SUR LA PRUDENCE DU SIÈCLE
La prudence de la cliair est la mort des anies. Ep. aux Rom. VIII. 6.
I. La prudence des enfans du siècle est grande , puisque Jésus-Christ nous en assure dans l'Evangile ; et elle est même souvent plus grande que celle des enfans de Dieu : mais il se trouve en elle , malgré tout ce qu'elle a d'éclatant et de spécieux , un effroyable défaut , c'est qu'elle donne la mort à tous ceux qui la prennent pour la règle de leur vie. Cette prudence tortueuse et féconde en subtilités est ennemie de celle de Dieu , qui marche toujours dans la droiture et dans la simplicité. Mais que
> Joan. IV. M.
» S. Luc. VI. 21 , 24 et 23,
MAMKI. I>E PIKTI':.
srrvt^iil aux priidens du s'urlo tous leurs lalens, vous avez de la peine à le rroire. (Jut'lle honte [tuis(|u'à la lin ils se trouvent pris dans leurs |)our lui ! (juel niallienr pour vous! Hélablis-
propres piéire^'.' I.'a|tôlre saint .lacijues doiuie à cette prudente le nom de (ericstir , Aniiimnli' et de diabolique ' : terrestre, |)iuce (jii'elle horne ses soins à laequisition et à la possession des biens de la terre; unimale, parce qu'elle n'aspire qu'à fournir aux hommes tout ce qui llatle leurs passions , et à les ploU}.'er dans les plaisirs des sens; diabolique, parce qu'ayant tout l'esprit et toute la pénétration du démon, elle eu a toute la malice. Avec elle , on s'ima^'ine tromper tous les autres . et on ne Irouqie que soimême.