitulé : Analyse de l'oruison mentale, condamné d'abord à Rome par un décret du 9 septembre lu88, ensuite par M. deHarlai, archevêque de Paris, dans son Ordonnance du 10 octobre 169i , et l'année suivante , par lesévêquesde Meaux, deChAlons et de Chartres, Ayant été arrêté en 1687, le P. Lacombe fut d'abord détenu dans la maison des pères de la Doctrine chrétienne. On le transféra successivement de là en diverses prisons, et enfin à Charenton , où il mourut, en 1699. dans un état de démence absolue, (flist. de Fénelon, liv. II, n. 16, etc • liv III, n. 65.)

LALLKMANT (Jacques-Philippe;, Jésuite, né à Saint- Valery-sur-Somme vers l'an 1660, fut, au commencement du dernier siècle , un des plus zélés adversaires du jansénisme , contre lequel il publia plusieurs ouvrages intéressans. Il étoit particulièrement lié avec Fénelon , qui eslimoitson savoir et .sa piété, et qui entretint long-temps avec lui une correspondance très-suivie. Le P. Lallemnnt qui demcuroit à Paris, étoit à portée de savoir toutes les nouvelles importantes relativement aux affaires du temps; il en instruisoit exactement rarcbevèquc de Cambrai , qui profiloit, à l'occasion , de ces renseignemens pour servir la cause de l'Eglise. Ce religieux publia aussi des Réflexions morales sur le nouveau Testament . pour servir de contre-poison au fameux ouvrage du P Quesnel. La première

NOTICE DES PERSOiNNAGES CONTEMPORAIiNS DE FÉiNELON.

édition, qui ne ronferraoit que l'explication des quatre Evangiles (6 vol. in-12;, fut bientôt suivie d'une plus complète, qui parut on 1713 12 vol. in-1-2;, avec les approbations de vingt-quatre évèques, parmi lesquels on remarque celle de l'archevêque de Cambrai. On lit aussi une approbation du même prélat à la tète d'une traduction des Psaumes publiée par le P. Lallemant , sous ce titre : Le sens propre et littéral des Psaumes de David. Paris , 1709, 1 vol. in-12. Le P. Lallemant mourut à Paris eu 1748. Il est souvent désigné dans la (orrespondance de Fe'nelon , par le nom de If. Colin. (Voyez, dans la Correspondance de famille , les lettres 152 et 137; et la 451' des Lettres diverses.)

LAMBERT (Anne-Thérèse de Marguenat de Oourcelles, marquise deî, née à Paris en 1647. étoit lille unique d'Etienne de Marguenat, seigneur de Courcelles, maître ordinaire de la Chambre des Comptes. Celui-ci étant mort m J650, sa femme, .Monique Pallart. épousa en second, s noces François Le Coigncux , seigneur de Bachaumont , célèbre en ce temps par son esprit et par ses poésies. Thérèse de Courcelles fut mariée, en 1666, à Henri de Lambert, marquis de Saint-Bris en Auxerrois, alors capitaine au régiment royal , et qui devint en 1684 gouverneur et lieutenant-général de la ville et du duché de Luxembourg. Le marquis de Lambert mourut en 1686, laissant un fils et une fille en bas âge. La marquise, née avec un génie heureux, un espiit délicat et porté à la réflexion , avoit de plus été cultivée avec soin par son beau-père, qui se fit un devoir et un amusement de seconder ses heureuses dispositions. Tout ce qui paroissoit alors de plus poli pour le style et de phis sensé pour le fond des choses , elle le lisoit, et en faisoit des extraits, dans un Age où l'on n'est ordinairement susceptible que d'amusement. Elle se forma ainsi peu à peu un trésor littéraire qui servit souvent à la f-nnsoler dans ses peines domestiques, et dans les fréquentes infirmités auxquelles elle étoit sujette. Féhelon, qui l'avoil connue à Paris, continua de correspondre avec elle depuis sa disgrâce , et estimoit singulièrement la délicatesse de .'^on esprit aussi bien que ses qualités morales. Elle mourut en 1733 , âgée de quatre-vingt-six ans. On a de la marquise de Lambert quelques ouvrages de littérature et de morale pleins d'imagination , de finesse et d'agrément. On les a publiés à Paris en 1748, en 2 vol. in-12, précédée d'une courte Notice sur la vie de l'auteur. Les plus remarquables de ces écrits sont Ics.'Jvis d'une mère à son fils, et les Avis d'une mère à sa fille. La marquise, dans une lettre à Fénelon du mois de janvier 1710 , reconnolt devoir le fonds de ses idées sur.k-lte matière importante à la lecture du Télétnaque et du traité de l'Education des Fil/es. (Voyez , parmi les i ettres diverses de Fénelon, sa correspondance avec la marquise de Lambert pendant les années 1710 et 1712.

LAMOTHE; voyez Motme la).

LAMI (François} , né en 1636 à Montyreau , dans le diocèse de Chartres , porta d'abord les armes, qu'il quitta ensuite pour entrer dans la congrégation de Saint-.Maur. Il fit profession en 1650, et ne l'honora pas moins par ses lumières que par les heureuses qualités de son cœur. Il fut particulièrement lié avec Fénelon, avec qui il entretint long-ternps une correspondance haliiluelle. Ce religieux mourut en 1711 à Saint-Denis, où il étoit retiré depui-; vin(ft-un ans, pour s'occuper uniquement de son salut et df la composition de jdusieurs ouvrages utiles dont le public lui est redevable. On distingue parmi ces ouvrages le

Traité de la connaissance de soi-mèrne , en 6 vol. in- 12. (Voyez l'//w^. de Fénelon, liv. IV, n. 117.)

LANGERON (François Andraull de'i, un des plus chers et des plus fidèles amis de Fénelon , lui fut très-étroilement uni dès sa première jeunesse , et l'accompagna en 1686 dans les missions du Poitou. Nommé en 1689 lecteur du Duc de Bourgogne , il fut, après le duc de Beauvilliers et l'archevêque de Cambrai, celui de ses instituteurs que le jeune prince affectionna davantage La disgrâce qui enveloppa, au mois de juin 169S , tous les amis de Fénelon, s'étendit sur l'abbé de Langeron, qui n'en demeura pas moins fortement attaché Ji son illustre ami. Il passa le reste de sa vie à Cambrai, où il mourut le 10 novembre 1710.

11 est souvent désigné dans la Correspondance de Fénelon, sous le nom de petit abbé. Voyez VHist de Fénelon , liv. I . n. 22 , 43 , 69 ; liv. 111 . n. 66, liv. VIII; n. 37.)

LA TOIR; voyez Toi'r (de La).

LAIRENT DE LA RESURRECTION (Nicolas Herman , dit eu religion frère , fut d'abord soldat, puis religieux convers de Tordre des Carmes déchaussés. Il étoit né à Hériraini en Lorraine vers l'an 1611 . et mourut à Paris le

12 février 1691 , avec la réputation d'une très-haute piété. Fénelon , qui l'avoit connu , en parle avec une singulière estime dans sa lettre du 5 août 1700, à la comtesse de Montberon (t VIIL, p. 623). M. deNoailles, alors évèqne de Châlons, et depuis archevêque de Paris, fit imprimer en 1694 sa Vie, composée par l'abbé de Beaufort, un de ses grandsvicau'es , sous ce titre : Mœurs et entretiens du frère Laurent de la Résurrection. Plusieurs passages de cet ouvrage fournirent à Fénelon des armes contre ses adversaires dans la controverse du quiétisme.

LÂVAL-MONTMORENCI (Charles -Franco s Gui de), d'une famille alliée ii celle de Fénelon (voyez l'article suivant), reçu docteur de Sorbonne le 14 mai 1700, fut d'abord chanoine et grand-vicaire de Tournai , puis chanoine et archidiacre de Cambrai , enfin évoque d'Ypres après ta translation de .M. de Ratabon à Viviers. Il fut sacré par Fénelon le 6 mai 1713: mais il n'occupa ce .siège que trois mois , étant mort le 26 août de la même année, k l'âge de quarante-cinq ans.

LAVAL-MONTMORENCI (Gui-André de), marquis de Lezai, de Magnac, etc. , dit le comte de Laval , naquit à Paris le 21 octobre 1686 , de Pierre de Laval, et de .Marie- Thérèse-Frauçoise de Fénelon. La Correspondance de Fénelon avec sa famille nous apprend qu'il fut élevé en partie à Cauibrai , dans le palais et par les soins de Fénelon, qui lui donna toujours, ainsi qu'à sa mère, les conseils les plus propres k former son caractère , et à le garantir des dangers aux.juels l'exiiip'ioit son inexpérience. (Voyez les lettres 48, 49 . 67, 68, 69, t. VII, pag. 413 et suiv.) Faitcolonelen 1707, il fut blessé en 1713 , au siège de Fribourg, d'une balle qui lui perça les deux joues. Il se démit de son régiment, et quitta le service au mois d'octobre 1729, et mourut à Paris le 7 mars 1745. Il avoit épousé, en 1722, Marie-Anne «le Turmenyes , veuve de Matthieu de La Rochefoucauld , marquis de Bayers, dont il n'eut qu'un fils. C'est par erreur que le cardinal de Raiisset, dans r///.f/. rfe Fénelon 'S-- édit.Ww IV, n. 34\ suppose que ce fils fut maréchal de France, et père du cardinal de Montmorenci, mort ru 1808. Le maréchal.éloit d'une autre branche. iV(>yezle lintion/iairede Moréri , t.VI , 11- part. pag. I8:i et |Kô.

LE DROU ; voyez Dnot Le).

NOTICE DES PERSONNAGES CONTEiMPORAlNS DE FENELON.

LE MASSON; voyez Masson (Le).

LE PELETIEH; voyez Peletier (Le).

LESCH\SSIER (François) naquit à Paris en 1G41. Apr^s avoir fait ses études au séminaire de Saint-Sulpice , il fut reçu docteur de Sorbonne en IGG8 , et devint directeur du séminaire de Saint-Sulpice sous M. Tronson, qu'il remplaça, en 1700, dans la charge de supérieur-général de la compagnie du même nom. Plusieurs lettres de Fénelon montreul l'estime et la contiance dont il étoit pénétré pour ce vertiiex prêtre. 11 mourut à Paris en 1725 , étant doyen de la Faculté de théologie. {Hist. de Fénelon, liv. IV, n. 63.)

LECHELLE (M. de) fui placé en 1689 auprès du Duc de Bourgogne , par le duc de Beauvilliers, en qualité de genlilhomme de la manche. La disgrâce qui enveloppa , au mois de juin 1698 , tous les amis de Fénelon, lui lit perdre sa place; mais il n'en fut pas moins attaché depuis à l'archevêque de Cambrai , qu'il alloit visiter de temps en temps dans sa ville épiscopale. (Voyez V Hist de Fénelon, liv, 1, n.70 ; liv. 111, n. 66.)

LESCURE (Jean-François de Valderiede), d'abord grandvicaire et pénitencier d'Albi, fut nommé à l'évêché de Luçon en 1669. et mourut au mois de juin 1 23. Il rédigea, de concert avec .M. deChampIlour, évéque de La Rochelle, Vlnstrudion pastorale du 15 juillet 1710, contre les Réflexions morales du P. Quesnel. Cette Instruction donna lieu au différend qui s'éleva entre ces deux prélats et le cardinal de Noailles. (Voyez plus haut l'article Cuampfi.oi;r.)

LE TELLIER; voyez Tellieh (Le).

L'HERMINIER (Nicolas), né dans le Perche le 11 novembre 1657, lit ses premières études au Mans. En 1711 , étant déjà tonsuré, il vint à Paris pour suivre les cours de Sorbonne , où il fut reçu bachelier en 1682, et docteur le 31 mars 1689. Pendant plusieurs années, il s'efnploya à diriger les études des jeunes gens de grande famille, qui venoient en foule chez lui pour s'exercer aux disputes theoliigiques, et il acquit par la beaucoup de facilité pourécrire sur ces matières. Alors il crut pouvoir communiquer au public le fruit de ses études , qui parut sous le titre de Surn- ,na Tlœoloyiœ ; Paris 1700 à 1711, 7 vol in-8'J. Le traité di' la Grâce, qui en fait partie, fut attaqué en 1709, dans une Dénonciation à nos seigneurs les évéques. On reprochoit à l'auteur d'y insinuer un jansénisme mitigé, et par là plus dangereux. Le docteur ayant fait plusieurs cartons pour corriger son livre , on y opposa , eu 1711, une Suite de la Dénonciation , et quelques évéques censurèrent la Somme de théologie. Dans la suite, rilerminier refit entièrement le traité de la Grâce , et le livra à l'impression eu 1721 (2 vol. in-8"); mais cette édition n'a point vu le jour. Dès 1707, il avoit été nommé chanoine et théologal du Mans ; il devint archidiacre l'année suivante, et grand-vicaire en 1723, pendant la vacance du siège. Ayant quitté sa patrie en 1725, pour se retirera Paris, il y mourut le 6 mai 1735, après avoir reçu les saci-emens d'un prêtre de la paroisse Saint-Sulpice, dans laquelle il fut inhumé. 11 révoqua , dit-on, son apjiel de la constitution Unigenitus. Ces particularités sont tirées de la Préface du Traité latin des Sacremem , qu'il avoit laissé manuscrit, et qu'on publia en 1736, 3 vol. in-12. (Voyez la 217» des Lettres diverses, t. Vil , pag. 6G1 et suiv. )

LOUIS, Dauphin, fils de Louis XIV et de .Marie-Thérèse d'Autriche, naquit k Fontainebleau le l"" novembre 1601. FÉ.NELO>'. TOME X.

Il eut pour gouverneur le duc de Montausier, et pour précepteur le grand évèque de Meaux; mais il faut avouer que le succès de cette éducation ne répondit guère aux talens et à la réputation des instituteurs. Le Dauphin avoit le caractèrs bon et doux , mais foible, et peu susceptible des sentimens nobles et généreux qui font le caractère des grands princes. Ou lui reproche même d'avoir été jaloux des excellentes qualités du Duc de Bourgogne , son fils. Il mourut à Mcudon le 14 avril 1711. laissant à la France de grandes espérances dans la personne d'un fils qui offroit l'heureux assemblage des qualités les plus propres à faire le bonheur du peuple qu'il sembloit destiné à gouverner. (Voyez Vllist. de Fénelon , liv. I, n. 74 et 11-2; liv. Vil, n. 30 et 54.)

LOUIS , Duc de Bourgogne , puis Dauphin , fils aîné du précédent , et père de Louis XV, naquit à Versailles le 6 août 1682. Il eut pour gouverneur le duc de Beauvilliers, et pour précepteur l'illustre archevêque de Cambrai. Ces vertueux instituteurs associèrent à leurs travaux le duc de Chevreuse, les abbés de Beauinont et de Langeron , et quelques autres amis non moins dignes de concourir à une œuvre si importante. Jamais on ne vit , et peut-être on ne verra jamais d'exemple d'une union semblable à celle qui régnoit entre ces hommes estimables. « Ils n'avoient )) qu'un cœur, un esprit et une ame, et celte arae étoit » celle de Fénelon >. » Aussi le résultat de leurs travaux fut un véritable prodige. Le Duc de Bourgogne, naturellement hautain , orgueilleux et emporté, devint en quelques années un prince accompli , tant par ses vertus morales et chrétiennes , que par l'assemblage des talens et des connoissances nécessaires pour le gouvernement d'un grand royaume. La France fondoit sur lui les plus douces espérances, lorsqu'une maladie cruelle l'enleva le 18 février 1712, moins d'un an après la mort de son père. Il avoit épousé le 7 décembre 1697, Marie-Adélaïde de Savoie, fille de Victor-Amédée II , duc de Savoie , et morte six jours avant le Dauphin son époux. Trois enfans sortirent de ce mariage, savoir : 1° N. duc de Bretagne, né le 25 juin 1704, qui mourut, sans avoir été nommé, le 13 avril 1705; 2» Louis, duc de Bretagne, puis Dauphin, né le 8 janvier 1707, mort le 8 mars 1812; 3" Louis, duc d'Anjou , puis Dauphin, né le 15 février 1710, qui succédai Louis XIV, son bisaïeul. (Voyez VHist de Fénelon , liv. I , et VII. Voyez aussi dans VHist. litt. de Fénelon, les détails que nous y avons donnés sur les ouvrages que le prélat a composés pour son auguste élève.)

Ce prince est souvent désigné dans la Correspondance par le nom de petit Prince, ou P. P. ou quelquefois M. Perraut.

LOUVILLE (Charles-Auguste d'Allonville, marquis de), d'une des plus anciennes familles du pays Chartrain. naquit en 1668 au château de Lnuville en Beauce. Il étoit frère aine du chevalier de Louville , accadémicien et astronome célèbre. Ses liaisons étroites avec le duc de Beauvilliers lui procurèrent de bonne heure l'amitié particulière de Fénelon. Placé en 1690aup[èsdu duc d'Anjou, en quahté de gentilhomme de la manche , il gagna aussitôt et conserva toute sa vie l'atTectionet la confiance du jeune prince, par des manières pleines de franchise et de gaité. Le testament de Charles II ayant appelé en 1700 le petit-fils de Louis XIV à la couronne d'Espagne , Louville fut chargé d'accompagner le nouveau roi à Madrid , comme chef de la maison française; mais des intrigues de cour le firen;

> ///-.s/, de ràwlon, liv. 1, M.

NOTICE DES PERSONNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON

appeler en France au mois de novembie 1703. Il mourut eu 1731 , laissant deux filles de son mariage avec M"" de Nointel, fille de l'ambassadeur de France k Constantinople. M. le comte Scipion du Roure a publié en 1818 des Mémoires secrets sur rétablissement de la maison de Bourbon en Espagne, extraits de la correspondance du marquis de Louvil/e (2 vol. in-S"). Ces Mémoires, très-utiles pour l'histoire des premières années du règne de Philippe V, sont rédigés sur les manuscrits originaux du marquis, conservés dans le château de Louville, et venus à l'éditeur par une succession directe. (Voyez Ylhst. de Fénelon ; liv. l'', n. 100 -, liv. VII, n. 12 et suiv.)

LUXEMBOURG (Christian-Louis de Montmorenci-), quatrième fils de François-Henri de Montmorenci, duc de Luxembourg et maréchal de France , naquit le 9 février 1675. Il servit long-temps sous le nom de chevalier de Luxembourg , avec une bravoure et un succès dignes du grand nom qu'il portoit. Fénelon , qui avoit pour lui une singulière estime, désira, en 1711, de le voir nommer au gouvernement de Valenciennes, vacant par la mort du maréchal de Choiseul , et le recommanda pour cet effet au duc de Chevreuse, par une lettre du 16 mars 1711. Le chevalier de Luxembourg fut en effet nommé à ce gouvernement vers la fin du même mois. Le 7 décembre suivant, il épousa Marie-Louise de Haiiai , fille unique d'Achille de Ilarlai, quatrième du nom. 11 prit a cette époque le titre de prince de Tingry, et fonda ainsi la brandie de Montmorcnci- Tingry. Il devint en 1731 chevalier des ordres du Roi , maréchal de France en 1734, et mourut à Paris le 23 novembre 1746. (Voyez VHist. de Fénelon , liv. VII , n. 49.)

LUYNES (le duc de). Ce nom , héréditaire dans la famille du duc de Chevreuse , désigne divers personnages dans la Correspondance de Fénelon. Nous l'avons expliqué à l'occasion de dilfércntes lettres. (Voyez en particulier les lettres au duc de Chevreuse du 18 novembre 1706 et du 11 janvier 1710; t. Vil , pag. 255 et 301.)

