‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 84 sur 422 · XXXV. — Demande · texte numérisé non relu

XXXV. — Demande

Ouand je vous ai dit '. monseigneur , que je ne suis pas assez livrée à la grâce, c'est qu'on m'a décidé que je devois suivre certains mouvemensqui me portent à faire ou à dire cer-

' Voyez ci -dessus, p. 88, \'' denudicli'.

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LETTRES DE BOSSUET A MADAME DE LA >rAISONFORT.

tailles clioses iiinoccnles qui me morlitieroieiit beaucoup , comme certaines simplicités , certaines manières de parler , en un mot , des riens . mais dont la seule prévoyance me fait une espèce de peur; ce qui m'a fait vous dire que je ne suis pas livrée à la grâce comme il faudroit. Au reste . monseigneur, en me conseillant de me livrer à ces petits sacrifices, on m'a prescrit les bornes qu'ils doivent avoir , comme de ne rien faire contre l'édilication . à plus forte raison contre la cbarité, le secre! ; de ne pas même suivre certains instincts qui pourroient aller à des choses trop fortes, et qui iroient à me faire croire insensée ; que Dieu ménage trop ma foiblesse pour i-ien exiger de semblable de moi; et qu'entin l'obéissance me mettroit à couvert de tout ce qui iroit au-delà de cei'taines simplicités qui ne peuvent jamais aller à l'éclat , ni me lendre inutile à l'ouivre de ma vocation.

On m'a dit de plus , lorsque je ne discerne pas bien si c'est une simple pensée de l'esprit , ou un mouvement de grâce qui me porte à ces petits sacrifices , de décider dans le doute en ma faveur, et de supposer que tout ce qui me vient avec inquiétude et par réflexion , vient de mon scrupule, et point de l'esprit de Dieu. Ainsi, dans la pratique, je trouve que Dieu me demande peu de ces sacrifices; mais j'en prévois beaucoup , je les crains ; il me semble que dans l'occasion je serois infidèle , et c'est , encore une fois , ce qui m'a fait dire (pie je ne suis point assez livrée à Dieu.

Rkp. — Tout cet article précédent est trèsbon en ce sens. Ne soyez point enfant en senliniens , mais soyez enfant en malice , c'est-àdire , en bannissant toute disposition maligne, ou même trop humaine ; par une sainte simplicité '.

' ■ Je \wis tiaiiscriie ici de suilc (<■ iiii'il m'a dil dans J'aiiiix^ lellio sur ces \ietils saiiirucs.

Dans une leUre du 15 Juin 169(5 :

« Ne vous arriHe/, \nn\\[ a ces jirlils sarriliccs ((ui vims » ^ienM(!nt par un instinct |iailiculici' (jui vous paiull divin. » Mettez a la jilacc les linnil)lc's petitesses des observances le- » ligieuscs, qui sont ceitainenient de l'oidre de Uii'U. Pour » ces sacrilicrs distincts partit ulieis , ponr lionnes raisons, » laissez-les lu, si ce n'est que vous sentissiez un certain re- » mords vif et iiioliind , et encore (|ui re\tnl souveni ; laites- » les alors avec discrétion, (;t pour peu qu'il y ail de doute, )) dans l'ordre de robéissante , c'esl-ii-dire , par l'ordre des » supérieurs ou ronfesscurs. »

Autre lettre du 2* septembre 109'.) :

(( Loin d'iuiprouver l'allenlion il certains niouvcniens de » la [;r.1ic, et la lidélité ii les suivre, entendez bien, ma lille, )) (nn- je n'ai voulu oler de ces impulsions socri'Ies et parli- » «ulieres, que l'anxirlé et le trouble. »

Depuis t(Uiles ces letlies, disant a ce prélat qu<! la (b'cisioii dont je m'élois le niieuv Inunee, par rapport a ces sacrifices distincts, etoii (elle-ci : l'unr iKiiinm misons, lnissrz-lcs ta ;

Xe craignez rien, humiliez-vous sous la puissaute maiu de Dieu. Cessez pourtant [)lutôtces sacrifices , que de vous laisser jeter dans l'inquiétude et le scrupule.

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