X. — Demande
Ensuite je reviens à la simple présence de Dieu.
Rkp. — Y revenir, n'est-ce pas un acte, mais doux et paisible? C'en est même plus d'un, car l'acte de loi et l'acte d'amour y interviennent toujours.
En fout cela, il faut une grande liberté d'esprit, et que Lame ne jierde jamais une secrète
s'en (ontenloil. Je dis une (uis ii ce prélat, (|ue j'en étois venue a savoir m'occuper de Jésus-Christ d'une manière sinqde. En elle! , j'ai éprouvé qu'on peut avoir un petit souvenir délicat de Jésus-Christ, et s'y déterminer soi-même, sans (ju'en certains monu'ns cela gène ni nuise au recueillement. Quand on sent, me disoit ce prélat, une certaine tendance il Jésus-Christ, il ne faut pas autre chose. S'unir a Jésus-ChrisI, qui vous est présent |i-ir la foi, à son esprit d'oraison, voila ce (|ue je demande; non i)as d'imaginer Jésus-ChrisI, ni de raisnniier sur Ji'siis-t'hrist. Lui disant une autre fois, que mon recueillemenl etoit une simple occupation de la vulinile, ou l'esprit n'avoit point de part , il l'approu\a; il me dit que, dans cette sorte de recueillement, l'esprit ne laissoit pas d'avoir une sorte d'attention il Dieu , qiioi(iu'on ne s'en aperçoive jins. Je lui dis ((ue , si je n'avois pas éle occupée de Jésiis-t^hrist dans mon oraison , ce n'étoil jias Voire laule; que \oiis m'aviez niéiiie conseillé d'essayer de ni'occ uper de l'enfance de Jésus-Christ. Jt; lui dis un jour ([ue mon confesseur m'avoit demandé si je faisois des résolutions en Unissant mon oraison. Le prélat me dit : Vous les avez en simplicité, vous en avez le fond : il y a des gens a qui elles sont ni'cessaires ; pour vous, je ne crois pas qu'elles v<ms le soient, vous les avez en substance. Il me rassuroil sans cesse sur mon maison , ui'exlKU'lant a ne point changer de manière, et me recommandoit la simplicité II me dit ([ue , vous parlant un jour sur les examens et les raisounemens que font les spiriluels sur leurs états el degrés d'oraison, eux qui ne parlent (lue de simiilicité; vous lui répondîtes (|ue c'est le défaut ou ils sont tombés. M. de Meaux en con-
LETTRES DE l'.OSSCET A MADAME DE LA MAISONFORT. Dieu ,
dispubilion vers tout acte coiniiiauJc de (juoiquuii ne les pratique pas tous.
W. — Demande.
Demamje,
Dans les temps même de sécheresse, j'ai souvent de la répuj^nance aux actes discursifs.
HÉP. — 11 y a une bonne sécheresse , qui consiste dans une toi si simple et si nue, qu'on n'y reçoit que l'impression et l'amour de la vérité, sans aucun accompagnement de douceuiet de lumière sensible.
Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de s'efforcer à faire des actes distinctement , encore moins des actes discursifs.
Le recueillement et la (luiétude u'est-ellepas un tissu d'actes Irès-simples , et presque imperceptibles ?
KÉP. — tlela peut être , et n'être pas : l'amour ne [>eul être long-temps sans espérance , ni l'espérance sans désir, ni le désir sans demande et sans action de grâces : ni ces actes ne peuvent revenir souvent sans qu'on les aperçoive, comme on aperçoit l'amour et la foi dont le recueillement est inséparable.
XVl. — Demande,
Demande.
Est-il à propos, dès que l'opération divine se retire, de recourir ji l'excitation?
RÉP. — Je crois avoir satisfait à celle demande. Ce seroit être inquiet , de vouloir toujours s'exciter dès qu'on sent que l'opération se retire , sans attendre si elle ne veut pas revenir bientôt,
XIIL — Demande.
Je crois qu'on pourroitse contenter des actes qui se présentent, pour s'exciter, ne fût-ce toujours que des actes d'amour ou d'abandon , et que ce ne seroit pas exclure les autres.
RÉP. — Je ne m'éloigne pas de ce sentiment, cl suis persuadé que , demeurant dans la disposition de faire les acles commandés , il n'est pas possible qu'ils ne viennent à leur tour; et il faudroit les exciter, s'ilsnc venoient pas. Déjà l'amour n'en exclut aucun, puisqu'il les embrasse, les anime elles produit Ions.