MABILLON (Jean), né en 1632 à Saint-Pierre-Mont, près Mouzon , dans le diocèse de Reims, prit l'habit de Bénédictin de Saint-Maur , à Saint-Remi de cette ville, en 1654. Associé par D. d'Achéri au travail du Spicilèye , il prit de bonne heure le goût de la critique et de l'érudition qui distinguent SCS nombreux ouvrages, et qui engagèrent lo grand Colbert à l'envoyer en Allemagne et en Italie pour y faire des recherches historiques. Le P. Mabillon ne fut pas moins considéré dans les pays étrangers que dans sa patrie , pour la pénétration et la sagacité de son es[trit. Une religion profonde et une piété sincère ajoutoient un nouveau lustre à ses rares talens. Présenté à Louis XIV par M. Le Tellier, archevêque do Reims, comme le reUyieux le plus savant du royaume, il mérita d'entendre ce mot de la bouche de Bossuet : Ajoutez , monsieur , et le plus humble. Il mourut à Paris , k l'abbaye de Saint-(iermain-des-Prés , le 27 décembre 1707, dans sa soixante-seizième année. Fénelon témoigne le plus vif regret de cette perte , dans sa lettre au P. Lanii, Bénédictin, du 4 janvier 1708. (T. VIII, pag. 417.)

MAILLE (Louis), prêtre du diocèse d'Aix en Provence , naquit en 1657. Ajirès avoir été quelque temps directeur du séminaire d'Aix , il se rendit à Rome , où il remplit pendant plusieurs années une chaire de professeur des controverses au colléije de la Sapience. Ses manœuvres en faveur du parti janséniste, dont il éloit ageut secret, ayant été dcrouvcrles vers la fin <le 1710, il fut arrêté, et enfermé yu château Saint-Ange ; il y demeura cinq ans, pen-

dant lesquels néanmoins on lui conserva ses émolumens. Ayant recouvré sa liberté k la mort de Louis XIV, il revint en France en 1717, et obtint par le crédit du cardinal de Noailles, une retraite chez les Doctrinaires de Paris , où il mourut en 1733 , dans sa quatre-vingt-unième année. On trouve quelques détails intéressans sur son histoire dans plusieurs lettres du P. Daiibenton k Fénelon. (Voyez en particulier celles des !«•■■ novembre 1710, 23 mai 1711, et fin de l'année 1711 ; t. VII, p. 678, 707, etc.)

MAINTENON (Françoise d'Aubigné , marquise de) , naquit en 1635 dans une prison de Niort , où sa mère étoit renfermée avec son père . Constant d'Aubigné , ardent Calviniste , suspect au cardinal de Richelieu. Elle épousa en 1651 le poète Scarron , qui la laissa veuve en 1660. Nommée , quelque temps après, gouvernante de Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, fils naturel de Louis XIV et de madame de Montespan , elle gagna dans cette place toutes les affections du monarque , par les charmes et la solidité de, son esprit. Enfin ce prince , résolu de rompre les attachenicns criminels auquels il avoit été trop long-temps assujetti, s'unit k elle, en 1685, par les liens indissolubles d'un mariage secret, mais revêtu de toutes les formalités prescrites par l'Eglise. La conduite édifiante et régulière do madame de Maintcnon . et l'espèce d'intimité dans laquelle elle continua de vivre avec les personnages les plus vertueux et les plus distingués de la cour , donnèrent bientôt au public un sûr garant des nœuds légitimes qui l'attachoient à Louis XIV. Sans ambition au comble de la faveur , elle n'eut d« richesses que pour secourir les malheureux , et de crédit que pour les protéger. Après la mort du Roi , en 1715, elle se retira k la communauté de Saint-Cyr, qu'elle avoit fondée , et qu'elle édifia par la pratique de toutes les vertus , jusqu'k sa niort^ arrivée le 14 avril 1719. On peut voir dans VHistoire de Fénelon comment elle se trouva engagée dans l'afl'aire du quiétisme , et comment elle se refroidit k cette occasion k l'égard de Fénelon , après lui avoir témoigné la plus entière confiance. Li bibliothèque publique de Cambrai possède un traité manuscrit des Vertus de madame de Maintenon , par une religieuse de Saint-Cyr. Cet ouvrage renferme des détails aussi curieux qu'édifians sur la vie privée de madame de Maintenon.

MAISONFORT (madame de la), parente et amie de madame Guyon , étoit d'une ancienne et pauvre famille du Beiri. Ce fut par les soins de madame Guyon qu'elle eut chez la duchesse de Cétliune, vers l'an 1689, une entrevue avec Fénelon , pour qui elle conçut aussitôt la plus liante estime. Madame de Maintenon, qui l'afTeclionnoit singulièrement, désiroit beaucoup de l'attachera la maison de Saint-Cyr, et vouloit même en faire une des pierres fondamentales de cet établissement. Fénelon, de son côté, conjointement avec l'évêque de Chartres , alors directeur de Madame de la Maisonfort , secondoit de tout son pouvoir les desseins de madame de Maintenon. Madame de la Maisonfort entra efi"ectivemenl k Saint-Cyr k la fin de l'anni'e 1690, et y prononça les vœux simples , le l"-mars 1692, entre les mains de Fénelon, qu'elle choisit vers le même temps pour son directeur, avec l'agrément de l'évoque de Chartres. Mais Fénelon se déchargea de sa direction, quelques mois après, dans la crainte qu'on ne le rendit responsable des singularités qu'on croyoit déjk remarquer dans les discours et la dévotion de cette dame. Depuis cette éiioque , il se borna k lui donner de temps en temps, par écrit, quelques avis , sans la diriger habituellement. La suite ne montra que trop combien ses craintes étuient fondées. Le vif atlacheiiieiit de madame de la Maisonfort pour madame Guyon et

NOTICE DES PERSOiNNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON.

pour Fénelon la firent renvoyer avec éclat de Saint-Cyr , au mois de mai 1097. Ayant eu la liberté de choisir le lieu de sa retraite, elle demanda et obtint d'èlre placée à Meaui, sous la direction de Bossuet. Elle eut tout lieu de se féliciter de ce choix : l'évèque de Meaux ne négligea rien pour la consoler dans ses peines ; et ce qui est surtout remarqiiablo , il ne changea rien aux pratiques de piété que Fénelon lui avoit prescrites. (Voyez VHint. de Fénelon , liv. II , n. 20 , 55; liv. III, n. 34. Voyez aussi Vllist. litt. de Fénelon , i' part., art. 6, scct. 6, vers la fin.)

M.\1S0N (Claude de Longueil , marquis de Poissy , président de), naquit en 1G67. 11 fut d'abord conseiller au Parlement , puis président à mortier , en survivance de son père, en IGOo. Il prit possession de cette charge en 1701, et mourut le 22 avril 1715 , ;\gé de quarante-huit ans. Il étoit beau-frère du maréchal de Villars, ayant épousé en secondes noces Charlotte Roque de Varangeville , sœur de la femme du maréchal.

MAL.\TR\ (.1. F.), Jésuite , envoya de Rome à Fénelon, en 1705, les observations du cardinal Gabrielli sur un de SCS Mandemens. Fénelon , dans une lettre à son neveu , du 10 juillet 1709, parle de ce religieux comme d'un comme d'un homme de beaucoup de mérite à qui il a obligation. (Voyez t. VII, pag. 429 et 605.)

MALAVAL (François) , né à Marseille le 27 décembre 1C27, perdit la vue dès l'âge de neuf mois; mais cet acciileut ne l'empêcha pas de se livrer aux éludes , et de composer divers ouvrages de piété. Le principal de ses ouvrages , intitulé : Pratique facile pour élever l'âme à la contemplation, fut censuré à Rome et en France , dans le temps des disputes sur le quiétisme , à cause des expressions peu exactes que l'auteur y employoit sur la matière délicate des voies intérieures. La docilité de Malaval montra bien qu'il n'avoit erré que dans les termes, et nullement dans le fond des choses ; car il létracta aussitôt avec la plus grande publicité les expressions fautives de son livre , et se prononça de la manière la plus forte contre les erreurs de Molinos. 11 mourut à Marseille le 13 mai 1719.

MALEBRANCHE (Nicolas), né k Paris le 6 août 1G38 , entra en 1660 dans la congrégation de l'Oratoire , dont il a été un des plus beaux ornemcns par la profondeur de so;i esprit et par les qualités estimables de son cœur. Le traité de l'Homme de Doscartes, qu'il eut occasion de lire, fut pour bii un trait de lumière, et lui inspira un goût extraordinaire pour les éludes métaphysiques, auxquelles il consacra la plus grande partie de sa vie. Ses méditations profondes en ce genre produisirent, en 1673, la Recherche de la Vérité (4 volin-12), dans laquelle la plus sublime philosophie est exposée avec les plus brillantes couleurs de fimagination. Le fond du système de l'auteur est que Dieu agit sur les esprits comme sur les corps par des lois générales, et il se flatte de répondre par là aux plus fortes objections contre la Providence. Cet ouvrage amena , quelque temps après , les discussions entre Malebranche et Aruauld sur l'origine des idées et sur la nature de la grâce. Los idées du célèbre Oratorien sur ce dernier point furent condamnées par Bossuet , Fénelon , et par plusieurs autres théologiens d'une grande autorité. Cependant il est certain que .Malebranche fut toujours fort éloigné des sentimens qui commençoient alors à prévaloir dans sa congrégation , et que Bossuet lui-même , après s'être d'abord prononcé très-fortement contre les idées de Malebranche , parut dacs la suite les juger moins sévèrement. Il mourut le 13 octobre 1715, âgé de soixante-dix-buitans, avec la réputation

d'un esprit aussi humble que profond et pénétrant. (Voyez VHist.de Fénelon, liv. I, n. 37, etc., liv. IV, n. 117.)

MALLNES (l'archevêque de); voyez Précipien.

MALISSOLES (François Berger de), né à Vienne en Dauphiné , fut d'abord grand-vicaire de Die , puis évêque de Gap en 1706. Le Mandement qu'il publia en 1711 , contre les Réflexions morales du P. Quosnel , fut condamné par le cardinal deNoailles, dans son Ordonnance àyi 11 avril suivant , contre V Instruction des évêques de La Rochelle et de Luçon. L'évêqne de Gap condamna aussi la Théologie de Habcrt, par un Mandement du 4 mars 1711. 11 mourut dans son diocèse le 21 août 1738 , âgé d'environ soixante-deux ans.

MARESCOTTI (Galéas), né à Rome le 1" o obre 1627, éloit neveu de sainte Hyacinthe Marescotti , canonisée en 1807 par le pape Pie VII. D'abord archevêque de Corinthe et nonce en Pologne, puis en Espagne, il fut créé cardinal en 1675 par Clément X. Depuis il exerça successivement jtlusieurs charges importantes de la cour de Rome, et en particulier celle de préfet de la congrégation du Saint-Office , dont il se démit en 1713. 11 étoit membre de cette congrégation en 1697, à l'époque de l'examen du livre des Maximes. Son grand âge et ses Infirmités le portèrent à remettre, au mois de mai 1713, tous ses bénéfices et ses charges entre les mains du Pape. Il mourut à Rome le 3 juillet 1726, âgé de près de quatre-vingt-dix-neuf ans , universellement regretté , surtout des pauvres dont il avoit été le père. (Voyez la lettre de l'abbé de Chanterac à Fénelon , du mois d'avril 1699 , ci-dessus , pag. 17.)

MâRLBOROUGII (Jean Churchill, duc de), né à Ashc, dans le Devonshire , en 1650, fit ses premières armes en France sous le maréchal de Turennc , et se montra constamment digne élève d'un si grand maître , sous le rapport des talens militaires. Nommé en 1701 commandant des troupes anglaises en Hollande , puis en 1702 général en chef des troupes alliées dans les Pays-Ras , il déploya successivement tous les talens d'un intrépide guerrier et d'un habile négociateur. La victoire qu'il remporta avec le prince Eugène sur les Français , k la bataille de Hochstedt , en 1704 , lui acquit surtout une haute réputation, et lui obtint de l'empereur Léopold le titre de prince de l'Empire. Ces premiers succès , suivis de bien d'autres encore dans les campagnes suivantes , ne l'empêchèrent pas d'être disgracié en 1711, tant pour ses malversations dans le commandement des armées , que pour s'être trop ouvertement opposé kla conclusion de la paix avec la France. Marlborough se retira alors k Anvers, d'où il fut rappelé en 1714 , à l'avènement du roi George v à la couronne d'Angleterre. Ce prince le rétablit dans toutes ses charges, qn'il conserva jnsqu'k sa mort, arrivée le 27 juin 1722 , dans sa soixantedouzième année. La réputation qu'il mérita par ses talens militaires est malheureusement ternie par son avarice , et par les malversations sans nombre auxquelles il dut les biens immenses qu'il laissa en mourant. Cependant sa haute estime pour Fénelon lui fit épargner avec une délicatesse extrême les terres et les magasins de l'archevêque de Cambrai, pendant la campagne de 1711. (Voyez YHist. de Fénelon, liv. VII, n. 20, 30, 33, 46, 47, 50, 55.)

MARTINEAU (Isaac), Jésuite, né à Angers en 1640, professa dans son ordre avec distinction, et fut pendant douze ans confesseur du Duc de Bourgogne , qu'il assista dans sa dernière maladie. La petite vérole "l'avoit fort défiguré; mais la beauté de son ame et les charmes de sa conversation compensoient abondamment en lui les grâces natu-

NOTICE DES PERSONNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON

relies. Outre quelques ouvrages de piété, on a de lui les Vertus du Duc de Bourgogne (1712, iii-12.) Il mourut à Paris en 1720. (Voyez l'Hist. de Fdnelon , liv. Vil, n. 75.)

MARSEILLE (l'évêque de) ; voyez Vintimille.

MASSON (D. Innocent Le), Chartreux, né a Noyon en 1628, fut élu en 1675 prieur de la grande Chartreuse, charge à laquelle est attaché le généralat. Il fit rebâtir cette maison , qui avoit été presque entièrement réduite en cendres. Son zèle contre les disciples de Jansénlus lui attira la haine du parti -, mais l'esprit de piété dont il étoit animé le niettoit bien au-dessus desjugemens du monde. Entre divers livres qu'il a composés, on distingue la Vie de M. d'Aranthon , évéque de Genève '. Il mourut en 1703, âgé de soixante-seize ans.

MASSOULIÉ (Antonin), né à Toulouse en 1632, entra en 1647 chez les Dominicains, et devint d'abord prieur du noviciat de Paris , puis provincial de la province de Toulouse, enfin assistant du général de son ordre en 1686. Cette dernière place le ht passer à Rome , où il se trouvoit à l'époque de l'examen du livre des Maximes. Il fut un des huit consulteurs nommés au mois de septembre 1697, pour l'examen de cet ouvrage , et l'un des cinq qui opinèrent contre le livre. Outre son ouvrage principal , Divus Thomas sul inlerpres (2 vol. in-fol.) , il en composa deux moindres contre le quiélisme, et principalement celui qui a pour titre : Traité de la véritable Oraison , dédié à M. de Noailles , archevêque de Paris (1699, in-12.) Il mourut k Rome en 1706 , estimé et regretté des savans de son ordre. (Voyez une note sur l'article Alfako, ci-dessus, p. 172.)

MAXIMILIEN ; voyez Bavière.

MAULEVRlER-LANGEliON (Charles Andrault de), d'abord comte de Lyon et aumônier de la Dauphine , devint abbé de Mègemont en 1681 , et aumônier du Roi en 1697. Après avoir été agent du clergé de 1700 k 1710, il fut nommé celle même année k l'évéché d'Autun , pour lequel il n'eut point de bulles , sa mauvaise santé l'ayant obligé de renoncer k cette nomination quelques mois après. Il étoit abbé de Moulier-Sainl-Jean et de Saint-Pierre de Châlons , lorsqu'il mourut en 1720.

MEAUX (l'évêque de). Pour les lettres postérieures au mois de mai 1704, voyez BissY.

MERRE (Pierre Le), né k Coutances en 1644 , fut d'abord avocat au Parlement de Paiis, et devint en 1691 professeur royal en droit canon. On a de lui plusieurs Mémoires pleins d'érudition sur divers points de droit canonique, tous rédigés de concert avec son fils, et dont quelques-uns favorisent le parti de l'appel. On doit en particulier à ces deux habiles caiionislcs le Recueil des Actes et Mémoires du clergé de France , 12 vol. in-fol. 11 est souvent question du père dans la Correspondance de Fénelon des mois de juin et juillet 1697, à l'occasion du livre des Muxiincs qu'on examinoit alors k Paris. Pierre Le Merre mourut dans cette ville le 7 octobre 1728.

MES.MES (Jean -Antoine de), second du nom , comte d'Avaux , né en 1640 , d'une famille célèbre dans la robe, lut chargé sous Louis XIV de différentes ambassades, dans Lesquelles il montra autant de talent que de zèle et de |)ro- Lité. Il mourut k Paris en 1709 , âgé de soixante-neuf ans. MESMES (Jean-Antoine de) , troisième du nom , comte

t Yd^.'/. l' • rrnrxi-.i.s de Lu iîl.'ll.Mio su k'ilrf du i2(i (leccuibrc 1732, ci-dissus, \k 08

l „uvr.MI", 'l:i

d'Avaux, neveu du précédent, naquit le 18 novembre 1661. D'abord substitut du procureur-général en 1661 , puis conseiller au Parlement, président k mortier, etc., il fut nommé premier président du Parlement de Paris le 5 janvier 1712, cinq jours après la démission de M. Le Peletier. Il mourut subitement le 23 août 1723 , universellement regretté pour sa prudence et pour l'intégrité avec laquelle il exerçoit sa charge.

MIRO (le P. del), Bénédictin , fut un des huit consulteurs nommés par le pape Innocent XII , au mois de septembre 1697, pour l'examen du livre des Maximes, et l'un des cinq qui opinèrent contre ce livre. (Voyez la note de l'article Alfaro, ci-dessus pag. 172.)

MOLINOS (Michel , prêtre espagnol , et patriarche des Quiétistes modernes, naquit en 1627, dans le diocèse de Saiagosse, et mourut k Rome le 29 décembre 1696. Nous l'avons fait connoitre dans VHist. litt. de Fénelon, v part, n 61 , etc. Voyez aussi VfHst de Fénelon, liv. II , n. 12 et 13.)

