XIX. — Demande
Il y a dans saint François de Sales nu endroit consolant ; c'est celui où il dit que Dieu met souvent dans celte oraison simple des âmes imparfaites. Sans cela , ce que j'éprouve de misères augmenteroit les craiutes que j'ai quelquefois; car ma vie ne répond point à mon oraison ni à mes sentimeiis.
RÉP. — Cet endroit de saiut François de Sales est en elfet consolant pour les âmes attirées à une oraison fort simple et fort pure ; mais quoique cette doctrine soit très-véritable , il faut pourtant à la lin que l'oraison fasse son clfol , |iuis(ju'ell(' est (l()nué(î pour cela, et que
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LETTRES DE BOSSUET A MADAME DE EA MAISONFORT
Dieu ira<;it point en vain , ni n'envoie point des allrails toujouis stériles. Il faut pouitant marcher sans crainte , et sans s'appuyer sur sa propre lidélitc , mais en dilatant son cœur du côté de Dieu en foi et en amour.
Rf.i>. — La ré|)onsc du saint est admirable , et montre qu'il supposoit dans sa sainte lille un vrai acte de contrition , quoique sec
Demande.
De>
L'homme que j'ai cité ci-dessus ' , en parlant des prières vocales, prctendoit qu'une ame de bonne foi , et d'une disposition telle qu'il supposoit la mienne , ne se confesse point sans avoir celles qui sont nécessaires au sacrement de pénitence ; qu'en allant à confesse , son intention est non-seulement d'exposer les fautes qu'elle a commises , mais de haïr par amour pour Dieu son péché et son imperfection ; que cette haine qu'elle a pour le péché passé , la porte à ne le plus connnettre ; qu'elle va chercher dans le sacrement le pardon , en tant qu'il est inséparable de la grâce et de l'amour de Dieu , dont elle ne veut jamais se déporter , et dans lequel elle ne cherche qu'à croître; qu'il n'est pas nécessaire que ces dispositions soient sensibles , ni d'être sûr d'avoir fait tous ces -actes distinctement. Ainsi il me dit qu'il n'étoit pas nécessaire que je tisse d'acte positif de contrition.
Rép. — Il a raison, et je suis de son sentiment. J'y ajoulerois seulement une chose , en quoi il seroit aussi du mien , qui est qu'avec toutes ces bonnes dispositions , celte ame doit faire de temps en temps un acte de foi fort simple sur la rémission des péchés, et sur la haine que Dieu a pour le péché, ou sur sa sainteté qui le rend incompatible avec lui : non que je veuille qu'elle se tourmente à faire cet acte expressément dans la confession ; il sufht de le faire de temps en temps , quand elle en aura la liberté toute entière , car cet acte féiit sans angoisse fortitie la bonne disposition : d'où il arrive que , dans chaque temps , on fait ce qu'il faut , comme sans y penser. Si vous ne m'entetidez pas, dites-le-moi simplement, je tâcherai de me mieux faire entendre.