‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 29 sur 271 · SLR LA DOUCEUR DU JOUG DE JESUS-CHRIST · texte numérisé non relu

SLR LA DOUCEUR DU JOUG DE JESUS-CHRIST

Mon joug est doux et mon fardeau est lécer. S. Matth. XI. 30.

I. Que le nom de joug ne nous effraie point. Nous en portons le poids ; mais Dieu le porte avec nous, et plus que nous , parce que c'est un joug qui doit être porté par deux , et que c'est le sien, et non pas le nôtre. Jésus-Christ fait aimer ce joug. Il l'adoucit par le charme intérieur de la justice et de la vérité. Il répand

' II Cor. V. h.— ^Ibi'l. I. 3.

ses chastes délices sur les vertus, et dégoûte des faux plaisirs. Il soutient l'homme contre lui-même, 1 arrache a sa corruption originelle, el le rend foil malgré sa foihlesse. D homme lie |ieu de foi, que craignez-vous? Laissez faire Dieu : ahandonnez-vous à lui. Vous combattrez, mais vous remporterez la victoire ; et Dieu luimême . après axoir condiattu en votre faveur, vous couronnera de sa pro[)re main. Vous pleurerez; mais vos larmes seront douces, et Dieu lui-même viendra avec complaisance les essuyer. Vous n'aurez plus la permission de vous abandonner à vos |)assions tyranniqucs; mais en sacrifiant librement voti-e liberté, vous en reti'ouverez une autre inconrnie au monde, et plus précieuse que toute la puissance des rois. II. Quel aveuglement de craindre de trop s'engager avec Dieu ! Plongeons-nous dans son sein. Plus on l'aime, plus on aime aussi tout ce qu'il nous fait faire. C'est cet amour qui nous console dans nos pertes, qui adoucit nos croix, qui nous détache de tout ce qu'il esi dangereux d'aimer, qui nous préserve de mille poisons, qui nous montre une miséricorde bienfaisante au travers de tous les maux que nous souffrons, qui nous découvre dans la mort même ime glou'e et une félicité éternelle. Comment pouvons-nous craindre de nous remplir trop de lui? Est-ce un malheur d'être déchargé du joug pesant du monde et de porter le fardeau léger de Jésus-Christ? Craignons-nous d'être trop heureux , trop délivrés de nous-mêmes , des caprices de notre orgueil , de la violence de nos passions, et de la tyrannie du siècle trompeur?

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