MONTBERON (François, comte de), naquit en 1632, d'une famille très-ancienne, dont une branche étoit alliée k celle de Fénelon. Après avoir passé par divers emplois inférieurs, il devint en 1677 lieutenant-général des armées, gouverneur de Flandre en 1678 , et chevalier des ordres du Roi en 1688. 11 fut successivement gouverneur de Gand , de Tournai et de Cambrai, et conserva ce dernier emploi jusqu'à sa mort , qui arriva la 16 mars 1708. Il avoit épousé en 1667 Marie Gruyn de Valgrand , dont il eut un fils et une fille : le premier devint colonel du régiment Dauphin , et mourut de la petite vérole k Ulm , en janvier 1704, dans sa trentième année , sans avoir été marié. La seconde, Marie-Françoise de Montberon , épousa en 1689 Charles- Eugène-Jean-Dominique , comte de Souastre. Le comte et la comtesse de Montberon vivoient dans une étroite union avec Fénelon, et lui témoignoient en toute occasion la plus grande déférence et la plus haute estime. La comtesse avoit même choisi le prélat pour son directeur, et se conduisoit en tout par ses avis. Pendant les premiers temps qui suivirent l'affaire du quiélisme, Fénelon la dirigeoit, sans être son confesseur , et la voyoit même assez rarement, pour ne pas l'exposer, aussi bien que le comte , k la disgrâce de la cour. Cependant la comtesse , qui se trouvoit fort bien des avis de son directeur , souhailoit vivement de. l'avoir aussi pour son confesseur. Le comte ne le désiroit pas moins ardemment, ne voyant pas le meilleur moyen pour calmer les scrupules continuels de son épouse. Fénelon se rendit enfin k leurs vœux vers le milieu de l'année 1702. Sa correspondance avec la comtesse offre un parfait modèle de la patience et de la douceur dont un .sage directeur doit user envers les âmes que Dieu éprouve par des scrupules et des peines intérieures. La comtesse de Montberon mourut en

MONTESQUlOi: (Pierre de), comte d'Artaignan et maréchal de France, naquit en 1640. Après avoir servi avec distinction dans les guerres de Louis XIV, depuis le siège de Douai, en 1667, jusqu'k celui d'Ypres, en 1678 , il fut envoyé par le Roi dans toutes les places du royaume , pour montrer un exercice uniforme k toute l'infanterie. Le bâton de maréchal, qu'il reçut le 20 septembre 1709, fut la récompense de ses services, et en particulier de la valeur qu'il avoit déployée k la bataille de Malplaquet. Ce haut degré d'honneur ne l'empêcha pas de servir, en 1710 et 1711, sniis le maréchal de Villars , et il eut beaucoup de part aux avantages remportés en Flandre en 1712. Il

NOTICE DES PERSONNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON

moiirul on 1725 , âgé de qtialre-vingl-einq ans, un an après avoir été nommé chevalier des ordres du Roi.

MONTFORÏ (le duc et le comte de). Nom commun à divers personnages dans la famille du duc de Clievrcuse. Nous les avons fait connoitrc dans les notes sur plusieurs lettres de la Correspondance de Fénelon. (Voyez surtout ses lettres au duc de Clievreuse, des 28 mai 1687 et 18 novembre 170G, et au duc de Chaulnes, du 23 juillet I7i/i, t. VII, pag. 199, 255 et 386.)

MONTCiAlLLAHU (Pierre-.Iean-François de Percin de) , second fils de Pierre-Paul de Percin , baron de Montgaillard, naquit le 29 mars 163;$. Son père, qui servait dans les armées de Louis Xlll, ayant été pourvu , vers l'an 1640, du gouvernement du fort de Brème, dans le Milancz, fut obligé do rendre cette place faute de munitions. On lui on lit un crime , et il eut la tête tranchée; mais dans la suite sa mémoire fut rétablie, et le Roi, pour consoler sa famille, donna, en 1664, l'évéché de Saint-Pons au second de ses lils , qui avoit embrassé l'élat ecclésiastique. Ce prélat, recommandable par ses mœurs et sa piété, se rendit malheureusement célèbre par la singularité de ses opinions, et par son opposition aux décisions du saint siège principalement sur les matières de la grâce. L'évèque de Toulon ', ayant condamné, au mois de février 1678, le Rituel d'AIct , déjà proscrit par un Bref de Clément IX du 9 avril 1668, M. de Montgaillard prit la défense de ce Rituel, et de M. Pavillon, sous l'autorité duquel cet ouvrage avoit paru en 1667. Cette controverse donna lieu, de part et d'autre , à plusieurs écrits assez vifs qu'on a réunis depuis sous ce litre : Reateil de ce gui s'est passé entre MM. les évéques de Saint-Pons et de Toulon au sujet du Rituel d'Alet (l vol. in-12). Cette affaire n'étoit pas entièrement terminée, lorsque l'évèque de Saint-Pons fut engagé dans une autre dont les suites furent encore plus funestes pour lui. Les changemens qu'il se permit de faire à la liturgie , dans un Directoire de l'office divin publié en 1681 , excitèrent de nombreuses réclamations, et l'engagèrent dans une longue suite d'écrits , dont les principaux furent condamnés à Rome, par un décret du 27 avril 1701 5. Il en fut de même de plusieurs Lc</re.î et 7/!y/rt<ctions pastorales, pub'iées successivement par ce prélat depuis l'année 1694, contre les Récollets de son diocèse, à l'occasion d'une visite pastorale (lue ces religieux avoient refusée, et dont ils se prétendoient exempts. Enfin l'évèque de Saint-Pons eut aussi avec l'archevêque de Cambrai de longues discussions dont nous avons parlé ailleurs , et qui ne donnent pas une grande idée de sonjugement ni de sa modération. Il mourut le 13 mars 1715 , quinze jours après avoir écrit au pape Clément XI une lettre de soumission. (Voyez VHist. de Fénelon, liv. V, n. 28 et 29.)

MONTVIEL (.lacques de Vassal , marquis de), servit dans le régiment du Roi, où il occupa plusieurs grades, rlepuis l'année 1680 jusqu'en 1697, et se trouva à la plupart des sièges et des batailles mémorables qui eurent lieu dans les diverses guerres de cette époque. Le duc de Beauvillicrs, qui l'estimoit, le fit nommer en 1690 gentilhomme de la manche du duc d'Anjou, depuis roi d'Espagne; et après le renvoi des amis de, Fénelon, au mois de juin 1698, il passa en la même qualité auprès du Duc de Bourgogne. Philippe V le choisit pour un de ses aiflcs-de-camp en 1702, et le

1 .U-îiii (le Viiidniilledu Luc, ou.k de Gnspard de Vinlimillc , qui fui d'abuni évOiiue de Marseille , i>uis iireliuvé(iue d'Aix cl (le Paris. — - Voyei V Index libronnn prohibitoriim, arliele Plucin.

créa brigadier de ses améos. Ayant accompagnée ce prince en Italie , il combattit à Luzzara, et revint en France après la campagne. Il servit en Flandre les années suivantes eu qualité de colonel, et se trouva aux batailles de Raraillies en 1709 , de Malplaquet en 1709, au combat de Denain, aux sièges de Douai, du Quesnoi, etc. en 1712, de Landau et de Fribourg en 1713. Nommé inspecteur-général d'infanterie en 1716. il devint maréchal de camp en 1718, et lieutenant-général en 1734. Il mourut le 19 août 1744, âgé de quatre-vingt-cin(i ans.

MORIGIA (Jacques-Antoine), né à Milan en 1632, entra dans l'ordre des Barnabites , d'oîi on le tira pour le faire précepteur du prince de Toscane , et théologien du grand-duc Cosine IH , qui lui procura depuis l'archevêché de Florence. Innocent Xll le fit cardinal in petto le 12 décembre 1695, et le proclama dans le consistoire du 19 décembre 1698 , en déclarant qu'il précèderoit tous les cardinaux créés en 1696. Ce cardinal rei;ut le chapeau avec le titre de sainte Cécile le 30 mars 1699. L'abbé de Chanterac en fait un bel éloge , sous le double rapport de la science et de la piété , dans une lettre à Fénelon du mois d'avril 1699. (Voyez ci-dessus, pag. 18.) Le cardinal Morigia mourut à Rome le 8 octobre 1708 , âgé de soixanteseize ans.

MORTEMART (Louis de Rochecbouart, duc de), pair de France par la démission de son père, et général des galères en survivance , naquit en 1663. Il étoit beau-frère des ducs de Beauvilhers et de Chevreuse , ayant épousé , en 1679, Marie-Anne Colbert , fille du célèbre ministre. Il mourut le 3 avril 1688, âgé seulement de vingt-cinq ans. Après sa mort, la duchesse son épouse continua de vivre dans une étroite haison avec ses vertueux beauxfrères. Ce fut dans leur société qu'elle eut occasion de connaître Fénelon et madame Guyon , pour qui elle conçut et conserva toute sa vie les sentimens d'une profonde vénération. Après la retraite de Fénelon à Cambrai, elle continua d'entretenir avec lui des relations d'estime et de confiance. Elle eut même la consolation de faire en 1702 un voyage à Cambrai, connue Fénelon nous l'apprend dans une lettre du mois de juillet de cette année (t. VIII , page 653). Plusieurs lettres du P. Lami, Bénédictin, à Fénelon nous apprennent aussi que la duchesse de Mortemart, vers la fin de sa vie , faisoit de fréquentes retraites au couvent de la Visitation de Saint-Denis, où l'une de ses filles avoit fait profession, et (ju'elle y occupa même assez long-temps une cellule , dans laquelle, aux vœux près, elle menoit presque la vie d'une fervente religieuse. Elle y mourut le 13 février 1750. (Voyez Vllist. de Fénelon , liv. I, n. 60. liv. II, n. 47. — Lettre du P. Lami à Fénrlon , 1703 , 170'i, et 21 janvier 1711, t. VII, pag. 556, 582 et 683.)

MORTEMaRT (Louis de Kochechouart , second du nom, duc de) , fils du précédent, naquit le 3 octobre 1681. Après avoir servi quelque temps dans les armées , il fut nommé en 1710 premier gentilhomme de la chambre du Roi , et lieutenant-général en 1720. Il avoit épousé , le 20 décembre 1703, Marie-Henriette de Beauvillicrs, sa cousinegermaine , fille de Paul de Beauvilliers, gouverneur du Duc de Bourgogne. Une lettre de Fénelon à la jeune duchesse, du 4 août 1700 (t. VII, p. 260) montre que, depuis son maiiage, elle conserva pour l'archevêque de Cambrai les sentimens de vénération et de confiance dont elle avoit toujours eu de si grands exemples dans sa famille. Elle mourut le 4 septembre 1718, et son mari le 14 mai 1737.

Pour ne pas confondre les lettres de Fénelon à la jeune

NOTICE DES PERSONNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON

duchesse avec celles qu'il écrit k sa belle-mère , il faut remarquer que Fénelon a coutume d'appelercellc-ci tua bonne duchesse, et l'autre mad/tme.

MOTHE (Antoine Houdar de La) , poète et académicien célèbre, naquit à Paris en 1672. Il étudia d'abord en droit, et quitta ensuite le barreau pour la poésie, dans laquelle il s'exerça long-temps avec succès. Il entretenoit avec Fénelon une correspondance littéraire , dont on a vu quelques fragmens dans le t. VI des Œuvres. Après avoir passé une grande partie de sa vie à faire des vers , il linit par les décrier, peut-être avec excès. Il étoit encore plus estimables par ses qualités morales et religieuses, que par les qualités brillantes de son esprit. Il mourut à Paris en 1731 , âgé d'environ soixante ans. (Voyez Vllist. de Fénelon , liv. VI, n. 4; liv. VIII, n. 7.)

NAMUR (l'évêque de) ; voyez Berlo.

NERLI (François), né à Florence le 13 juillet 1636, embrassa l'état ecclésiastique, et, après avoir rempli avec succès plusieurs nonciatures, fut élevé au cardinalat, en 1673 , par le pape Clément X Peu de temps après, il fut nommé à l'évèché de Florence, dont il se démit bientôt, pour passer le reste de ses jours dans la retraite. 11 étoit membre de la congrégation du Saint-Office , lors de l'examen du livre des Maximes. Il mourut à Rome le 9 avril 1708. (Voyez une lettre de l'abbé de Clianterac k Fénelon , du mois d'avril 1699, ci-dessus, pag. 18.)

NESMOND (François de) , fils de Théodore de Nesmond et d'Anne de Lamoignon , naquit à Paris en 1629. Il fut nommé en 1661 k l'évèché de Bayeux , où il mourut le 16 mai 1715, âgé de plus de quatre-vingt-cinq ans, doyen des évoques de France et des docteurs de Sorbonne. Toutes les années de son long épiscopat furent marquées par des éfablisseniens utiles k son diocèse , ou par des règlemens propres à y faire fleurir la religion et la piété. Il érigea trois séminaires, dont deux k ses frais. (Voyez la lettre que Fénelon lui écrivit le 4 mai 1708, t. VIII, pag. 637.)

NICOLE (Pierre), né k Chartres en 1625, fut un des pluscélèbres disciples de Porl-Royal, et se distingua surtout par d'excellens ouvrages de controverse contre les Protestans. Un des principaux est la Perpétuité de la foi , composé de concert avec Arnatdd {Voye?. ce mot). Il fut moins heureux dans ses écrits sur le jansénisme et le quiétisme. On sait qu'il est auteur de l'élégante traduction latine des Lettres Provinciales , qui parut en 1658 et 1665, sous le nom de Wendrock, avec des notes encore plus répréhensibles que le texte. Dans la Réfutation des principales erreurs des Quiétisles , publiée en 1695, sous prétexte de réfuter les folies des nouveaux mystiques, il rabaisse, autant qu'il peut , l'exercice de la contemplation (Hv. II , ch. xviii), et prétend éclaircir la matière des voies intérieures ; c'est-k-dire , en laissant précisément de côté ce qui fait le principal sujet de la difficulté. Il mourut le 16 novembre 1695, après avoir fondé la fameuse Itoite « Perrclle, destinée k soutenir le parti auquel il avoil toujours été attaché.

I. NOAILLES (Anne-Jules de), duc et pair, puis maréchal de France, étoit fils d'Anne de Noailles, [iremier capitaine des gardes du corps. Il naquit le S février 1650, et fut pourvu en survivance de la charge de son Ipère en 1661. Son zèle pour le service du Roi, l'activité, l'inlelligencc , et le courage qu'il déploya , les succès qu'il ohliiit dans diverses campagnes, surtout en li.spagne , lui méritiTciit le bâton de maréchal de France, au mois de mars 1693. Il

Il fut chargé en 1701 , conjointement avec les Ducs de Bourgogne, de Berri et de Beauvilliers , d'accompagner jusqu'aux frontières d'Espagne Phillippe V, qui alloit prendre possession de ce royaume. Il mourut k Versailles le 2 octobre 1708, âgé de cinquante-huit ans, également recommandable pour son amour pour la religion et par son zèle pour le bien de l'Etat. Fénelon eut cependant k se plaindre de ce seigneur, qui non content d'adopter les [malignes inrerprétations que l'envie donnoit aux ingénieuses fictions du Téléinaque , avoit été jusqu'à dire hautement à la cour que cet ouvrage étoit un véritable crime contre le Roi. (Voyez Vllist. de Fénelon , liv. IV, n. 5; liv. V, n. 37, liv. VI, n. 21.)

Le maréchal de Noailles avoit épousé, le l;< août 1671, Marie-Françoise de Bournonville , fille unique d'Ambroise duc de Bournonville , gouverneur de Paris , et de Lucrèce de la Vieuville. La maréchale de Noailles eut souvent occasion de voir et d'entretenir Fénelon pendant son séjour k Versailles , et continua, depuis la disgrâce du prélat, d'entretenir avec lui une correspondance fondée sur l'estime et la confiance. Le service important que Fénelon avoit rendu k la famille de Noailles, en procurant le mariage du comte d'Ayen, fils aîné du maréchal, avec mademoiselle d'Aubigné, nièce de madame de Maintenon,°n'avoit pas peu contribué k concilier à l'archevêque de Cambrai l'attachement de la maréchale, qui en conserva toujours une vive reconnoissance. Elle la témoigna surtout par le soin qu'elle prit, quoique inutilement, pour empêcher le cardinal de Noailles de se déclarer contre Fénelon dans l'affaire du livre des Maximes. Elle désiroit même très-ardemment de rapprocher les deux prélats après la conclusion de celte malheureuse affaire; mais ses vœux et ses efforts demeurèrent sans succès, k cause de l'opposition du cardinal aux définitions du saint siège sur les matières du jansénisme. (Voyez VHist. de Fénelon, liv. III , n. 56 ; liv. VI , n. 21, etc. et plus bas l'article Salians.)

II. NOAILLES (Louis-Antoine, cardinal de), frère du précédent, naquit le 27 mai 1651. Il fit ses premières études au collège du piessis, où il contracta avec l'abbé de Fénelon une liaison étroite, qui fut depuis troublée par de si tristes démêlés. .Ayant refusé l'évèché de Mende ', il obtint en 1679 celui de Cahors, d'où il fut transféré k Chàlons-sur-Marne l'année d'après, et à Paris en 1695, après la mort de M. de Harlai. Enfin nommé cardinal le 21 juin 1700, il se rendit en cette qualité au conclave tenu cette même année. A des qualités estimables, il joignoit une foiblessc de caractère qui fut pour lui la source de bien 'des amertumes. « Il consuma » tout son épiscopat , dit le dernier historien de Fénelon , » dans des discussions où il se voyoit sans cesse obligé de » reculer, pour s'être trop imprudemment avancé, et dans » lesquelles il finissoit par mécontenter tous les partis. » (Liv. VI, n. 9.) D'abord déclaré pour Fénelon dans l'affaire du (piiétisme, il se livra ensuite k Bossuet, qui l'entraina insensiblement k des actes de rigueur pour lesquels il avoit d'abord témoigné le plus grand éloignement. Ses variations sur l'article du jansénisme furent encore plus longues et plus surprenantes. D'abord approbateur du livre de Qnesnel ; et refusant obstinément de le condamner, puis se soumettant d'avance au jugement que le saint siège en porteroit, condamnant ensuite le même livre, quoiqu'il rejetât le jugement que le Pape en avoit porté, il ne cessa de varier jusqu'aux derniers momens de sa vie, qu'il termina en acceptant celle nuMue couslitulion, si loug-tem|is rejetée. Il mourut le 4 mai

' Voyez, la kdre de mudame de SiMjjiié du 23 juin 1077.

NOTICE DES PERSONNAGES GONTEMPOKAINS DE FÉNELON

1 729, qiicliiiies mois après cel ac!e de soumission. (Voyez 17//.y/. de Fénelon , liv. II, n. 49; liv. 111, n 30, 33, 57, cte ; liv. VI , n. 8, 9, 12, etc.; liv. VUl, n. 21, etc.). Ce jtrélat est souvent désigné dans la Correspondance par le nom de tl. Puchart.

III. 1N0.\1LLES (Gaston-Jean-Daptistc-Louis de), frère du précédent, naquit le 7 juillet -lfi69. 11 succéda en 1695 à Louis-Antoine de Noailles , son frère , dans l'evôclié de Cliàlons, et partagea depuis son opposition à la huile Unigenitus; mais il n'eut pas, comme son frère, le bonheur de revenir à de meilleurs sentimens avant sa mort, qui arriva le 14 septembre 1720. 11 eut pour successeur l'abbé de ïavannes, que Fénelon travailloit la dernière année de sa vie à obtenir pour coadjuteur de Cambrai.

IV. NO.MLLES (Adrien-Maurice, duc de), fils du maréchal dont on a parlé, n. 1, naquit le 29 septembre 1678. Il porta d'abord le titre de comte d'Ayen , et servit en Espagne , sous son père , en 1693 et 1694, puis sous le duc de Vendôme en Flandre. Il accompagna en 1701 le roi d'Espagne jusqu'à Madrid. Depuis il continua de servir avec distinction pendant la guerre de la succession d'Espagne. Le maréchal son père se démit en sa faveur du duché deNoailles enl704, et de la charge de premier capitaine des gardes du corps en 1707. Le duc de Noailles , reçu duc et pair au Parlement en 1708, devint président du conseil des finances en 1715, membre du conseil de régence en 1718, chevalier des ordres du Roi en 1724, enfin maréchal de France en 1733. Il mourut à Paris le 24 juin 1766, âgé de quatre-vingt-huit ans. Il avoit épousé, le l" avril 1698 , Françoise d'Aubigné , nièce de madame de Maintcnon.

NONCE; voyezCAVALLERiNi, Delfini, Gualterio,Cusani et Bentivocjlio, qui furent successivement nonces en France jiendant les vingt dernières années de la vie de Fénelon. Voyez aussi Salviati.

