DE FÉNELON A L'ABBÉ (DE CHEVRE MONT
Il exprime sa parfaite soumission au jugement du saint siège, et souhaite que ses amis gardent aussi bien que lui un pro. fond silence sur les contestations passées.
Au Càteau, 2 juillet 1699.
On ne peut, monsieur - , être plus vivement touché que je le suis de toutes les marques d'a-
' Cet errata regarde l'article m du livre des Maximes, dans lequel se trouve la troisième proposition condamnée par le Bref d'Innocent XII. — * Celle lettre est adre.ssée à un ecclésiastique , alors occupé a préparer un ouvrage sur le quiétisnie , «t qui désiroit se retirer dans le diocèse de Cambrai, pour y travailler sous les ordres de Fénelon. C" concours de circonstances paroll désigner l'abbé de Chevremoiit, comme on le voit par les lettres suivantes des 9 et 21 octobre. Cet abbé publia en ellel, peu de lomps après, l'ouvrage intitulé : Le Clirisliunisine éclnirci sur les différends du temps en
CORRESPONDANCE SUR L'AFFAIRE DU QUIÉTISME
mitié et de zèle que vous me donnez. Rien ne me feroit plus de plaisir, que de pouvoir répondre, par des services ellectifs, à tant de choses très-obligeantes, par lesquelles vous avez bien voulu me prévenir. Mais trouvez bon , je vous conjure , que je vous parle ici à cœur ouvert et sans réserve.
1" J'ai condamné de Irès-bonne foi mon livre par soumission et par docilité pour le Pape. Ainsi toutes les personnes qui ont quelque amitié pour moi ne peuvent m'obliger plus sensiblement qu'en ne disant jamais une seule parole en faveui- de cet ouvrage. Je ne puis consentir qu'on l'excuse même indirectement.
2° Je vous conjure de ne dire et de n'écrire rien contre mes confrères qui m'ont attaqué à Rome, ni contre M. l'archevêque de Reims. Vous savez , monsieur, combien la religion demande l'esprit de paix, de charité, de respect pour i'épiscopat. Tout ce que vous feriez par zèle pour mes intérêts retomberoit sur moi ; car on ne manqueroit pas de me l'imputer. Peut-être même en découvriroit-on la source , et on vous feroit beaucoup de peine en ce cas-là.
3" Vous êtes dans la retraite loin du monde , et vous ne pouvez pas savoir l'état des choses. Si vous vous retiriez dans ce diocèse , loin de vous mettre à l'abri , je vous attirerois de grands embarras, et je ne pourrois vous soutenir. Ne croyez pas , s'il vous plait,que je vous parle ainsi pour m'excuser. 11 est certain , monsieur, que , pour l'amour de vous , je dois résister à votre désir. Plus vous me témoignez d'attachement, moins je dois souffrir que vous veniez vous exposer à de très-fàcheux inconvéniens. Vous cherchez la paix , et vous ne trouveriez que du trouble.
Ce que je vous souhaite, c'est une solitude où votre silence et votre renoncement à tous les commerces extérieurs ôtent tout prétexte de critique, et où vous puissiez vous donner tout entier paisiblement à l'oraison et aux saintes lettres. Je serois ravi de pouvoir vous offrir cette solitude ) mais , <'ncore une fois , je dois vous dire que je vous attirerois de grands orages. Au nom de Dieu , ne parlez de moi qu'à Dieu seul, et laissez les hommes en juger comme ils le
malii-rc de Quicthutf , pur l'abl)!'; de *"; Amsterdam , 1700, in-8". Il scioil difficile di: Irouver un ouviaec aussi ennuyeux, nuni peu iiislrui'lit', eu un imii , aussi rebutant, soit ]iour le fond , soit pour la forme. Aussi ful-il crili(|ué, cette même anni"'!', par le ministre Poirel, dans le § II de la PrcJ'ace de sa Thioloijie réelle. (Amsterdam, 1700, in -12.) Quoique les prf'jugés de secte aient inspiré à ce dernier auteur une partie de kes observation», on doit reconnoltre que, sur bien des points , sa critique n'étoit que trop fondée.
voudront. Pour moi, je ne cherche que le silence et la paix , après m 'être soumis sans réserve. En quelque lieu que vous soyez, souvenez-vous de ir.oi dans vos prières, comme je me souviendrai de vous dans les miennes; et soyez persuadé, s'il vous plaît, que j'ai le cœur bien affligé sur les choses que je me vois dans l'impuissance de faire pour vous témoigner à quel point je suis pour toujours , etc.
Je vois, monsieur, qu'il y a plusieurs faits sur lesquels vous n'avez pas été exactement informé.
DCXLIX. (DCXLVIII.)
DU P. BELLISSEN ,