‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 19 sur 422 · PROCUREUR-GÉNÉRAL DE LA DOCTRINE CHRETIENNE · texte numérisé non relu

PROCUREUR-GÉNÉRAL DE LA DOCTRINE CHRETIENNE

A L'ABBÉ DE CHANTERAC.

Sur la disposition jjrésente dos esprits à Rome. A Rome, le H juillet 1699.

Avant que de vous écrire, j'ai voulu recueillir tout ce quon disoit. Les propositions censurées dans le Bref ne font nul tort à M. de Cambrai. Ceux qui étoient les plus déchaînés contre lui ont été édifiés de sa prompte et humble soumission ; et quoiqu'ils aient un peu murmuré sur le mot de innocentimn et àe. probra % ils ne laissent pas de louer sa conduite. Un jour, je me trouvai avec le R. P. Massoulié dans un cercle savant; et comme quelques-uns se jetèrent aigrement sur cette affaire , ce bon père reprit la parole, et répondit que M. de Cambrai avoit écrit de bonne foi , et qu'il n'étoit tombé dans cette illusion que pour n'être pas assez théologien , cl pour n'a\oir pas su unir tous ces motifs. Je dis qu'il étoitbien difficile d'unir les mystiques avec l'Ecole, et qu'un meilleur théologien que lui n'en auroit pas trouvé le secret dans les circonstances du temps où nous sommes. On a fait valoir ici la condamnation qu'on a faite , dans les assemblées des évêques, des réponses de M. de Cambrai ; mais les gens de bon sens ne se laissent pas étourdir à ces condamnations particulières. On connoît le fond de la doctrine , et on sait ce que l'Eglise a condamné. Tout le monde doit s'y soumettre à roxeiiiiilc dt; l'auteur, cl laisser ensuite dire ou

Voy,

CORRESPONDANCE SUR L'AFFAIRE DU QUIÉTISME

écrire tout ce qu'on voudra. On m'écrit de Naples, que la généreuse soumission de M. de Cambrai le rend plus glorieux que s'il n'eût point été condamné, et que son esprit suMime a paru avec tout son éclat dans cette célèbre dispute. Vous savez sans doute que M. l'abbé Berfel n'est plus cbez son Altesse M. le cardinal de Bouillon. On ne sait pas s'il le reprendra à son retour, ou s'il l'a congédié pour toujours ; mais je sais bien qu'il a crié inconsidérément , quand il devoil se taire. Je vous serois sensiblement obligé, si vous aviez la bonté de me faire r-ecom mander à son Altesse M. le cardinal de Bouillon. Je lui dois tout, et je voudrois qu'il conservât son ouvrage. Vous savez qu'il y a bien des gens qui me sont contraires, et on n'a pas manqué de faire valoir toutes ces affaires contre moi. Permettez-moi d'oifrir mes respects à M. de La Templerie , et de vous assurer que je serai éternellement avec un respect infini , etc.

Page 1