NOIUS (Henri), né à Vérone le 29 août 1631, fut dans le dix-septième siècle un des plus grands ornemens de l'ordre des Ermites de saint Augustin. Le général de cel ordre , instruit de son mérite , l'appela à Rome, où il occupa successivement plusieurs places importantes , et fut enfin créé cardinal par Innocent XII en 1695. Il étoit membre de la congrégation du Saint-Office, lors de l'examen du livre des Maximes; et son mérite reconnu le lit joindre au cardinal Ferrari, en qualité de président , pour modérer la vivacité des disputes dans l'assemblée des consulteurs. Ce l'ut lui qui rédigea , de concert avec les cardinaux Casanate , Albani et Ferrari , le décret qui fut rendu contre le livre , au mois de mars 1699. Son attachement aux opinions de l'école aiigustiuienne le fit depuis passer, quoique sans fondement, pour être opposé au jansénisme. Benoit XIV le justifie sur ce dernier point, dans son Dref au grand inquisiteur d'Espagne du 31 juillet 1748. Il mourut à Rome le 23 février 1704 , après avoir enrichi la religion et les lettres de plusieurs savans ouvrages. (Voyez Vllisf. de Fénelon, liv. 111, n. 63 et 100. — llist. lilt. de Fénelon, n" pari. n. 37. — Lettre de l'abbé de Chanterac à Fénelon, du mois d'avril 1699, Corresp. t. X, p. 7.)

NOYON (l'évèque de); voyez Avbicnf..

ORLÉANS (le duc d'); voyez Philippe de France.

ORLÉANS (l'évèque d'); voyez Coislin.

OISY (Marguerite-Claire de Berg Saint- Winox, comtesse d"), dont Fénelon parle souvent dans ses lettres à la comtesse de Montberon , étoit iiarliculièrcment liée avec celte dame.

Elle avoit épousé, le 26 juinl687, Jean-Eustachede Tournai d'Assignies, comte d'Oisy.

OTTOBONI (Pierre), né à Venise le 7 juillet 1667, étoit petit neveu du pape Alexandre VIII, qui le créa cardinal au mois de novembre 1689. Ce cardinal étoit membre de la congrégation du Saint-Office en 1697, lors de l'examen du livre des Maximes. Louis XIV le nomma en 1709 protecteur des all'aires de France ; mais il n'en filles fonctions que jusqu'à la fin de 1711 , les Vénitiens s'y étant toujours opposés. Après avoir successivement exercé plusieurs emplois importans à la cour ponlillcale, il devint en 1738 doyen du Sacré- Collège , et mourut à Rome le 28 février 1740.

OUDRY. La véritable orthographe est HOUDRY. (Voyez ce mot.)

PANCIATICI (Bandino), naquit îi Florence le 10 juin 1629. D'abord patriarche de Jérusalem , il fut nommé cardinal par Alexandre VIII, le 13 février 1690, puis préfet de la congrégation du concile. Il étoit membre de la congrégation du Saint-Oflice en 1697 , lors de l'examen du livre des Maximes , et il passoil alors pour un homme extrêmement opiniâtre et attaché à ses idées. Il mourut a Rome le 21 avril 1718, dans sa quatre-vingt-neuvième année. (Voyez la lettre de l'abbé de Chanterac à Fénelon , du mois d'avril 1699 ,^ ci-dessus, p. 18.

PARIS (l'archevêque de); voyez Harlai (François de); Noailles (Louis-Antoine de), et Vintimille.

PASTEL (Jean-Antoine), docteur de Soibonne en 1696, mourut en 1724, grand-maître et principal du collège Mazarifi. Il avoit approuvé en 1707 la Théologie de Habert, qui fut depuis censurée par plusieurs évêques de France , el en particulier par une Ordonnance de Fénelon du \" mai 1711. L'abbé Pastel répondit en 1711 à la Dénonciation anonyme qui venoit de paroitre contre la même Théologie; mais l'archevêque de Cambrai trouva cette réponse extrêmement foible. (Voyez la lettre de Fénelon au duc de Chcvreuse , du 12 mai 1711, t. VII, p. 342; et YHist. litt. de Fén. i' part. art. 1" sect. 4 n. 18.)

PELETIER (Louis Le), fils de Claude Le Pelelier, contrôleur-général des finances sous Louis XIV, obtint en 1707, par le crédit de son père, la place de premier président, vacante par la démission d'Achille de Harlai. Il étoit doué des qualités estimables qui sembloient héréditaires dans sa famille ; mais il manquoit de la fermeté de caractère nécessaire dans un emploi si difficile. Le sentiment qu'il avoit lui-même de ce défaut lui fit demander sa démission, que le Roi accepta le dernier jour de l'année 1711. Il mourut le 31 janvier 1730, dans sa soixante-neuvième année.

PÉROUSE (François-Bertrand de la), docteur de Sorbonne en 1665, étoit doyen de la collégiale de Chambéri en Savoie. Elève et ami de M. Tronson, il enlretenoit avec lui une correspondance habituelle. Il étoit aussi en relation particulière avec D. Innoient Le Masson, général des Chartreux, qui envoya à M. Tronson la nouvelle de sa mort , par une lettre du 23 juillet 1695.'

PHÉLIPPEAUX (Jean), né à Angers, fut reçu docteur de Sorbonne en 1686, et dr^vint ensuite chanoine et grandvicaire de Meaux. Bossuel, frappé de ses talens dans une action publique de théologie , se l'attacha, el le mit auprès de l'abbé Bossuel, son neveu, pour le diriger dans ses études théologiques. L'abbé Phélippeaux se trouvant à Rome avec l'abbé Bossuel, à l'époque ou le livre des Maximes y fut déféré, l'évèque de .Meaux les chargea de suivre cette affaire, et entielint avec eux à celte occasion une correspondance

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très-active , qui ne donne pas une haute idée de leur modération ni de leur délicatesse. Non content d'avoir aigri par ses letties l'évêque de Meaux contre l'archevêque de Cambrai, l'abbé Phélippeaux, à son retour en France, composa une Relation du Quietisme, pleine de partialité, et même d'acharnement contre Fénelon et madame Gwyon. Aussi n'osa-t-il pas faire imprimer ce livre de son vivant; il ordonna même à ses héritiers de ne le publier que vingt ans après sa mort. Il mourut en 1708, et la Relation ne fut imprimée qu'en 1732. Elle fut flétrie, l'année suivante, à la réquisition du marquis de Fénelon , par un jugement de police et par un arrêt du Conseil, et brûlée en conséquence par la main du bourreau , comme un libelle calomnieux et diffamatoire i. On a vu plus haut (arlii le La Bletterie) , qu'elle avoit été réfutée la même année par l'abbé de La Bletterie. (Voyez VHist. de Fénelon, liv. III, n. 6 et /i9; Pièces justificatives du même livre , n. 3 ; et VHist. litf. de Fén. v part., art. 6., sccL 6, vers la fui.)

PHILIPPE V, roi d'Espagne, né a Versailles le 19 décembre 1683, de Louis Dauphin, lils de Louis XIV, et de Marie- Anne-Christine de Bavière, fut titré en naissant Duc d'Anjou, et placé, au mois d'août 1690, sous la direction des vertueux instituteurs du Duc de Bourgogne , son frère. Sans égaler ce dernier, il avoit pourtant une grande partie des qualités qui font les bons princes , et il se montra toujours le digne élève de Fénelon, par la rectitude de son jugement , par sou attachement sincère à la religion, et par son courage dans les adversités. Charles II, roi d'Espagne, prince d'une santé très-foible, n'ayant point d'enfans , et voyant de son vivant même, en 1698 et 1700, les princes ses voisins se partager d'avance sa succession comme vacante, déféra par testament tous ses Etats au duc d'Anjou , en qualité de petit-Rls de Marie-Thérèse, reine de France, sa sœur. Après la mort de Charles, arrivée le 1" novembre 1700, Louis XIV accepta le testament; et Philippe, ayant été proclamé à Madrid le 24 du même mois, se mit presque aussitôt en route pour l'Espagne, et fit son entrée solennelle dans 8a capitale le 14 avril 1701. Il avoit été d'abord reconnu par la plupart des puissances de l'Europe; mais l'empereur Léopold, chef de la branche d'Autriche qui régnoit en Allemagne, ne put voir tranquillement un si bel héritage sortir de sa maison. Dès 1701, il envoya en Itahe une armée commandée par le prince Eugène, et engagea bientôt presque toute l'Europe dans sa querelle. En 1704, il fil prendre le titre de roi d'Espagne à l'archiduc Charles, son second lils, qui passa en Portugal sur une Hotte anglaise et hollandaise, pour faire une diversion en Espagne, et tâcher de la conquérir, Léopold étant mort le 6 mai 1705, Joseph I''-, son lils aine, qui lui succéda, poussa la guerre avec vigueur, et avec de grands succès presque sur tous les points. Il força même le pape Clément XI a reconnoltre, en 1709, Charles comme roi d'Espagne. Philippe V, ayant perdu la bataille de Saragosse, au mois d'août 1710 , fut obligé de quitter Madrid, dont ses ennemis restèrent maîtres pendant quelques mois; mais la bataille de Villaviciosa, gagnée par le duc de Vendôme le 9 décembre suivant, fit prendre une meilleure face aux affaires, et la mort de l'empereur Joseph, au mois d'avril 1711, contribua à raffermir le trône de Philippe.

' Il ne sera poul-^ln; |>as iiiulili: d'observor que c'est d'iipri-s cctic Uilalion, si .iiislcniciil suspecte, que M.Tiibaraud a coniposi'' sa pirmirrr Lettre ii ,\f. de Roussel, tinrieit cvi'que d'.tluis, Paris, ISOî», in-»". C'est diiiis la ni-Mue sniiice que M. Aiin<; (Juillon a puisé les pi hiciimux <lelails de cette atl;iire, ddiil il

rend ninipte dans sa «ontii lion «le l7//.s7. de l'/ù/lise de

JSéraull-lienasIel.

Charles quitta l'Espagne pour aller recevoir la couronne impériale. Alors ses alliés, qui craignoient de voir réunie sur une même tête la vaste monarchie de Charles-Quint , entrèrent en négociation avec la France. La paix fut conclue à Utrechl au mois d'avril 1713, et l'Empereur, hors d'état de continuer seul une guerre si dispendieuse, signa enfin le traité de Rastadt, en mars 1714 , par lequel il acquit les Pays-Bas, le Milanez, les royaumes de Naples et de Sardaigne. Philippe V resia paisible possesseur des Espagnes et des Indos. Ce prince avoit épousé, le 11 septembre 1701, Louise- Marie-Gabrielle , lille de Victor-Amédée II, duc de Savoie, et sœur de la duchesse de Bourgogne. Il eut le chagrin de voir , peu d'années après , son beau-père s'unir avec ses ennemis et ceux de la France. Victor-Amédée gagna par ce moyen la Sicile, qui lui fut cédée par le traité d'Utrecht, mais qu'il échangea depuis contre la Sardaigne, avec le titre de roi. Philippe, devenu veuf au mois de février! 714, épousa la même année Elisabeth Farnèse , fille du duc de Parme. Depuis, sa santé s'étant fort altérée, il se démit volontairement delà couronne, le 15 janvier 1724, en faveur de Louis prince des Asturies, son fils aine, et se relira au palais de Saint-Ildefonse, pour ne plus penser qu'à son salut; mais le nouveau roi étant mort le 13 août de la même année, Philippe reprit le sceptre, qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 9 juillet 1746. Plus de fermeté dans le caractère lui eût épargné bien des traverses, et des démarches dont il eut tout lieu de^se repentir. (Voyez VHist. de Fén., liv. I, n. 100, liv. VII Tn. 12, etc.).

PHILIPPE DE FRANCE, duc d'Orléans, fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, et unique frère de Louis XIV, naquit à Saint-Germain-en-Laye le 21 septembre 1640. Après s'être signalé par son courage en différenics campagnes, il revint en 1677 se fixer à Paris, où il ne se distingua plus que par cette vie molle et efféminée dont il avoil manifesté le goût dès son enfance. Il mourut à Saii:t-Cloud, le 1" juin 1701, âgé de soixante-un ans.

PHILIPPE DE FRANCE , fils du précédent , naquit le 2 août 1674, et porta le nom de duc de Chartres jusqu'à la mort de son père, en 1701. Il manifesta de bonne heure un caractère inquiet et léger, qui présageoit les excès dans lesquels il donna dans la suite. C'étoit un homme aimable et doué de grands talens, mais entièrement livré aux plaisirs, sans principes , et fort indifférent sur la religion. Devenu régent du royaume après la mort de Louis XIV, malgré les sages précautions que ce prince avoit prises pour l'exclure, il fit à la France des plaies profondes, en donnant l'exemple" d'une immoralité scandaleuse , et en lâchant la bride aux écrivains impies et licencieux, que la fermeté de Louis XIV avoit toujours contenus. Il mourut subitement le 25 décembre 1723, dans sa cinquantième année. (Voyez VHist. lit t. de Fén., i' part., art. I", sect. 1, n. 2.

PHILIPPE DE SAINT-NICOLAS (le père) étoit général des Carmes déchaussés sous le pontificat d'Innocent XII, à l'époque de l'examen du livre des Maximes. Il fut adjoint, en décembre 1697, aux consulteurs, en remplacement du P. Dainascène , que les partisans de Bossuet venoienl de faire exclure comme trop favorable au livre : mais on ne gagna rien à ce changement, car le P. Philippe fut un des cinq consulteurs qui , après un examen de plus d'un an, opinèrent en faveur du livre des Maximes. (Voyez la note de l'article Alfauo, ci-dessus, p. 172; et la lettre de l'abbé de Cliaulerac à Fénelon, du 7 mars 1699, t. IX, p. 700.

PIIILOPALD DE LA HAYE (Antoine) , né à Sarlat le 28 décembre 1674, fit ses études à Toulouse, et entra dans la congrégation des Prêlres de la Mission. Il fut (piehiue temps

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siipcrieur tics Clercs df la chapelle du Roi à Versailles, puis envoyé à Rouit! comuie procureur-général de sa congrégation. Vif, ardent, propre aux affaires, il eût pu se rendre utile à l'Eglise, si de tristes préventions ne l'eussent jclé dans un parti turbulent. Il devint un des agens les plus actifs du cardinal de iNoailles, et publia en 171 'i deux Lettres , l'une en italien, l'autre en français, contre la bulle Vnigenilus. Il s'etoil insinué auprès de M. Anielot, que Louis XIV avoit envoyé à Rome pour négocier, et il profitnitdes rapports que sa place lui donuoit avec le cardinal de La Tréinoille pour instruire les Jansénistes de tout ce qui pouvoit les intéresser. Ayant reçu ordre, au mois d'août 1715, de sortir de Rome, il fut accueilli à Paris par le cardinal de iNoailles, qui le (if nommer supérieur du séminaire desBons- Enfans. Philopald eut pari dans la suite aux démarches qui se firent en faveur de l'appel. En 1724, le supérieur de la congrégation de la Mission lui ayant, envoyé un ordre d'exclusion , l'évéque d'Auxerre, de Caylus, l'appela auprès de lui, et lui donna la cure d'Appoigny, paroisse de Régennes, sa maison de campagne. Pans ses dernières années, il résigna sa cure; cependant il continua d'en Mre chargé par les obstacles que rencontra son résignataire. 11 mourut le fi mars 1762, après avoir renouvelé son appel. On a de lui les deux Lettres, ci-dessus ( Letlern d'un vescovo di Francia al S. cnrd. Fahroni , Parigi, 10 gennaro 1714 , in-12 de 72 pages; et Lctt^'e au» Français à un cardinal du Saint- Office) ; Règlement pour le séminaire des Bons-Enfans, rédigé de concert avec le docteur Boursier, et imprimé depuis ; Lettre sur le ton de la Messe , 43 pages in-12, à propos d'une Instruction pastorale de M. de Condorcet, successeur de M. de Caylus à Auxerre. Il avoit laissé en manuscrit deux Mémoires contre la DuUe, un Mémoire ou Dissertation sur la nécessité de l'amour de Dieu dominant pour être justifié dans le sacrement de pénitence, daté du 21 décembre 1759; et des commentaires à son usage surlesEpUrts de saint Paul et sur les Psaumes. I' est souvent question de Philopald dans le Journal de Dorsanne, et dans \ts Anecdotes de Villefore, rédigées en partie sur les lettres du Lazariste au cardinal de Noailles. (Voyez aussi Vllist. de la Constitution par Lalitcau , et les Nouvelles ecclésiastiques, 3 septembre 1764.)

PIROT (Eilme), savant docteur et professeur de Sorbonne, naquit à Au.xerre en 1631 , et fut reçu docteur le 28 juin 1664. La juste réputation qu'il s'acquit de bonne heure par ses connoissances lliéologiques le fit choisir, sous M. de Harlai, archevêque de Paris, pour examinateur des livres et des thèmes sur cette matière. Ce fut lui qui rédigea, par ordre do ce prélat, en 1694 , la censure des écrits de madame Guyon , datée du 16 octobre de celle année. L'archevêque de Cambrai, avant de publier le livre des Maximes, le soumit à l'approbation de ce docteur , qui , après quelques légères corrections , fut charmé de cet examen , et déclara que le livre était tout d'or. Mais l'autorité de Bossuet , avec qui il éloit particulièrement lié , le fit bien changer d'avis après la publication de l'ouvrage; car il le réfuta lui-même dans une Dissertation maimscrite que nous avons sous les yeux, et il approuva la censure qui en fut faite par plusieurs docteurs de Paris au mois d'octobre 1698 *. Nous avons aussi de lui un Mémoire manuscrit sur

• C'osI jiar erreur que le r.irdinal dcBiiusscl, dans VIlisl.de Friiclon , avoit altribuO celle censure a M.Pirol. Un Mémoire sur celle censure, imprimé en 16G9 (voyez, ci-dessus, t. ix, p. 651), dit expressément ((u'elle fut iO(li(;éc par M. Vivaiil. L'asserlion du cardinal de Raussct a élé eorrigéi! dans la nouvelle eûilion de VHi.stoiie de Fénelnit (liv. m , n. 93.)

Vorif/ine et les prof/rès de la controverse entre Bossuet e} Fénelon. Il mourut it Paris le 5 août 1713 . étant chanoine et chancelier de l'église métropolitaine . abbé d'Hermières, etc. (Voyez VlHst. de Fénelon, \\\. \l , n. 51, hv. III, n. 12, 33 et 93. j

POLIGNAC (Meldiior , cardinal de) , d'une des plus anciennes maisons d'Auvergne, naquit au Puy en Vêlai l'an 1661. Le succès avec lequel il lit ses premières études annonça les grands talens qu'il déploya depuis dans plusieurs négociations importantes, et particulièrement a. Rome sous le pontificat d'Alexandre VIII , à l'occasion des alîaires de la régale. Depuis cette première négociation , il fut envoyé par le Roi en Pologne comme ambassadeur en 1693, à Rome comme auditeur de Rote sous le pontificat de Clément XI , enfin comme plénipotentiaire aux congrès de Gertruydemberg en 1710, et d'IUrecht en 1712. Cette même année, il fui créé cardinal , et bientôt après maître de la chapelle du Roi. Ses liaisons avec les ennemis du duc d'Orléans, après la mort de Louis XIV, le firent exiler dans son abbaye d'Anchin , d'où il ne fut rappelé qu'en 1721. Après la mort d'Innocent XIII, en 1724, il se rendit de nouveau à Rome , où il resta jusqu'en 1732 chargé des afi'aires de France , quoique nommé depuis 1726 k l'archevêché d'Auch. Il mourut à Paris en 1741 , âgé de quatrevingts ans, avec la réputation d'un esprit vaste et lumineux, capable de tout embrasser et de tout saisir. C'est à lui qu'on doit le poème si généralement estimé de VAnti- Lucrcce , publié , après sa mort , par l'abbé de Rothelin , avec les notes de Le Beau.

