ET DE L'EXCELLENCE DU POÈME DE TÉLÉMAQLE
Origine et fin de la poésie.
Si l'on poiivoil «couler In v^-rilc toiile nue, elle n'.iiiio'l p;is lii'sniii, pour so f.iire aimer, des oriieiiieiis (|iie lui pi«ie litiKiffinalioii : mais sn lumière pure el iL-licale ne llailf p:is assez ce qu'il y a '1c sensible eu riiomme ; elle tl<'m:unle une aileniion qui pèiio Iropsnn imonslance naturelle. Pour l'ins- Iruiie. il f lul lui ilonner, nou-seulemenl des itlées pures qui l'eclaireiit, mais eneore des images sensibles qui le lrai>penl i\ qui l'arrèli ni dans une vue fixe de la vérité. Voila la souiee do l'eloiuence, de h poésie , et de toutes les sciences qui sont du ressort de ri ma^inaiion. C'esila(oil)lessedoriionniie qui rend cesscienci'S nécessaires. La beauté siiiiple et immuable de la vertu ne le louche pas toujours. Il ne sullit point de lui montrer la vérité ; il faut la pein.lie aimable '.
S'o\iSi xaminerons le poème deTélémaque selon ces dr-iix vije«, d'instruire et de plaire ; et nous làcberons de f.iire voir que lautcur a instruit plus que les anciens, par la sublimité de sa morale , et qu'il a plu autant qu'eux, en imitant toutes leurs Le.iulés.
Deux sortes de poésies héroïques.
Il y a deux manières d'instruire les liornnif s pour les rendre bons: la première, en leur montrant la difformité du vice et ses suites funestes ; c'est le dessein principal de la traijécJir : la sec<inle, en leur décousrant la b»-aulé de la vertu et sa (in beuri'use ; c'est le caractère propre à Vépnpéc ou poème epiipif. Les passions qui ap|):iriicnnenià l'une , sonl la terreur et la pitié ; celh-s ipii couviiiinenl à l'autre, sonl l'adriiitation et l'.-.mour. Dans l'une, les acteurs paibnt ; dans l'autre, le poète fait la narration.
bfluiitiiiu !•( u;v;mii;i iji- la pMi-;;!' epiquc.
Ou ppiil définir le poème épique, une fuble ralontéc par \in poète, pour exciter l'admiration , tt inspirer l'amour de la vertu, en nous représen-
' Omiio lulil pinirlunt , qui niiscuit ulili- iluli-i, Lrriurcrn dvlcclando , parili-rquc iiiuiirinlii,
lion, df .Hrl. i>otl. ». 141.
tant l'action tl'un héros fut urisé du ciel, qui exécute U7i qnind dessein , en triomphant de tous les obstacles qui s'y opposent. Il y a donc irois choses dans l'épopée, l'action, la morale et la poésie