SATISFACTION
Votre confession étant finie, écoulez la pénitence que le prêtre vous impose. Acceptez-la humblement , en promettant de l'accomplir fidèlement , le plus tôt que faire se pourra. Persuadez-vous que , quelque grande qu'elle vous paroisse, elle ne peut être proportionnée à l'énormité de vos fautes, que par l'union aux souffrances et aux satisfactions que Jésus-Christ
a ofl'ertes pour nous à son l'ère. Remerciez Dieu de la grâce qu'il vous fait de pouvoir satisfaire en cette vie, par une peine si légère, à sa justice , (pii châtie si rigoureusement dans l'autre vie les mêmes péchés qu'il vient de vous remettre. Soyez encore attentif aux avis que le prêtre vous donnera pour vous préserver à l'avenir contre vos passions qui vous ont fait tomber, surtout contre cette passion favorite qui vit et qui domine en vous. Si c'est l'avarice qui a été votre idole, il vous suggérera de marquer le mépris que vous faites des biens qui passent, en les partageant libéralement avec les |)auvres, membres de Jésus-C-hrist. Si c'est la voluj)té à qui vous avez rapporté vos actions connue à une divinité, il vous dira de fuir les lieux, de renoncer aux compagnies, de brûler les livres et les tableaux qui l'ont fait naître et qui rcntretiennent ; il ajoutera ce que saint Paul a prêché, que ceux qui sont à Jésus-Christ ont châtié et crucifié leur chair avec ses vices et ses convoitises. N'est-il pas honteux que, sous un chef innocent couronné d'épines, les membres coupables vivent dans la mollesse? Si les honneurs de ce siècle vous ont enivré , regardez, vous dira-t-il, le Fils de Dieu, égal à son Père , qui s'anéantit jusqu'à soufirir la mort, et la mort de la croix, pour nous détromper des vains honneurs. Ce n'est qu'en mettant bas tout orgueil , et en s'humiliant , qu'on mérite d'être exalté. Aimez à être oublié des hommes et à en être compté pour rien. Dieu saura bien vous élever.
Le prêtre nous recommandera surtout de n'avoir aucune confiance en nos propres forces ; nous retomberions bientôt. 11 nous engagera à recourir à Dieu par la prière. Seigneur , c'est en vain que je garderois mes pieds pour me garantir des pièges innombrables qui m'environnent : le danger est en bas, mais la délivrance ne peut venir que d'en haut. C'est là que mes yeux s'élèvent pour vous voir venir. La contagion du monde, ma propre corruption, les plaisirs qui se présentent, les richesses que j'entrevois , les honneurs qu'on me propose, tout est piège, Seigneur, sans vous. C'est vers vous seul que j'élève mes yeux et mon cœur. Je désespère de moi-même , je n'espère qu'en vous : conservez-moi.
AVIS SUR l'aBSOI.LTION.
Le prêtre ne la doit donner qu'aux pénitens <iu'il juge bien disposés. Alors elle opère la grâce de la guérison , la rémission des péchés.
.MAMLL in; rii;n:.
Ceux qui consorvcnt île liniinilir contre leur prochain , sans vouloir se n^concilier ; qui no resliltiont pas le l)ien fl'autrui, le pouvant l'aire ; qui reloiiiiieut dans leuis péclirs par la niau- \aise lialtilude à lacpiflle ils sont encore allaeliés, ne taisant rien pour la déraciner; (jui refusent de (juilter l'occasion prochaintî du péché ; qui ij^norent les choses qu'ils doi\ent croire et taire pour arriver au salut ; et généralement tous ceux (jui ne sont pas \éiilaMement repentans de leins péchés, ou (|ni n'ont pas un désir sincère de se corrii;<M' et de mieux vivre, peu\ent bien s'adresser au prêtre et se confesser : mais ils ne doivent pas souffrir que le prêtre leur donne l'absolution, tandis (ju'ils sont dans ces mauvaises dispositions. (^,e sereil une profanation sacrilège du sacrement qu'ils ajouteroient par là à leurs autres crimes, (les .sortes de pécheurs doivent alors prier le prêtre <le leur ddférer l'absolution jusiju'à ce que leur cceur soit changé , et qu'ils aient achevé de rompre les liens qui les allachent encore au péché. Le [trêtre aura pitié d'eux , leiM" donnera de bons avis, et tâchera par ses [>rières, ses jeûnes et ses aumônes, d'attirer sur eux la grâce d'une parfaite conversion.