POMPONE (Henri-Charles Arn^uld de) , pins connu sous le nom de l'abbé de Ponipone , étoit fils de Simon Ârnauld de Pompone, ministre des affaires étrangères. Il naquit en 1659 à La Haye , où son père éloit alors ambassadeur de France. Il obtint en 1711 une des trois places de ctmseiUer d'Etat d'Eglise , vacante par la mort de l'archevêque de Reims. Nommé depuis ambassadeur a Venise , il soutint l'honneur de la France dans les revers comme dans les succès. Dans les divers emplois de chancelier des ordres du Roi, etc. qu'il exerça ensuite, il s'appliqua toujours à être utile , et eut le bonheur d'y réussir. Il mourut à Paris le 26 juin 1756 , dans sa quatre-vingt-septième année.

PONTCHARTRAIN (Louis Phélypeaux , marquis de la Vrillière , comte de), chancelier de France, étoit d'une famille ancienne et distinguée par ses emplois. Il naquit le 29 mars 1643. D'abord conseiller au Parlement dès l'âge de dix-sept ans, il fut nommé en 1677 premier président au Parlement de Bretagne, d'où il fut tiré en 1687, pour être fait intendant des finances. Son zèle et ses succès dans ces premiers emplois le firent nommer contrôleur-général en 1689 , après la retraite de Claude Le Pcletier, ministre et secrétaire d'Etal en 1690, enfin chancelier de France en 1699. Il se démit volontairement de cette charge le 2 juillet 1714 , et se retira à l'Oratoire , où il se montra aussi grand par ses vertus qu'il l'avoit été par ses places. II mourut le 22 décembre 1727. Ses amis et s-s ennemis se sont accordés à rcconnoiîre en lui toutes les qualités nécessaires aux divers emplois qu'il exerça. Fénelon cependant, ainsi que les ducs de Beauvilliers et de Chevreuse , parurent en plusieuis occasions le juger sévèrement; mais il n'y a pas lieu de s'en étonner, s'il est vrai, comme l'a écrit depuis le chanceherd'Aguesscau , que M. de Ponlchartrain fut celui de tous les ministres qui contribua le plus à entretenir les préventions de Louis XIV contre la doctrine politique et spirituelle de l'archevêque de Cambrai. Il est

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quelquefois désigné dans les lettres de Fénelon par le nom de M. Tomnsseau.

PORPHYRE ;révèque de] ; voyez Drou (Le).

PRECELLES (Claude de) , reçu docteur de Sorbonne le 9 avril 1676, s'attacha d'abord à l'évèque de Ctiartres , sous qui il continua de travailler jusqu'au uiois de septembre 1709 , époque de la mort du prélat. Il fut ensuite employé, dans le diocèse de Paris, par le cardinal de Noailies , malgré son éloignement pour les opinions de ce cardinal sur les questions qui agitoient alors TEi^lise. Mais le caractère circonspect et modéré de l'abbé de Précelles lui faisoit conserver la paix avec ceux mêmes dont il ne pouvoit adopter les opinions. Particulièrement lié avec Fénelon, dont il partageoit les sentimens en matière de spiritualité, il regardoit néanmoins le livre des Maxitnes comme justement condamné , à cause du langage trop peu précautionné de l'illustre auteur. Les Nouvelles ecclésiastiques font , sans le vouloir, l'éloge de ce docteur, en le donnant comme Voracle des défenseurs de la constitution l'fiigenilus. Si on en croit ce libelle, l'abbé de Précelles auroil coopéré au livre intitulé : Le Disciple pacifique de saint Augustin , sur la liber-té , la grâce et la prédestination : par le P. Ange de la Passion, Carme. Paris, 1715, in-^».

PRÉCIPIEN ou PRECIPLXNO'Humbert-Guillaume, comte de) , l'un des plus vertueux et des plus zélés évèques du dix-septième siècle, naquit à Besançon en 16-26, d'une ancienne famille originaire de Gènes. Successivement chanoine , archidiacre et doyen de l'église de Besançon , il s'attira dans ces divers emplois l'estime et la confiance, générale. Après s'être acquitté avec autant d'habileté que de succès de diverses négociations au nom de Phihppe IV, roi d'Espagne, il fut promu en 1682 A l'évêché de Bruges, puis en 1G90 à l'archevêché de Matines, qu'il n'accepta que par un ordre exprès du pape Alexandre VIII. Sa charité envers les pauvres , sa piété , son zèle pour l'intégrité de la foi et pour le soutien des décrets du saint siège, lui attirèrent l'amour et le respect des vrais enfans de l'Eglise ; mais en revanche il eut beaucoup à souffrir de la part des disciples d»- Jansénius, dont il ne put se dispenser de flétrir les ouvrages et la doctrine. Il mourut à Bruxelles en 1711, âgé de quatre-vingt-cinq ans. (Voyez les articles Brigodk et Qi'ESNEL. Voyez aussi les Mémoire pour servir à l'Hist. ecclésiastique du dix-huitième siècle; Introduction, II'-- partie, t. I, p. cxj etsuiv.)

PUCELLE (René), lils de Claude Pucelle, avocat au Parlement, et de Françoise Catinat, sœur du célèbre maréchal de ce nom, naquit à Paris en 16.o5. D'abord ecclésiastique, puis engagé au service en qualité de volontaire, il se décida enfin pour l'état ecclésiastique, et fut reçu en 1684 conseiller-clerc au Parlement de Paris. Fénelon parle souvent de lui avec estime dans sa Correspondance. Du vivant de ce prélat , l'abbé Pucelle ne s'était pas encore rendu célèbre, comme il le lit depuis, par son opposition à la bull« Vnigcnilus. Il poussa la vivacité jusqu'à se faire exiler dans son abbaye de Saint-Léonard de Corbigny, dont il avoit été pourvu en 16'J'i. Il mourut à Paris en 17'(5, âgé de quatre-vingt-dix ans.

PUYSÉGl'R (Jacques de Chastenel , marquis dci, tils du liculenant-général du même nom, naquit k Paris en 1655. Après avoir servi avec distinction dans les guerres de Flandre, il parvint de grade en grade jusqu'à la dignité de maréchal de France , qu'il obtint en 1734. Il mourut à Paris en 1743, âgé de qualre-viiigl-buit ans. C'ctoit un homme aussi veitueux que rci ommaiidyldc par son courage et ua

prudence. Le duc de Saint-Simon, peu porté à louer, fait de lui un très-bel éloge dans ses Mémoires.

QUESNEL (Pasquier), né à Paris le 11 juillet 1634 , entra en 1657 dans la congrégation de l'Oratoire, d'où il fut obligé de sortir en 1684, par suite du refus qu'il lit de signer le Formulaire de doctrine , prescrit par la congrégation contre le jansénisme. Il se retira en 1685 dans les Pays- Bas, et joignit à Bruxelles le fameux Arnauld. (Voyez ce mot.) Ce fut là qu'il acheva le liyre des Réflexions morales, dont il donna en 1693 la première édition complète V 4 vol. in -8" ). L'année suivante 1694 , Quesnel perdit Arnauld , et hii succéda dans la qualité de chef du parti. Il méritoit cette distinction par son zèle et son activité pour la propagation des nouvelles doctrines, entretenant de tous côtés une correspondance assidue pour les intérêts de la secte, publiant sans cesse de nouveaux écrits, et ne négligeant aucune occasion d'accréditer ses opinions. Ce fut pour tous ces griefs que l'archevêque de Malines le Ut arrêter à Bruxelles le 3 mai 1703, sur un ordre de Philippe V ; mais il trouva moyen de s'échapper le 13 septembre suivant , et s'enfuit en Hollande , où il continua de servir le parti avec son zèle ordinaire , jusqu'à sa mort, arrivée k Amsterdam le 2 décembre 1719. On auroit peine à compter les ouvrages et les pamphlets sortis de la plume féconde de cet écrivain , qui fatigua si long-temps de ses réclamations le Pape et les évèques, les rois et les magistrats. Il s'appliqua surtout avec ardeur à la défense du livre des Réfiexions murales , condamné d'abord en 1708 par un simple décret de Clément XI , puis par la bulle Vnigenitus , du 8 septembre 1713. Il eut aussi quelques contestations avec l'archevêque de Cambrai ; mais le ton de douceur et de modération qui distingue les écrits de Fénelon contraste singulièrement avec le style amer et insultant dont les écrits polémiques du célèbre Oratorien portent l'empreinte. (Voyez Vllist. de Fénelon, Uv. V, n. 32, 33, liv.

VI, n. 8; t[YHist. iitt. de Fénelon , i" part. art. !"■ sect. 4 , n. 11.)

QUINOT (Joseph-Jean-Baptiste; , de la maison et société de Sorbonne, fut reçu docteur le 31 mars 1696. Fénelon, qui l'estimoit , contribua à le faire entrer chez le duc de Beauvilliers en qualité de précepteur, et le chargea, au mois de juillet 1697, de diverses démarches touchant l'affaire du livre des Maximes. L'abbé Quinot eut bientôt après avec l'évèque de Chartres une conférence , dont le résultat fut de proposer à l'archevêque de Cambrai quelques voiesd'accommodcment pour éviter d'engager l'affaire à Rome. (t. IX , p. 189 et 193.) On trouve encore cet abbé chez le duc de Beauvilliers en 1703; et il est vraise^nblable qu'il garda son emploi jusqu'à la fin de 1705, époque à laquelle le duc perdit ses deux fils. Nous voyons, à la lin de 1706 , le cardinal de Noailies se servir de l'abbé Quinot, Iiour lâcher d'amener Fénelon à faire quelques avances , afin de renouer leurs anciennes liaisons. En informant l'archevêque de Cambrai des dispositions de son Eminence , l'abbé le consultoit pour savoir s'il devoit accepter un logement que le cardinal lui oITroit à l'archevêché. Fénelon iui laissa une entière liberté à cet égard ; il lui manda même qu'il ne l'en considèreroit pas moins s'il acceptoit lesolfres du cardinal , et que sa demeure dans cette maison ne lui serait ni pénible ni suspecte. (1" sect. lettre 68 , t

VII, p. 257j. L'abbé Quinot fut alors pourvu, par la faveur de la cour, d'une chaire de théologie en Sorbonne, et devint ensuite syndic de la Faculté. Lorsqu'on 1711 ou publia la Dénnnci'itwH de la Théologie de Habert.le car-

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diiial de Noailles parut d'abord disposé à faire examiner cette Théulofjie, et l'abbé Quinot fut désigné comme un de ceux qui dévoient concourir à l'examen. Mais au mois d'août 1712, ayant approuvé l'écrit du docteur Gaiilande, intitulé : Éclaircissemens sur quelques ouvrages île théologie, cette approbation lui fit perdre tout à la fois les bonnes grâces du cardinal, et le titre de censeur. (Voyez la note de la A03« des Lettres diverses, t VIII, p. 130.) Les amis que l'abbé Quinot avoit à la courl'avoient aussi fait nommer en 1708 bibliotliécaire du collège Mazarin ; et quoique cette place fut incompatible avec celle de professeur, de nouveaux ordres de la cour empécbèrent de pourvoir à son remplacement; mais après la mort de Louis XIV, il quitta de lui-même s;i chaire. Il montra bien alors que le P. Lallement ne l'avoit pas mal jugé en 1711, lorsqu'il écrivoit à Fénelon (t. VII, p. 688.) que c'éloit un homme qui soufflait le froid et le chaud. On le voit , en efl'et , depuis la mort de Louis XIV, s'agiter outre mesure dans les assemblées de Sorbonne. Après s'être joint à ses confrères , qui , le 5 mars 1717, appelèrent au futur concile , de la constitution Unigenitus , il prononça, au mois de juillet suivant, en pleine Faculté, un discours pompeux à la louange du syndic Ravechet, exilé pour ses excès ; puis il rétracta l'approbation qu'il avoit donnée en 1712 au livre de Gaiilande. Enfin, comme dans ces circonstances orageuses le Régent empèchoit la Faculté d'élire un autre syndic, le zèle de l'abbé Quinot le lit choisir pour en exercer provisoirement les fonctions; et quelques mois après, le docteur Hideux, ayant été élu pour remplir cette place, lui adresa,au nom de la Faculté, des rcmercimens publics de 5a sage administration. Dans la suite, nous retrouvons l'abbé Quinot parmi les docteurs qui appelèrent de nouveau au mois de septembre 1718. Le catalogue de la bibliothèque Mazarine porte qu'il a été bibliothécaire jusqu'au 14 août 1722 . C'est vraisemblablement l'époque de sa mort (Voyez les Relations de Sorbonne , 1716 et 1718, I'« et III» part.)

QUIRINI (Jérôme , dit en religion Ange-Marie) , noble vénitien, né enlG80, entra de bonne heure dans l'ordre de saint Renoil, dont il fut pendant le dernier siècle, un des plus beaux ornemens , par sa vaste érudition et par les qualités encore plus estimables de son caractère. Pour satisfaire son amour des sciences et de l'érudition , il parcourut successivement l'Allemagne , l'Angleterre et la France , visitant avec soin toutes les bibliothèques, et faisant partout connoissancc avec les savans les plus distingués; Pendant le séjour qu'il fit en France , depuis le commencement de l'année 1711 jusqu'au mois de mai 1714 , il se rendit à Cambrai, qu'il regardoit comme le principal but de son voyage dans ce royaume, tant il désiroit passionnément de voir l'illustre prélat dont la renommée racontoit de si grandes choses. Aussi a-t-il consigné dans ses Mémoires ' les plus petits détails de ses rapports avec Fénelon ; et depuis son retour en Italie , il se fit toujours un honneur et un sujet de consolation de correspondre avec lui. Le mérite du P. Quirini le fit nommer en 1723 archevêque de Corfou , puis évèque de Brescia , et cardinal en 1727. Il mourut subitement d'apoplexie dans cette dernière ville, en 1755, âgé de 75 ans. Outre plusieurs monumens de sa

1 ('(iiu)iieiilarius liistoriois de rebiis pcrliiiciilibus ad ciirdinalcm Qniriinnn. liriviœ, t7.'(8 ol scq. 4 vul iii-b". (aI ouvnige rciirorme lieaucoup de laits imporlaus rclaliveimiit a l'histoire eitlésiastique , littéraire et niOuie jiolilique des dix-seiitieuie et di\-liuiticinc si(?cles.

libéralité , et ôe son zèle pour les sciences , il a laissé un grand nombre d'écrits pleins d'éruditicm , parmi lesquels il faut distinguer la nouvelle édition des Œuvres de saint Éphrem, en syriaque, en grec et en latin, 1732-1746, 6 vol. in-fol. (Voyez VHit. de Fénelon , liv. IV. n. 119 et 120.)

RADOLOVIC (Nicolas), originaire de Raguse, étoit archevêque de Chiéti , dans le royaume de Naplcs , quand le pape Innocent XII l'adjoignit, au mois de janvier 1698, aux huit consulteurs qu'il avoit choisis peu de mois auparavant pour examiner le livre des Maximes. Au mois de juin suivant , il le nomma secrétaire de la congrégation des Evcqucs et des Réguliers. Quoique ce prélat se fut prononcé fortement en faveur du livre de Fénelon, cela ne l'empêcha point d'être élevé au cardinalat, le 14 novembre 1699. Il ne jouit pas trois ai'.s de cette dignité , étant mort à Rome le 26 octobre 1702 , âgé de soixante-dix-huit ans. (Voyez la note sur l'article Alfaro, ci-dessus p. 172.)

RANGÉ (Armand-Jean le Bouthillier de), célèbre réformateur de la Trappe, né il Paris en 1026, se distingua de bonne heure dans la carrière des lettres et de la théologie. Il soutint , avec un grand éclat, ses thèses de licence , et disputa la première place a Bossuct, sur lequel même il eut l'avantage. Après avoir pris le bonnet de docteur en 1654 , il entra dans le monde et y mena quelque temps une vie licencieuse; mais revenu h Dieu , il édifia autant le monde qu'il l'avoit d'abord scandalisé. Un des principaux fruits de sa conversion fut la réformation de l'abbaye de la Trappe, où il donna jusqu'à la fin de sa vie l'exemple de toutes les vertus chrétiennes et religieuses. L'éclat avec lequel il se prononça en faveur de Bossuct , dès l'origine des fâcheuses discussions occasionnées par le livre des Maximes i, lui attira des vers très-piquans de la part du duc de Nevers , auteur de quelques poésies, qui ne manquent ni d'esprit ni d'imagination. Mais la manière pleine d'égards et de douceur dont l'archevêque de Cambrai répondit à ses procédés , détermina bientôt l'abbé de la Trappe a garder le silence sur ces tristes démêlés. Il se démit de son abbaye en 1695, et y mourut le 26 octobre 1700, avec des sentimensde pénitence dignes de la vie qu'il avoit menée depuis sa conversion. Hist. de Fénelon, liv. III , n 24 et 25.

RATABON (Martin de) fit ses études de tliéologie à Paris, • dans la maison de Navarre, et prit le bonnet de docteur en 1684. D'abord aumônier du Roi. et grand-vicaire de Strasbourg, il devint en 1693 évêque d'Ypres, d'où il fut transféré à Viviers en 1713. S'élant démis de ce siège sn 1723, il obtint l'abbaye de Saint-Barthélemi de Noyon, et celle de Mortemerau diocèse de Rouen, 11 mourut à Paris le 9 juin 1728 , dans sa soixante-quatorzième année.

REIMS (l'archevêque de) ; voyez Tellier (Charles- Maurice Le)

RENAUDOT (Eusèbe) naquit a Paris en 1646. Après avoir fait ses humanités chez les Jésuites, il entra chez les Pères de l'Oratoire, où il ne resta que quelques mois. Il continua depuis de porter l'habit ecclésiastique, mais il n'entra point dans les ordres sacrés. Il se rendit habile dans l'étude des langues , qui lui fut d'un grand secours pour la composition des savans ouvrages dont il a enrichi le public. Ayant accomi»agné le cardinal de Noailles au cou-

1 Voyez SIS lettres il lîossuet du mois de mars et du 14 avril 1C.97, t. XL , !>. -279 et 291 : la lettre de Fénelon à l'abbé de Kaneé, du mois de juillet; cl celle de l'abbé Deslyous, du \ aoiil de la même année, ci-dessus, t. ix, p. \^l et 180.

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clave de -1700, son mérite lui attira les distinctions les plus flatteuses de la part du pape Clément XI, et de plusieurs prélats romains. Ce fut à son rc:our en France qu'il publia la plupart de ses ouvrages, parmi lesquels on distigue surtout deux volumcsin-4°,qui parurent en 1711 et 1713, pour servir de continuation au livre de In Perpétuité de la Foi. (Voyez Arnauld et Nicole.) L"abbé Renaudot étoit particulièrement lié avec plusieurs zélés disciples de Jansénius et de Quesnel , et Fénelon le signale dans un Mémoire adressé en 1705 au pape Clément XI, comme imbu de la même doctrine. (Voyez le n. ix de ce Mémoire, t. IV des Œuvres ^ p. 454.; Toutefois il ne publia aucun ouvrage pour la défense du parti.

