‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 26 sur 271 · SUR LA PRUDENCE DU SIÈCLE · texte numérisé non relu

SUR LA PRUDENCE DU SIÈCLE

La prudence de la cliair est la mort des anies. Ep. aux Rom. VIII. 6.

I. La prudence des enfans du siècle est grande , puisque Jésus-Christ nous en assure dans l'Evangile ; et elle est même souvent plus grande que celle des enfans de Dieu : mais il se trouve en elle , malgré tout ce qu'elle a d'éclatant et de spécieux , un effroyable défaut , c'est qu'elle donne la mort à tous ceux qui la prennent pour la règle de leur vie. Cette prudence tortueuse et féconde en subtilités est ennemie de celle de Dieu , qui marche toujours dans la droiture et dans la simplicité. Mais que

> Joan. IV. M.

» S. Luc. VI. 21 , 24 et 23,

MAMKI. I>E PIKTI':.

srrvt^iil aux priidens du s'urlo tous leurs lalens, vous avez de la peine à le rroire. (Jut'lle honte [tuis(|u'à la lin ils se trouvent pris dans leurs |)our lui ! (juel niallienr pour vous! Hélablis-

propres piéire^'.' I.'a|tôlre saint .lacijues doiuie à cette prudente le nom de (ericstir , Aniiimnli' et de diabolique ' : terrestre, |)iuce (jii'elle horne ses soins à laequisition et à la possession des biens de la terre; unimale, parce qu'elle n'aspire qu'à fournir aux hommes tout ce qui llatle leurs passions , et à les ploU}.'er dans les plaisirs des sens; diabolique, parce qu'ayant tout l'esprit et toute la pénétration du démon, elle eu a toute la malice. Avec elle , on s'ima^'ine tromper tous les autres . et on ne Irouqie que soimême.

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