RICHEBR.\Qi;t: (Dom), avoit été prieur de Saint-Robert de Cornillon, monastère de Bénédictins près Grenoble. 11 étoit à niois quand madame Guyon lui écrivit, au mois d'avril 1695, pour \e pncr de rendre lémoignar/e à la vérité sur une maxime déte:^lable qu'on l'accusoit d'avoir enseignée. Il répondit de la manière la plus favorable à madame Guyon, par deux lettres du 14 avril, qu'on a vues dans la Correspond, sur le Quiétisme (t. IX , p. 59 et GO). On voit, par plusieurs lettres du P. Lami à Fénelon, que l'arcbevèquc de Cambrai entretint avec le P. Richcbraque des rapports d'amitié, jusqu'à la mort de ce religieux , arrivée au mois de juillet 1704.

ROCHELLE (l'évêque de La); Champfloup.

ROUAN (Hercnle-Méridiadec de), de la brancbe de Roban-Soubise , et connu sous le nom de Prince de Rolian , naquit le 8 mai 1699. Il étoit llls de François de Rohan , prince de Soubise et d'Anne de Rohan-Chabot , qui eut long-temps uu grand crédit auprès de Louis XIV. D'abord gouverneur de Cbampagne cl de Brie par la démission volontaire de son père, il fut créé lieutenant-général des armées du Roi le 26 octobre 1704. Il eslimoit particulièrement Fénelon , (pi'il avoit eu occasion de voir à Cambrai pendant la guerre de la succession, et aux avis duquel il se reconnut redevable de la faveur qu'il obtint en 1714 . par l'érection de la terre de Fontenai , en Saintonge , en duché-pairie, sous la domination de Rohan-l\ohan (Voyez sa lettre à Fénelon du 18 novembre 1714, t. Vlll, p. 23S.) Il mourut à Paris le 26 janvier 1746.

* ROHAN (Armand-Gaston, cardinal de), frère du précédent, naquit le 14 juin 1674. D'abord coudjuteur, puis évéque de Strasbourg , il obtint en 1712 le chapeau de cardinal, et en 1713 la dignité de grand-aurnônier, après la mort du cardinal de Janson.U eut part atonies les affaires ecclésiastiques de son temps, dans lesquelles il (it paroltre beaucoup de zèle pour procuier la paix de l'Eglise et la soumission due a ses jugemcns. Il ne distingua pas moins par sa générosité, par la douceur et l'affabilité de son caractère, et par toutes les qualités qui rendent les hommes aimables dans la société. Il étoit pénétré d'estime et de vénération pour l'archevêque de Cambrai , aux lumières duquel il eut souvent recours à l'occasion des affaires de la bulle L'uif/enilus. Il mourut en 1740. Vn an avant sa mort, il jiublia contre le l'.vre du P. Piclion , sur la fréquente communion, un iMandi'me7)t qu'on peut regarder comme un des plus r('mar(juabl(;s qui aiciil, |i;iiii à celte époque, pour l'exactiludc et la netteté di's priucipt's. (Voyez VHist. de lù'nelon, liv. VIII , n. 24 et 25; vAV Ami de la llrlvjiiia t. xij, p. 125 , etc.)

ROSLET (le P. Z.), procureur-général des Minimes, étoit l'agent du cardinal de Nnailles ii Rome. On voit, par les lettres de l'abbé de Ciiauterac, et parcelbs dcl'.ibbé Bos-

suet, qu'il se donna de grands mouvemens dans l'affaire du livre des Maximes. Il écrivoit à M. de Noailles, en lui envoyant le Bref de condamnation : « J'envoie à V. G. la » peau du lion qui nousa fjit tant de peine, et qui a étonné » tout le monde par ses rugissemens continuels pen- » dant plus de vingt mois. » Dans la suite, il se remua beaucoup en faveur du parti janséniste. Il mourut à Rome au mois de janvier 1713. (Voyez les lettres de l'abbé de Clianterac des 30 mars et 2 septembre 1698 , t. IX, p. 362 et 512; et celles du P. Daubenton du 23 octobre 1711 et du mois de janvier 1713 , t. VUI , p. 27 et 129.)

ROUEN (rarchevèque de) ; voyez Colbert (Jacques-Nicolas) , et AuBio'E.

ROU.IAULT (Nicolas-Etienne), seigneur de Villemain, d'abord maitre des requêtes, devint successivement intendant du Berri , du Ilainault, du Poitou et de Rouen. Sa femme, Barbe-Magdeleine Maynon, étoit particulièrement estimée de Fénelon , qui entretint long-temps avec les deux époux une correspondance habituelle. Anne-Elisabeth Roujault , leur lille , épousa en 1715 Guillaume de Lamoignon , avocat-général au Parlement, et depuis chancelier de France. De ce mariage naquit Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, dont le généreux dévoùmeiit k la cause de Louis XVI honorera éternellement le nom et la mémoire. Madame Roujault ne mourut qu'en 1756, âgée de quatre-vingt-huit ans.

SVBATIER (Pierre de), né à Vauréas, dans le comtat Vcnaissin,le 14 novembre 1654, fit ses premières études chez les Jésuites d'Avignon , et entra en 1673 au séminaire de Saint-Sulpice de Paris; où il reçut la prêtrise en 1685, et le bonnet de docteur quelques mois après. Ayant été admis cette même année dans la compagnie de Saint-Sulpice , il fut envoyé à Limoges, où il exerça tout à la fois les fonctions de directeur du séminaire et de vicaire-général du diocèse jusqu'en 1693. Â celte époque, Fénelon, qui s'occupait de la formation de son séminaire , sollicita M. Tronson de l'envoyer à Cambrai , au défaut de l'abbé Gaye qu'il avoit d'abord demandé, mais que des liens très-étroits allachoient alors au séminaire de Tulle (Voyez Gayk , cidessus.) Cette nouvelle demande de Fénelon n'eut pas plus de suite que la première. Les évoques de Chartres et d'Autun s'efforçoient , en même temps que l'archevêque de Cambrai , d'attirer dans leurs diocèses l'abbé Sabatier, qui fut enhn envoyé à Autun au mois de novembre 1692, pour y exercer les fonctions de supérieur du séminaire et celles de vicaire général du diocèse. Il devint en 1706 évéque d'Amiens, et gouverna cette église avec autant de zèle que de prudonce jusqu'à sa mort, arrivée le 20 janvier 1733. La Gnllia Christinna , en remarquant qu'il ne sortit de son diocèse que deux ou trois fois par nécessité , fait soa éloge en deux mots : Tolns ovibiis suis iotum se eis consecravit.

S.\CRIPANTE (Joseph) uaipiil le 19 mars |642 à Narni, dans l'Etat ecclésiastique. Il fut d'abord référendaire de l'une et l'autre signature , et sous-datairo des papes Innocent XI, Alexandre Vlll et Innocent XII. Ce dernier le créa cardinal le 12 décembre 1695, et le nomma, quelques jours après , préfet de la congrégation du Concib!. Il devint au mois de décembre 17C(), préfet de la daterie, sous le pape Clément XI, et il eut depuis , en cette qualité, des rapports assez fréquens avec Fénelon pour les affaires du diocèse de Cambrai. H mourut ii Rome le 4 janvier 1727, âgé de quatrcving-cinq ans, singulièicincnt regretté des pauvres, dont il avoit été le père.

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SACY (Louis de), né en 1GS4 , fui avocat au Parlement de Paris, et membre de l'Académie française. Il obtint un succès égal au barreau et dans la carrière des lettres , et mourut en 17-47, ;\gé de soixante-treize ans, après avoir publié divers ouvrages de littérature et de jurisprudence. Il avoit été pendant plusieurs années en correspondance avec l'archevêque de Cambrai , et ce fut lui qui rédigea l'approbation jointe en I7l7à la nouvelle édition du Télémaque, alors publié pour la première fois en France avec le sceau (le l'autorité royale.

SAINÏ-AIGNAN; voyez BEAivii.i.iKns.

SAINT-OMER (l'évêque de); voyez Vauîki.le.

SÂlNT-PONS (l'évêque de) ; voyez Mont(;aillard.

SAlNT-llEMI (Jean-Baptiste de La Landelle , dit l'abbé de), gentilhomme breton, enlra chez la duchesse d'Aremberg, en qualité de précepteur, vers la lin de l'année 1701. Il rédigea pour l'édition du Télémaque publiée à La Haye cette même année, une Préface, où il s'exprime sur le pur amour d'une manière conforme aux idées de Fénelon. (Voyez les lettres 50 et 54 de la Conesp. de famille , et les 96-^ et 99 des Lettres diversex , t. VII , p. 422 , 424 , 560 et 565.) On a encore de cet abbé des Mémoires sur l'Histoire de France (La Haye, 1716, 2 vol. in-l2) qui tinisseni en 752 , à l'élévalion de Pépin sur le trône; et le Mercure français ou Histoire courante de Louis XV (1718, un vol. in-8°.) Ces ouvrages n'ont pas eu grand succès.

SALl.\NS (l'abbé de) étoit un ami commun de Fénelon et de la famille de Noailles, par l'entremise duquel la maréchale de Noailles essaya, en 1708, de rapprocher l'archevêquede Cambrai et le cardinal de Noailles. (Voyez les lettres de Fénelon a cet abbé, des 23 novembre 1708 et 5 janvier 1709, L VII, p. 644 et 647.)

SALIGNAC ouSALAGNAC; voyez Fénelon.

SALLE (François Caillcbot de la) , d'abord aumônier du Roi , fut nommé en 1672 à l'abbaye de Rebais , et en 1690 à l'évéché de Tournai, pour lequel il fut sacré en 1692. Fénelon, le croyant favorable au jansénisme se réjouit de le voir donner la démission de son siège en 1705. 11 fut alors pourvu de l'abbaye de La Coulure du Mans, et" mourut à Robais au mois de décembre 1736 (Voyez le Mémoire de Fénelon au pape Clément \I , n. x; t. IV des Œuvres , p. 455.)

SALVIATI (Alaman) , né à Florence le 20 aviil 1668, étoit pi utonaire apostolique, lorsqu'il fut nommé en 1707, par le pape Cléuieut .\1 , nonce extraordinaire à la cour de France, pour porter les langes bénils et les autres présens destinés au duc de Bretagne, second lils du Duc de Bourgogne. Il arriva en France au mois de juillet 1708 , et fit son eutrée publique à Paris le 9 décembre suivant. Depuis il fut déclaré vice-légat d'Avignon eu 1711 , président de la légation d'Urbin en 1717, et cardinal par Benoit Xlll le 8 février 1730. Il mourut d Rome le 24 février 1733, âgé de soixante-quatre ans.

SANADON (iNoël-Etienne), Jésuite , né à Rouen en 1676, professa avec distinction les humanités dans son ordre , et ne se lit pas moins estimer par les qualités de son cœur que par son goût en littérature. On a de lui des poésies latines qui ne seroient pas désavouées par les meilleurs poètes modernes, et une traduction d'Horace qu'on a longtemps estimée , mais qui a été depuis efTacée par quelques autres. Ce fut le P. Sanadon qui composa l'épitaphe latine gravée en 1624 sur le tombeau de Féaelun , et rapportée

dans son Histoire, liv. VIII, n. 52. Il mourut ii Paris , au collège de Louis-le-Grand, dont il étuit bibliothécaire, le 21 septend)re 1733.

SANTEUL (Jean de), né à Paris en 1630, éluda chez Icâ Jésuites, et entra, à l'Age de vingt ans, chez les Chanoines réguliers de Saint-Victor. Ses poésies latines le font regarder avec raison comme un des auteurs modernes qui ont le plus participé au génie des meilleurs poètes du siècle d'Auguste. Ses poésies sacrées en particulier sont un des plus beaux ornemensdu Bréviaire de Paris et de plusieurs autres Bréviaires de France. Les ingénieuses fictions de la mythologie , souvent retracées dans ses poésies profanes, lui attirèrent, comme on sait, les reproches du grand évéque de .Mcaux , dont le goùl sévère , habituellement nourri des trésors de vérité renfermés dans les saintes Ecrilures , trouvoit un grand creux dans les fictions de l'esprit humain '.La manière ingénieuse dont se défendit Santeul dans son .hneade honorable , dut faire sourire la gravité de Bossuet; mais on sait que Fénelon et le grave abbé Flcury lui-même n'avoient pas besoin de cette Amende honorable pour condescendre aux jeux folâtres de l'imagination de Santeul. Ce poète célèbre mourut à Dijon le 5 août 1697. On a dit de lui tant de bien et tant de mal , qu'il seroit difficile de le dépeindre au naturel. Il paroit constant qu'il avoit dans le caractère un fond de légèreté et de bouffonnerie peu digne de la gravité religieuse. Il faut cependant avouer que les religieux de Saint-Victor s'inscrivirent en faux contre le recueil d'aventures scandaleuses et ridicules publié depuis la mort de Santeul, sous le nom de Santoliana. (Voyez VHist de fénelon, liv. IV, n.20.)

SANTINI (Vincent) fut internonce de Bruxelles après l'abbé Grimaldi, nommé en 1712 nonce de Pologne. On a plusieurs lettres de lui à Fénelon pendant les années 1713 et 1714.

SÉBASTE (l'archevêque de) ; voyez Codde.

SEIGNELAY ; voyez Colbert (Jean-Baptiste).

SERANl (Nicolas), procureur-général des Augustins, fut un des huit consiilteurs nommés par Innocent XII , au mois de septembre 1G97 , pour l'examen du livre des Maximes, et l'un des cimi qui conclurent à le condamner. (Voyez la note de l'article Alfaro , ci-dessus p. 172.)

SÉRAPHIN de Paris (le P.), Capucin du couvent de Meudon, étoit un prédicateur célèbre sous Louis XIV, par l'onclion et la simplicité évangélique de ses homélies. Ce fut lui qui , prêchant à la cour , apostropha un jour assez brus- (jueinent Fénelon , qui dormoit au sermon. Il n'en fut pas moins pénétré dans la suite d'estime et de respect pour l'archevêque de Cambrai. Son attachement marqué pour ce prélat , dans l'affaire du livre des Maximes , lui attira même un interdit de l'archevêque de Paris -, au mois d'aoôt 1690. On peut voir il ce sujet sa lettre du 15 mars 1700, ci-dessus, p. 43. [Uist. de Fénelon , liv. IV , n. 41, note.)

SERRY (Jacques - Hyacinthe ), célèbre Dominicain, et Thomiste zélé, naquit ii Toulon en 1659. Le cardinal de Bouillon l'emmena avec lui à Rome , au mois de mai 1697, en qualité de théologien ; mais bientôt le prélat , choqué de quelques-unes de ses opinions, le remit à la disposition

< Lettre u Santeul, du 19 scplenilnc 1(590. — * On a vu, dans la o.LXXXii des Lettres tlii\-rses (I. vi', p. Il), (luo le nirnie prélat avoit, on 1711, intcidil un prêtre, ixinr avoir donné ses soins il l'i'ililion du Mandement de l'évOquo de Gap eontie le livre du P. Quesuel.

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du général de son ordre , qui l'envoya professer la théologie dans l'Université de Padoue. (^Voyez Œuvres de Bossuet , t. XL, lettre 165.'; Le P. Serry mourut dans cette ville le 12 mars 1738 , après avoir publié un assez grand nombre d'ouvrages , dont plusieurs ont été mis à VIndex pour quelques opinions téméraires , principalement sur les matières de la grâce.

SÈVE DE ROCHECHOUART ( Gui de ) , reçu docteur de Sorbonne en 1666 , fut nommé évèque d'Arras en 1670 , et se démit en 1721 , en faveur de sou neveu, qu'il avoil obtenu pour coadjuteur deu.x ans auparavant , mais qui ne put avoir de bulle '. 11 étoit plein d'estime et de respect pour l'archevêque de Cambrai , son métropolitain , et le consultnil volontiers dans ses difficultés. Ce fut iine de ces consultations qui donna lieu à Fénelon d'adresser à ce prélat en 1707, la Lettre sur la lecture de l'Ecriture sainte en langue vulgaire. (T. II des Œuvres.) Il mourut dans son diocèse au mois de novembre 1724, épuisé de travaux et de vieillesse , et doyen des évèques de France.

SFONDRATE (Céiestin), né en 1643, entra chez les Bénédictins , professa le droit canonique dans l'Université de Saltzbourg, et fut ensuite abbé de Saint-Gai en Suisse. Son mérite et sa naissance lui procurèrent la pourpre romaine en 1695 ; mais il ne jouit pas long-temps de cet houne\ir , étant mort à Rome le 4 septembre 1696 , âgé de cinquantetrois ans. Outre plusieurs ouvrages contre l'assemblée du clergé de France de 1682, il publia, en 1696, le Nodus prœdestinationis dissolutus {Romœ , in-4o) , qui fut dénoncé au Pape , l'année suivante , par les archevêques de Paris et de Reims, conjointement avec les évêques de .Meaux , d'Arras et d'Amiens, comme contenant des opinions fausses et téméraires sur les matières de la gr:\ce , sur le péché originel, sur l'état des inlidèles et des enfans morts sans baptême : mais cette dénonciation n'eut pas de suite , les papes Innocent XII et (élément XI n'ayant point voulu faire examiner l'ouvrage de Sfondrate. (Voyez l'article Gabriui.u. Voyez aussi ÏHist. de Bossuet , liv. X, n. 4. — Méni. chrnnol. du P. d'Avrigny sur l'Hist. ecclés. 23 février 1697.)

SILLERY (Fabio Drulart de), né au château de Pressigny en Touraine le 25 octobre 1655, se fit un nom par son amour pour les lettres et par ses libéralités. Il étoit doyen de l'église de Reims quand il fut pourvu, en 1089, de l'évêché d'Avranches , qu'il permuta , au mois d'octobre de la même année, contre celui de Soissons, auquel le célèbre Iluet étoit nommé depuis 1685. Ayant été préconisé pour Soissons le 23 janvier 1692 , il fut sacré à Paris le 23 mars suivant , dans l'église de la maison professe des .lésuites. Il marqua son gouvernement par d'utiles établissemens , comme écoles, séminaires, hôpitaux, otc .. Plus de la moitié de son revenu étoit ordinairement employé au soulagement des pauvres, et dans les années de disette , il contractoit même des dettes pour les secourir. Il mourut le 20 novembre 1714 , dans sa soixante-unième année , laissant en manuscrit des commentaires sur quelques Fpltres (le saint Paul , des traductions des Pères , des traités de morale , des sermons , etc. On a imprimé , sans son aveu , deux lettres sur l'éloquence "^, et quehjues poésies qu'il avoil composées. 11 avoit été reçu à l'Académie française

• Voyei une note ix ce suji-l, ci-dessus, I. ix , p. 373. — * (libort a rendu comple ilf ces l.rltres, daiis \i;»Juf/eiiirii.-i (lis Siiiaiii sur lis ailleurs iiiii (nit Iniifc ilr lu Ithrluriiiiir , l. m, 1». 3.7, eu.

en 1705. Ce prélat est quelquefois désigné dans la Corresp. de Fénelon par le nom de .V. de Villers.

SOUASTRE; voyez Montberon.

SPADA (Fabrice) , né le 18 mars 1643 , et nommé archevêque de Patras en 1672 , fut nonce en Savoie et en France. Clément X le créa cardinal le 27 mai 1675. Lors de l'examen du livre des Maximes , en 4 697 , le cardinal Spada étoit secrétaire d'Etat, et membre de la congrégation du Saint-Oflice. L'abbé de Chanterac , dans une lettre à Fénelon du mois d'avril 1699 (ci-dessus, p. 18) le représente comme un homme uniquement occupé des affaires d'État , et plus versé dans l'art du gouvernement que dans la théologie , k laquelle ses différentes nonciatures ne lui avoient guère laissé le loisir de s'appliquer. Il mourut i Rome le 15 juin 1717 , âgé de soixante-quinze ans.

STEYAERT ( Martin ) , né le 16 avril 1647, dans une petite ville du diocèse de Gand, fut un des docteurs envoyés k Rome , en 1675 , par la Faculté de Lnuvain, pour provoquer la condamnation des propositions de morale relâchée. Il gagna l'estime d'Innocent XI et des cardinaux par ses lumières et par sa piété. De retour dans sa patrie en 1682, il devint successivement recteur de l'Université de Louvain, et vicaire apostolique de Bois-le-Duc. Il mourut le 17 avril 1701 , avec la réputation d'un théologien aussi habile que zélé pour la saine doctrine. Ses lettres k Fénelon montrent que , dans la controverse du quiétisme, il inclinoit pour les opinions de ce prélat, principalement sur l'article de la charité. On a publié k Louvain en 1703 une collection de ses Œuvres, en 6 vol. in-8''.

STIÉVENARD (Simon-Pierre), chanoine de Cambrai, fut honoré des bontés de Fénelon , qui l'envoya étudier k Paris, et le rappela ensuite pour lui servir de secrétaire. L'abbé Stiévenard étoit licencié en la Faculté de théologie de Paris, et fut nommé en 1709 par Fénelon k un canonicat de sa métropole ' -, mais il ne cessa point pour cela de se rendre utile au vertueux archevêque. Ce fut lui qui , après la mort du prélat , acheva l'impression de la seconde édition de V Instruction pastorale en forme de dialogues, sur le si/stème de Jansénius. Il publia cet ouvrage en 1715, et y joignit une Préface où l'on trouve une liste exacte de tous les écrits imprimés de l'archevêque sur la controverse du jansénisme. Il donna aussi , en 1715 et en 1718, deux éditions des Prières du mutin et du soir (voyez le Manuel de piété, t. V des Œufrc.<t) que l'illustre prélat avoit composées pour l'usage de son diocèse. Son zèle pour la mémoire de son protecteur l'engagea, quelques années après, k réclamer contre une assertion du P. Billuait, Dominicain, qui, dans son Thomisme triomphant , publié en 1725, avoil reproché à Fénelon de confondre le système des Thomistes avec celui des Jansénistes, et de les envelopper dans la même condamnation. Il motivoit cette accusation sur la première Lettre de Fénelon au P. Quesnel, dont il avoit cité inexactement un passage. Stiévenard traduisit le théologien comme calomniateur , dans son Apologie pour feu M. de Fénelon contre le Thomisme triomphant , 1726, in-4". Billuart avoua que sa citation étoit inexacte ; mais il prétendit que, dans d'autres écrits, Fénelon avoil mérité le même reproche : ce qui engagea Stiévenard k publier, la même année 1726 , deux nouvelles Apologies, aussi in-4'> , en faveur du prélat. Plus tard , il lit paroltre un

' Ff'Tieloi) .nvoil Vdiilu en 170S

Voyi'i l'ultes 1, p. 355.

NOTICE DES PERSONNAGES CONTEMPORAINS DE FÉNELON

écrit latin , intitulé : Concertotionps Jansenianorum

Cologne, 1730 , in-8". 11 y donnoit une idée dos disputes sur la grâce , et soutcnoit la doctrine de l'équilibre , contre un livre imprimé récemment à L'irecht. M. Le Glay, dans ses Recftsrc/tes sur l'église de Cambrai , 1825 , tu-'i", cite des fragmens d'une Dissertation inédite de Stiévenard sur la chronologie des éoèqnes de Cambrai , et il le croit auteur d'une autre dissertation manuscrite sur le temps du pontificat de Saint-Géri. Le même écrivain a donné une courte Notice sur Stiévenard , (|ui mourut le 19 août 1735. ?on nom étoit omis dans tous les Dictionnaires historifjites , jusqu'à ce que la Biographie universelle lui eût consacré un article , dont l'auteur a bien voulu nous permettre de faire usage. (Voyez Vllist. lilt. de Fénelon , 1" part., art l"', secl. I, n. li.

TALLARD (Camille d'Hostun , comte de), maréclial de France , naquit le 14 février 1652, d'une ancienne et illustre maison de Provence. Ses premiers pas dans la carrière militaire lui méritèrent l'estime de Tun-nne, qui lui contia plusieurs postes importans pendant sa belle campagne de 11)74. Il parut également propre aux négociations , et fut envoyé en 1097 , en qualité d'ambassadeur, en Angleterre, où il conclut avec le roi Guillaume III un traité de partage pour la succession de Charles II, roi d'Espagne. Ayant été chargé de donner les premières leçons de l'art de la guerre au Duc de Bourgogne , il fit avec ce jeune prince les camjtagnes de 1702 et 1703 , et reçut le 14 janvier de cette dernière année le b;\ton de maréchal, qu'il honora par de brillans succès dans la campagne suivante : mais il expia amèrement ses succès , en 1705 , à la bataille d'Hochstedt, où il fut entièrement défait, perdit son fils, et fut luimême fait prisonnier. Conduit alors en Angleterre , il y resta sept ans, pendant lesquels il servit beaucoup la France, en contribuant à détacher la reine Anne de la cause des alliés. De retour en France en 1712 , il fut créé duc, puis ministre et secrétaire d'Etat en 1726. Il mourut en 1728, ;1gé de soixante-seize ans. La lettre qu'il écrivit à Fénelon au mois de novembre 1702 (t. VII, p. 565) et qui rend un témoignage si honorable à la conduite du Duc de Bourgogne pendant la campagne de cette année , ne montre pas moins l'estime sincère du maréchal de Tallard pour l'archevêque de Cambrai.

TARGNY (Louis de) , reçu docteur de Sorbonne le 22 septembre 1688, fut d'abord trésorier de l'église de Reims, puis garde de la Bibliothèque du Roi en 17i2 , abbé d'Obasine en 1723. et de Saint-Lo en 1724. Nommé en 1729 à l'abbaye de Saiut-Barthélemi de Laon , il ne l'accepta I oiit. Il mourut le 3 mai 1737 , âgé de soixante-dix-huit ans. Fénelon le croyoit , à ce qu'il paroit , attaché aux principes du jansénisme. Nous ignorons sur quoi ce soupçon pouvoit être fondé du vivant de Fénelon ; mais il est certain que l'abbé de Targny se montra dans la suite opposé à ce parti. On peut voir les Nouv. eccle's. de 1739 à 1735, où cet abbé n'est point épargné.

TAVANNES (Nicolas de Saulx de) né le 19 septembre 1690, de Charles-Marie de Saulx , marquis de Tavannes, et de Marie-Catherine d'Aguesseau , fut d'abord chanoine de Saint-Pierre d'Appoigny, diocèse d'Auxerre. Fénelon, qui avoit une très-haute idée de ses talens et de sa piété, songea, vers la fin de 1714, à le demander pour coadjuteur; mais il couvrit ses démarches d'un si profond secret, que r.ibbé de Tavannes lui-même les ignoia entièrement , jusqu'au moment où le marquis de Fénelon publia, en 1734, un précis de la vie de son oncle. L'abbé de Tavannes se

monda toujours digne d'un suffrage si honorable. Il étoit grand-vicaire de Rouen, lorsqu'il fut nommé en 1721 à l'évèché de Châlons-sur-Marne, vacant par la mort de Gaston de Noailles , frère du cardinal de même nom. Il devint en 1725 premier aumônier de la Reine , fut transféré en 1733 il l'archevêché de Rouen , créé cardinal en 1756 , grand-aumOnier en 1757, et mourut le 10 mars 1759. (Voyez VlIist. de fénelon, livres VIII, n. 36.)

I. TELLIER (Charles-Maurice Le ), fils de Michel Le Tellier, chancelier de France, naquit en 1642. Nommé d'abord en 16G8 coadjuteur de Langres, et quelques jours après de Reims, il fut sacré la même année par le cardinal Barberin, archevêque de cette dernière ville, auquel il succéda en 1671. Il tenta inutilement en 1694, pendant la vacance du siège de Cambrai , de faire rentrer sous la dépendance de sa métropole quelques diocèses voisins qui en avoient été distraits en 1559 , lors de l'érection de Cambrai en métropole ». Il s'unit en 1697 à quelques-uns de ses confrères pour dénoncer au pape Innocent XII le Nodits prœdestinationis, publié à Rome, l'année précédente , par le cardinal Sfondrate ; mais on sait que cette dénonciation n'eut aucune suite. (Voyez Sfondrate.) L'archevêque de Reims eut aussi avec les RéguUers de son diocèse des discussions qui ne donnent pas une grande idée de sa prudence ni de sa modération. Il paroit même que , sans se déclarer ouvertement ami des Jansénistes , il avoit sur cet article des opinions peu conformes à la doctrine de l'Eglise et du saint siège. On cite , entre autres, de lui une lettre à M. Vivant, sur laquelle Fénelon vouloit qu'on l'attaquât (109'- des Lettres diverses , t. VII, p. 774). Il y déclare qu'il est « persuadé en son particulier, que les cinq propositions » sont de Jansénius ; mais il trouve ridicule d'exiger que » les autres entrent dans ce sentiment. » (Voyez les Me'm. chronol. du P. d'Avrigny sur l'Hist. ecclés. 24 mai et 15 juillet 1697, et 20 juillet 1701.) Il mourut subitement à Pans le 22 février 1710.

IL TELLIER (Louis-François-Marie Le), marquis de Barbesieux , troisième (ils du célèbre Louvois, naquit le 3 juin 1668 , et succéda en 1691 à son père dans les fonctions de ministre de la guerre ; mais sa vie molle et inappliquée rendit ii peu près inutiles les talens qu'il avoit pour l'administration Il mourut le 5 janvier 1701 , dans sa trentetroisième année. Il avoit épousé, le 11 janvier 1696, Marie- Thérèse d'Alègre , fille du marquis Yves d'Alègre , morte le 29 octobre 1706 , h l'âge de vingt-six ans.

III. TELLIER (Michel Le), Jésuite , naquit près de Vire, en basse Normandie, l'an 1643. Après avoir professé avec succès les humanités et la philosophie , il devint provincial de la province de Paris. Il étoit encore chargé de cet emploi , lorsque Louis XIV le choisit , en 1709 , pour son confesseur, après la mort du P. de la Chaise. C'étoit un homme instruit, et plein de zèle pour le maintien de la véritable doctrine contre les erreurs de Jansénius. Aussi étoit-il décidé à contribuer de tout son pouvoir à terminer les malheuit'uses querelles qui aftligeoient alors l'Eglise de Fiance. On présume aisément, d'après cela , que les Jansénistes n'ont )tts dû l'épargner. Il est possible que le P. Le Tellier , avec de bonnes intentions , se soit laissé quelquefois entraîner trop loin par l'ardeur de son zèle ; mais il y a loin de là au caractère odieux qu'on lui a prêté, et au nMe violent qu'on lui a fait jouer. Il est d'ailleurs à remarquer que, sur les

* Viivcv, dm, s le t. VIII lie la dirri'sitdinliiiiie , V.fvcrtisffiiifiil sur 11' Mtiiioiro coiucniaiil l'erecliim de Cuinbriii en archcvcche.

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plaintes de plusieurs évêques contre le livre des Réflexions morales , cet ouvrage du P. Quesnel avoit déjà été condamné à Home par un décret du 13 juillet 1708, avant que le P. Le Tellier fût confesseur de Louis XIV. L'influence que ce religieux avoit . à raison de son emploi, dans les affaires ecclésiastiques , obligeoit souvent les évèques de France à employer sa médiation auprès du Roi. Telle fut l'occasion de la correspondance de Fénelon avec le P. Le Tellier ; correspondance singulièrement intéressante par les détails qu'elle renferme sur les affaires du temps , et en particulier sur les dispositions de Louis XIV envers l'archevêque de Cambrai. On y voit en effet , avec satisfaction , que ce prince , sans revenir entièrement de ses préventions contre Fénelon , reconnut toujours en lui un prélat dévoué aux intérêts de la religion , et recevoit même avec plaisir , par le canal du P. Le Tellier , les vues de ce prélat pour l'extirpation de l'hérésie et pour la paix de l'Eglige. Après la mort de Louis XIV, son confesseur fut exilé à Amiens , puis à La Flèche , où il mourut en 1719 , âgé de soixanteseize ans. Il est souvent désigné dans la Conesp. de Fénelon sous le nom de M. Bourdon.

TEMPLERIE (Louis Guezet de La), prêtre du diocèse de Coutances, éloit depuis quinze ans curé dans le diocèse de Cambrai, quand Fénelon le choisit en 1C97 pour accompagner l'abbé de Chanterac à Rome. Le prélat le nomma , l'année suivante, à un canonicat de sa métropole. On voit, par la lettre 48 de la Corresp. de famille (t. Vil, p. 413) que Fénelon le chargea de surveiller l'éducation du mar- (juis de Laval , fils de sa belle-sœur , pendant le séjour que ce jeune homme lit à Cambrai dans l'été de 1700.

THORENTIER (Jacques) , prêtre de l'Oratoire , exerça avec succès le ministère de la chaire , à Paris et dans les provinces .jusqu'à sa mort , arrivée en 1713. Il eut même sous M. dellarlai, archevêque de Paris, le titre de grandpénitencier; mais il n'en fît jamais les fondions. Outre ses Sermons , il est auteur de petits ouvrages sur l'usure , la pauvreté religieuse , etc. Soumis aux décisions de l'Eglise, il travailla avec ardeur, mais inutilement , à ramener le P. Quesnel aux mêmes senlimens.

TIBERGE (Louis), directeur du séminaire des Missions- Etrangères à Paris , fut élu supérieur de cette maison en 1692 , et remplit cette place , de trois ans en trois ans , alternativement avec M. de Brisacier. Tous deux jouissoient de la considération universelle , pour leurs vertus et leurs lumières. Aussi madame de Maintenon eut-elle recours k leurs conseils , lorsqu'elle voulut, donner des règlemens à la maison de Saint-Cyr, et depuis encore , en 1094 , au sujn des livres de madame Guyou Us entrctenoicnt tous deux une correspondance avec Fénelon, et lui écrivirent plusieurs fois, eu 1700 et 1702, pour tâcher d'obtenir sa faveur dans l'affaire des cérémonies chinoises. M. Tiberge avoit été pourvu en 1691 de l'abbaye d'Andres , dont il se démit en 1722, Il mourut k Paris le 9 octobrr 1730. On a de lui plusieurs livres de piété . et quelques Lettres et .Mémoires, rédigés de concert avec .M. de Brisacier , sur la controverse des cérémonies chinoises. On peut en voir la liste dans le Dict. de Moréri. fVoyez Vllisf.. de l-n,rlon , liv.Il, n. 2, 6, 25, etc.; liv.IV, n. 94.)

TLMOTHÉE (lacques Peschard, dit en religion le P.) éloit lils d'un apothicaire de La Flèche en Anjou. 11 naquit en 1664, et entra de bonne heure chez les Capucins, où il enseigna d'abord la théologie avec distinction. Il étoit gardien du couvent de Vannes, lorsque le général de son ordre le lit venir k Rouie en 1703 , pour y exercer les fonc-

tions de secrétaire français du procureur-général de l'ordre. A peine arrivé à Rome, le P. Timothée fut présenté au pape Clément XI, qui conçut aussitôt pour lui une estime et une confiance particulières. Le P. Timothée méritoit cette faveur par son zèle, ses lumières et sa piété. Il paroit que ce fut lui qui dénonça le premier au souverain Pontife les Réflexions morales du P. Quesnel , dont il poursuivit fortement la condamnation. lia donné lui-même l'histoire de ces poursuites dans ses Mémoires , publiés par l'abbé Bertrand de la Tour, sous ce titre : Mémoires du P Timothée de La Flèche , Capucin , évcque de Béryfe. (Avignon, 1774, in-12.) Cet ouvrage, écrit sur les pièces originales, par un homme qui avoit vu de près tout ce qu'il raconte , renferme une foule de détails précieux pour l'histoire de cette époque. De retour en France en 1713 , le P. Timothée fut nommé coadjuteur de l'évêque de Babylone en 1715, sous le titre d'évêque de Béryfe in part, infid. ; mais il n'alla point en Perse, et accepta en 1722 le titre de sufTragant du cardinal de Gesvres, archevêque de Bourges. Il quitta ce diocèse vers l'an 1730, pour se retirer chez les Capucins de Tours. Enfin il mourut à Nantes au mois de mars 1744, âgé de quatre-vingis ans. On peut reprocher au P. Timothée de n'avoir pas été entièrement exempt d'ambition, et d'avoir terni l'éclat de ses bonnes qualités par un caractère un peu trop vif; maison ne doit pas juger de lui d'après le portrait qu'en font h Jourjial de Dorsonne et les Nouvelles ecclésiastiques , qui ne jiouvoient lui pardonner d'avoir poursuivi avec tant d'activité la condamnation du livre des Réflexions morales.

TINGRY ; voyez Luxembouri;.

TORCI; voyez Colbert (J. B. marquis de).

TOSCANE; voyez Cosme III.

TOl'L (l'évêque de) ; voyez Bissy.

TOCR (Pierre-François d'Arérez de la) , né à Paris en 1653 , entra en 1672 dans la congrégation de l'Oratoire , où il professa d'abord la philosophie pendant plu^iieurs années. En 1680, on l'appela au séminaire Saint-.Magloire de Paris, dont il fut supérieur jusqu'en 1696, ipoque k laquelle il devint supérieur-général de la congrégation. H mourut subitement k Paris le 13 février 1733, âgé d'environ quatre-vingts ans. Ce père avoit un grand ascendant sur l'esprit du cardinal de Noaillcs , dont il partageoit les opinions sur l'article du jansénisme. (Voyez le Mémoire latin de Fénelon au pape Clément XI , n. ix ; t. IV des Œuvres , p. 454.)

TOURNAI (l'évêque de); voyez Salle (La), Coetlogon, et Beauv.\i'.

TOIJRNE.MINE (René-Joseph de), d'une très-ancienne maison de Bretagne, naquit le 26 avril 1661. Il entra chez les Jésuites , devint bibliothécaire de la maison professe de Paris , et travailla long-temps au Journal de Trévoux. Sa vaste érudition dans tdutes les sciences , tant sacrées que profanes , le rcndoil plus propre que personne k répandre de l'intérêt dans ce Journal. Il se faisoit un plaisir de communiquer ses lumières k tous ceux qui s'adressoient k lui , et les étrangers surtout étoient assurés d'en être accueillis favorablement. Il mourut k Paris le 16 mai 1739 , Agé de soixante-dix-huit ans. Indépendamment des nombreuses disPertations dont il a enrichi le Journal de Trévoux , on a de lui une excellente édition de Menochius (Paris, 1719, 2 vol. in-fol.) une édition de YHisloire des Juifs de Prideaux (6 vol. in-12). et un traité manuscrit contre les systèmes du P. Hardouin, son confrère. Nous avons remarqué ailleurs qu'on doit au P. Tournemine la

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première édition du traité de Fénelon sur l'exisleyice de Dieu.HistJitt.de Fénelon, I" part., ait. issect. 1'% u. 1 ■^) Voyez l'article Coetlogox.

TREMOILLE (Joseph-Emmanuel de La) , fils de Louis de Trémoille, duc de Noirnioutier, étoit frère de la célèbre princesse des L'rsins. Il fut nommé auditeur de Rôle en lf)93, cardinal en 1706 , commandeur des ordres du Roi en 1708, puis évoque de Dayeux en 1716; mais avant d'avoir été sacré, il fut transféré en 1718 ii l'arctievèché de Cambrai , vacant par la mort de Jean d'Estrées , neveu du cardinal, qui avoit été désigné pour succéder a Fénelon, et qui mourut avant d'avoir obtenu ses bulles. Le cardinal de La Trémoille fut sacré à Rome par le pape Clément XI , auprès duquel il avoit été chargé des aft'aires de France après le cardinal de Janson. Il mourut à Rome le 6 janvier 1720. Ce fut lui qui sollicita au nom de Louis XIV et obtint du pape Clément XI la bulle Unigenitu.i.

TRONSON (Louis), supérieur-général de la compagnie de Saint-Sulpice , naquit à Paris en 1621. U étoit fils d'un secrétaire du cabinet, que sa place mita portée de recueillir sur l'histoire de Louis XIII des matériaux inléressans, dont le P. Griffet s'est servi utilement pour l'histoire de ce prince. Après avoir fait ses études à Paris , M. Tronson embrassa l'état ecclésiastique , et devint aumônier du Roi. Mais le désir d'une plus grande perfection lui fit quitter cet emploi en 1655 , pour entrer au séminaire de Saint-Sulpice , établi depuis quelques années par le pieux Olier, curé de cette paroisse. Attaché ensuite à la compagnie fondée par ce vertueux piètre pour la conduite des séminaires, il donna, dans les divers emplois dont il fut chargé de si grandes preuves de prudence et de piété, qu'il fut élu en 1676 pour succéder à M. de Bretonvilliers , sicond supérieur-général de la compagnie. Il est difficile d'obtenir uce considération plus générale et plus méritée. Une piété éminante, un grand sens, un esprit de conciliation qui lui gagnoit tous les cœurs , justifioient le respect et la confiance que lui lénioitinoient les personnages les plus distingués à la cour et dans le clergé. Ce fut lui qui forma Fénelon, encore jeune , à la science et aux vertus ecclésiastiques; et l'on sait quelle fut toujours la vénération et la confiance de cet illustre disciple pour un si sage directeur. Associé en 1695 aux évoques de Meaux et de Chàlons , pour examiner la doctrine et les livres de madame Guyon, M. Tronson concourut, avec ces prélats et avec Fénelon , h la rédaction des trente-quatre Articles arrêtés à Issy le 10 mars 1695, et qui furent le principal résultat des conférences. Pendant les malheureuses discussions qui s'élevèrent quelques temps après entre Bossuet et Fénelon, à l'occasion du livre des Maximes, M. Tronson ne négligea aucun des moyens que la prudence lui perniettoit d'employer, pour modérer la vivacité des controverses. Fénelon de son côté , pour ne pas s'exposer à compromettre les intérêts de la congrégation de Saint-Sulpice , correspondit plus rarement et plus secrètement avec le vertueux supérieur, qu'il ne cessa jamais de respecter comme son maître, et de chérir comme son père. M. Tronson mourut le 26 février 1700 , âgé de soixante-dix-huit ans. On a de lui plusieurs ouvrages très-eslimés , dont les principaux sont , 1" Examens particuliers , imprimés pour la première fois à Lyon en 1690, et souvent réimprimés depuis; 2° Forma Cleri ; c'est un recueil de passages tirés de l'Ecriture, des conciles et des saints Pères, sur la vie et les mœurs des ecclésiastiques. La première édition , en 3 petits vol. in-12, a été suivie d'une autre beaucoup plus complète (1724 , 1 vol. in-4°, et 1770 , 3 vol. in-l2; pu- FÉNELON. TOME X.

bliée sur les manuscrits de M. Tronson. (Voyez VHitt. de Fénelon, liv. I, n. 12, 17,67; liv. II , n. 26 , 27, 32, etc. ; liv. m , n. 17, 35, 74 . etc.)

TLRODlN (Joseph), né Met, se rendit célèbre sous le règne de Louis XIV par ses talens en chirurgie, aussi bien que par son zèle et son désintéressement dans l'cvercice de son art. Etant tombé malade au service de l'armée de Flandre , en 1709 , il fut transporté à Cambrai par ordre de Fénelon , qui avoit toujours eu pour lui une estime singulière et une sincère amitié. Malgré tous les soins que l'archevêque de Cambrai lui prodigua dans son propre palais avec le plus tendre empressement , Turodin mourut le 8 juillet 1710, entre les brasde l'illustre prélat, qui fut sensiblement affligé de celte perte.

VALBELLE (Louis-Alphonse de) , d'une ancienne et illustre famille de Provence , après avoir terminé en 'Sorbonne le cours de ses études théologiques , fut reçu docteur le 10 avril 1668. Il étoit aumônier du Roi, et agent du clergé, lorsqu'il fut choisi , le 25 décembre 1677, pour succédera Nicolas Pavillon dans le siège d'Alet : les affaires de la régale retardèrent son sacre jusqu'en 1680. Louis XIV le nomma en 1684 à l'évèché de Saiut-Omer; mais ayant été membre de la célèbre assemblée de 1682 , il ne put obtenir de bulles pour ce siège , qu'au mois d'octobre 1693, après avoir écrit au Pape la lettre de satisfaction convenue avec ce prince , et qui fut commune à tous les membres de cette assemblée nommés à des évèchés. Ce prélat appela les Filles de la Charité dans sa ville épiscopale, y fonda un hôpital, auquel il légua encore par son testament 80,000 livres, et un séminaire, où il établif quatre-vingts places gratuites, avec une bibliothèque pour faciliter aux élèves les moyens d'étudier. Il mourut le 29 octobre 1708 , âgé de soi.xante-huit ans. Les démêlés qu'il eut à diverses époques avec l'archevêque de Cambrai ne donne pas une grande idée de sa prudence ni de sa modération. (Voyez l'Hist. de Fénelon, liv. 111, n. 119. liv. IV, n. 89; et les lettres 113 et 118 de la iv-' section , t. VIll, p. 408 et 414.) VALLON!; voyez Vaucel (du).

VALOIS (Louis Le), né à Melun vers la fin de l'année 1639 , entra fort jeune dans la compagnie de Jésus, et enseigna d'abord les humanités à Paris , depuis 1662 jusqu'en 1667. De là il fut envoyé à Caen pour professer la philosophie. Ce fut pendant son séjour dans cette dernière ville qu'il commença , chez le maréchal de Bellefonds , des retraites spirituelles, qui servirent de modèle à celles qu'il établit depuis au noviciat des Jésuites à Paris. Cet établissement, et les Lettres spirituelles qu'il publia sur les avantages de la retraite , lui attirèrent la confiance de plusieurs personnes de qualité, qui devinrent, sous sa conduite, des modèles de vertu et de régularité. Le P. de la Chaise étoit alors confesseur de Louis XIV, du Dauphin son fils, et des trois princes ses petits-fils; mais voyant que les trois jeunes princes entroient dans un âge qui demandoit des soins plus assidus que son emploi auprès du Roi ne lui permettoit de leur donner, il proposa à Louis XIV de leur choisir un confesseur particulier; et de concert avec le duc de Beauvilliers et l'abbé de Fénelon , il indiqua le P. Le Valois, dont le choix fut agréé du Roi. Ce digne religieux avoit en eiïet toutes les qualités nécessaires pour un pareil emploi. Un esprit nalurellemeni droit et solide, perfectionné par de longues études, un langage plein d'onction et de douceur, des manières insinuantes et pleines de bonté , lui concilioient l'esprit et le cœur de luus ceux dont il pouvoitse faire écouter. Toutes ces qua-

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lités éclatent dans ses Œuvres spirilnelles:, publiées après sa mort par le P. Brelonneaii, son confrère (Paris , 1706 . 3 vol. in-'12.1 II mourut à Paris le 12 septembre 1700, peu de temps avant que le Duc d'Anjou , petit-fils de Louis XIV, alliit prendre possession de la couronne d'Ëspasne. Le P. Le Valois ne fut point enveloppé dans la disgrâce qui fit éloigner des jeunes princes.au mois de juin 1698 , la plupart des hommes estimables qui avoient travaillé à leur éducation , de concert avec l'archevêque de Cambrai ; mais ce ne fut pas la faute des adversaires de ce prélat . qui ne négligèrent rien pour rendre suspecte la doctrine du confesseur des jeunes princes. (Voyez la lettre de l'abbé Bossuel à son oncle , du 8 juillet 1698, t. XLI , p. 316; celle de Fénelon à M. Tronson, du 27 avril 1697, et celle de M. Tronson au duc de Beauvilliers , du 22 juillet 1698, avec la note y jointe, t. IX, p. 144 et 473.)

VAUCEL (Louis-Paul du) . si connu dans les aiïaires de la régale et du jansénisme, étoit natif d'Evreux. Après avoir exercé quelque temps les fonctions d'avocat , il embrassa l'état ecclésiastique, et s'attacha à M. Pavillon, évèque d'Âlet, qui le fit chanoine et théologal de sa cathédrale. Les mouvemens qu'il se donna pour soutenir les prétentions de ce prélat dans l'affaire de la régale lui attirèrent en 1677 une lettre de cachet, qui le reléguoit à Saint-Pourçain, en Auvergne. Après quatre années d'exil, il se rendit en Hollande auprès d'Arnauld, qui l'envoya à Rome en 1682, pour V servir par ses écrits et par ses négociations le parti janséniste. DuVaucel passa vingt ans dans cette ville, caché sous le nom de Valloni, entretenant avec Ârnauld et les autres coryphées de la secte,»une correspondance Irès-active, dont on trouve la substance dans le Causa Quesnelliana (Bruxelles, 1704, in-8"). Il mourut a Maeslricht le 22 juillet 1715, âgé d'environ soixante-quinze ans. On a de lui un grand nombre d'écrits anonymes, la plupart sur les affaires du jansénisme et de la régale. On peut en voir la liste dans le Dirt. de Moréri.

VENDOME (Louis-Joseph, duc de) , arrière-petit-fils de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées , naquit en 1654. Après avoir passé par tous les grades , il fut envoyé en Espagne pour commander l'armée de Catalogne , où il prit Barcelone en 1697. Louis XIV le nomma en 1702 pour aller en Italie remplacer le maréchal de Villeroi , qui n'avoit éprouvé que des échecs. Dans cette campagne , ainsi que dans plusieurs autres , auxquelles il eut part pendant la guerre de la succession, il montra beaucoup de talens et de valeur, et obtint même quelquefois de grands succès : mais il faut avouer aussi que son caractère opiniâtre, indolent et inappliqué nuisit en bien des occasions au succès des affaires. C'est le jugement que Fénelon porte de lui en plusieurs endroits de sa Correspondance, et qu'on trouve confirmé par tous les Mémoires du temps. l'n des torts les plus graves du duc de Vendôme est de s'être livré à toutes les intrigues de la cabale qui gouvernoit le Dauphin , fils de Louis XIV, et dont tous les efl'orts tcndoient îi perdre le Duc de Bourgogne dans l'esprit du Roi et dans l'opinion publique. Il mourut d'une indigestion en 1712, àVignaros en Espagne, âgé decinquaiiteluiit ans, après avoir affermi la couronne d'Espagne sur la tête de Philijipe V, par la célèbre victoire de Viilaviciosa , gagnée le 10 décembre I7]0. (Voyez YHisl. de Fénelon, liv. Vil, n. 17, 30, 42, etc.). •

VERDrUE (Nicolas-.Iosepli de la), né à Aire m Artois en 1654 , fut d'abord docteur et professeur de tlié(di>gie dans l'Université de Douai , puis doyen de la collégiale de Saint- Amé de la même ville. Il étoit généralement estimé pour son savoir et pour sa charité envers les pauvres. Vers la

fin de l'année 1697, il composa, en faveur de Fénelon, une réponse à la Déclaration des trois prélats contre le livre des Maximes. (Voyez sa lettre àFénelondu 21 octobre 1697, t IX, p 219.) Il mourut en 1717.

YIDAME D'AMIENS ; voyez Chaulnes.

VILLARS (Louis-Hector , marquis , depuis duc de) , pair et maréchal de France , naquit à Moulins au mois de mai 1651. Après s'être distingué eu diverses occasions, et particulièrement dans la campagne de Flandre en 1674, il fut fait maréchal de camp en 1690. et envoyé en 1697 comme ambassadeur extraordinaire à Vienne, d'où il revint en 1701. Chargé depuis de divers commandemens en Italie, en Allemagne, en Dauphiné et en Flandre, pendant la guerre de la succession , il déploya partout une grande valeur. Ses succès eu Allemagne dans les années 1702 et 1703, en Dauphiné pendant la campagne de 170S, et surtout en Flandre dans celle de 1712 , lui ont acquis la réputation d'un des plus habiles généraux de son temps. Il mourut à Turin le 17 juin 173'), âgé de quatre-vingt-deux ans. On lui a justement reproché un caractère vain et présomptueux , toujours enclin à rabaisser les succès d'autrui pour exalter les siens. Ilavoit cependant des vertus morales qui le firent estimer, et il fut toujours sincèrement attaché à la religion. (Voyez VHist. de Fén.,\[\'. VII, n. 60.)

VILLEROI (François de Neufville, duc de), maréchal de France, naquit en 1643. Il étoit fils de Nicolas de Neufville, quatrième du nom, maréchal de France et gouverneur de Louis XIV. Villeroi, élevé avec ce prince, conserva toujours son amitié et sa faveur. Employé en diverses campagnes, il eut peu de succès, et s'attira même la réputation d'un général qui n'avoit ni les talens de son emploi ni la confiance de ses soldats. L'imprudence avec laquelle il se laissa surprendre en 1702 à Crémone, où il fut fait prisonnier, et la la perte de la bataille de Raraillies en Flandre , le 23 mai 1706, lui attirèrent surtout les reproches de ses contemporains. Ce fut quelque temps après ce dernier échec que Louis XIV lui ôta le commandement des armées. Malheureux à la guerre, il fut plus heureuî dans le cabinet. Il devint ministre d'Elatcn 1714, et gouverneur de Louis XV en 1717, Il eut bien des désagrémcns à essuyer dans ce dernier emploi, de la part du duc d'Orléans, dont il ne goûtoit ni les maximes ni la conduite. Il fut même exilé en 1722, et dépouillé de sa charge, qui fut donnée au duc de Charost. Il mourut le i8 juillet 1730, âgé de quatre-vingt-sept ans, avec la réputation d'un courtisan honnête, généreux et bienfaisant. {Hist. de Fén., liv. VII , n. 17, 23 et 78.)

VINTIMILLE (Charles -Gaspard -Guillaume de), de la branche des comtes de Marseille du Luc, né le 15 novembre 1 655, d'une des plus anciennes familles de France, fut d'abord évèque de Marseille. Nommé à ce siège en 1684 , il ne fut sacré qu'en 1692, à cause de la division qui exisloit alors entre le saint siège et la cour de France. Il fut transféré en 1708 h l'archevêché d'Âix, et en 1729 à celui de Paris , où il mourut le 13 mars 1746, avec la réputation d'un prélat également rempli de zèle et de douceur. Des sarcasmes que les disciples de Jansénius lancèrent contre lui montrent assez quels furent ses sentimens sur les controverses qui troubloient alors l'Eglise.

VITRY (Edouard de), Jésuite, naquit vers 1670. Envoyé il Caen, il y professa d'abord l'astronomie et les mathématiques, et plus lard la théologie. Il résida quelque temps à Cambrai , et y acquit l'estime de Fénelon. Il étoit dans cette ville on 1700, comme on le voit par une lettre que leP.Daubriit(ni , son confrère , lui écrlvoit de Rome, le 24 mars de

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celte même année (voyez t. VII , p. 689) , sur différentes affaires qui concernoienl en partie l'archevôque de Cambrai. Le P. Lallemant mandoit à Fénelon, le 5 mars 1711 [ibicl.), qu'il étoit à La Flèche d.'puis quatre mois. En 1724, il fut envoyé à Rome, où il déjoua souvent les intrigues des Jansénistes sous le pontificat de Benoit XIII. Aussi n'est-il point ménagé dans les Nouvelles ecclés. de l'année 1728. On conjecture qu'il est mort vers 1730. Il a publié quelques écrits, et inséré divers articles dans les Mémoires de Trévoux , sur l'astronomie , la numismatique et autres matières. (Voyez la Biographie universelle, t. XLIX.)

VIVANT (François), né à Paris en 1663, fut reçu docteur de Sorbonne le 27 avril 1688, et devint en 1697 curé de Sainl-Leu. Ce fut lui qui rédigea l'année suivante l'Avis doctrinal des docteurs de Paris contre le livre des Maximes (les Saints. (Voyez ci-dessus, p. 651.) En 1711, le cardinal de Noailles le lit chanoine de sa métropole, puis pénitencier et grand-vicaire , le logea dans sou palais , et lui donna sa confiance. Mais quand l'abbé Dorsanne et les partisans de Quesnel eurent entraîné le cardinal dans une longue suite (le démarches aussi funestes à sa propre tranquillité qu'à la la paix de l'Eglise, l'abbé Vivant quitta l'archevêché, et devint doyen du chapitre de Saint-Germain-l'Auxerrois. Après la mort de l'abbé Dorsanne , en 1 728 , il rentra en faveur auprès du cardinal , et fut nommé oflkial et grandvicaire, titres qu'il conserva sous M. de Vintimille. En 1730, il succéda, dans la dignité de grand-chantre de Notre-Dame, à Jean Vivant, son frère aîné, qui devint alors évêque de t'aros, et suffragant de Strasbourg. S'étant démis de cette place le 10 novembre 1739, il mourut trois semaines après, dans la soixante-dix-septiènie année de son âge. L'abbé Vivant eut part h l'édition du Missel de Paris, donnée en 1 706. Il est encore auteur d'une réfutation du traité de Jacques Boileau en faveur de la pluralité des bénéfices, et d'un écrit sur la réunion de l'Eglise anglicane, 1728, in-t».

VOVSIN (Daniel-François) naquit k Paris en 1654. D'abord maître des requêtes, il devint en 1688 intendant du HainauU, et conseiller d'Etal en 1694. La faveur de madame de Maintenon le fit choisir pour succéder, en 1709, à M.Chamillard dans le ministère de la guerre, emploi très-difficile à une époque où le désordre des finances, la disette des vivres, etc. empèchoient de pourvoir les armées des choses les plus nécessaires. 11 y donna des preuves de son zèle, de la pureté de ses vues, et de s(ui désintéressement. Nommé en 1714 il la place de chancelier, vacante par la retraile de M. de Pontchartrain, ce fut lui qui écrivit le testament de Louis XIV, dont il vint, quelques jours après la mort de ce prince, prononcer la nullité au Parlement. Cette dernière action lui fit perdre l'estime publique, et l'empêcha de faire aucun bien dans le conseil de régence, où il étoit entré. Il mourut subitement le 2 février 1717.

VRILLIERE (Louis Phelypeaux, marquis de la), fils de Balthasar Phelypeaux, marquis de Chàteauneuf et secrétaire d'Etat, naquit le 14 avril 1672. A la mort de son père, il lui succéda le 10 mai 1700, dans la charge de secrétaire d'Etat, et fut nommé, peu de jours après, commandeur et secrétaire des ordres du Roi. 11 devint depuis conseiller au conseil de régence sous la minorité de Louis XV, et mourut à Paris le 7 septembre 1725.

VUITASSE (Charles), né enl661 àChauni, dans le diocèse de Noyon, lit ses études en Sorbonne, fut reçu docteur en 1690, et ensuite professeur de cette maison. On a de lui plusieurs traités de théologie dogmatique généralement estimés. Son opposition à la bulle Unigenitus le fil priver de sa chaire et exiler à Noyon en 1714. Il chen^hoit à se faire rétablir, après la mort de Louis XIV, lorsqu'il fut enlevé par une attaque d'apoplexie le 10 avril 1716.

UXELLES; voyez Huxeixes.

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